Répartition du FADP : le CDEPS et l’APPEL annoncent une plainte à l’OFNAC pour « détournements » et dénoncent une gestion opaque

La controverse autour de la répartition du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) prend une nouvelle tournure. Au lendemain de la conférence de presse du ministère de la Communication, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal (CDEPS) ainsi que l’APPEL ont annoncé leur décision de saisir Office national de lutte contre la fraude et la corruption pour des faits présumés de détournement.

Réunis ce mercredi 8 avril à la Maison de la presse, les responsables des deux organisations ont vivement critiqué les conditions dans lesquelles le fonds a été réparti. Ils dénoncent une gestion qu’ils jugent opaque et affirment ne pas disposer d’informations suffisantes sur les critères ayant guidé l’attribution des ressources.

Prenant la parole devant la presse, Mamadou Wone a annoncé le dépôt imminent d’une plainte auprès de l’OFNAC. Selon lui, cette démarche vise à faire toute la lumière sur ce dossier. Il évoque notamment des soupçons de détournement de deniers publics et de détournement d’objectif, tout en pointant du doigt le manque de transparence qui entoure la gestion du FADP.

Cette position a été appuyée par Maïmouna Ndour Faye, qui s’est exprimée en wolof pour relayer le message auprès d’un large public. Elle a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et équitable des ressources publiques destinées à soutenir les médias, dans un contexte marqué par de fortes difficultés économiques pour de nombreuses entreprises de presse.

Au cœur des revendications du CDEPS et de l’APPEL figure la question de la transparence. Les deux organisations réclament des explications claires sur les critères d’éligibilité et les modalités de répartition du fonds. Elles demandent également la publication de la liste complète des bénéficiaires ainsi que des montants alloués à chacun.

Le recours annoncé à l’OFNAC traduit une volonté de porter le débat sur le terrain judiciaire afin d’obtenir des réponses précises et, le cas échéant, des sanctions. L’organe de lutte contre la fraude et la corruption pourrait ainsi être amené à ouvrir une enquête pour vérifier la régularité de la gestion du FADP.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités et une partie des acteurs du secteur des médias. Le FADP, censé renforcer la viabilité et le développement des entreprises de presse, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique qui relance le débat sur la gouvernance des ressources publiques.

En attendant une réaction officielle du ministère de la Communication, cette sortie du CDEPS et de l’APPEL met en lumière les attentes des professionnels du secteur en matière de transparence et de bonne gestion. Elle souligne également l’importance de restaurer la confiance entre les autorités publiques et les acteurs des médias, dans un environnement où la crédibilité des institutions demeure un enjeu majeur.

Financement agricole : l’adjointe au gouverneur de Dakar alerte sur les détournements et annonce des contrôles renforcés

À Dakar, la gestion des financements destinés au secteur agricole attire désormais une attention particulière des autorités. L’adjointe au gouverneur de la région, chargée du développement, Digou Yala Mathilde Sadio, a tenu à mettre en garde les bénéficiaires de fonds publics contre toute utilisation détournée des ressources mises à leur disposition.

« Nous veillons, et demandons d’éviter les détournements d’objectif parce qu’on ne doit pas utiliser de l’argent destiné à des projets bien définis à d’autres fins », a-t-elle déclaré lors d’un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS). La responsable a annoncé que des contrôles réguliers seraient effectués sur le terrain pour s’assurer que les financements sont employés conformément aux objectifs fixés.

Cette mise au point est intervenue mardi, au cours d’une rencontre d’information et de sensibilisation consacrée aux opportunités offertes par le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), un dispositif régional visant à soutenir l’agriculture et l’élevage.

Selon Mme Sadio, les échanges avec les participants ont mis en lumière des préoccupations récurrentes. Plusieurs intervenants ont souligné les risques de détournements d’usage des financements, mais également le problème du non-remboursement des prêts contractés. « On entend toujours les gens dire qu’on ne rembourse pas parce que c’est de l’argent de l’État », a-t-elle relevé, déplorant une perception erronée qui nuit à la pérennité des dispositifs de soutien.

Elle a rappelé avec insistance que ces ressources proviennent de l’argent du contribuable et doivent donc être considérées comme un bien commun. « Les financements publics ne sont pas une manne gratuite, mais un outil destiné à renforcer la productivité et la résilience des exploitants », a-t-elle insisté.

La sortie de l’adjointe au gouverneur s’inscrit dans un contexte où les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour améliorer la sécurité alimentaire et soutenir les acteurs agricoles. Mais l’efficacité de ces politiques dépend largement de la bonne gestion des fonds par les bénéficiaires, une responsabilité que les autorités entendent désormais suivre de près.

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