Criminalisation de l’homosexualité : une urgence reconnue, mais pas une priorité selon Momath Talla Ndao

Invité ce dimanche 25 mai sur les ondes de la RFM dans l’émission « Grand Jury de Dimanche », Momath Talla Ndao, secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme, a apporté un éclairage nuancé sur la place qu’occupe la question de la criminalisation de l’homosexualité dans les priorités actuelles du gouvernement. Tout en réaffirmant l’engagement de l’exécutif à agir sur ce dossier, il a tenu à rappeler que d’autres urgences priment dans l’action immédiate des nouvelles autorités.

« La criminalisation, c’est un engagement qui sera tenu », a-t-il déclaré d’emblée, reconnaissant l’importance de cette revendication dans le paysage politique et social sénégalais. Toutefois, il a tempéré cette promesse par une mise au point : « La question de la reddition des comptes, les deniers publics, ce sont des dossiers urgents parce que nous devons financer l’économie, l’éducation, la santé… Ce sont des urgences qu’il faut gérer. »

Cette déclaration marque une volonté de hiérarchiser les actions du gouvernement, avec une nette préférence pour les urgences économiques et la restauration de la gouvernance publique. En évoquant la nécessité de recouvrer les fonds publics détournés, Momath Talla Ndao a souligné que l’assainissement des finances de l’État constitue un préalable incontournable au redressement national.

« C’est ce processus que nous sommes en train de suivre », a-t-il expliqué, évoquant les efforts entrepris pour instaurer la transparence budgétaire, renforcer les marges de manœuvre financières et relancer les secteurs vitaux comme l’éducation, la santé ou l’agriculture. Selon lui, ces choix sont dictés par les attentes profondes des Sénégalais et les promesses faites durant la campagne.

Sur le plan politique, ses propos traduisent également une volonté de rassurer l’opinion : les engagements sociétaux ne sont pas abandonnés, mais relégués à un second plan par rapport à l’urgence économique. C’est une réponse indirecte à la pression exercée ces derniers jours par certains groupes conservateurs, notamment après la marche du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une loi plus dure contre l’homosexualité.

Le message est donc double : d’un côté, l’État reste fidèle à ses principes et à la ligne idéologique portée par la coalition au pouvoir ; de l’autre, il affirme sa détermination à répondre d’abord aux défis immédiats du pays, avec une gouvernance orientée vers les résultats, la rigueur et la redéfinition des priorités nationales.

Dans un contexte de transition politique marqué par de fortes attentes sociales, la position de Momath Talla Ndao illustre la complexité de l’équation à laquelle le gouvernement fait face : concilier les exigences d’une base militante attachée aux valeurs culturelles et religieuses, tout en s’attaquant aux fondements économiques d’un pays en quête de stabilité et de développement.

Criminalisation de l’homosexualité au Sénégal : le gouvernement rassure les conservateurs après la polémique née d’un drame à Dakar

La récente révélation de la présence d’un homosexuel parmi les victimes de l’effondrement d’un immeuble à Dakar, le 9 mai dernier, a ravivé le débat sur la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal. Ce fait divers a été l’élément déclencheur d’une nouvelle mobilisation des milieux religieux et conservateurs, regroupés au sein du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une législation plus sévère contre ce qu’ils considèrent comme des « déviances » contraires aux valeurs sénégalaises.

Le vendredi 24 mai, plusieurs organisations de la société civile, dont l’ONG Jamra, ont participé à une marche pacifique dans les rues de Dakar. Leur objectif : exiger du gouvernement l’adoption immédiate d’une loi criminalisant de manière plus explicite et plus stricte les actes homosexuels. À travers des pancartes et des discours, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une « promotion rampante » de l’homosexualité au Sénégal, souvent imputée aux pressions extérieures.

Face à cette montée en tension, le ministre porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, a été invité à s’exprimer sur le sujet dans l’émission « Nay Leer » diffusée sur la RTS. Il a tenu à rassurer les conservateurs, affirmant que la position du gouvernement reste alignée sur « la volonté de la majorité des Sénégalais qui rejette catégoriquement l’homosexualité ».

Le ministre a annoncé que des démarches concrètes étaient déjà engagées pour renforcer la législation existante. Selon ses propos, le groupe parlementaire du parti Pastef travaille activement avec le collectif « And Saam Jikko yi » pour élaborer une proposition de loi allant dans ce sens. Il a précisé que les députés ont demandé au collectif de leur soumettre un texte, que le groupe parlementaire se chargera ensuite de porter devant l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration particulièrement ferme, Amadou Moustapha Ndieck Sarré a réaffirmé la souveraineté du pays dans ce domaine : « Ni le président de la République, ni le Premier ministre ne cèdent à aucune pression extérieure. Notre culture rejette cette pratique, et nous y sommes fermement opposés. »

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte où les débats autour des libertés individuelles, des droits LGBTQ+ et des valeurs traditionnelles sénégalaises restent profondément polarisés. Si la loi sénégalaise actuelle punit déjà les actes homosexuels d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, les voix conservatrices estiment que les textes doivent être durcis et mieux appliqués.

Loi sur la criminalisation de l’homosexualité : Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » relance la pression sur les autorités

Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » est une nouvelle fois monté au créneau pour exiger l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité au Sénégal. Face à la presse ce samedi, ses membres ont réaffirmé leur position jugée intransigeante sur cette question et ont appelé les députés à agir « sans délai ».

Le porte-parole du collectif, Adama Mboup, a dénoncé les tentatives de discrédit dont son mouvement aurait fait l’objet sous le régime précédent, qu’il accuse d’avoir orchestré des campagnes de déstabilisation. « Le régime déchu accusant le collectif de sa débâcle n’a reculé devant aucune méthode de discrédit et de calomnie à notre égard. […] Nous sommes restés dans nos bottes », a-t-il affirmé.

Selon le collectif, la rencontre tenue le 19 février dernier avec El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, n’a pas été suivie d’effets concrets. « Depuis lors, nous attendons du pouvoir un projet de loi », déplore M. Mboup, rappelant que le collectif réclame depuis des mois un texte clair criminalisant l’homosexualité au Sénégal.

En l’absence d’initiative gouvernementale, le collectif affirme avoir entamé des discussions avec plusieurs parlementaires favorables à leur cause. Adama Mboup indique que des députés de tous bords — majorité, opposition ou non-alignés — se montreraient « sensibles à l’attente et à l’espoir du peuple ».

L’objectif affiché est l’introduction, dans les plus brefs délais, d’une proposition de loi émanant du Parlement, indépendamment de l’exécutif.

La sortie médiatique de « And Sàmm Jikko Yi » intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les questions de société au Sénégal. Le collectif, qui revendique un rôle de sentinelle morale, entend maintenir la pression sur les institutions pour que la législation reflète, selon lui, les valeurs de la majorité des Sénégalais.

Criminalisation de l’homosexualité : And Samm Jikko Yi rappelle Ousmane Sonko à ses engagements

Le collectif And Samm Jikko Yi a intensifié sa mobilisation pour la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal. Lors d’un point de presse tenu récemment, Imam Babacar Sylla, coordonnateur du mouvement, est revenu sur une audience accordée par le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, le 19 février dernier. L’objectif principal de cette rencontre était d’examiner la proposition de loi visant à durcir les sanctions contre les actes homosexuels, un projet qui suscite un large intérêt au sein de plusieurs segments de la société.

Selon les propos d’Imam Babacar Sylla, la discussion avec El Malick Ndiaye a permis de mettre en évidence la volonté du pouvoir législatif de ne pas laisser cette proposition de loi « bloquée » au Parlement. Le Président de l’Assemblée nationale aurait affirmé son engagement à accompagner le processus, tout en prenant en compte les réserves sur l’applicabilité de la loi.

Le collectif And Samm Jikko Yi a tenu à rappeler les engagements pris par le Premier ministre, Ousmane Sonko, durant la campagne électorale. Ce dernier avait promis de faire de la criminalisation de l’homosexualité une priorité s’il était élu. Aujourd’hui, les activistes attendent des actes concrets pour transformer cette promesse en réalité législative.

And Samm Jikko Yi préconise une stratégie parlementaire qui consisterait à faire porter cette proposition de loi par un député, avec l’appui du Président de la République. Ce processus pourrait accélérer son adoption, répondant ainsi aux attentes d’une large frange de la population qui plaide pour un durcissement des lois en la matière.

Dans cette optique, le collectif envisage de rencontrer les plus hautes autorités de l’Etat afin d’obtenir des garanties sur le sort réservé à cette proposition de loi. « Nous restons mobilisés et vigilants. Il est impératif que cette question ne soit pas reléguée au second plan », a martelé Imam Babacar Sylla.

Fidèle à son engagement, And Samm Jikko Yi se positionne comme une « sentinelle » des valeurs sociétales du Sénégal. Le collectif affirme que cette législation est essentielle pour la préservation de l’ordre moral et de l’identité culturelle du pays.

Réponse cinglante de Cheikh Thioro Mbacké à Omar Youm sur la criminalisation de l’homosexualité

Dans un débat houleux autour de la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal, le député Cheikh Thioro Mbacké, vice-président du groupe parlementaire Yewwi Askan Wi, a adressé une réponse virulente à Oumar Youm, ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar. Mbacké a critiqué Youm pour ses récentes déclarations sur le nouveau gouvernement et sa position sur la criminalisation de l’homosexualité, accusant Youm de démagogie et d’inaction passée.

Un rappel acerbe de l’inaction passée

Cheikh Thioro Mbacké n’a pas mâché ses mots en rappelant à Oumar Youm son échec passé à faire passer une loi criminalisant l’homosexualité lorsqu’il était à la tête du groupe parlementaire majoritaire. « Me Oumar Youm, qu’avez-vous fait pour criminaliser l’homosexualité quand vous étiez le président du groupe parlementaire et vous déteniez une majorité confortable pour voter la loi criminalisant cet acte abominable ? », a lancé Mbacké.

Il a dénoncé le blocage de la loi par Youm, affirmant que celle-ci n’avait même pas passé la commission pour être débattue par les parlementaires. Selon Mbacké, vouloir maintenant apparaître comme un défenseur de cette loi est purement démagogique.

Une accusation de manœuvres politiques

Mbacké a également accusé Youm de chercher à détourner l’attention du public de l’échec électoral du 24 mars. « Monsieur Youm, nous n’avons pas de leçon à recevoir de vous. Pour que nul n’en ignore, c’était vous-même en tant que président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar qui aviez bloqué la Loi », a-t-il martelé.

Il a rappelé à Youm que, en tant que juriste et avocat, il devrait connaître la séparation des pouvoirs et comprendre que l’exécutif ne peut faire passer une loi sans l’approbation de la majorité parlementaire. « Monsieur le donneur de leçon, qu’attendez-vous donc pour proposer une Loi criminalisant l’homosexualité une bonne fois si vous êtes vraiment sérieux ? », a défié Mbacké.

Une promesse d’action future

Cheikh Thioro Mbacké a conclu en affirmant que le nouveau régime mettra en œuvre des réformes fondamentales qui amélioreront le quotidien des Sénégalais. Il a promis que l’homosexualité sera criminalisée sous l’actuel régime, soulignant que les critiques de Youm ne sont que des tentatives de distraction. « Conscients que le régime est en train de poser des réformes fondamentales qui changeront forcément le vécu quotidien des Sénégalais. Chose que vous étiez incapables de faire pendant 12 ans au pouvoir », a-t-il ajouté.

Cette réponse incisive de Cheikh Thioro Mbacké montre les tensions et les désaccords profonds au sein de la classe politique sénégalaise concernant des questions sociétales sensibles comme la criminalisation de l’homosexualité. Les débats autour de cette question continuent de susciter de vives réactions et de diviser les opinions publiques et politiques au Sénégal.

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