Spoliation foncière à Notto-Diobass : le village de Kissane en colère contre le maire

La commune de Notto-Diobass, située à environ six kilomètres de Thiès, est secouée par une vive polémique foncière. Les habitants du village de Kissane se disent indignés face à un projet d’attribution de 50 hectares à l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI), qu’ils dénoncent comme opaque et anticonstitutionnel. Ce week-end, l’ambiance était particulièrement tendue à Tchambi, une zone située au cœur du village, où des habitants ont manifesté leur colère en arborant des brassards rouges et en dénonçant ce qu’ils qualifient de « scandale foncier ».

Selon Arouna Rachid Pouye, porte-parole des populations, la méthode employée par le maire est inacceptable et montre un total mépris des règles de transparence. « Le 30 décembre passé, tout le village a été abasourdi d’apprendre que le maire avait été surpris sur les terres de Kissane, sans informer le chef du village, ni l’association de développement, ni les femmes, ni les jeunes, ni les imams », a-t-il dénoncé sur les ondes d’iRadio. Les habitants affirment que l’édile se serait « faufilé » sur le site, évitant tout échange avec les instances locales et les représentants de la communauté.

Le collectif en charge de la défense des intérêts de Kissane s’est également adressé directement au nouveau Directeur de l’APROSI, qu’il met en garde contre ce qu’il considère comme une manipulation politique. « Monsieur le Directeur, vous n’avez pas reçu la bonne information. Il vous a dit Notto, mais il n’ose pas préciser où exactement. Il y a anguille sous roche », a averti M. Pouye, en précisant que le projet industriel ne serait qu’un paravent pour des desseins politiques. Selon lui, le prédécesseur du directeur actuel avait déjà compris les risques liés à ce projet et tenté d’éviter la situation.

Face à ce qu’ils qualifient de refus de dialogue de la part du maire, les habitants de Kissane s’allient avec le Collectif pour la défense des intérêts de Sangué, localité voisine, qui se trouve également en conflit avec la mairie sur des dossiers fonciers similaires. Une stratégie d’union est en train de se mettre en place. « Nous appelons les populations de Sangué, Kissane et Thiéo à s’unir. C’est ensemble que nous mènerons cette bataille », a déclaré un représentant de Sangué.

Les plaignants dénoncent une gestion solitaire et opaque d’un projet dont le maire serait le seul détenteur des informations. « Il est allergique à l’échange, il est allergique au débat d’idées. Mais une chose est claire : chaque acte posé sera une dose de plus ajoutée à notre engagement à conserver ces terres pour les exploiter par nous et pour nous », a martelé le porte-parole au micro d’iRadio, réaffirmant la détermination des populations à protéger leurs terres face à ce qu’ils considèrent comme une spoliation injuste.

Tensions politiques : la libération de Bougar Diouf suscite la colère d’Abass Fall

La libération de Bougar a déclenché une vague de réactions dans le paysage politique sénégalais, et Abass Fall, maire de Dakar et figure importante du Pastef, ne cache pas son indignation. Dans un message publié sur ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, il a exprimé son mécontentement, estimant que cette décision porte atteinte à sa dignité ainsi qu’à celle de son camp politique. Pour lui, la libération de Bougar constitue une atteinte directe à l’honorabilité des responsables de Pastef et reflète un traitement injuste dans l’application de la justice.

« Bougar est libre après avoir gravement porté atteinte à notre honorabilité. Cette main derrière sa libération doit avoir honte », a déclaré Abass Fall, dénonçant ce qu’il perçoit comme une manipulation politique et un manque de cohérence dans les décisions des autorités. Selon lui, cette décision illustre une tendance inquiétante à protéger certaines personnes au détriment d’autres, au mépris de l’équité et de la justice.

Le maire de Dakar a également pointé du doigt ce qu’il qualifie de dérive dans l’usage de la protection institutionnelle. « Protéger le Président est devenu un passe-droit pour insulter et diffamer sans raison et s’en tirer », a-t-il écrit, accusant implicitement certains acteurs politiques de bénéficier d’un traitement privilégié et de pouvoir s’affranchir des règles qui s’appliquent normalement à tous.

Abass Fall a enfin exprimé son amertume face au contraste entre cette décision et les engagements que les responsables politiques avaient pris devant les citoyens. « C’est ce Sénégal que nous avions vendu aux Sénégalais. Quelle honte ! », a-t-il ajouté, dénonçant ce qu’il perçoit comme une déception pour l’opinion publique et un affaiblissement de la confiance des Sénégalais dans la justice et les institutions.

Cette réaction met en lumière les tensions politiques persistantes dans le pays, notamment sur la question de l’impartialité de la justice et de la cohérence des décisions administratives et judiciaires. La libération de Bougar pourrait accentuer les divisions entre les différentes forces politiques et relancer les débats sur la responsabilité des autorités dans la gestion des affaires sensibles et leur impact sur la perception de l’État de droit au Sénégal.

Décrets renvoyés : la colère des enseignants décisionnaires qui dénoncent une « trahison » du gouvernement

Le climat social dans le secteur de l’éducation sénégalaise est de nouveau sous tension. Les enseignants dits décisionnaires se disent trahis et humiliés après l’annonce du renvoi de leurs décrets au Secrétariat général du gouvernement, pour une seconde lecture. Une décision inattendue, qui a suscité une vague d’indignation dans leurs rangs, alors qu’ils espéraient enfin voir leur situation régularisée après des années de précarité administrative.

Amadou Camara Diène, coordonnateur des enseignants décisionnaires, a exprimé sa déception et sa colère. « Nous ne pouvons pas comprendre cet état de fait, parce qu’on nous avait dit que tout ce qui devait se faire avec les décrets a été fait. Il ne restait plus que les signatures », a-t-il déploré avec amertume. « Malheureusement, nous sommes au regret de constater que le gouvernement s’est dédit. C’est une trahison pure et simple. Nous avons eu confiance à ce gouvernement. Nous avons attendu, et nous avons été très patients ».

Ces enseignants se considèrent comme des laissés-pour-compte de la fonction publique. Pendant que leurs collègues, intégrés plus tôt, voient leur carrière progresser normalement, eux stagnent, bloqués depuis des années sans perspectives d’avancement ni reconnaissance effective de leur statut. Selon eux, ce blocage administratif sape leur motivation et compromet leur avenir professionnel et social.

Face à ce qu’ils qualifient de « marginalisation systémique », Amadou Camara Diène a lancé un appel pressant à tous les syndicats du secteur, en particulier au G7 et au G20. « On ne peut plus continuer dans cette situation. C’est pourquoi nous appelons les secrétaires généraux du G7 d’abord, pour leur dire que les décisionnaires n’en peuvent plus et ne peuvent plus attendre, parce que leur avenir est hypothéqué », a-t-il martelé.

Pour ces enseignants, il est temps d’unir toutes les forces syndicales autour d’un front commun. « En ce moment, il n’est plus question de décisionnaires. Il est question d’enseignants. C’est l’enseignant qui a été trahi, qui a été atteint dans sa dignité et dans sa chair. Nous attendons une réponse à la hauteur de la trahison, une réponse à la hauteur de cette forfaiture », a-t-il insisté.

Cette crise révèle, une fois de plus, l’ampleur du malaise latent qui mine le système éducatif sénégalais, souvent confronté à des lenteurs administratives et à des frustrations professionnelles récurrentes. Le gouvernement est désormais attendu au tournant pour désamorcer une colère qui pourrait rapidement se transformer en mouvement de contestation de grande ampleur.

Thiaroye-sur-Mer en colère : violentes manifestations contre un projet imposé sans garanties foncières

La matinée du lundi 23 juin 2025 a été marquée par une vive agitation à Thiaroye-sur-Mer, où les populations locales ont exprimé leur colère face au projet de dépollution de la baie de Hann, qu’elles jugent imposé sans concertation ni garanties sur leurs droits fonciers. Des scènes de protestation ont paralysé la Route Nationale 1, provoquant des embouteillages massifs et une interruption quasi totale de la circulation.

Le point de tension s’est cristallisé aux abords du cinéma Thiaroye, où des jeunes manifestants ont érigé des barricades et mis le feu à des pneus, bloquant les deux voies de l’axe stratégique. La situation a rapidement dégénéré, transformant ce quartier de la banlieue dakaroise en un foyer incandescent de contestation. Plusieurs automobilistes ont été contraints de rebrousser chemin, pris au piège d’un chaos routier nourri par une vive exaspération populaire.

À l’origine de cette mobilisation : l’annonce de travaux liés à l’aménagement du quai de Thiaroye, dans le cadre du programme national de dépollution de la baie de Hann, soutenu par des bailleurs internationaux. Si le projet vise à améliorer l’environnement côtier, les habitants dénoncent une opération menée sans dialogue réel avec les communautés concernées.

« On ne peut pas nous imposer un projet alors que notre problème prioritaire, ce sont nos terres. On attend toujours les titres de propriété, et personne ne nous dit ce qu’il va advenir de nos maisons », déclare un jeune manifestant, visiblement frustré. La colère exprimée traduit une peur diffuse : celle d’une éviction ou d’une restructuration urbaine non maîtrisée, sans compensation équitable ni accompagnement social.

Les protestataires exigent des engagements clairs de la part des autorités, avant toute avancée du projet. Parmi leurs revendications figurent la régularisation foncière des parcelles occupées, un plan de restructuration urbaine inclusif et transparent, ainsi que l’implication formelle des populations dans chaque étape du projet. « On ne veut pas vivre un remake de ce qui s’est passé ailleurs, où des projets dits de modernisation ont fini par déloger les habitants », avertit un responsable de quartier.

Alors que la tension persiste, les autorités locales n’ont pas encore officiellement réagi aux événements. Toutefois, la nature et l’ampleur des manifestations de ce 23 juin interpellent sur la nécessité de repenser les modes de concertation entre l’État et les communautés locales, notamment dans les zones à forte pression foncière comme la banlieue dakaroise.

À Thiaroye-sur-Mer, la contestation populaire met en lumière un malaise profond : celui d’une population qui se sent ignorée dans les décisions qui affectent directement son avenir et son territoire. Le projet de dépollution, pourtant crucial pour la santé environnementale de la baie de Hann, pourrait ainsi être compromis si les préoccupations des habitants ne sont pas prises en compte avec sérieux et respect.

Affrontements à l’UCAD : la colère des étudiants éclate à nouveau

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été le théâtre de violents affrontements ce matin entre étudiants et forces de défense et de sécurité (FDS). Dès 7h30, le campus a basculé dans une ambiance électrique, marquée par des jets de pierres, des tirs de grenades lacrymogènes et une paralysie partielle des activités académiques.

Selon plusieurs témoins, l’origine exacte des tensions reste floue, mais le retard du paiement des bourses estudiantines serait au cœur du mécontentement. Excédés par des conditions de vie précaires, certains étudiants ont tenté d’organiser un rassemblement pour exprimer leur frustration. L’intervention rapide des forces de l’ordre a aussitôt envenimé la situation, transformant le campus en un champ de bataille.

Des affrontements ont éclaté aux abords de plusieurs facultés, notamment celles des Lettres et des Sciences juridiques, où des barricades ont été érigées par les manifestants. En réponse, les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser la foule, provoquant des scènes de panique et l’interruption des cours dans certains amphithéâtres.

Ce nouvel épisode de violence illustre une fois de plus le malaise profond qui règne à l’UCAD. Depuis plusieurs mois, l’université est régulièrement secouée par des manifestations dénonçant les conditions de vie et d’études des étudiants : retards de bourses, problèmes de logement, insuffisance des infrastructures académiques et répression des mouvements contestataires.

Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour exiger des solutions durables. « Nous ne faisons que réclamer nos droits. Comment pouvons-nous étudier sereinement sans nos bourses ? » s’indigne un étudiant en Master.

Pour l’instant, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à ces affrontements. Cependant, l’absence de solutions concrètes pourrait raviver la colère des étudiants et conduire à de nouvelles mobilisations dans les jours à venir.

Tensions autour des passeports diplomatiques au Sénégal : Adji Mergane Kanouté exprime sa colère

La députée de Benno Book Yakaar, Adji Mergane Kanouté, a exprimé sa vive indignation sur les réseaux sociaux après avoir constaté que les passeports diplomatiques des ministres sortants ont été bloqués. Dans un post sur son compte Facebook, elle a révélé que « certains ministres, ayant récemment procédé à la passation de service, se voient interdits de voyager avec leur passeport diplomatique ».

Selon Adji Mergane Kanouté, ces nouvelles consignes émanent des nouvelles autorités du Sénégal. « La raison invoquée est simplement que le passeport diplomatique est lié à la fonction », a-t-elle précisé.

La parlementaire a vivement critiqué cette décision, dénonçant un manque d’élégance de la part des nouvelles autorités. « Les anciens ministres sont des citoyens sénégalais et n’ont pas commencé à voyager avec le régime du Président Macky Sall. Le passeport diplomatique est juste un privilège pour faciliter les déplacements et non un luxe », a-t-elle souligné.

Adji Mergane Kanouté a tenu à rappeler aux nouvelles autorités l’importance de la retenue et de la maturité dans leurs actions. « Sa confiscation ou suspension ne saurait empêcher à un ancien ministre ou député de pouvoir voyager tranquillement avec un passeport ordinaire », a-t-elle ajouté.

La députée a appelé les nouvelles autorités à la sérénité et à se mettre rapidement au travail pour répondre aux attentes des Sénégalais. « Restez calmes et matures et mettez-vous à l’œuvre, c’est ce que les Sénégalaises et Sénégalais attendent de vous », a-t-elle conclu.

Grève générale des chauffeurs Allô-Dakar : Les raisons de la colère

Ce vendredi 12 avril 2024, l’Association nationale des chauffeurs Allô-Dakar (ANAD), basée à Thiès, a décidé d’observer une grève générale pour protester contre l’augmentation significative des taxes hebdomadaires imposées à leurs membres. Les chauffeurs dénoncent une hausse des taxes de 6 000 FCFA à 15 000 FCFA et organisent un grand rassemblement au rond-point stade Lat-Dior pour exprimer leur mécontentement.

Abdoulaye Ndiaye, également connu sous le nom de Rim, président de l’ANAD, et ses collègues, critiquent également les tracasseries policières dont ils sont victimes, attribuant ces difficultés au regroupement des chauffeurs de la gare routière de Thiès. L’ANAD demande depuis longtemps une régularisation de leur secteur, soulignant l’importante contribution de leur profession à l’économie nationale. En effet, chaque véhicule contribue au moins à hauteur de 600 000 FCFA par mois au Trésor public grâce aux péages sur l’autoroute.

Confrontés à des conditions de travail de plus en plus difficiles, les chauffeurs Allô-Dakar avaient précédemment entrepris une série de démarches pour sensibiliser les autorités à leurs problèmes. Ils ont rencontré les Khalifes généraux des foyers religieux du pays, notamment à Tivaouane, Touba, Thiénaba et Yoff Layène, pour dénoncer les arrestations fréquentes de leurs membres, en particulier sur l’autoroute à péage ILA TOUBA. Plus de 300 véhicules ont été saisis et immobilisés à la LG Mbao dans ce contexte.

Malgré leurs efforts pour entrer en contact avec les responsables compétents et obtenir des explications sur ces arrestations et saisies, Abdoulaye Ndiaye et ses camarades n’ont pas réussi à trouver une solution à leurs préoccupations, ce qui a exacerbé leur frustration et a conduit à la grève actuelle.

Cette grève des chauffeurs Allô-Dakar met en lumière les défis auxquels sont confrontés les travailleurs du secteur des transports au Sénégal et souligne la nécessité d’un dialogue constructif entre les chauffeurs, les autorités et les autres acteurs concernés pour trouver des solutions durables aux problèmes rencontrés.

Arabie Saoudite : Sadio Mané exprime sa colère après la défaite d’Al-Nassr

La demi-finale de la Supercoupe d’Arabie Saoudite a été l’occasion d’une rencontre pleine de tensions entre Al-Nassr, où évolue Sadio Mané, et Al-Hilal, club de Kalidou Koulibaly. Malheureusement pour Al-Nassr, le match s’est soldé par une défaite 2-0, mais une controverse survenue autour d’un but refusé a suscité la colère de la star sénégalaise.

Le moment clé de la controverse s’est produit lorsque l’arbitre a invalidé un but marqué par Otavio pour Al-Nassr, après avoir signalé un hors-jeu de Cristiano Ronaldo, qui aurait participé à l’action sur une passe de Sadio Mané. Après le match, Sadio Mané a exprimé sa frustration envers l’arbitrage.

« Beaucoup de choses se sont passées dans ce match. Pourquoi l’arbitre n’a-t-il pas validé le but d’Otavio ? Ronaldo n’a pas touché le ballon. Aucune influence sur l’attaque. Le but était valable. Ces choses arrivent à Al-Nassr. Nous ne méritons pas de perdre », a déclaré Sadio Mané, selon des propos rapportés par Haza.

Le joueur sénégalais a également exprimé sa déception quant au déroulement du match, soulignant que malgré l’expulsion d’un joueur d’Al-Nassr, son équipe n’avait pas abandonné et avait essayé de renverser la situation. Il a également critiqué l’absence d’intervention de l’arbitre sur certaines actions clés du match.

La défaite en Supercoupe vient s’ajouter à une série de résultats décevants pour Al-Nassr, qui est actuellement deuxième au championnat, loin derrière Al-Hilal, et qui a été éliminé de la Supercoupe et de la Ligue des champions asiatique. Cette fin de saison s’annonce donc sans grand enjeu pour le club.

Colère de MLD Tekki suite à l’irruption des gendarmes à l’Assemblée nationale : Violation de la démocratie sénégalaise

La présence de forces de sécurité à l’intérieur même de l’Assemblée nationale constitue une violation flagrante de la séparation des pouvoirs et une atteinte directe à la démocratie sénégalaise. Mamadou Lamine Diallo, député et figure de proue du Mouvement Tekki, a exprimé sa colère face à cette intrusion des gendarmes dans le processus législatif, déclarant que cela était inacceptable dans un pays qui se veut démocratique.

Alors que le Sénégal fait face à des défis politiques majeurs, il est impératif que les principes démocratiques fondamentaux soient respectés et que les institutions gouvernementales agissent dans le meilleur intérêt du peuple sénégalais. La réaction indignée de Mamadou Lamine Diallo et du Mouvement Tekki témoigne de la nécessité urgente de protéger les valeurs démocratiques et de garantir la liberté et la transparence dans le processus politique du pays.

Colère des agriculteurs : les syndicats annoncent « un siège de la capitale »

En dépit des annonces faites vendredi par le Premier ministre, Gabriel Attal, pour tenter d’apaiser la colère des agriculteurs, ces derniers restaient largement mobilisés samedi, malgré la levée de certains barrages routiers. Ils s’interrogent maintenant sur la suite de leur mouvement, mais des agriculteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) du grand bassin parisien ont d’ores et déjà annoncé qu’ils entameraient « un siège » de Paris dès lundi et « pour une durée indéterminée ».

À mesure que certains barrages sont levés, samedi 27 janvier, la circulation reprend sur certaines autoroutes, tandis que les agriculteurs, loin d’être tous satisfaits des annonces du gouvernement, s’interrogent sur la suite de leur mouvement.

Dans le sud, l’autoroute A9 « a été rouverte sur la majeure partie de son tracé », a indiqué Vinci Autoroutes dans un communiqué. Mais elle reste coupée dans le Gard. 

Du côté de l’autoroute A64 au niveau de Carbonne (Haute-Garonne), premier barrage d’agriculteurs à avoir été installé il y a dix jours, le blocage a été totalement levé. Cet axe reliant Toulouse à Bayonne a été rouvert à la circulation à 15 h 25, a annoncé la préfecture dans un communiqué.

« On a été entendu, on a eu quelques réponses » même si « tout ne sera pas parfait de suite », a jugé Joël Tournier, l’un des porte-parole du mouvement à Carbonne, avec l’éleveur Jérôme Bayle.

Selon la gendarmerie, le nombre de blocages et de départements touchés diminue fortement. Samedi à 6 h, il y avait moins de 40 actions touchant 28 départements. 

Mais le mouvement reste diffus, avec des situations qui varient localement à travers la France et des agriculteurs partagés entre ceux qui estiment avoir obtenu satisfaction et d’autres qui souhaitent relancer le mouvement après une pause.

« Siège de la capitale »

Des agriculteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) du grand bassin parisien entameront lundi un « siège de la capitale », ont annoncé samedi soir les deux syndicats, qui représentent la majorité de la profession au niveau national.

« Dès lundi 29 janvier à 14 h les agriculteurs des départements de l’Aisne, l’Aube, l’Eure, l’Eure & Loir, l’lle-de-France, la Marne, le Nord, l’Oise, le Pas-de-Calais, la Seine et Marne, la Seine-Maritime et la Somme, membres du réseau FNSEA et Jeunes Agriculteurs du Grand Bassin Parisien entament un siège de la capitale pour une durée indéterminée », écrivent-ils dans un communiqué.

« Tous les axes lourds menant à la capitale seront occupés par les agriculteurs », ajoutent-ils dans le bref texte.

Les agriculteurs de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, l’un des points chauds de la mobilisation en France, avaient un peu plus tôt annoncé leur intention de « monter à Paris » à partir de lundi pour aller bloquer le marché d’intérêt national de Rungis (Val-de-Marne).

Un administrateur national des JA, Maxime Buizard, avait un peu plus tôt annoncé sur BFMTV avoir « décidé de changer de méthode et d’organiser le blocus de Paris et de la petite couronne ».

« Pour l’heure, ce n’est pas tranché », temporisait Pierrick Horel. « Il y a des discussions, il y en a qui tempèrent, il y en a qui décident de tout bloquer », explique David Sève, de la FDSEA du Gard.

« On ne vous lâchera pas »

Mardi, la mobilisation a été endeuillée par la mort accidentelle d’une agricultrice et de sa fille sur un barrage à Pamiers (Ariège). Samedi, plusieurs milliers de personnes participaient dans cette ville à une marche blanche organisée en leur mémoire. « Il y a une foule considérable […], la solidarité et l’émotion ont dépassé l’Ariège et le monde de l’agriculture », a déclaré Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège.

Pour tenter d’éteindre la révolte montée de campagnes, où beaucoup ne parviennent plus à vivre de leur métier, le Premier ministre, Gabriel Attal, a dévoilé vendredi des mesures d’urgence en Occitanie, berceau de la contestation. « On ne vous lâchera pas », a-t-il lancé. 

Il a ainsi accédé à quelques-unes des demandes les plus pressantes des manifestants, comme l’abandon de la hausse de la taxe sur le gazole non routier (GNR), le gonflement des indemnités pour les éleveurs touchés par la maladie des bovins MHE et des sanctions lourdes contre trois industriels de l’agro-alimentaire ne respectant pas les lois Egalim sur les prix.

Les mesures « sont appelées à se décliner sur d’autres sujets » a promis le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau.

« Ce qui a été dit ce soir ne calme pas la colère »

« Ce qui a été dit ce soir ne calme pas la colère, il faut aller plus loin », a affirmé vendredi le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. La Confédération paysanne veut pour sa part vouloir « continuer la mobilisation » pour obtenir « des mesures structurelles ».

« Les gens sont excédés par le fait que ce n’est pas les annonces qu’on attendait », a déclaré samedi Lucie Delbarre, secrétaire générale de la FDSEA du Pas-de-Calais. « On a un État qui se moque de ses agriculteurs. On le voit bien, c’est une cocotte-minute prête à exploser ».

À Narbonne, c’est un bâtiment de la Mutualité sociale agricole (MSA) qui avait été incendié vendredi après-midi en marge d’une manifestation d’agriculteurs, tandis qu’à Nîmes, un bureau des Douanes et huit véhicules ont été brûlés.

Partout à travers la France – première puissance agricole de l’Union européenne – s’est exprimé un mélange de passion et de désespoir, les cortèges exhibant ici un pendu de paille, là affichant le slogan « Enfant on en rêve, adulte on en crève ».

À Matignon, l’accueil des mesures est observé avec attention, et l’entourage de Gabriel Attal promet « de continuer à apporter un certain nombre de mesures d’ici le Salon de l’agriculture » fin février.

« Il faut donner un cap à l’agriculture française. Il faut lui dire ce qu’elle doit faire : son objectif est d’être concurrentielle avec les fermes-usines du Brésil ou d’Ukraine, ou son but est de nourrir comme il faut les Français ? », a demandé le député LFI de la Somme François Ruffin.

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