Arrestations de journalistes et de chroniqueurs : le FDR dénonce une « instrumentalisation » de la justice et des libertés publiques « bâillonnées »

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau ce mercredi pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive préoccupante des institutions judiciaires et une atteinte grave aux libertés fondamentales. Dans une déclaration ferme, l’opposition réunie sous la bannière du FDR a exprimé ses vives inquiétudes face à ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation flagrante de la justice », au détriment des principes de l’État de droit.

Selon le FDR, la justice sénégalaise est aujourd’hui utilisée à des fins politiques. Le Front affirme que celle-ci s’est éloignée de sa mission d’impartialité pour devenir un outil de règlement de comptes contre des opposants, des chroniqueurs et des journalistes. Il évoque des procédures ciblées, des jugements expéditifs et des décisions judiciaires qui suscitent de plus en plus d’incompréhension et de méfiance chez les citoyens. Pour le Front, cette situation érode dangereusement la confiance dans les institutions républicaines et menace l’équilibre démocratique du Sénégal.

Le FDR s’alarme également d’un climat d’étouffement des libertés publiques. Bien que les manifestations pacifiques ne soient pas formellement interdites, elles font systématiquement l’objet d’une répression, selon le communiqué du Front. L’organisation pointe aussi une pression fiscale jugée « étouffante » sur les organes de presse, ainsi qu’un harcèlement constant contre les chroniqueurs et activistes. Ce climat général, estime le FDR, engendre une citoyenneté bâillonnée, où la peur et la répression prennent le pas sur le débat démocratique et la liberté d’expression.

Pour conclure, le FDR appelle à un sursaut national face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir. Il enjoint les forces vives du pays à défendre les droits fondamentaux, la justice indépendante et la liberté d’informer, socles essentiels de toute démocratie véritable.

Thierno Alassane Sall : « Abdou Nguer agace parce qu’il n’a ni la vulgarité des chroniqueurs du Projet, ni leur servilité aveugle »

Après l’emprisonnement du chroniqueur Abdou Nguer, placé ce jeudi sous mandat de dépôt par le juge du 3e cabinet, une vague de soutiens lui est manifestée. Le député Thierno Alassane Sall en fait partie. Pour le président de la République des Valeurs (RV), cet emprisonnement était prévisible. « Tous les Sénégalais savaient que son arrestation n’était qu’une question de jours. Abdou Nguer agace parce qu’il n’a ni la vulgarité des chroniqueurs du Projet, ni leur servilité aveugle », a indiqué TAS, remarquant que le jeune chroniqueur allie « une (im)pertinence caustique à une maîtrise de ses sujets qui insupportent au plus haut point l’exécutif, le Pastef et bon nombre de ses militants habitués à en proférer des vertes et des pas mûres ».

Au Sénégal, peste Thierno, « seuls les tribunaux pour mal-pensants tournent à plein régime. Pendant ce temps, l’économie piétine, les entreprises se languissent, et l’enseignement supérieur accumule près d’une année de retard. »

Le député pense qu’il faut s’inquiéter pour la croissance économique, qui prendra des proportions inquiétantes avec « des procès politiques qui font tourner les tribunaux à plein régime et qui vont hisser sans doute le Sénégal à des sommets encore jamais atteints. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°443 – 15/04/2025

🔴 SONKO, JOURNALISTES ET CHRONIQUEURS : LE TON MONTE
🔴 AFFAIRE SAMUEL SARR : FAIRE UN EXEMPLE, À TOUT PRIX ?

🔴 LIGUE 1 (19e J.) : GÉNÉRATION FOOT ET JARAAF BRILLENT
🔴 CAN U20 / INTÉGRATION DE LA TUNISIE DANS LA COMPÉTITION : LE SÉNÉGAL PROTESTE ET SAISIT LA CAF

Deux chroniqueurs tunisiens placés en détention pour des critiques sur la situation du pays

La justice tunisienne a pris une décision controversée en plaçant en détention deux chroniqueurs pour avoir exprimé des critiques sur la situation du pays. Borhen Bssais, présentateur à la télévision et à la radio, ainsi que Mourad Zeghidi, chroniqueur, ont été interpellés samedi soir et sont désormais soumis à un mandat de dépôt de 48 heures, selon les informations fournies par l’avocat Ghazi Mrabet.

Les charges retenues contre eux restent floues, mais Mourad Zeghidi est poursuivi pour une publication sur les réseaux sociaux soutenant un journaliste arrêté, ainsi que pour des déclarations faites lors d’émissions télévisées depuis février. Il est commentateur politique à la télévision et collabore avec Borhen Bssais, qui anime des programmes sur des chaînes de radio et de télévision privées.

L’arrestation de Borhen Bssais, quant à elle, serait liée à l’article 54, promulgué en septembre 2022 par le président tunisien Kais Saied pour réprimer la production et la diffusion de « fausses nouvelles ». Cet article a été critiqué par les défenseurs des droits humains pour son interprétation extensive. Plus de 60 personnes, dont des journalistes, des avocats et des opposants au président Saied, ont été poursuivies en vertu de ce texte depuis un an et demi.

Samedi soir, l’avocate Sonia Dahmani a également été arrêtée en vertu du même article, après s’être réfugiée à la Maison des avocats. Son arrestation a été filmée en direct par une équipe de la télévision publique française France 24, mais l’intervention a été interrompue par des policiers encagoulés. L’Ordre national des avocats a vivement condamné cette intrusion et a demandé la libération immédiate de Mme Dahmani, annonçant une grève régionale à partir de lundi en signe de protestation.

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