Au lendemain de l’ouverture d’un atelier de réflexion sur la gouvernance du secteur hydraulique, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a animé une conférence de presse remarquée, marquant une nouvelle étape dans la réforme du secteur de l’eau au Sénégal. Il y a exposé les contours d’une stratégie ambitieuse qui entend rompre avec les pratiques improvisées du passé et garantir un accès équitable, durable et résilient à l’eau pour tous les citoyens.
Le ministre a rappelé avec insistance que « le droit à l’eau ne doit plus être un privilège, mais une garantie pour tous les citoyens, qu’ils vivent en milieu urbain ou rural ». Il a souligné les inégalités flagrantes dans l’accès à l’eau, évoquant notamment la situation de la commune de Fimela, en proie à des pénuries persistantes. « Les besoins ne peuvent plus attendre. Des solutions durables sont en vue pour soulager les populations de Fimela », a-t-il assuré au micro de Dakaractu Mbour.
Ce plaidoyer en faveur de l’équité territoriale s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large, portée par la Lettre de politique sectorielle de l’eau et de l’assainissement 2025–2050, issue des concertations nationales tenues récemment à Kaolack. Cette feuille de route repose sur trois axes principaux :
La refondation du ministère, pour une administration modernisée, réactive et mieux outillée face aux enjeux hydriques. Une gouvernance durable et transparente des ressources, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau. L’équité territoriale, pilier central de la réforme, visant un accès juste et équilibré à l’eau potable et à l’assainissement sur l’ensemble du territoire national.
Alors que la saison des pluies bat son plein, le ministre a également abordé la question des inondations, qui reviennent chaque année tel un fléau dans de nombreuses localités. Il a tenté de rassurer l’opinion publique, affirmant que « des dispositifs sont déjà en place pour anticiper les risques ». Parmi les mesures évoquées : le curage des canalisations, l’entretien régulier des stations de pompage et une veille opérationnelle dans les zones les plus vulnérables.
Cependant, sur le terrain, la réalité peine à refléter ces engagements. Chaque hivernage, les mêmes scènes se répètent : maisons inondées, routes impraticables, écoles fermées, quartiers entiers paralysés par des eaux stagnantes. Un quotidien difficile pour des milliers de Sénégalais, surtout dans les zones périurbaines et les quartiers précaires, où les interventions se font souvent attendre.
En conclusion de sa prise de parole, Cheikh Tidiane Dièye a réaffirmé la volonté du gouvernement de « rompre avec l’improvisation et de bâtir une politique de l’eau plus juste, plus proactive et plus humaine ». Un engagement salué, mais qui devra désormais se traduire par des actions concrètes, visibles et durables.








