Le journaliste Madiambal Diagne a interpellé, ce jeudi, le Procureur de la République sur une publication virulente du député Guy Marius Sagna. Dans son message relayé sur les réseaux sociaux, l’élu de la coalition Diomaye-Président affirme que le Sénégal se trouve désormais dans une situation inédite, avec « un président légal, élu » (Bassirou Diomaye Faye) et un président légitime (Ousmane Sonko).
Une déclaration qui suscite de vives réactions, notamment celle de Madiambal Diagne, qui y voit une atteinte à la fonction présidentielle. Dans un tweet incisif, le journaliste s’interroge :
« Le Procureur détournera-t-il le regard de cette autre offense au Chef de l’État ? »
Faisant un parallèle avec les propos jadis tenus par Ousmane Sonko contre Macky Sall, qu’il qualifiait également de président illégitime, Diagne dénonce une forme de récidive politique dans le discours de contestation institutionnelle.
Dans son message initial, Guy Marius Sagna n’a pas mâché ses mots. Il accuse l’ancien régime d’avoir volontairement écarté Ousmane Sonko de la course présidentielle, en affirmant :
« Vous avez empêché illégalement au Président de Pastef Ousmane Sonko d’être candidat. (…) Vous avez assassiné plus de 80 Sénégalais. (…) Nous avons un président légal et un président légitime. »
Il conclut en ces termes :
« Walay vous êtes condamnés à souffrir des conséquences de cette situation dont vous êtes responsables. »
Des propos qui s’inscrivent dans un ton militant, mais qui pourraient, selon certains observateurs, franchir les lignes rouges du débat républicain.
La question soulevée par Madiambal Diagne relance le débat sur la liberté d’expression des parlementaires, mais aussi sur les limites du discours politique dans un contexte post-électoral encore marqué par des tensions.
La loi sénégalaise prévoit des sanctions pour l’offense au Chef de l’État, bien que l’interprétation de ce délit reste souvent sujette à controverse, notamment lorsqu’il s’agit de propos tenus dans l’exercice d’un mandat parlementaire.