Dans le silence feutré des salles d’attente, une maladie continue de se propager, souvent sans bruit, sans douleur, mais avec des conséquences parfois fatales. Il s’agit de l’hépatite B, une infection virale qui attaque le foie et cause près de 900 000 décès par an à travers le monde.
C’est dans ce contexte préoccupant qu’une journée de partage du bilan annuel des activités du service de médecine interne de l’Hôpital régional El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack s’est tenue ce samedi 19 juillet 2025.
Lors de cette rencontre, le Dr Bamba Cissé, chef du service d’hépatogastro-entérologie, a tiré la sonnette d’alarme sur la prévalence inquiétante de l’hépatite B dans la région de Kaolack.
« Ce qui ressort de notre bilan annuel, c’est que 69 % des patients consultés en gastro-entérologie étaient porteurs du virus de l’hépatite B, dont 7 % étaient déjà au stade de complications, c’est-à-dire atteints de maladies hépatiques graves. L’année dernière, nous avons enregistré plus de 1 500 consultations, et près de 700 concernaient l’hépatite B », a-t-il révélé.
Une situation qui témoigne, selon lui, de la forte prévalence de la maladie dans la région, en particulier dans les services spécialisés en hépatogastro-entérologie.
Une maladie silencieuse mais redoutable
Dr Cissé a également rappelé la nature insidieuse de cette pathologie :
« L’hépatite B est une maladie du sang et du sexe. Elle se transmet principalement par voie sexuelle, mais surtout par transmission verticale, c’est-à-dire de la mère à l’enfant. C’est une maladie silencieuse : la plupart des patients ne présentent de symptômes qu’au stade de complication. »
Dépistage, vaccination et plaidoyer pour un accès élargi au traitement
Pour lutter efficacement contre cette maladie, le dépistage précoce et la vaccination demeurent, selon le spécialiste, les meilleures armes disponibles.
« Il n’y a pas mille solutions : se faire dépister et se faire vacciner. Le vaccin contre l’hépatite B est efficace à plus de 99 %. »
Cependant, le coût élevé des traitements constitue un frein majeur pour les malades, d’où l’appel lancé par Dr Cissé :
« Il est impératif de réduire le coût des traitements et de garantir la disponibilité du vaccin, en particulier dans les zones fortement touchées comme Kaolack. »