Décret présidentiel : Bassirou Diomaye Faye case finalement Alpha Thiam, « l’homme des murs de Dakar »

Le nom d’Alpha Thiam avait fait sensation à Dakar, lorsqu’il inscrivait son nom sur plusieurs murs de la capitale pour assurer sa promotion politique. Ce juriste, en service à la Sonatel, franchit aujourd’hui un nouveau cap avec sa nomination à la tête de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADPME). Une décision présidentielle qui vient renforcer les rangs de la coalition Diomaye, à la veille d’échéances électorales stratégiques.

Fils de l’ancien ministre Kouraichi Thiam, Alpha Thiam s’inscrit dans la continuité d’un héritage politique solide. Secrétaire général des Forces nouvelles, il bénéficie d’une légitimité familiale marquée par l’engagement de son père, ancien président du Conseil régional et maire de Maka. Cette filiation politique constitue un atout indéniable pour la mouvance présidentielle, en quête de relais efficaces dans les territoires.

La nomination d’Alpha Thiam résonne particulièrement dans le département de Tambacounda, où la mouvance présidentielle peine à s’imposer face aux dynamiques locales. L’ancrage familial, allié à la notoriété personnelle de Thiam, pourrait donner un souffle nouveau à la coalition dans cette région stratégique. Les localités de Missirah et Dialacoto, longtemps reléguées au second plan par l’État, pourraient voir émerger une nouvelle génération de leaders issus du terroir.

Missirah, deuxième commune du département après Tambacounda-ville, illustre bien ce déficit de représentativité. Depuis l’éviction de Boukhadry Kaba, ancien président du conseil de surveillance de l’AEME, la commune reste sans voix forte dans les instances de décision.

Dans cette dynamique, des profils locaux apparaissent comme des atouts pour consolider l’implantation du Pastef et de la coalition présidentielle. Parmi eux, Lamine Guirassy, professeur au lycée de Missirah et directeur de l’école du parti à Tambacounda et Kédougou, occupe une place centrale. Figure reconnue, militant de la première heure, il est perçu comme un maillon essentiel pour transformer l’héritage politique d’Alpha Thiam en une force électorale concrète.

En nommant Alpha Thiam, le président Bassirou Diomaye Faye envoie un signal fort : la volonté de combiner expérience familiale, engagement militant et ancrage territorial. Cette stratégie pourrait non seulement renforcer la coalition dans le département de Tambacounda, mais aussi rééquilibrer la représentativité entre Dakar et l’intérieur du pays.

Controverse autour de la réforme annoncée par décret présidentiel : l’opposition dénonce un manque de concertation

Lundi dernier, les députés de l’opposition ont vivement critiqué la déclaration de politique générale du Premier ministre Ousmane Sonko, s’indignant du décret pris par le président de la République pour convoquer l’Assemblée nationale. Selon eux, cette décision, tant dans sa forme que dans son contenu, ainsi que les motivations qui l’accompagnent, déroge à l’élégance républicaine et au respect mutuel entre les institutions du pays.

Les parlementaires de l’opposition ont notamment déploré le fait que la réforme en question ait été portée à leur connaissance via les réseaux sociaux, tout comme l’ensemble des citoyens sénégalais. En effet, le communiqué de la présidence de la République daté du lundi 26 août 2024, annonçant cette convocation, a été publié sans consultation préalable des acteurs politiques concernés, y compris le président de l’Assemblée nationale.

Les députés estiment que cette situation est d’autant plus problématique que la présentation de ce texte aurait dû être précédée par la déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre. Cette déclaration aurait permis de clarifier les grandes orientations politiques du nouveau gouvernement. Au lieu de cela, la réforme propose la suppression du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT) et du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), deux institutions jugées cruciales pour la vie socioéconomique du pays.

Dans un rapport remis à la presse, les députés de l’opposition ont souligné que le chef de l’État aurait dû, en amont, engager des discussions avec le président de l’Assemblée nationale, la majorité parlementaire, ainsi que les dirigeants des institutions concernées. Ce manque de dialogue est perçu comme une entorse aux pratiques démocratiques établies au Sénégal, où le consensus est habituellement recherché pour toute réforme d’envergure. Ils rappellent d’ailleurs que la récente réforme du règlement intérieur de l’Assemblée nationale a été le résultat d’un dialogue constructif entre les différentes entités parlementaires.

Ainsi, les députés de l’opposition appellent à un retour au respect des processus de concertation, soulignant l’importance du dialogue entre les institutions pour préserver l’équilibre et la stabilité de la démocratie sénégalaise.

Décret présidentiel : Nominations exceptionnelles dans l’Ordre national du Lion

Le Président de la République du Sénégal, Macky Sall, a récemment signé un décret le 19 mars, portant nomination exceptionnelle dans l’Ordre national du Lion. Cette décision vise à honorer des personnalités éminentes de divers domaines pour leur engagement et leur contribution remarquable au développement et au rayonnement du pays. Sur proposition du Grand Chancelier, plusieurs personnalités, notamment des artistes, des journalistes, des sportifs, ont été nommées au grade de commandeur, officier et chevalier.

Parmi les heureux récipiendaires figurent des noms illustres tels que Youssou Ndour, Robert Sagna, Abdoulaye Diop, Ibrahima Diop, Omar Pène, Fatou Kiné Lam, Hamidou Samba Kassé, Arame Ndao, Racine Tall, Coumba Gawlo Seck, Ahmadu Makhtar Kanté, Mademba Sock, et bien d’autres.

Selon un communiqué du ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, cette nomination exceptionnelle s’inscrit dans le cadre de l’article 18 du décret 2018-1407 du 27 juillet 2018, modifiant le décret n° 72-24 du 1 janvier 1972, portant Code de l’Ordre national du Lion. En vertu de cet article, le Président de la République dispose de pouvoirs réglementaires pour honorer les citoyens sénégalais qui se sont distingués par leur dévouement dans les secteurs publics ou privés, contribuant ainsi au service de la Nation et de la République.

Cette liste témoigne de la diversité des contributions des récipiendaires à la société sénégalaise, qu’il s’agisse de leur engagement dans le domaine culturel, social, économique ou encore sportif. Leurs actions exemplaires ont permis de renforcer le tissu social et de promouvoir les valeurs de solidarité, d’excellence et de dépassement de soi.

Cette reconnaissance officielle souligne l’importance accordée par l’État aux efforts et aux réalisations de ces personnalités, qui continuent d’inspirer la jeunesse et de contribuer au rayonnement du Sénégal à l’échelle nationale et internationale.

Quitter la version mobile