Cité Fayçal : la Cour suprême suspend le délai d’expulsion et donne un répit aux 52 familles

La Cour suprême a rendu, hier jeudi, une décision importante dans le litige opposant les habitants de la cité Fayçal à la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), représentant l’État du Sénégal. La haute juridiction a annulé le délai d’expulsion qui avait été fixé par la Sogepa, offrant ainsi un sursis aux familles menacées de quitter les lieux.

L’affaire avait éclaté lorsque la Sogepa avait adressé aux occupants de la cité des avis de résiliation de leurs baux, leur accordant un délai de six mois avant d’engager une procédure d’expulsion. Face à cette mesure, les cinquante-deux familles concernées, composées pour la plupart de hauts fonctionnaires de l’État, avaient décidé d’agir individuellement en introduisant un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême.

Alors que ce recours n’avait pas encore été examiné, le délai fixé par la Sogepa arrivait à expiration dans seulement huit jours. Craignant une expulsion imminente, les habitants ont saisi la Cour suprême d’une procédure en référé, sollicitant la suspension des effets de l’avis de résiliation. Cette demande a été accueillie favorablement, et la juridiction a annulé le délai d’expulsion initialement imposé par la Sogepa.

Si cette décision représente une victoire provisoire pour les familles, elle ne met pas un terme au différend. Le jugement définitif sur le recours pour excès de pouvoir est encore attendu et déterminera l’issue du dossier. En attendant, les habitants de la cité Fayçal peuvent souffler, même si leur avenir dans ces logements reste incertain.

Menace d’expulsion à la cité Fayçal : Aliou Sall apporte des clarifications

Dans sa dernière parution, le quotidien L’As a rapporté une menace d’expulsion qui pèserait sur certains anciens hauts fonctionnaires logés à la cité Fayçal. L’article évoquait notamment des bénéficiaires de baux attribués dans cette cité, parmi lesquels figurait l’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall.

Toutefois, ce dernier a tenu à apporter un démenti formel, clarifiant sa situation et prenant ses distances avec cette affaire. Selon ses explications, s’il a effectivement habité la cité Fayçal dans le passé, il n’en demeure pas moins qu’il a depuis longtemps restitué le bail qui lui avait été attribué.

Aliou Sall précise d’ailleurs que la villa qu’il occupait a été réattribuée à Maguette Sène, actuel député-maire de la commune de Malicounda. Ainsi, il n’est en aucune manière concerné par la menace d’expulsion ni impliqué dans le collectif mis en place pour défendre les droits des bénéficiaires actuels.

Suite à ces clarifications, le journal L’As a présenté ses excuses à Aliou Sall ainsi qu’à ses lecteurs, reconnaissant une erreur dans son traitement initial de l’information. Une correction a été publiée afin de rétablir la vérité sur l’implication de l’ancien maire de Guédiawaye dans cette affaire.

Expulsion de 52 familles à la Cité Fayçal : Alioune Tine dénonce une mesure illégale

La Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa) a pris la décision d’expulser 52 familles de hauts fonctionnaires retraités résidant à la Cité Fayçal. Une situation qui suscite l’indignation, notamment chez Alioune Tine, défenseur des droits humains, qui dénonce une mesure « illégale ».

Dans un message publié sur X, Alioune Tine a exprimé son soutien aux familles concernées et a interpellé les autorités sur la nécessité de respecter les droits acquis. Il rappelle que cette situation n’est pas inédite et qu’au fil des décennies, des hauts fonctionnaires ont bénéficié de logements de fonction, notamment sous la présidence de Léopold Sédar Senghor.

D’après lui, la décision de la Sogepa ne repose pas sur une base légale solide. Il insiste sur le fait que l’État doit faire preuve de discernement dans sa politique de récupération des biens immobiliers publics, afin de ne pas précariser des citoyens ayant servi l’administration pendant des années.

Les familles concernées, qui ont reçu une injonction de quitter les lieux dès le mois d’août, dénoncent elles aussi une procédure arbitraire et une absence de concertation. Certaines envisagent de saisir la justice pour contester cette décision.

Cette affaire intervient dans un contexte où l’État sénégalais mène une politique de récupération de son patrimoine bâti, notamment face à l’occupation prolongée de logements administratifs par d’anciens fonctionnaires. Cependant, les expulsions sans cadre légal clair risquent de créer un climat social tendu et de raviver le débat sur la gestion du patrimoine immobilier public.

Cité Fayçal : la Sogepa somme 52 familles de quitter les lieux, Alioune Tine monte au créneau

La tension monte à la Cité Fayçal. La Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa) a récemment adressé une sommation à 52 familles occupant des villas dans ce quartier résidentiel, leur intimant l’ordre de libérer les lieux d’ici août 2025. En cause : des baux emphytéotiques que la Sogepa juge « illégaux » car ne respectant pas la réglementation en vigueur.

Selon la société publique, ces occupants ne disposeraient pas de titres valides, malgré leur installation souvent ancienne et régulière. Une décision qui suscite une vive polémique et réveille les tensions autour de la gestion du patrimoine immobilier de l’État.

Contacté par plusieurs résidents inquiets, le défenseur des droits humains Alioune Tine a réagi avec fermeté. Il dénonce une injonction brutale et juridiquement contestable. « Il faut que la notion de continuité de l’État ait un sens. Ce n’est pas la première fois que des hauts fonctionnaires bénéficient de tels avantages. Cela existait déjà sous Senghor », a-t-il déclaré, soulignant le caractère historique de ces attributions.

Pour Alioune Tine, cette décision risque de créer un précédent dangereux en remettant en cause des droits acquis au fil du temps. « Dans la récupération des biens immobiliers de l’État, il est essentiel de faire preuve de discernement, surtout dans le cas de la Cité Fayçal », plaide-t-il.

Le défenseur des droits appelle les autorités à reconsidérer leur approche et à privilégier une solution concertée. « Il ne faut pas revenir sur des engagements de l’État. Une telle décision pourrait créer une rupture de confiance entre les citoyens et l’administration », alerte-t-il.

De leur côté, les familles concernées s’estiment lésées et se disent prêtes à engager un bras de fer juridique pour faire valoir leurs droits. L’affaire de la Cité Fayçal pourrait ainsi s’inviter sur le terrain judiciaire, voire politique, si aucune médiation n’est trouvée.

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