Convention entre l’État du Sénégal et les ICS : un accord déséquilibré au détriment du Trésor public

La convention liant l’État du Sénégal aux Industries Chimiques du Sénégal (ICS) suscite une vive controverse, alors que de nouvelles révélations mettent en lumière les déséquilibres profonds d’un accord signé il y a plus de quarante ans. Selon une enquête du journal Libération, cet accord serait aujourd’hui largement défavorable aux intérêts du pays, notamment sur le plan financier.

Alors que l’État sénégalais détient 5% du capital des ICS, la compagnie minière continue de refuser à l’État un siège au sein de son Conseil d’administration, une situation jugée anormale par de nombreux observateurs. Ce déficit de gouvernance s’ajoute à une autre anomalie bien plus préoccupante : une dette colossale de 192 milliards de francs CFA en redevances impayées que les ICS traînent depuis plus de deux décennies.

Selon un rapport de la Cour des comptes, cette dette s’élevait déjà à 121,5 milliards de francs CFA entre 2000 et 2019. Mais loin de diminuer, elle n’a cessé de croître, atteignant aujourd’hui 192 milliards, grevant lourdement les finances publiques. Ces montants représentent un manque à gagner significatif pour le Trésor public, à un moment où le pays fait face à de nombreux défis économiques et budgétaires.

À l’origine de cette situation, une convention signée en 1981, dont certaines clauses apparaissent aujourd’hui particulièrement favorables aux ICS. D’après un spécialiste cité par Libération, cette convention exonère les ICS de toute taxe depuis plus de quarante ans, un privilège fiscal qui interroge sur la pertinence et l’équité de cet accord dans le contexte économique actuel.

Face à ces révélations, la Primature a lancé une revue approfondie de la convention, selon les informations du journal. L’objectif est clair : rééquilibrer les termes de l’accord afin de garantir que les intérêts de l’État soient mieux pris en compte. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de transparence et de justice économique, alors que le pays cherche à renforcer ses ressources internes.

Cette affaire relance le débat sur la gestion des partenariats entre l’État et les grandes entreprises extractives. Pour de nombreux analystes, il est urgent de renégocier des conventions plus équitables, capables de générer une véritable valeur ajoutée pour le pays tout en assurant un environnement stable pour les investisseurs.

Convention Etat-Employeur : le secteur privé plaide pour une augmentation de l’enveloppe budgétaire

Ce jeudi, la cérémonie de signature des conventions de partenariat entre la direction de l’emploi et les entreprises privées a été marquée par une demande importante du secteur privé : l’augmentation de l’enveloppe allouée aux entreprises dans le cadre de la Convention Etat-Employeur. Cette convention, qui a pour objectif de lutter contre le chômage, notamment chez les jeunes, a fait l’objet de vives discussions, avec des propositions visant à renforcer son efficacité et à mieux accompagner la création d’emplois.

Malick Guèye, président de la commission compétences professionnelles, emploi et entrepreneuriat du Conseil National du Patronat (CNP), a insisté sur l’importance d’augmenter cette enveloppe pour permettre un impact plus large sur l’emploi. Il a rappelé qu’au cours des 20 dernières années, cette enveloppe était restée bloquée à un milliard de francs CFA. « Cette année, je pense que si on pouvait maintenir au moins les 10 milliards et peut-être même relever cette enveloppe, ça serait vraiment très utile pour accompagner les entreprises mais surtout, pour favoriser la création d’emplois », a-t-il souligné.

Guèye a également fait remarquer qu’avec un milliard de francs CFA, environ 800 emplois peuvent être générés, et qu’une enveloppe de 20 milliards pourrait potentiellement impacter 20 000 emplois. Cependant, après être passée de 20 milliards en 2022 à 15 milliards en 2022, puis 10 milliards en 2023 et 2024, le président de la commission a plaidé pour le maintien, voire l’augmentation, de cette enveloppe pour cette année.

Outre la demande d’augmentation des fonds, Malick Guèye a insisté sur la nécessité d’intégrer les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle dans les dispositifs de création d’emplois. Il a averti que sans ces ajustements, le pays risquerait de favoriser des emplois destinés à disparaître dans les années à venir. « Si on ne favorise pas l’insertion de ce type d’emploi, on va passer à côté et on va accompagner peut-être des emplois qui vont péricliter très rapidement dans les prochaines années », a-t-il affirmé.

Le patronat a également demandé une révision de la Convention nationale Etat-employeur, dont la dernière mise à jour remonte à 2000. Babacar Sy, Directeur de l’emploi, a rappelé que cette convention, mise en place en 1927 et adoptée en 1987, avait besoin d’une révision pour répondre aux défis actuels du marché du travail. « Nous rêvons d’une troisième génération de cette convention, avec l’aide de tous les partenaires », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de s’adapter aux évolutions économiques et sociales.

Le Secrétaire général du ministère du Travail, Abdoulaye Dièye, a exprimé, au nom du ministre de tutelle, l’engagement du gouvernement à prendre en compte les propositions du secteur privé. Il a assuré que les autorités prenaient bonne note des suggestions et qu’elles œuvreraient pour renforcer l’efficacité et l’efficience de la convention. « Nous portons le combat ensemble pour que les ressources puissent être renforcées à la hauteur des attentes et des ambitions que nos jeunes nourrissent pour leur avenir », a-t-il affirmé, soulignant la volonté de répondre aux besoins croissants d’emplois dans le pays.

L’appel du secteur privé à une augmentation de l’enveloppe allouée dans la Convention Etat-Employeur s’inscrit dans une démarche de soutien renforcé à la création d’emplois, particulièrement pour les jeunes. Avec des propositions visant à intégrer les nouvelles technologies et à réviser la convention pour mieux s’adapter aux réalités contemporaines, cette discussion pourrait marquer un tournant pour l’avenir de l’emploi au Sénégal. L’engagement des autorités à répondre à ces attentes pourrait avoir un impact positif sur l’employabilité des jeunes sénégalais et sur le développement économique du pays.

APIX et CDC signent une convention pour stimuler le développement territorial au sénégal

Le 7 août 2024, un jalon significatif a été posé dans la stratégie de territorialisation des investissements au Sénégal avec la signature d’une convention de partenariat entre l’Agence de Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX-SA) et la Caisse de Dépôt de Consignation (CDC). Cette alliance vise à renforcer la résilience économique du pays et à dynamiser les pôles économiques régionaux en favorisant des investissements ciblés et structurants.

Dans un contexte économique mondial complexe, APIX-SA a mis en avant l’importance de la territorialisation des investissements comme axe stratégique pour soutenir le développement économique du Sénégal. La signature de cette convention avec la CDC est un pas crucial vers la réalisation de cette vision. L’objectif est de développer des infrastructures stratégiques, d’aménager et de promouvoir des Zones Aménagées pour l’Investissement (ZAI), et de créer des villes industrielles qui génèrent de la valeur et des opportunités d’emploi pour les populations locales.

Les principaux axes de collaboration définis dans l’accord incluent :

Montage et structuration des infrastructures : Développement des infrastructures nécessaires pour soutenir les activités économiques.

Financement et développement territorial : Structuration et financement des zones d’activités économiques pour dynamiser les pôles économiques régionaux.

Programme de financement du secteur privé local : Mise en place de programmes visant à soutenir les entreprises locales.

Renforcement de l’attractivité du Sénégal : Développement de programmes pour attirer davantage d’investissements étrangers et intra-africains.

Projets Green et programmes souverains : Structuration, financement et développement de projets respectueux de l’environnement et d’initiatives stratégiques définies par l’État.

Depuis sa création il y a 24 ans, APIX-SA joue un rôle central dans la promotion des investissements au Sénégal en offrant un environnement d’affaires attractif, sécurisé et incitatif. La CDC, quant à elle, est un levier stratégique pour mobiliser des ressources en soutien aux politiques publiques et au développement économique. Ses missions comprennent le financement du logement social et de standing, des équipements collectifs, des PME, ainsi que des projets structurants.

La signature de cette convention marque le début d’une nouvelle phase dans la structuration de l’écosystème économique du Sénégal. En collaborant avec la CDC, APIX-SA s’engage à créer des conditions favorables pour les investissements privés et à générer des impacts positifs pour les territoires et les populations locales.

Cette alliance est donc une avancée majeure pour le développement économique du Sénégal, promettant de créer des opportunités et de renforcer la dynamique de croissance à l’échelle régionale et nationale.

La Coopération Sénégal-Japon : Signature d’une convention de 18,5 Milliards de FCFA pour la santé, l’agriculture et la sécurité

Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Dr Abdourahmane Sarr, PhD, et l’ambassadeur du Japon au Sénégal, Son Excellence Monsieur Osamu Izawa, ont signé ce vendredi une convention majeure au siège du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération (MEPC). Cette convention marque un nouveau chapitre dans la coopération bilatérale entre les deux nations, avec un financement global de 18 milliards 492 millions de FCFA.

Cette aide financière est destinée à renforcer plusieurs secteurs cruciaux pour le développement du Sénégal, notamment la santé, l’agriculture et la sécurité. L’accord a également pour objectif de soutenir le capital humain, en répondant aux besoins croissants dans ces domaines vitaux.

Secteur de la Santé : Le financement contribuera à améliorer les infrastructures sanitaires et à renforcer les capacités du système de santé, garantissant une meilleure prise en charge des populations.
Agriculture : Des fonds seront alloués pour soutenir les projets agricoles, visant à augmenter la productivité et la durabilité du secteur agricole sénégalais.
Sécurité : Une partie des fonds sera dédiée à des initiatives visant à renforcer la sécurité, incluant la lutte contre les mines et autres menaces potentielles.
Capital Humain : Le financement prévoit également des initiatives pour améliorer la formation et le développement des compétences des Sénégalais, afin de soutenir une croissance économique inclusive et durable.

La cérémonie s’est tenue dans la salle de conférence du MEPC en présence de plusieurs personnalités importantes :

Mme Marième Soda Ndiaye, Directrice Générale du Commissariat à la Sécurité Alimentaire et à la Résilience
Monsieur Pape Magueye Diop, du Centre National d’Action Anti-Mines au Sénégal (CNAMS)
Monsieur Hiromichi Morishita, Représentant Résident de la JICA (Japan International Cooperation Agency)

Le ministre Dr Abdourahmane Sarr a exprimé sa gratitude envers le gouvernement japonais pour son soutien continu, soulignant l’importance de cette aide dans le contexte des défis actuels du Sénégal. De son côté, l’ambassadeur Osamu Izawa a réaffirmé l’engagement du Japon à soutenir le développement durable du Sénégal, en mettant l’accent sur les domaines prioritaires convenus.
Cette convention marque une étape significative dans la coopération entre le Sénégal et le Japon, promettant de renforcer les liens entre les deux pays et d’apporter des bénéfices concrets aux Sénégalais à travers les projets financés.

Signature d’une convention historique entre l’UCAD et l’Institut de Défense du Sénégal

Une nouvelle ère de collaboration entre l’enseignement supérieur et la défense s’ouvre au Sénégal avec la signature d’une convention historique entre l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et l’Institut de Défense du Sénégal (IDS). Cette convention, signée dans les locaux de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO), vise à renforcer la coopération entre les deux institutions dans les domaines de la recherche et de la formation stratégique.

Le Professeur Ahmadou Aly Mbaye, Recteur de l’UCAD, exprime sa satisfaction quant à cette collaboration : « C’est avec une grande fierté que l’UCAD s’associe à l’IDS pour conjuguer nos efforts et nos ressources. » Cette initiative répond à un besoin mutuel d’expertise sur des sujets aussi pointus que la géopolitique, la sécurité ou encore la stratégie, des thématiques cruciales pour les forces armées sénégalaises.

Le Général de Brigade Koly Faye, directeur de l’IDS, souligne pour sa part l’excellence de l’UCAD, une institution dont la renommée dépasse les frontières nationales, en parfaite adéquation avec les aspirations internationales de l’IDS. L’Institut, qui comprend diverses écoles stratégiques, est dédié au développement de la recherche en défense et sécurité.

En établissant ce partenariat solide entre les deux entités, la convention promet un transfert de connaissances et d’expertise propice à l’émergence de nouvelles perspectives stratégiques pour le Sénégal. Ce rapprochement entre l’enseignement supérieur et les enjeux de défense illustre l’importance de la collaboration interdisciplinaire pour relever les défis stratégiques contemporains.

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