Barthélémy Dias conteste sa révocation : « La justice doit dire le droit et rendre justice au peuple de Dakar »

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Barthélémy Dias, président du mouvement Sénégal Biñu Bokk et ex-maire de Dakar, a vigoureusement contesté sa destitution de la tête de la capitale sénégalaise. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un « déni de justice » et une « confiscation du vote populaire », tout en réaffirmant sa volonté de se battre juridiquement et politiquement.

Révoqué de ses fonctions de maire le 13 décembre dernier à la suite d’un arrêté préfectoral, Barthélémy Dias affirme que cette décision ne repose sur aucune base juridique solide. Selon lui, l’article 135 du Code général des collectivités territoriales exige qu’un décret signé par le président de la République soit pris pour constater la perte de mandat d’un maire. Or, « aucun décret présidentiel n’a été publié », insiste-t-il.

Il rappelle avoir saisi la Cour d’Appel et la Cour Suprême pour contester cette décision qu’il juge arbitraire. « Si la Cour d’appel que j’avais également saisie ne se prononce pas, il y a manifestement un déni de justice. Une justice muette », a-t-il martelé.

Sa révocation intervient dans un contexte judiciaire complexe. L’ancien maire a été déclaré inéligible en raison d’une condamnation datant de 2017 dans l’affaire Ndiaga Diouf. Cette décision a également entraîné la perte de son mandat de député quelques jours plus tôt. Mais pour Barthélémy Dias, cette condamnation ne saurait justifier son éviction actuelle. « Il n’y a aucune condamnation nouvelle, et cet acte préfectoral dont parlent les détracteurs ne peut être pris en compte. »

L’ancien édile remet également en cause la légitimité du maire intérimaire désigné, estimant qu’aucune autorité ne peut se prévaloir de ce titre tant que la Cour Suprême ne s’est pas prononcée. « Ce n’est pas une question de personnes. Il s’agit d’un combat pour la démocratie locale et le respect de la volonté populaire », a-t-il insisté.

Dans une posture de défi, Barthélémy Dias a promis de poursuivre le combat. « Ceux qui ont commis le braquage de la ville de Dakar seront punis », a-t-il déclaré, tout en affirmant que son avenir politique ne s’arrête pas à la mairie : « Il ne s’agit pas de moi, de mon mandat de maire. J’ai d’autres ambitions. »

Cette sortie médiatique marque un tournant dans la bataille judiciaire et politique entamée depuis sa destitution. Si les juridictions supérieures du pays venaient à valider cette révocation, cela pourrait compromettre durablement les ambitions de Barthélémy Dias sur la scène politique nationale.

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