Casamance : plus de 2,2 millions de mètres carrés déminés et près de 870 victimes recensées, selon le CNAMS

La lutte contre les mines antipersonnel en Casamance se poursuit, avec des avancées notables mais un lourd héritage humain. À l’occasion de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à Dar Salam, dans la commune de Nyassia, le Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS) a dressé un état des lieux détaillé des opérations de déminage menées dans le sud du pays depuis le début du processus.

Face au chef de l’État, le directeur du CNAMS, Pape Maguette Diop, a révélé que 2 221 073 mètres carrés de terres ont été officiellement déminés à ce jour en Casamance. Ces opérations ont permis de localiser et de détruire 527 engins explosifs, neutralisant ainsi des menaces qui pesaient depuis des décennies sur les populations civiles, les agriculteurs et les communautés rurales.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre des engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention d’Ottawa, qui interdit l’usage, le stockage et la production des mines antipersonnel. Le pays se positionne ainsi comme un acteur engagé dans la lutte mondiale contre ces armes, tout en poursuivant un travail de terrain complexe et à haut risque.

Au-delà des chiffres, le bilan humain reste particulièrement préoccupant. Selon le CNAMS, près de 870 victimes de mines ont été recensées en Casamance depuis le début du conflit. Parmi elles, 186 civils bénéficient actuellement d’une prise en charge directe par le CNAMS, tandis que les autres blessés sont suivis par les services de santé de l’Armée nationale. Ces victimes, souvent mutilées à vie, incarnent la tragédie silencieuse laissée par des années de conflit armé et de contamination des sols.

Conscient des dangers persistants, l’État a également mis l’accent sur la prévention. Le directeur du CNAMS a indiqué que des campagnes d’éducation aux risques liés aux engins explosifs ont été menées dans 296 localités de la région. À ce jour, 52 085 personnes ont été sensibilisées aux dangers des mines et des restes explosifs de guerre. Par ailleurs, 234 acteurs communautaires ont été formés afin de servir de relais de sécurité et d’alerte au sein de leurs localités respectives.

Pape Maguette Diop a rappelé que, malgré les progrès enregistrés, le chantier du déminage reste inachevé et nécessite un engagement financier et politique constant. Il a également souligné la poursuite du plaidoyer international du Sénégal en faveur d’un monde débarrassé des mines antipersonnel.

La visite du président Bassirou Diomaye Faye à Dar Salam revêt ainsi une forte portée symbolique. Elle traduit la volonté des nouvelles autorités de parachever le processus de déminage et de permettre à la Casamance de retrouver définitivement la sécurité, la libre exploitation de ses terres et les conditions d’un développement économique et social durable. Pour les populations locales, longtemps prisonnières de la peur et de l’incertitude, la fin des mines représente bien plus qu’un enjeu sécuritaire : elle est la clé d’un retour à une vie normale dans la « verte Casamance ».

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