La tension est montée d’un cran à Malika, dans la banlieue dakaroise, après l’arrestation de deux figures locales, accusées d’avoir tenu des propos jugés injurieux et diffamatoires à l’encontre d’un responsable de la communauté Layenne. Il s’agit de Mamadou Fall, plus connu sous le nom de Malcom, conseiller municipal et militant écologiste, et de l’activiste Mor Talla Babou.
Selon les informations rapportées par L’Observateur dans sa parution de ce lundi, les deux hommes ont été interpellés samedi par les éléments du commissariat de police de Malika. Ils sont actuellement placés en garde à vue et devraient être déférés devant le parquet dans les prochaines heures pour « injures publiques et diffamation ».
À l’origine de l’affaire, une série de déclarations tenues par Mamadou Fall dans le cadre de sa lutte contre l’exploitation du sable autour du lac Wouy, un site naturel de la localité menacé par les activités de prélèvement anarchiques. Le conseiller municipal avait publiquement dénoncé ce qu’il qualifiait de « pillage organisé » des ressources naturelles, accusant certains responsables locaux de fermer les yeux sur une situation qu’il jugeait alarmante.
Cependant, ses propos n’ont pas été du goût de tous. Un responsable influent de la communauté Layenne, proche du Khalife, a estimé que les déclarations de Mamadou Fall constituaient des injures et une atteinte à son honneur. Il a alors porté plainte, entraînant l’arrestation du conseiller municipal.
Dans la foulée, un autre activiste de la zone, Mor Talla Babou, a lui aussi été interpellé à la suite d’une plainte similaire. L’homme est accusé d’avoir tenu, lors d’une émission diffusée sur une télévision locale, des propos virulents à l’encontre de la même autorité religieuse. Ses déclarations, jugées offensantes, ont été considérées comme diffamatoires par la partie plaignante.
Les deux mis en cause, qui se présentent comme des défenseurs des causes citoyennes et environnementales, devront désormais répondre de leurs actes devant la justice. Leur interpellation a suscité de vives réactions au sein de la population de Malika, partagée entre ceux qui dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et ceux qui estiment que la dignité des autorités religieuses doit être protégée.