Polémique au Commissariat à la Sécurité alimentaire : le licenciement de 10 agents dénoncé

L’affaire fait grand bruit au sein de l’administration sénégalaise. La directrice générale du Commissariat à la Sécurité alimentaire, Marième Soda Ndiaye, est au centre d’une vive controverse après le licenciement de 10 agents, dont huit femmes en Contrat à durée indéterminée (CDI). Une décision jugée « abusive » par le collectif interministériel des agents de l’administration sénégalaise, qui dénonce une atteinte aux droits des travailleurs.

Selon le collectif dirigé par Oumar Dramé, les employés concernés – pour la plupart titulaires d’un diplôme de niveau Master – ont été renvoyés sous prétexte que leurs contrats n’avaient pas reçu l’aval du ministère des Finances. Pourtant, leur recrutement avait été validé par le conseil d’administration, en conformité avec le Code du travail.

« Certains de ces agents occupaient des postes stratégiques au sein des services centraux et déconcentrés. Il est incompréhensible que la directrice générale et le président du conseil d’administration aient bénéficié d’une revalorisation salariale avec l’aval du même conseil, alors qu’ils refusent de reconnaître ses décisions en faveur des travailleurs licenciés », dénonce Oumar Dramé.

Une décision « brutale et déshumanisante »

Le collectif fustige une décision « brutale et déshumanisante », soulignant que certains des agents licenciés sont des veufs avec des enfants à charge. Il critique également le « simulacre d’accompagnement » proposé par la direction, qui consiste en une indemnité équivalente à quatre mois de salaire avant leur départ.

« Nous ne pouvons pas accepter qu’ils soient traités comme des criminels alors qu’ils ont servi leur pays avec loyauté. C’est une injustice flagrante qui doit être corrigée », martèle Oumar Dramé, appelant les autorités à intervenir pour rétablir les droits des agents licenciés.

Diffamation : Bah Diakhaté à nouveau en garde à vue au commissariat du Plateau

Ce mardi 28 mai 2024, l’activiste Bah Diakhaté a été auditionné à la Division des Investigations Criminelles (DIC) avant d’être placé en garde à vue pour de nouvelles accusations de diffamation et de diffusion de propos contraires aux bonnes mœurs. Ces nouvelles charges font suite à une plainte déposée par Ababacar Mboup, représentant de l’organisation And Sam Jikko Yi. Diakhaté passera la nuit au commissariat du Plateau et devrait être déféré devant le procureur de la République ce mercredi.

Cette nouvelle garde à vue s’inscrit dans une série de démêlés judiciaires pour Bah Diakhaté. La veille, il avait comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour des accusations d’offense au Premier ministre et de diffusion de fausses nouvelles. Lors de cette audience, le parquet avait requis une peine de six mois d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 100 000 francs CFA. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et le verdict est attendu pour le 3 juin prochain.

Ababacar Mboup, dans sa plainte, accuse Bah Diakhaté de diffuser des propos diffamatoires et contraires aux bonnes mœurs. Les détails spécifiques de ces propos n’ont pas été entièrement dévoilés, mais il est clair que la nature de ces accusations a suffi à justifier la mise en garde à vue de l’activiste. Mboup, figure de proue de l’organisation And Sam Jikko Yi, a exprimé à plusieurs reprises son mécontentement face aux actions et déclarations publiques de Diakhaté, qu’il considère comme nuisibles et infondées.

L’avocat de Bah Diakhaté, Me Amadou Sall, a fermement défendu son client en arguant que Diakhaté agit en tant que lanceur d’alerte. Selon Me Sall, son client révèle des informations d’intérêt public et devrait être protégé par la loi sur les lanceurs d’alerte récemment promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye. « Il alerte l’opinion sur des faits cachés », a déclaré Me Sall, insistant sur le rôle crucial que jouent les lanceurs d’alerte dans une démocratie.

Si Bah Diakhaté est reconnu coupable des charges de diffamation et de diffusion de propos contraires aux bonnes mœurs, il pourrait faire face à des sanctions supplémentaires en plus de celles requises lors de son procès initial. Les implications pour Diakhaté sont graves, car une condamnation pourrait non seulement entraîner une peine de prison mais aussi une atteinte à sa réputation et à son influence en tant qu’activiste.

La société civile et diverses organisations de défense des droits de l’homme suivent de près les développements autour de Bah Diakhaté. Plusieurs d’entre elles ont déjà exprimé leur inquiétude quant à ce qu’elles perçoivent comme une tentative de réduire au silence un critique vocal du gouvernement. Des manifestations pacifiques et des campagnes sur les réseaux sociaux ont été organisées pour soutenir Diakhaté et demander une plus grande transparence et équité dans les procédures judiciaires à son encontre.

Bah Diakhaté, figure emblématique de l’activisme au Sénégal, se retrouve une fois de plus au cœur d’une tempête judiciaire. Tandis qu’il passe la nuit en garde à vue au commissariat du Plateau, l’attention se tourne vers les prochains développements judiciaires. La communauté attend avec impatience le verdict de son procès initial prévu pour le 3 juin, tout en gardant un œil vigilant sur les nouvelles accusations de diffamation qui pourraient encore compliquer sa situation déjà précaire.

Affaire Seydina Mouhamed Diop : Six policiers du commissariat de Pikine incarcérés pour meurtre

Une sombre affaire secoue le commissariat de Pikine, alors que six de ses membres sont accusés du meurtre de Seydina Mouhamed Diop, survenu dans la nuit du 24 au 25 mars dernier au cours d’une opération policière. Cette triste nouvelle est un coup dur pour l’ensemble de l’institution policière et soulève des questions sur les pratiques et les procédures en vigueur.

Selon les informations rapportées par Libération dans son édition de ce lundi, les six policiers impliqués ont été placés sous mandat de dépôt, accusés de meurtre. Arrêtés par la Direction des Investigations Criminelles (DIC) puis déférés au parquet de Pikine-Guédiawaye, ils ont été envoyés en détention préventive à la suite de l’ouverture d’une information demandée par le ministère public.

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