Charte pour la paix : l’ONG 3D et le COSCE s’engagent pour une gouvernance démocratique inclusive et pacifique

Face aux tensions politiques et aux violences électorales qui ont marqué les récents scrutins au Sénégal, l’ONG 3D (Démocratie – Droits humains – Développement) et le Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections (COSCE) ont organisé, ce jeudi 12 mars 2025, un atelier de pré-validation de la Charte pour la Paix. Cet événement, qui a réuni plusieurs acteurs de la société civile ainsi que la Direction générale des élections (DGE), vise à promouvoir une gouvernance démocratique fondée sur la concertation et le rejet de la violence.

L’atelier, tenu à Dakar, a permis aux organisations participantes d’échanger sur les moyens de garantir des élections apaisées et d’ancrer la paix dans le processus démocratique sénégalais. L’objectif principal de cette charte est d’impliquer tous les acteurs – institutions, partis politiques, société civile et citoyens – dans une dynamique de prévention des crises électorales, souvent sources de violences et d’instabilité.

Le Professeur Babacar Gueye, président du COSCE, a insisté sur la nécessité de rendre la paix irréversible au Sénégal, soulignant que la stabilité démocratique ne doit pas être considérée comme acquise. « Nous sortons d’un cycle électoral marqué par des violences et des tensions. Nous avons pu surmonter ces difficultés, mais cela ne signifie pas que la paix est acquise définitivement. Ce que nous voulons, c’est faire en sorte que la paix soit irréversible, et cela passe par un renforcement de notre démocratie et l’ancrage progressif d’une culture de la paix », a-t-il affirmé.

L’initiative a également reçu le soutien des autorités électorales, représentées par Vincent Désiré Mendy, conseiller technique du Directeur général des élections (DGE), Biram Sène. M. Mendy a souligné que la paix ne doit pas être seulement un objectif en période électorale, mais un enjeu permanent de la gouvernance démocratique. « Souvent, on pense que la paix ne concerne que les élections. Ce n’est pas le cas. La paix est une quête perpétuelle, aussi bien en période électorale que dans les périodes ordinaires », a-t-il rappelé.

Il a également précisé que la DGE adhérait pleinement à l’initiative de la charte et qu’elle était prête à travailler avec tous les acteurs impliqués afin de créer un cadre de concertation et de dialogue permanent. « Les violences électorales ne sont qu’une facette du problème. Il est nécessaire d’anticiper, d’impliquer toutes les parties prenantes et d’adopter une démarche inclusive pour garantir un climat politique sain », a-t-il ajouté.

L’atelier a également bénéficié du soutien du Royaume-Uni, représenté par William Mathieu, chef du service politique à l’ambassade britannique à Dakar. Ce dernier a rappelé l’importance de la société civile sénégalaise dans le renforcement de la gouvernance démocratique et a réaffirmé l’engagement du Royaume-Uni à accompagner le Sénégal dans cette voie.

« La démocratie et la bonne gouvernance sont une priorité commune au Royaume-Uni et au Sénégal. La société civile sénégalaise joue un rôle central dans ce processus, et nous soutenons pleinement cette initiative du COSCE », a déclaré M. Mathieu.

Malgré sa réputation de stabilité politique en Afrique de l’Ouest, le Sénégal a connu plusieurs crises électorales marquées par des violences, parfois meurtrières. Ces tensions, souvent alimentées par des contestations de résultats ou des soupçons de manipulation du processus électoral, ont révélé la fragilité du cadre démocratique et l’urgence de mettre en place des mécanismes de prévention des conflits.

Les émeutes de mars 2021 et les manifestations liées aux élections législatives de 2022 ont laissé des traces profondes dans la société sénégalaise, accentuant la défiance entre les citoyens, les autorités et les forces de l’ordre. Ces événements ont montré qu’un cadre institutionnel solide ne suffit pas à garantir la paix : il faut également un engagement collectif, une culture du dialogue et une volonté politique ferme pour désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.

Avec cette Charte pour la Paix, l’ONG 3D et le COSCE espèrent poser les bases d’une cohabitation démocratique apaisée, où les différends politiques se règlent par le dialogue plutôt que par la confrontation. La charte prévoit notamment des engagements clairs pour les partis politiques, les forces de sécurité, les institutions électorales et les citoyens afin de garantir un climat politique serein.

L’étape suivante consistera à finaliser et adopter officiellement la charte, en impliquant d’autres acteurs clés comme les partis politiques, les autorités étatiques et les leaders religieux et coutumiers. Cette démarche devrait aboutir à la mise en place d’un cadre de suivi pour veiller à l’application des principes édictés dans la charte et assurer un climat de paix durable au Sénégal.

Législatives 2024 : Le COSCE appelle à un scrutin paisible et serein

À la veille des élections législatives du 17 novembre, le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) a lancé un appel à tous les acteurs impliqués pour garantir un scrutin calme et serein. Lors d’une déclaration faite à Dakar, Pr Babacar Guèye, président du COSCE, a insisté sur l’importance d’une élection paisible, respectant les principes démocratiques.

Depuis le 1er octobre, la Mission d’observation électorale du COSCE (MOE-COSCE) est en action avec 46 observateurs de long terme couvrant tous les départements du pays. Pour le jour du scrutin, le collectif a mobilisé 1 100 observateurs de court terme, dont 500 fixes et 600 mobiles.

Ces observateurs, opérant selon des échantillons statistiques, suivront les opérations électorales et le dépouillement des votes. Pr Babacar Guèye a souligné que la mission du COSCE respecte strictement les principes d’indépendance, d’impartialité et d’objectivité, en conformité avec les standards internationaux et les lois sénégalaises.

Le COSCE a formulé plusieurs recommandations pour assurer la réussite des élections :

  • À l’État, garantir aux électeurs l’exercice libre de leur droit de vote et veiller à une organisation optimale du scrutin.
  • Aux candidats et acteurs politiques, maintenir la paix et la cohésion sociale tout en appelant leurs militants à éviter toute violence.
  • Aux citoyens, participer massivement au vote dans un esprit calme et serein.
  • Aux médias, couvrir les élections avec professionnalisme et respect des règles déontologiques.

La déclaration du COSCE a réuni 17 organisations non gouvernementales de la société civile, ainsi que des partenaires communautaires et internationaux. Cet engagement collectif témoigne de l’importance accordée à la préservation de la paix sociale et au bon déroulement des élections.

Le consortium Saxxal Jamm condamne les violences électorales et interpelle le ministre de l’Intérieur

La société civile, représentée par le consortium Saxxal Jamm, s’est vivement exprimée face à la montée des violences observée dès le début de la campagne électorale pour les élections législatives anticipées du 17 novembre prochain. Regroupant plusieurs organisations telles que COSCE, ONG 3D, GRADEC, PACTE, Réseau Siggil Jigeen, LSDH, ONDH, AJED, URAC, AFEX, RADDHO, OSIDEA, CERAG, Handicap Form Educ et Présence chrétienne, le consortium a condamné fermement les affrontements entre partisans de Barthélemy Dias, leader de la coalition Sàmm Sa Kàddu, et ceux d’Abass Fall, candidat de Pastef à Dakar.

Dans une déclaration, le consortium a qualifié ces incidents de regrettables, rappelant que la liberté d’opinion et d’expression est au cœur de la démocratie. « Nous condamnons les violences observées ce week-end entre les militants des différents partis. La société civile rappelle que les élections doivent rester un moment d’expression pacifique des citoyens », a indiqué le consortium, invitant par ailleurs à la libération des acteurs politiques en détention pour favoriser un climat plus serein.

Dans son appel, Saxxal Jamm a exhorté les acteurs politiques à privilégier des débats constructifs axés sur les problématiques d’intérêt national. Le consortium estime que la période électorale devrait être un temps pour exposer des visions et des programmes, permettant aux citoyens d’effectuer un choix éclairé sur la future législature. « Il est essentiel que les formations politiques s’engagent dans un dialogue respectueux et axé sur des idées et des propositions pour le Sénégal », a précisé le consortium.

Saxxal Jamm a également interpellé le ministre de l’Intérieur, l’exhortant à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir un climat de sécurité et de paix durant cette campagne. L’accent a été mis sur l’importance d’une intervention ferme et équitable pour prévenir toute violence, quelle que soit son origine, et pour s’assurer que le scrutin se déroule dans des conditions sereines. « Nous attendons du ministère de l’Intérieur qu’il prenne des mesures rigoureuses pour protéger la stabilité politique et la paix sociale, éléments indispensables pour une démocratie fonctionnelle », a conclu le consortium.

Le COSCE préconise la création d’une Haute Autorité des élections au Sénégal

Le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) a émis une recommandation majeure à l’issue des élections présidentielles du dimanche dernier au Sénégal. Dans une déclaration publiée lundi, le COSCE a appelé les autorités étatiques à établir une Haute Autorité des élections afin de perfectionner l’organisation et le déroulement des futurs scrutins électoraux.

Le Professeur Samba Thiam, porte-parole du COSCE, a souligné l’importance de cette proposition dans le cadre de l’amélioration de la démocratie et de l’intégrité électorale. Il a affirmé : « Dans le souci d’optimiser le déroulement des prochaines échéances électorales, le COSCE recommande, au vu de nos constats, la mise en place d’une Haute Autorité des élections. »

Cette recommandation s’accompagne également d’un appel pressant aux autorités pour clarifier les missions et attributions des différents organes de gestion électorale engagés dans la préparation et la conduite matérielle des élections. Une telle clarification est jugée essentielle pour garantir une meilleure coordination et une plus grande efficacité dans le processus électoral.

Le Professeur Samba Thiam a par ailleurs salué le déroulement généralement apaisé du scrutin présidentiel du 24 mars. Il a exprimé sa reconnaissance envers les autorités électorales et administratives pour l’organisation matérielle du scrutin, malgré quelques incidents mineurs. De plus, il a rendu hommage aux candidats, aux citoyens, à la presse, à la société civile ainsi qu’aux forces de défense et de sécurité pour leur sens des responsabilités et leur maturité démontrés pendant le déroulement du scrutin.

Le COSCE a également fourni des données statistiques représentatives des bureaux de vote à l’échelle nationale, estimant le taux de participation citoyenne à 61,6%, avec une marge d’erreur de plus ou moins 0,8%. De surcroît, le COSCE a affirmé que, d’après les données recueillies, le scrutin s’est conclu par un seul tour.

En conclusion, le COSCE a encouragé toutes les parties prenantes à s’engager résolument dans une dynamique de pacification de l’espace politique et électoral. En parallèle, il a souligné l’impératif de la mise en place d’une Haute Autorité des élections pour renforcer la démocratie et garantir la transparence des élections à venir au Sénégal.

Atelier à Diourbel : Les défis de la jeunesse sénégalaise en vue de la présidentielle en débat

L’atelier, intitulé « Conversation citoyenne », vise à renforcer la participation citoyenne, en particulier celle des jeunes, à la vie politique du pays. Papa Assane Tine a appelé les jeunes à retirer leurs cartes d’électeur, soulignant que le COSCE mène une campagne de sensibilisation pour encourager cette démarche.

Par ailleurs, les personnes vivant avec un handicap ont plaidé lors de cet atelier pour la mise en place d’un dispositif facilitant l’accomplissement de leur devoir civique le jour du scrutin. L’atelier a donc constitué une plateforme pour aborder des enjeux cruciaux liés à la participation démocratique des jeunes et des personnes handicapées dans le contexte électoral sénégalais.

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