Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, détenu depuis le 14 juillet 2025, a comparu ce lundi 27 octobre pour sa deuxième audition au fond devant le juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Dakar. Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un dossier qui continue de susciter un grand intérêt au sein de l’opinion publique.
Inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, Badara Gadiaga est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles, offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, ainsi que pour violation des articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier article, particulièrement sensible, concerne la réception de subsides en vue de propagande compromettant la sécurité publique.
L’arrestation du chroniqueur fait suite à une instruction du procureur de la République, consécutive à une vive polémique l’ayant opposé à Amadou Ba, alors député du Parti Pastef, lors de l’émission « Jakarlo Bi » diffusée le 4 juillet 2025 sur la TFM. Ce débat télévisé, marqué par un échange virulent entre les deux hommes, avait enflammé les réseaux sociaux et entraîné une large controverse.
Devant le juge d’instruction, Badara Gadiaga a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Concernant le délit d’offense, il a déclaré : « Amadou Ba m’a attaqué sur un point de vue politique, j’ai répliqué politiquement. » Une défense qui, selon ses avocats, traduit la volonté du chroniqueur de replacer l’affaire dans le champ du débat démocratique plutôt que dans celui du pénal.
Sur le volet relatif aux discours contraires aux bonnes mœurs, Gadiaga a expliqué qu’il n’avait fait qu’utiliser le terme wolof « Yakatane », en lien avec une référence à l’affaire Adji Sarr, tout en affirmant n’avoir « rien dit de nouveau ».
Interrogé par le magistrat instructeur sur d’éventuelles relations avec la société GSIE, citée dans la procédure, et sur des financements présumés, le chroniqueur a nié toute implication. Il a précisé ne pas être propriétaire de la société et n’avoir reçu aucun financement, qu’il soit national ou étranger. Il a toutefois reconnu posséder deux comptes bancaires, précisant qu’ils étaient déficitaires.
Les réquisitions ordonnées par le doyen des juges afin de vérifier un éventuel lien entre Gadiaga et la société GSIE ont, selon des sources judiciaires, confirmé l’absence de toute relation. Le directeur général de la plateforme a d’ailleurs été entendu par le juge d’instruction, corroborant cette version.
Entouré d’un collectif d’avocats composé notamment de Me Djiby Diallo, Me Malick Fall, Me Alioune Badara Fall et Me Abou Allassane Diallo, Badara Gadiaga bénéficie d’une défense jugée solide. Ses conseils ont annoncé leur intention de déposer une demande de mise en liberté provisoire dans les prochaines heures, estimant que la détention de leur client n’est plus justifiée à ce stade de la procédure.