AUGMENTATION DE 2,2 % DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UN AN : Les Sénégalais à l’épreuve de la cherté de la vie

Le quotidien des Sénégalais devient de plus en plus insoutenable. Même ceux qui parviennent encore à subvenir à leurs besoins essentiels ne trouvent plus le sommeil tranquille. Selon la note mensuelle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a enregistré, en août 2025, une progression de 2,2 % en glissement annuel, signe manifeste d’un renchérissement généralisé qui fragilise davantage les ménages.
Cette inflation est principalement imputable à la hausse du coût des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées (+3,8 %), poste de dépense central des familles. La hausse des prix des légumes, tubercules, fruits, viandes et poissons – largement tributaire d’une baisse de la production maraîchère en période hivernale – illustre l’ampleur de cette tension. D’autres secteurs stratégiques accentuent également la pression : logement, eau, électricité et combustibles (+1,3 %), transports (+1,7 %), santé (+1,8 %) et services de restauration et d’hébergement (+1,8 %). La flambée des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants (+7,5 %) vient, quant à elle, compléter ce tableau alarmant.
Certes, quelques allègements se dessinent dans les services de communication (-3,1 %) ou certains produits de soins personnels (-1,2 %) ; toutefois ils apparaissent marginaux face à l’ampleur de la tendance haussière.
Plus inquiétant encore, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits frais, atteint 4,5 % en rythme annuel, révélant la persistance de tensions structurelles sur les prix. Les produits locaux connaissent une hausse marquée (+4,2 %), contrastant avec le léger recul des biens importés (-1,8 %).
En variation mensuelle, les prix progressent encore de 1 %, avec une envolée spectaculaire des légumes feuillus (+32,2 %), des légumes-fruits (+13,3 %) et des tubercules (+12,7 %). À ces hausses alimentaires s’ajoutent celles du transport aérien, des services de livraison, de l’électricité et même de certaines prestations culturelles et de santé.
Par conséquent, derrière les chiffres, c’est une réalité implacable qui se dessine : la cherté de la vie grignote chaque jour davantage le pouvoir d’achat et plonge de nombreux foyers dans une angoisse croissante. L’inflation n’est plus une abstraction statistique, mais une épreuve quotidienne qui met à rude épreuve la résilience des populations.

Kaolack – Société : Le MCDIS interpelle les autorités sur la cherté de la vie et le chômage

Le Mouvement Citoyen pour le Développement Inclusif du Sénégal (MCDIS) a tenu une conférence de presse ce jeudi à Kaolack pour alerter sur la situation socio-économique du pays. Face à la montée des prix des denrées de première nécessité, le chômage et l’instabilité du système éducatif, le mouvement appelle les nouvelles autorités à des mesures urgentes et efficaces.

Badou Ndour, président du MCDIS, a exprimé son inquiétude face à la cherté de la vie, qui devient de plus en plus insoutenable pour les Sénégalais. « Bientôt, nous serons au mois de Ramadan, et tout le monde constate que les prix des produits de première nécessité ne cessent d’augmenter. Malheureusement, les mesures annoncées pour encadrer cette situation ne sont pas toujours appliquées et restent inefficaces », a-t-il déploré.

Le MCDIS s’est également penché sur les tensions qui secouent le système éducatif sénégalais. Entre les grèves des enseignants et les manifestations des étudiants, l’instabilité persiste, mettant en péril l’avenir de milliers de jeunes. Le président du mouvement a exhorté le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour garantir un cadre éducatif stable et performant.

Autre sujet brûlant abordé par le MCDIS : la fermeture inquiétante des entreprises privées, qui aggrave la crise de l’emploi. « Selon le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Gueye Diop, 200 entreprises industrielles ont mis la clé sous le paillasson au Sénégal. Cela signifie la perte de milliers d’emplois et une précarité grandissante pour de nombreuses familles », a alerté Badou Ndour.

Face à ces défis majeurs, le MCDIS invite les nouvelles autorités à apporter des solutions concrètes et adaptées aux préoccupations des populations. Le mouvement insiste sur la nécessité d’un plan d’action efficace pour maîtriser les prix, relancer l’économie et assurer un avenir stable aux citoyens.

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