Farba Ngom maintenu en détention : ses avocats dénoncent une décision « purement politique »

La situation judiciaire de Farba Ngom reste inchangée. Malgré une ordonnance de mise en liberté provisoire initialement accordée par le juge d’instruction financière, l’ancien responsable politique demeure en détention après l’intervention du parquet financier. Ce dernier a décidé, ce lundi, de faire appel de la mesure, entraînant de facto le maintien en prison de Farba Ngom, au moment même où son coaccusé Tahirou Sarr recouvrait la liberté.

À la sortie de l’audience devant la Cour suprême, Me Adama Fall, l’un des avocats de la défense, a vivement réagi à cette situation qu’il juge incohérente et injustifiée. Selon lui, la juridiction suprême a d’abord rejeté le pourvoi introduit par la défense, avant que les conseils ne reçoivent, dans la matinée, une notification du juge d’instruction financière accordant la liberté provisoire à Farba Ngom et à Tahirou Sarr. Une décision qui laissait entrevoir une issue favorable pour les deux hommes.

Toutefois, cet espoir a été rapidement douché par l’appel formé par le procureur de la République, et ce uniquement contre la mise en liberté provisoire de Farba Ngom. Une démarche que la défense ne comprend pas, d’autant plus que les deux mis en cause sont poursuivis pour les mêmes faits, l’un comme auteur principal et l’autre comme complice, dans un dossier que les avocats qualifient d’« intrinsèquement lié ».

Me Adama Fall insiste sur le fait que l’ordonnance du juge d’instruction reposait sur les mêmes motifs et la même motivation juridique pour les deux accusés. Les délais d’appel arrivaient à expiration, et tout indiquait que Farba Ngom et Tahirou Sarr devaient être remis en liberté. L’intervention ciblée du parquet, uniquement contre Farba Ngom, est donc perçue par la défense comme une rupture manifeste du principe d’égalité devant la justice.

Pour l’avocat, cette différence de traitement pose un sérieux problème de cohérence judiciaire. Il estime qu’il est juridiquement inconséquent de maintenir un accusé en détention tout en laissant libre un autre poursuivi pour les mêmes infractions, exposé aux mêmes responsabilités pénales et impliqué dans le même dossier. Une situation qui, selon lui, ne peut s’expliquer que par des considérations extérieures au droit.

Allant plus loin, Me Fall affirme désormais sans détour que la détention de Farba Ngom revêt un caractère politique. Il rappelle que la défense nourrit des doutes depuis le début de la procédure quant aux véritables motivations de cette incarcération prolongée. À ses yeux, l’appel sélectif du parquet constitue la preuve tangible que Farba Ngom est maintenu en prison pour des raisons « purement politiques ».

La défense entend d’ailleurs porter cette dénonciation sur toutes les tribunes possibles, aussi bien médiatiques que judiciaires, et saisir, si nécessaire, toutes les instances nationales et internationales compétentes. Pendant ce temps, Farba Ngom reste sous mandat de dépôt, tandis que Tahirou Sarr, en l’absence d’opposition du procureur, bénéficie de sa liberté provisoire, relançant le débat sur l’impartialité de la procédure et l’usage de la détention préventive dans les affaires politico-financières au Sénégal.

Cour suprême : Farba Ngom maintenu en détention, Tahirou Sarr bénéficie d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire

La procédure judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la deuxième chambre pénale de la Cour suprême. Si une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire avait initialement été accordée aux deux hommes, la situation a rapidement évolué, aboutissant au maintien en détention de Farba Ngom, tandis que Tahirou Sarr a effectivement recouvré la liberté. L’information a été rapportée par la Radio Futurs Médias (RFM) dans son journal de 12 heures.

Poursuivis dans une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA, les deux mis en cause avaient vu leurs demandes de mise en liberté examinées par la haute juridiction. Toutefois, le parquet financier a immédiatement interjeté appel contre la décision favorable concernant Farba Ngom, entraînant le rejet de sa requête et son maintien en détention.

Incarcéré depuis le 27 février 2025, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, demeure ainsi sous mandat de dépôt. L’ancien responsable politique est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Tout au long de la procédure, il a constamment nié les faits qui lui sont reprochés, clamant son innocence devant les enquêteurs et les juridictions saisies.

L’état de santé de Farba Ngom a constitué l’un des principaux arguments avancés par sa défense. Décrit comme fragile par ses avocats, il a effectué à plusieurs reprises des séjours médicaux au pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ces éléments avaient été invoqués pour appuyer ses demandes de liberté provisoire, sans toutefois convaincre définitivement le parquet financier, dont l’opposition a pesé dans la décision finale de la Cour suprême.

En revanche, la situation de Tahirou Sarr a connu une issue différente. Son coaccusé, qui a lui aussi toujours rejeté les accusations portées contre sa personne, bénéficie effectivement d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. Aucune opposition du procureur n’ayant été formulée à son encontre, la décision rendue par la Cour suprême a été exécutée. Il reste néanmoins soumis à des obligations strictes, notamment sa disponibilité permanente pour les besoins de l’instruction et le respect d’éventuelles restrictions de déplacement.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte national marqué par une forte attente de l’opinion publique sur les questions de gouvernance financière, de lutte contre la corruption et de reddition des comptes. Elle relance également le débat sur l’usage de la détention préventive, le rôle du parquet financier et l’équilibre délicat entre les impératifs de justice, les droits de la défense et les considérations humanitaires liées à l’état de santé des personnes détenues.

Affaire Soya Diagne : le parquet fait appel et maintient le journaliste en détention

Le feuilleton judiciaire autour de Soya Diagne connaît un nouveau rebondissement. Alors que le juge d’instruction avait ordonné, mercredi dernier, la mise en liberté provisoire du patron du site LeDakarois221, assortie d’un placement sous bracelet électronique, le procureur de la République près le tribunal de Dakar, Ibrahima Ndoye, a décidé de faire appel de cette décision. Une initiative qui suspend automatiquement l’exécution de l’ordonnance et maintient, de fait, Soya Diagne en détention.

Selon les informations rapportées par le journaliste Bachir Fofana, l’appel du parquet vise à contester l’appréciation du juge d’instruction, qui avait estimé que les conditions étaient réunies pour accorder une liberté provisoire sous surveillance électronique. En droit sénégalais, ce recours a un effet suspensif, ce qui signifie que la mesure de liberté provisoire ne peut être appliquée tant que la juridiction compétente n’a pas statué sur l’appel.

Pour rappel, Soya Diagne avait été inculpé et placé en détention dans le cadre d’un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions, notamment dans les milieux médiatiques et sur les réseaux sociaux. La décision initiale du juge d’instruction, favorable à une libération sous bracelet électronique, avait été perçue par certains comme un signal d’apaisement, voire une reconnaissance de garanties suffisantes de représentation et de contrôle judiciaire.

Cependant, en interjetant appel, le procureur de la République marque sa volonté de voir la situation réexaminée par la chambre d’accusation. Cette démarche traduit la position ferme du parquet, qui estime, à ce stade de la procédure, que les conditions d’une mise en liberté, même encadrée, ne sont pas réunies ou que les intérêts de l’enquête justifient le maintien en détention.

Du côté de la défense, cette évolution est vécue comme un nouveau coup dur. Les avocats de Soya Diagne espéraient voir leur client quitter la prison sous surveillance électronique, dans l’attente de la suite de la procédure. Ils pourraient désormais concentrer leurs efforts sur la contestation de l’appel du parquet et sur la démonstration que toutes les garanties légales sont réunies pour une liberté provisoire.

En attendant la décision de la juridiction d’appel, Soya Diagne reste donc incarcéré. L’affaire, suivie de près par l’opinion publique, relance une fois de plus le débat sur la détention provisoire, la liberté de la presse et l’équilibre entre les impératifs de la justice et les droits fondamentaux des personnes poursuivies.

Affaire à suivre.

Badara Gadiaga : 150 jours de détention et deux ordonnances de mise en liberté provisoire ignorées

Le chroniqueur Badara Gadiaga totalise ce mercredi 150 jours de détention, alors même que le juge chargé du dossier a ordonné deux fois sa mise en liberté provisoire, après l’avoir entendu sur le fond. Une situation rare, qui soulève de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de la procédure judiciaire.

Contrairement aux procédures habituelles, ni Badara Gadiaga ni ses avocats n’ont déposé de demande de liberté provisoire.
Selon des sources proches du dossier, c’est le juge d’instruction qui a pris l’initiative, après avoir entendu le chroniqueur sur le fond, d’ordonner une mise en liberté provisoire d’office.
Cette première ordonnance n’a toutefois jamais été exécutée : le parquet s’y est immédiatement opposé, suspendant la décision du magistrat instructeur.

Face au blocage, le juge a rendu une seconde ordonnance de mise en liberté provisoire, confirmant sa position.
Mais cette fois encore, la décision n’a pas été appliquée. Le parquet, qui doit dire s’il compte s’opposer ou non à cette nouvelle ordonnance, renvoie sa position à jeudi.
En attendant, Badara Gadiaga demeure en détention, malgré deux décisions successives du juge en sa faveur.

Cette situation atypique, où deux ordonnances de mise en liberté provisoire restent sans effet, commence à susciter des réactions dans les milieux juridiques et médiatiques.
Des observateurs soulignent que ce bras de fer institutionnel interroge le respect du principe de séparation des pouvoirs et met en lumière les tensions possibles entre juge d’instruction et parquet dans la gestion des détentions provisoires.

Khalifa Sall dénonce la détention de Badara Gadiaga : « Une fracture dans le socle du droit »

Le président du mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier. Dans une déclaration ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien sans réserve au journaliste, pointant du doigt une atteinte grave aux libertés fondamentales.

« Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a écrit Khalifa Sall dans un texte diffusé ce jeudi.

Pour le leader socialiste, la mise en garde à vue de Badara Gadiaga dépasse le simple cadre judiciaire. Elle révèle, selon lui, une dérive inquiétante du pouvoir en place qui, au lieu de garantir les droits, chercherait à museler les voix dissidentes.

« Ce n’est pas une simple injustice, mais une fracture dans le socle du droit », a-t-il martelé, dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Khalifa Sall s’inscrit ainsi dans la lignée de nombreux acteurs politiques, membres de la société civile et journalistes, qui ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime. L’ancien député appelle à un respect strict des droits des personnes arrêtées, y compris ceux qu’il qualifie de prisonniers d’opinion.

« Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il ajouté.

En conclusion, Khalifa Sall exige la libération immédiate de Badara Gadiaga ainsi que de toutes les personnes détenues pour leurs opinions. Il appelle à un sursaut démocratique et à la restauration d’un climat de dialogue et de liberté, sans lequel, selon lui, aucune démocratie ne peut survivre.

Affaire Khadim Bâ : Une détention prolongée malgré une proposition de transaction validée par la Douane

Alors que sa demande de liberté provisoire vient d’être rejetée pour la seconde fois, Khadim Bâ, administrateur de société poursuivi pour une infraction douanière, reste disposé à transiger avec l’État. Une offre concrète, accompagnée de chèques certifiés, a été déposée entre les mains de la Douane, en attente d’un feu vert politique.

Malgré le refus répété du juge du Pool judiciaire financier (PJF) de lui accorder une liberté provisoire, Khadim Bâ ne renonce pas à la voie transactionnelle. Son avocat, Me Djiby Diallo, s’est confié au journal L’Observateur pour dénoncer une situation qu’il juge injuste et politiquement bloquée, alors même qu’un accord semble avoir été trouvé avec l’Administration des Douanes.

« Nous avons formulé une proposition. La Douane nous a fait une contre-proposition que nous avons acceptée. Mieux encore, nous avons émis des chèques certifiés pour deux (2) milliards FCFA, avec possibilité de moratoire », a affirmé Me Diallo, soulignant que la balle est désormais dans le camp des plus hautes autorités.

Selon l’avocat, cette volonté de transiger remonte aux premiers instants de l’enquête. Le pool d’avocats dirigé par Me Seydou Diagne avait proposé un arrangement dès la saisine du parquet, bien avant que le dossier ne soit transmis au juge d’instruction. Mais cette première tentative avait été rejetée sans explication.

Plus récemment, une nouvelle offre transactionnelle aurait trouvé un écho favorable auprès de la Douane. Toutefois, l’administration douanière aurait demandé un délai pour obtenir le feu vert de sa hiérarchie, en raison de la sensibilité politique du dossier.

Pour la défense, la détention de Khadim Bâ est d’autant plus incompréhensible que le rapport d’expertise commandité par le juge lui-même contredit les allégations douanières. Ce rapport, établi par le cabinet indépendant Cecogex, met en doute les fondements de la procédure.

« Il n’existe aucun document prouvant que Khadim Bâ aurait transféré une dette à l’État. En réalité, c’est l’État qui s’est substitué à ses dettes vis-à-vis des banques. Ce rapport affirme en outre que Khadim Bâ n’est pas importateur. Ce sont Total, Touba Oil, SAR… qui ont importé les produits et qui ont déjà payé les droits de douane », martèle Me Diallo.

Pourtant, selon lui, le juge n’a même pas mentionné ledit rapport dans l’ordonnance de rejet de la demande de liberté provisoire.

L’avocat dénonce un traitement inéquitable et évoque un précédent troublant : « Un ressortissant tchèque, poursuivi pour une infraction douanière portant sur 300 milliards de francs CFA, a transigé à seulement 30 millions. Il a été libéré. Pourquoi pas Khadim Bâ, qui a déjà fait une offre concrète et accepté les conditions fixées ? »

La défense pointe également des irrégularités dans la gestion des dettes de Khadim Bâ vis-à-vis des banques BNDE et Coris Bank. Selon Me Diallo, des conventions de substitution ont été signées entre ces établissements et l’État sans que son client n’en soit informé.

« La BNDE a reconnu que l’État avait payé à notre insu, mais Coris Bank a continué à poursuivre Khadim Bâ comme caution, alors que la dette avait déjà été apurée. C’est une escroquerie pure et simple. »

Face à ce qu’il qualifie de manœuvre frauduleuse, l’avocat affirme avoir introduit une citation directe contre Coris Bank et ses responsables pour escroquerie.

Au-delà du droit, Me Djiby Diallo dénonce une forme d’acharnement qui contredit les promesses de justice et d’équité faites par les autorités actuelles : « Lors de la campagne, on nous avait promis un État de droit. Aujourd’hui, Khadim Bâ est victime d’une injustice manifeste. »

Détention de Mansour Faye à Rebeuss : un calme qui intrigue ses visiteurs

L’ancien ministre et maire de Saint-Louis, Mansour Faye, continue de susciter l’attention malgré son incarcération à la prison de Rebeuss. Selon le journal Les Échos, l’homme politique a reçu une vague de visiteurs venus lui témoigner leur soutien ce mardi, une affluence massive qui a marqué les observateurs.

D’après le quotidien, la majorité des visiteurs provenait de sa ville natale, Saint-Louis. Ils ont tenu à lui manifester leur solidarité en ces moments difficiles. Certains sont arrivés très tôt dans la matinée, mais en raison de la forte affluence, ce n’est que dans l’après-midi qu’ils ont pu échanger quelques mots avec lui.

Mais au-delà de l’aspect purement humain de ces visites, c’est l’attitude de Mansour Faye qui a le plus marqué les esprits. À en croire les témoignages recueillis par Les Échos, l’ancien ministre affiche un calme surprenant, presque déroutant.

« Il est si détendu que certains se demandent s’il réalise vraiment qu’il est en détention », confie un proche ayant pu s’entretenir avec lui.

Malgré sa position délicate – celle d’un homme politique incarcéré dans un contexte post-alternance tendu – Mansour Faye semble conserver une sérénité déconcertante. Un calme qui, pour certains, traduit une confiance inébranlable dans l’issue de sa situation judiciaire, et pour d’autres, une forme de résilience face à l’épreuve.

Rappelons que Mansour Faye, beau-frère de l’ancien président Macky Sall, fut ministre sous le précédent régime et maire de la vieille ville de Saint-Louis. Son arrestation, intervenue récemment, continue d’alimenter les débats politiques, notamment sur les lendemains de l’alternance et les règlements de comptes présumés.

René Capain Bassène entame une grève de la faim illimitée et dénonce sa détention dans une lettre bouleversante

Le journaliste sénégalais René Capain Bassène, condamné à perpétuité dans l’affaire du massacre de Boffa-Bayotte, a entamé une grève de la faim illimitée pour dénoncer ce qu’il qualifie de détention arbitraire. Dans une lettre poignante rendue publique, il clame son innocence et exprime sa profonde détresse face à une situation qu’il juge injuste et inhumaine.

« Plutôt mourir que de se déshonorer », écrit-il d’entrée, dans un cri du cœur qui résume le sentiment d’un homme brisé par près de huit années de privation de liberté. Depuis son arrestation en janvier 2018, Capain Bassène n’a cessé de contester les charges portées contre lui. Aujourd’hui, il affirme avoir atteint ses limites et choisit de mener ce qu’il qualifie d’« ultime combat » contre l’injustice dont il se dit victime.

Dans sa lettre, il remercie ses soutiens qui, depuis son arrestation, ont gardé foi en son innocence. « Vous resterez à jamais dans mon cœur », écrit-il, tout en décrivant la dure réalité de sa vie carcérale. Réduit à l’état de mendiant, il dit dépendre entièrement des autres pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires.

René Capain Bassène raconte aussi les souffrances physiques, morales et psychologiques qu’il endure depuis plus de sept ans. Il évoque des tortures, des atteintes à sa dignité humaine, des humiliations et la négation totale de la présomption d’innocence. Il décrit une justice à deux vitesses où règne « la loi du plus fort », et où le plus faible est « broyé » sans pitié.

L’affaire du massacre de Boffa-Bayotte, survenue le 8 janvier 2018, reste au cœur de son désespoir. Il rappelle que sur les 25 personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire, il est le seul à avoir été condamné. Pour lui, cette condamnation fait de lui « l’agneau du sacrifice ». Il s’interroge : « Complice de qui ou de quoi ? », fustigeant une procédure judiciaire qui, selon lui, n’a pas cherché à établir la vérité.

Le journaliste déplore aussi l’indifférence des organisations de défense des droits humains à son égard. « Je suis un homme sans droits », écrit-il avec amertume, soulignant que sa situation reste un « non-événement » pour ces institutions censées protéger les libertés fondamentales.

Physiquement affaibli, Capain Bassène affirme que la prison l’a « lentement broyé ». Il confie souffrir depuis une opération ratée destinée à soigner son tympan droit. Son état de santé, dit-il, se détériore de jour en jour. C’est donc en toute lucidité, malgré la douleur, qu’il annonce avoir pris la décision de commencer une grève de la faim illimitée, qu’il qualifie de « diète noire », pour dire non à une justice qui l’a, selon lui, condamné à tort.

Il conclut sa lettre par un appel solennel à ses soutiens : « Préparez-vous au pire. Ce n’est pas une décision facile, mais c’est l’unique moyen de lutter. Et je suis déterminé à aller jusqu’au bout. »

Quatre décès en détention : la Ligue Sénégalaise des Droits Humains interpelle l’État

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) a exprimé sa profonde consternation face aux décès de quatre personnes en détention dans les localités de Thiès, Saint-Louis, Mbacké et Tambacounda, survenus en l’espace de deux mois, entre décembre 2024 et janvier 2025. Ces tragédies soulèvent des interrogations sur les conditions de détention au Sénégal et appellent à une réponse urgente de l’État.

Dans un communiqué officiel, la LSDH a rappelé l’importance de respecter les normes internationales relatives aux droits des détenus, notamment les Règles Nelson Mandela, adoptées à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015. Ces règles, qui constituent un cadre universel pour le traitement des prisonniers, visent à garantir la dignité, la santé et la sécurité des personnes privées de liberté.

Ces quatre décès mettent en lumière un problème récurrent dans les lieux de privation de liberté au Sénégal : les conditions d’incarcération, souvent critiquées pour leur surpopulation, leur manque d’hygiène et l’insuffisance des soins médicaux. La LSDH déplore le manque d’efforts suffisants de la part des autorités pour remédier à ces lacunes et protéger le droit fondamental à la vie.

Face à ces drames, la LSDH exhorte l’État à :

1. Ouvrir des enquêtes indépendantes sur les circonstances des décès et infliger des sanctions proportionnées aux responsables.

2. Renforcer les mécanismes de prévention en investissant dans l’amélioration des infrastructures pénitentiaires et en formant les agents de détention sur le respect des droits humains.

3. Organiser un conseil interministériel pour adopter des mesures correctives, conformément aux recommandations internationales.

Pour la LSDH, la préservation du droit à la vie, y compris pour les détenus, est un impératif moral et légal. L’organisation espère que les autorités sénégalaises agiront rapidement pour éviter que de telles tragédies ne se répètent.

Samuel Sarr reste en détention : sa demande de liberté provisoire rejetée

Le ciel ne s’éclaircit pas pour Samuel Sarr. Selon le journal Libération, l’ancien ministre de l’Énergie sous le régime de Me Abdoulaye Wade, actuellement directeur général de West African Energy (WAE), demeure en détention. Arrêté le 28 novembre dernier et placé sous mandat de dépôt pour des accusations d’abus de biens sociaux portant sur une somme colossale de 8 milliards de francs CFA, Samuel Sarr a vu sa demande de liberté provisoire rejetée.

Le Parquet et le magistrat instructeur ont décidé de s’opposer fermement à cette requête, souligne le journal. Cette décision maintient l’ex-ministre derrière les barreaux, plongeant ainsi davantage son dossier dans l’incertitude.

Cependant, les avocats de Samuel Sarr ne baissent pas les bras. Toujours selon Libération, la défense prévoit de faire appel devant la Chambre d’accusation pour contester cette décision. Cette démarche, qui s’inscrit dans le cadre légal, montre que ses avocats restent déterminés à obtenir une révision de sa situation judiciaire.

Pour rappel, l’affaire tourne autour d’une gestion financière controversée à la tête de West African Energy. Ces accusations, si elles sont avérées, mettent en lumière des pratiques de détournement dans un secteur crucial pour l’économie et l’énergie au Sénégal.

Le Forum Civil s’engage pour de meilleures conditions de détention : Visite à Bougane Guèye Dany à la prison de Tambacounda

Le Forum Civil, organisation sénégalaise de veille citoyenne, a récemment rendu visite à Bougane Guèye Dany, leader du mouvement politique « Geum Sa Bop », actuellement incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Tambacounda. Cette initiative visait à s’enquérir des conditions de détention du responsable politique, tout en prenant la mesure des conditions de vie des détenus dans cette prison.

Dans un communiqué, le Forum Civil a exprimé sa gratitude envers Bougane Guèye Dany pour avoir accepté de rencontrer ses membres. Cette visite a permis de rassurer l’organisation sur l’état d’esprit du leader, malgré les difficultés inhérentes à sa détention. Néanmoins, la délégation a exprimé une vive inquiétude face à l’état préoccupant des infrastructures de la prison de Tambacounda, marquées par la vétusté, le délabrement et une forte promiscuité. Ces conditions, selon l’organisation, exposent les détenus et le personnel à des risques sanitaires et sécuritaires graves.

Le Forum Civil a également tenu à remercier le régisseur de la prison pour ses efforts, en l’encourageant à persévérer dans la gestion des lieux malgré le manque de moyens. Saluant son professionnalisme, l’organisation citoyenne a reconnu les défis auxquels il fait face pour subvenir aux besoins de tous les détenus dans un environnement aussi dégradé.

Suite à cette visite, le Forum Civil a affirmé son engagement à œuvrer pour la modernisation des infrastructures carcérales au Sénégal. En collaboration avec les entités compétentes, l’organisation prévoit de mener un plaidoyer en faveur d’une réforme des lieux de détention sur l’ensemble du territoire national. Une telle modernisation serait essentielle pour garantir des conditions de vie dignes et respectueuses des droits humains pour les détenus, ainsi qu’un environnement de travail sécurisé pour le personnel pénitentiaire.

Ce plaidoyer rejoint les préoccupations exprimées ces dernières années par de nombreux acteurs de la société civile et des organisations internationales de défense des droits de l’homme, concernant l’amélioration des conditions de détention dans les prisons sénégalaises.

Deux chroniqueurs tunisiens placés en détention pour des critiques sur la situation du pays

La justice tunisienne a pris une décision controversée en plaçant en détention deux chroniqueurs pour avoir exprimé des critiques sur la situation du pays. Borhen Bssais, présentateur à la télévision et à la radio, ainsi que Mourad Zeghidi, chroniqueur, ont été interpellés samedi soir et sont désormais soumis à un mandat de dépôt de 48 heures, selon les informations fournies par l’avocat Ghazi Mrabet.

Les charges retenues contre eux restent floues, mais Mourad Zeghidi est poursuivi pour une publication sur les réseaux sociaux soutenant un journaliste arrêté, ainsi que pour des déclarations faites lors d’émissions télévisées depuis février. Il est commentateur politique à la télévision et collabore avec Borhen Bssais, qui anime des programmes sur des chaînes de radio et de télévision privées.

L’arrestation de Borhen Bssais, quant à elle, serait liée à l’article 54, promulgué en septembre 2022 par le président tunisien Kais Saied pour réprimer la production et la diffusion de « fausses nouvelles ». Cet article a été critiqué par les défenseurs des droits humains pour son interprétation extensive. Plus de 60 personnes, dont des journalistes, des avocats et des opposants au président Saied, ont été poursuivies en vertu de ce texte depuis un an et demi.

Samedi soir, l’avocate Sonia Dahmani a également été arrêtée en vertu du même article, après s’être réfugiée à la Maison des avocats. Son arrestation a été filmée en direct par une équipe de la télévision publique française France 24, mais l’intervention a été interrompue par des policiers encagoulés. L’Ordre national des avocats a vivement condamné cette intrusion et a demandé la libération immédiate de Mme Dahmani, annonçant une grève régionale à partir de lundi en signe de protestation.

Agent de l’IPRES et Complice Condamnés pour Détention de Chanvre Indien

Au tribunal de grande instance de Fatick, un agent de l’IPRES, identifié sous les initiales P. S., et son complice, I. Nd, ont été jugés en flagrant délit pour détention de chanvre indien. Cette affaire a abouti à leur condamnation à deux ans de prison ferme.

Lors de leur comparution devant la barre, P. Sarr a affirmé qu’il n’était pas un trafiquant de drogue, mais qu’il livrait la marchandise pour le compte de I. Nd. Il a déclaré avoir été piégé lors de son arrestation alors qu’il effectuait une livraison à P. D., qu’il considérait comme un proche. Selon lui, il ignorait que c’était un stratagème monté avec les forces de l’ordre pour l’appréhender. P. Sarr a également souligné qu’il travaillait à l’IPRES de Fatick et qu’il avait simplement aidé I. Nd dans ses activités sans en tirer profit.

Son complice, I. Nd, a admis avoir vendu de la drogue par le passé, mais prétendait avoir cessé cette activité en 2009. Il a expliqué qu’ils étaient un groupe de dix personnes cotisant chacune une somme pour acheter de la drogue à Joal. À son retour, il redistribuait les parts à chaque membre du groupe, gardant la sienne (125 g) pour sa consommation personnelle. I. Nd a également affirmé avoir envoyé P. S. pour livrer la part de P. D., un individu qu’il avait rencontré pour la première fois.

Cependant, ces déclarations ont été rejetées par le juge, arguant qu’elles différaient de celles fournies lors de l’enquête préliminaire. Par conséquent, les deux accusés ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement ferme. De plus, I. Nd a été condamné à payer une amende de 420 000 FCFA.

Cette affaire souligne les conséquences sévères de la détention et du trafic de drogue, ainsi que l’importance de respecter la loi et de coopérer pleinement avec les autorités lors des enquêtes.

Ndella Madior Diouf demande une liberté provisoire après trois mois de détention

Ndella Madior Diouf, directrice de la pouponnière « Keur Yeurmandé », fait une demande de liberté provisoire trois mois après son placement sous mandat de dépôt. Cette démarche survient après son arrestation par la Brigade de protection de la Sûreté urbaine (SU), consécutive à la diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux montrant des bébés souffrant de malnutrition dans sa pouponnière. L’information est rapportée par Les Échos.

Selon le quotidien, le juge d’instruction dispose d’une semaine pour se prononcer sur cette demande. La décision finale appartient désormais à ce dernier.

Pour rappel, Ndella Madior Diouf fait face à cinq charges graves, dont la traite de personnes, l’exercice illégal de la fonction de médecin, la privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que la non-assistance à personne en danger et l’obtention indue de certificats aux fins d’inhumation. Ces accusations font suite à une enquête révélant plusieurs cas de décès et de malnutrition parmi les nourrissons pris en charge par la pouponnière.

Face à cette situation, pas moins de 48 nourrissons ont été retirés de l’établissement et transférés vers des structures de santé pour recevoir les soins appropriés.

La requête de Ndella Madior Diouf pour une liberté provisoire intervient dans un contexte où son sort judiciaire reste incertain, alors que l’enquête se poursuit pour élucider les circonstances entourant les événements tragiques survenus au sein de la pouponnière « Keur Yeurmandé ».

Le Président Diomaye Faye Prépare un Livre Inspiré de sa Détention

Selon Babacar Ndiaye, président des jeunes de Pastef/Pikine, le Président Diomaye Faye est en train de rédiger un livre basé sur ses notes, ses lectures et ses réflexions pendant sa détention à la prison de Cap Manuel. Ce livre, qui devrait être disponible pour les Sénégalais dans les plus brefs délais, offre un aperçu des pensées et des préparations du président actuel concernant la gouvernance du pays.

Durant ses onze mois de détention, Diomaye Faye aurait consacré une grande partie de son temps à la lecture et à l’écriture. Sa chambre est décrite comme une véritable bibliothèque, où il recevait en moyenne cinq livres par jour, en plus de ceux qu’il commandait lui-même.

Dès sa désignation comme candidat de Pastef, après l’éviction d’Ousmane Sonko par la justice, Diomaye Faye aurait commencé à planifier sa gouvernance. Il a étudié en profondeur le fonctionnement de l’État, les réformes nécessaires et les différents aspects de la gouvernance. Babacar Ndiaye révèle que le président a écrit sur divers sujets, tels que la campagne électorale, la composition du gouvernement et les différents ministères.

Selon Babacar Ndiaye, les actions du gouvernement actuel sont en grande partie le résultat de la préparation et des réflexions de Diomaye Faye pendant sa détention. « Beaucoup de choses que les Sénégalais verront, avaient été préparées depuis la prison », affirme-t-il.

La révélation de Babacar Ndiaye met en lumière l’importance de la réflexion et de la préparation dans la gouvernance d’un pays. Il souligne également la détermination et l’engagement de Diomaye Faye à servir le Sénégal, même dans des circonstances difficiles. Il sera intéressant de voir comment les idées et les réflexions du président influenceront l’avenir du pays et seront reçues par les Sénégalais à travers la publication de ce livre.

Bassirou Diomaye Faye, du palais de la détention au palais présidentiel

Un an jour pour jour après avoir été arrêté et emprisonné, Bassirou Diomaye Faye est désormais installé au palais de la République en tant que 5e président du Sénégal, succédant à Macky Sall.

La date du 14 avril restera à jamais gravée dans la mémoire de Bassirou Diomaye Faye. Il y a un an, ce dernier était arrêté et placé en détention, dans un contexte politique tendu. Malgré cette épreuve, il a su faire face et persévérer dans son engagement politique.

Aujourd’hui, Bassirou Diomaye Faye occupe le palais de la République, non pas comme détenu, mais en tant que chef d’État. Succédant à Macky Sall, il est devenu le 5e président du Sénégal, marquant ainsi une transition politique majeure dans le pays.

Son accession à la présidence est perçue comme un symbole d’espoir et de résilience pour de nombreux Sénégalais. Son parcours, marqué par des épreuves difficiles, témoigne de sa détermination et de son engagement envers la démocratie et le bien-être de son pays.

Alors qu’il entame son mandat présidentiel, Bassirou Diomaye Faye est confronté à de nombreux défis, notamment sur le plan économique, social et politique. Les attentes sont grandes, mais le nouveau président semble déterminé à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour répondre aux besoins et aux aspirations du peuple sénégalais.

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