Moustapha Diakhaté contre-attaque : « Je ne regrette rien. Qu’on me colle des milliers de mandats de dépôt »

L’ancien député et ex-chef de cabinet du président Macky Sall, Moustapha Diakhaté, n’a pas mâché ses mots lors d’un point de presse tenu ce mardi à l’hôtel Le Relais. À peine sorti d’une condamnation à un mois et quinze jours de prison, l’homme politique est revenu de manière frontale sur les propos polémiques qui lui ont valu ses récents ennuis judiciaires.

Dans une salle pleine de journalistes et de partisans, Diakhaté a assumé ses déclarations controversées, notamment l’emploi du terme « gougnafiers » pour qualifier certaines autorités étatiques. Il a diffusé les extraits sonores en question avant de déclarer, sans ambages : « Je ne regrette rien. Je n’ai pas peur de la prison. » Citant Serigne Touba, symbole de résilience face à la colonisation, il a affirmé que sa détermination demeurait intacte.

Loin de s’excuser, l’ancien parlementaire a fustigé ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle : « Le Président de la République est la première autorité, ensuite vient le président de l’Assemblée nationale, puis le Premier ministre. Mais je les ai vus marcher sur la même ligne. Ce n’est pas normal », a-t-il martelé, dénonçant une confusion dans l’ordre protocolaire de la République.

Moustapha Diakhaté s’est également attaqué frontalement au procureur Ibrahima Ndoye, l’accusant de partialité : « Ndoye est un parquetier à double standard : tendre avec le pouvoir, sévère avec l’opposition. Il s’est autosaisi parce que j’ai dit ‘gougnafiers’, mais il ne l’a pas fait quand Ousmane Sonko a traité le président de faible. » Visiblement remonté, il est allé plus loin : « Ces gens sont pires que des gougnafiers, ils sont ignorants. »

À ses yeux, la justice n’est plus neutre. « Ibrahima Ndoye a un problème personnel avec moi. Je ne le considère plus comme procureur de la République, mais comme procureur du Pastef », a-t-il lancé, accusant le magistrat de servir les intérêts du parti au pouvoir.

Dans une déclaration aux allures de défi lancé à l’autorité judiciaire, Diakhaté a conclu : « Qu’il me colle des milliers de mandats de dépôt s’il veut. J’ai du sang royal dans mes veines et je dirai toujours ce que je pense. »

Déclaration d’Ousmane Sonko : Thierno Alassane Sall contre-attaque avec virulence

Au lendemain de la déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko sur ses plateformes digitales, les réactions se multiplient. Dans son adresse, le chef du gouvernement est longuement revenu sur l’arrêt de la Cour suprême dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à Mame Mbaye Niang, ancien ministre sous le régime de Macky Sall. Un dossier désormais symbolique du bras de fer entre l’ancien opposant et les institutions judiciaires du pays. Mais M. Sonko ne s’est pas arrêté là : il a élargi son propos à des considérations plus générales sur la situation du pays, évoquant notamment des lenteurs administratives, des blocages dans la justice, et des freins à la mise en œuvre de sa politique.

Cette sortie n’a pas tardé à faire réagir l’opposition. Fidèle à son franc-parler, le député Thierno Alassane Sall (TAS) a critiqué sans ménagement le Premier ministre. « Ousmane Sonko, ou la recherche permanente d’un bouc émissaire », a-t-il déclaré dans un message posté dans la foulée de l’intervention du chef du gouvernement. Selon lui, M. Sonko serait un homme « angoissé par son incapacité à redresser l’économie du pays, désorienté face aux questions sociales lancinantes, meurtri par son propre dossier judiciaire ».

TAS va plus loin en dressant le portrait d’un dirigeant isolé : « À l’entendre, tout le monde serait ligué contre lui : la justice, l’opposition, le Président de la République qui manquerait de poigne, son administration qu’il juge “incompétente”. Le voilà presque à crier au complot, comme en mars 2021, et à réclamer qu’on lui accorde un pouvoir qu’il contrôle pourtant déjà pleinement. »

Sophie Gladima contre-attaque : ses avocats réclament sa libération provisoire

Incarcérée depuis le 21 mai pour un présumé détournement de 73 millions FCFA, l’ex-ministre des Mines engage une riposte judiciaire.

L’affaire Sophie Gladima connaît un nouveau rebondissement. Les avocats de l’ex-ministre des Mines et de la Géologie ont déposé, ce mercredi 18 juin, une requête en mainlevée du mandat de dépôt et en mise en liberté provisoire de leur cliente. Une démarche entreprise au lendemain de son audition au fond par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 21 mai dernier, la maire de Joal est poursuivie pour détournement présumé de deniers publics portant sur un montant de 73 millions de francs CFA. Une somme issue du fonds Force Covid-19 et destinée à financer la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou, en faveur des orpailleurs affectés par la pandémie. Problème : selon la Cour des comptes, le projet n’a jamais été réalisé, bien que les fonds aient été versés à l’adjudicataire du marché.

Dans un mémoire de 11 pages cité par le journal L’Observateur, les conseils de Sophie Gladima contestent vigoureusement les accusations. Ils affirment que leur cliente n’a jamais été directement mise en cause dans le rapport de la Cour des comptes. Selon eux, son rôle s’est limité à l’approbation des contrats, bien avant tout processus de contrôle, de vérification des prestations ou de paiement.

Mieux encore, les avocats dénoncent une « grave erreur » de droit. Ils reprochent à la Cour des comptes d’avoir fondé une partie de ses accusations sur les articles 89 et 101 du décret sur la comptabilité publique — un texte abrogé depuis avril 2020. À la date du rapport, le décret en vigueur était le n°2020-987 du 23 avril 2020, selon la défense. Une faille juridique qui, si elle est avérée, pourrait fragiliser la procédure engagée contre l’ancienne ministre du gouvernement de Macky Sall.

En attendant la décision de la justice, Sophie Gladima reste incarcérée. Mais avec cette contre-offensive juridique, ses avocats espèrent obtenir un réexamen rapide de sa situation et, à terme, une liberté provisoire.

Affaire Doro Gaye : le colonel Cheikh Sarr contre-attaque sur le terrain judiciaire

L’affaire Doro Gaye continue de secouer le paysage judiciaire sénégalais. Après son inculpation et son placement sous mandat de dépôt à la suite de sa convocation mi-novembre, le colonel Cheikh Sarr, ancien patron de la Section de recherches (SR), refuse de se laisser faire. Il a saisi la Chambre d’accusation pour contester la régularité de la procédure engagée contre lui.

Selon les informations relayées par Les Échos, la défense du colonel Cheikh Sarr dénonce des irrégularités dans la procédure d’instruction. Ses avocats pointent du doigt des « vices de forme » qu’aurait commis le juge d’instruction, notamment le non-respect de certaines étapes judiciaires obligatoires.

« Il y a des préalables que le magistrat instructeur devait poser et qui n’ont pas été faits », insistent-ils. S’appuyant sur ces arguments, les avocats du colonel plaident pour une « nullité de forme » et espèrent obtenir l’annulation des charges qui pèsent contre lui.

Cette offensive judiciaire marque la deuxième requête introduite pour contester la procédure. Un premier recours avait déjà été déposé pour des motifs similaires, selon Les Échos.

L’affaire Doro Gaye est loin d’être linéaire. Avant l’initiative de Cheikh Sarr, la défense de Doro Gaye lui-même avait déjà contesté la procédure lancée contre lui par l’homme d’affaires Zakiroulahi Sow.

Les avocats de Doro Gaye reprochaient au juge d’avoir révoqué son contrôle judiciaire avant même qu’il ne quitte le pays, alors qu’aucune violation des conditions du contrôle judiciaire n’avait été constatée. Ce recours, dont le verdict est toujours attendu, s’ajoute donc à la contre-offensive judiciaire du colonel Cheikh Sarr.

Avec cette nouvelle saisine de la Chambre d’accusation, le dossier Doro Gaye s’enlise dans une complexité croissante. La justice sénégalaise devra statuer sur ces multiples recours, ce qui pourrait prolonger l’affaire bien au-delà des prévisions initiales.

Conflit autour de 3,5 milliards FCFA : Fadilou Keita accuse, Ahmed Khalifa Niass contre-attaque

Un vif débat s’est ouvert entre le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keita, et l’homme politique Ahmed Khalifa Niass, autour d’une dette présumée de 3,5 milliards FCFA envers l’État du Sénégal. L’affaire a été évoquée lors de l’émission Grand Jury du dimanche 29 septembre 2024, où Fadilou Keita a révélé l’existence d’un rapport datant de 2013 ou 2014 mentionnant que M. Niass, ainsi que l’ancien ministre Samuel Sarr, seraient redevables de cette somme dans le cadre de l’achat de véhicules appartenant à l’État.

Dans son intervention, Fadilou Keita a affirmé que les deux hommes d’affaires devaient encore à l’État cette somme importante, liée à des transactions sur des véhicules. Il s’est appuyé sur un rapport officiel qui, selon lui, documente cette créance non réglée. Cette déclaration a immédiatement fait réagir Ahmed Khalifa Niass, qui a farouchement nié ces accusations

En réponse, Ahmed Khalifa Niass a réfuté toute dette vis-à-vis de la CDC ou de l’État du Sénégal. Intervenant sur le média Public.SN, il a rejeté les propos de Fadilou Keita, les qualifiant de « contrevérité ». Niass a ajouté qu’il ne connaissait ni le bureau de la CDC ni ses responsables, et a affirmé qu’il n’avait jamais perçu un seul centime de cette institution.

Dans sa défense, Ahmed Khalifa Niass a défié Fadilou Keita de publier les documents attestant de cette créance, en demandant que sa signature soit produite pour corroborer les accusations. « Ce qu’il a dit, c’est une contrevérité. Je le défie : au lieu de continuer à parler, il n’a qu’à publier le dossier », a-t-il martelé avec insistance.

En contre-attaque, Ahmed Khalifa Niass a affirmé que c’était plutôt l’État qui lui devait plus de 5 milliards FCFA. Il s’agit, selon lui, de paiements non honorés pour des véhicules fournis à l’État à l’époque du président Abdoulaye Wade. Il a précisé que ces véhicules comprenaient 20 BMW de luxe et 20 Mercedes 600, qui avaient été livrés lors d’une cérémonie officielle au palais présidentiel, sous les caméras de la télévision publique.

Ahmed Khalifa Niass ne s’est pas limité à contester les accusations. Il a également exprimé des doutes sur la capacité de Fadilou Keita à diriger la CDC, institution qu’il a qualifiée de « plus puissante qu’une banque ». Selon Niass, Keita serait incapable de gérer une telle structure, allant jusqu’à prédire que la CDC pourrait devenir le « plus grand scandale financier du pays » sous sa direction.

Ce différend met en lumière des enjeux financiers importants et soulève des questions sur la gestion des biens de l’État ainsi que sur la gouvernance des institutions comme la CDC. Les prochaines étapes pourraient inclure une publication des documents relatifs à ces accusations, comme exigé par Ahmed Khalifa Niass.

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