Selon des informations rapportées par le journal Libération, un réseau spécialisé dans la fabrication et la distribution de fausses cartes consulaires guinéennes a été démantelé aux Parcelles-Assainies, mettant en lumière une filière bien organisée et active depuis plusieurs semaines. L’affaire a éclaté lorsqu’un ressortissant guinéen, après avoir payé 11 000 F CFA pour obtenir une carte consulaire prétendument officielle, a découvert que le document était falsifié. Constatant la supercherie, il a immédiatement saisi la police, déclenchant ainsi une enquête approfondie.
Les premiers éléments recueillis ont conduit les enquêteurs vers D. Sylla, livreur de profession, qui avait servi d’intermédiaire entre la victime et les faussaires. Placé en garde à vue, Sylla a reconnu avoir transmis les informations du plaignant à un autre livreur, M. Kh. Camara. Ce dernier, appréhendé à Grand-Yoff, a été identifié comme un maillon essentiel du réseau. Lors de son interrogatoire, il a désigné le principal fabricant des faux documents : A. Sakho, chauffeur à l’ambassade de Guinée au Sénégal.
L’arrestation de Sakho à Derklé a marqué un tournant majeur dans l’enquête. Face aux policiers, il a admis avoir confectionné les cartes frauduleuses, tout en révélant la collaboration d’un complice, O. Camara, impliqué dans la production et la distribution des documents illicites. Une perquisition effectuée dans sa chambre a permis de mettre la main sur un important lot de fausses cartes consulaires, ainsi que plusieurs documents administratifs destinés à alimenter le trafic. Ces éléments matériels ont renforcé la thèse d’une organisation structurée, capable de fournir des documents d’apparence officielle à un large réseau de clients.
Au terme des investigations, les trois principaux suspects ont été déférés au parquet. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que faux sur des documents administratifs. Cette affaire met en lumière la vigilance des forces de l’ordre face aux tentatives de fraude documentaire et l’ampleur des réseaux capables d’opérer sous couverture d’institutions officielles. Elle ouvre également la voie à de nouvelles investigations pour déterminer l’étendue réelle du trafic et identifier d’éventuels autres complices, tant au Sénégal qu’à l’étranger.