Kaolack : Le CDS de Sam plaide pour le recrutement des acteurs communautaires

Les Comités de Développement Sanitaire (CDS), mis en place par un décret en janvier 2018, incarnent une nouvelle approche dans l’administration du système de santé. Ces structures visent à renforcer la gouvernance en impliquant davantage les acteurs de santé locaux au bénéfice des populations. C’est dans cet esprit que s’inscrit l’équipe du poste de santé de Sam, qui organise chaque année une activité intitulée “Rendre hommage à la santé”, tenue ce samedi.

“Nous en sommes à la 6e édition de cette activité qui vise à honorer le personnel du poste de santé de Sam. Ce personnel, toujours engagé au service de la santé communautaire, mérite d’être salué par toutes les populations de Sam et des environs. Cette initiative a pour objectif principal de remercier tous les acteurs qui ont contribué à la bonne marche de cette structure sanitaire, notamment à l’atteinte des résultats escomptés au cours des années passées”, a déclaré Cheikh Tidiane Sarr, secrétaire exécutif du Comité de Développement Sanitaire (CDS) de Sam.

Au-delà de l’hommage rendu aux agents de santé, cette journée a également permis de célébrer le premier bébé de l’année. Selon M. Sarr, “cette célébration est l’occasion de magnifier les efforts des femmes enceintes qui respectent leurs rendez-vous médicaux tout au long de leur grossesse”.

Le CDS a également saisi cette opportunité pour rendre hommage aux figures emblématiques de Sam ayant contribué au développement du quartier. Une séance de lecture du Saint Coran dédiée aux défunts a été organisée, suivie d’un rappel de leur parcours, afin de transmettre des repères à la jeune génération.

Lutte contre l’hépatite B : un thème prioritaire

Pour cette édition, le thème retenu est “L’hépatite B chez la femme enceinte”. Selon M. Sarr, “cette maladie suscite de nombreuses inquiétudes au sein des populations. Nous avons donc invité une technicienne de santé pour sensibiliser sur les modes de contamination, la gravité de la maladie chez la femme enceinte, et les mesures à prendre en cas de diagnostic”.

Cependant, un problème majeur persiste : les conditions de travail des acteurs communautaires. “Ces personnes travaillent 24 heures sur 24 sans aucune rémunération. C’est une situation alarmante”, a déploré M. Sarr. Il a ainsi lancé un appel au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et à son Premier ministre, Ousmane Sonko, pour l’instauration d’un programme sanitaire permettant le recrutement et la prise en charge de ces acteurs.

Cette initiative annuelle du CDS de Sam illustre l’importance de la mobilisation communautaire dans le renforcement du système de santé local et la sensibilisation aux enjeux de santé publique.

Révélations explosives : Les dessous sulfureux du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) au Sénégal

Le rapport définitif de la Cour des comptes sur le Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) était attendu avec impatience par les Sénégalais. Ce dossier, au centre de nombreuses controverses, a joué un rôle crucial dans l’arène politique en écartant Ousmane Sonko, actuel Premier ministre et ancien chef de l’opposition, de la course présidentielle suite à une condamnation pour diffamation. Cependant, l’attente du rapport a été frustrée alors que le site de la Cour des comptes a été submergé par une affluence massive, créant ainsi un bug informatique.

Le rapport final de la Cour des comptes concerne la période de 2018 à 2021 et met en lumière une série de lacunes dans la gouvernance du Prodac. Parmi ces lacunes, on trouve un organe de pilotage inactif, des défauts de conformité dans l’organigramme, un manque de mise en application des outils de pilotage et des défaillances dans le système d’information, entre autres.

En ce qui concerne la gestion des marchés publics du Prodac, le rapport révèle des irrégularités flagrantes, telles que des insuffisances dans la coordination du programme, l’absence de validation des Programmes de Travail Budgétaires Annuels (PTBA), des activités réalisées sans planification préalable, des passations irrégulières de marchés, et des retards dans la réalisation des Domaines Agricoles Communautaires (DAC).

Malgré un budget colossal estimé à 100 milliards de francs CFA et une dérogation exceptionnelle accordée par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) pour accélérer les procédures, le Prodac n’a toujours pas atteint ses objectifs. Parmi ces objectifs figuraient la création d’emplois, la réalisation d’unités autonomes d’exploitation, la mise en place de groupements d’entrepreneurs agricoles, et l’aménagement de terres agricoles, entre autres.

Sur le plan financier, le rapport révèle une gestion chaotique, avec des dépassements de montants de créances cédées et des incohérences dans le paiement des engagements de l’État envers la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE). Des pratiques douteuses ont également été mises en lumière, telles que des prêts accordés à des hauts responsables du programme sans justification claire et des indemnités mensuelles considérables octroyées à certains membres du personnel, jugées discriminatoires.

Ces révélations mettent en lumière les failles dans la gestion du Prodac et soulèvent des questions sur la transparence et la responsabilité dans l’utilisation des fonds publics. Alors que les Sénégalais attendent des réponses et des mesures correctives, ces révélations pourraient avoir des répercussions majeures sur le paysage politique et économique du Sénégal.

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