Le Dakarois Quotidien N°820 – 09/09/2026
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🔴 BALLON D’OR 2026 : LES 30 NOMMÉS DÉVOILÉS, SADIO MANÉ SEUL REPRÉSENTANT DU SÉNÉGAL
Le Sénégal obtient plusieurs appréciations positives dans le Rapport 2026 des États-Unis consacré à la transparence budgétaire. Le document relève des avancées importantes réalisées par les autorités sénégalaises dans la publication des informations budgétaires, le suivi de la dette publique, le contrôle des finances de l’État ainsi que la transparence dans l’attribution des ressources naturelles et des marchés publics. Malgré ces progrès, Washington identifie encore plusieurs insuffisances, notamment concernant les principales entreprises publiques.
Le rapport américain souligne d’abord les efforts accomplis par le gouvernement sénégalais pour rendre accessibles les principaux documents budgétaires. Selon l’évaluation, le projet de budget est publié en ligne dans un délai jugé raisonnable, tout comme le budget finalement adopté par le Parlement et le rapport d’exécution de fin d’exercice. Cette publication régulière des documents constitue, aux yeux des autorités américaines, une avancée importante en matière d’accès du public à l’information financière.
Le budget mis à la disposition du public est par ailleurs considéré comme globalement complet et fiable. Le rapport relève toutefois une limite importante : les documents budgétaires ne donnent pas suffisamment de détails sur les allocations financières et les recettes des principales entreprises publiques. Cette absence d’informations constitue l’une des principales faiblesses identifiées dans l’évaluation américaine.
La question de la dette fait également l’objet d’une attention particulière. Les États-Unis constatent que les informations générales relatives à l’endettement du Sénégal sont largement disponibles. Le gouvernement inclut notamment la dette des entreprises publiques dans les chiffres globaux communiqués sur la dette publique.
Cependant, cette présentation reste insuffisamment détaillée. Le rapport regrette que l’État ne fournisse pas, entreprise publique par entreprise publique, les informations relatives à leur niveau d’endettement. Cette lacune limite, selon l’évaluation, la capacité du public à apprécier avec précision les risques financiers liés aux sociétés détenues par l’État.
Sur le fonctionnement budgétaire de l’administration, le Sénégal obtient également plusieurs appréciations favorables. Le rapport estime que le gouvernement a correctement ventilé les dépenses de fonctionnement des services de l’exécutif. Il relève également que le budget militaire est soumis à un contrôle public civil, tandis que l’État ne disposerait pas de comptes hors budget.
Les autorités américaines notent en outre que le gouvernement procède à un suivi de l’exécution budgétaire au cours de l’exercice. Les recettes et les dépenses effectivement enregistrées sont jugées globalement conformes aux prévisions inscrites dans le budget adopté. Cet élément est considéré comme un indicateur positif de la fiabilité du processus budgétaire.
Le contrôle externe des finances publiques constitue un autre point fort relevé par le rapport. L’institution supérieure de contrôle des finances publiques du Sénégal est présentée comme respectant les normes internationales d’indépendance. Elle aurait également audité l’intégralité du budget, avec des rapports comportant des conclusions substantielles.
Cette appréciation intervient dans un contexte où le contrôle des finances publiques occupe une place centrale dans le débat national. La capacité des organes de contrôle à examiner l’utilisation des ressources publiques constitue en effet un élément déterminant de la crédibilité de la gouvernance financière de l’État.
Le rapport américain s’intéresse également à la gestion des ressources naturelles du Sénégal. Sur ce volet, les autorités sénégalaises sont créditées du respect des procédures relatives à l’attribution des permis et des contrats.
Le document souligne surtout que certaines informations de base concernant l’attribution des permis d’extraction des ressources naturelles sont rendues publiques. La même appréciation est formulée concernant les marchés publics, dont les informations essentielles sont accessibles au public.
Cette transparence revêt une importance particulière pour le Sénégal, alors que le pays est entré dans une nouvelle phase d’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières. La publication des informations relatives aux contrats, aux permis et aux procédures d’attribution constitue un enjeu majeur pour garantir une gestion responsable des revenus issus des ressources naturelles.
Malgré les progrès constatés, les États-Unis invitent le Sénégal à aller plus loin dans la transparence financière. Deux recommandations principales ressortent du rapport.
La première consiste à intégrer dans les documents budgétaires davantage d’informations sur les allocations financières et les recettes des principales entreprises publiques. L’objectif serait de permettre aux citoyens et aux acteurs économiques de mieux comprendre les flux financiers entre l’État et ces entreprises.
La deuxième recommandation porte sur la publication des obligations financières des entreprises publiques. Les autorités américaines souhaitent ainsi que le public puisse disposer d’informations plus précises sur les engagements financiers de ces structures et sur les risques qu’ils peuvent représenter pour les finances de l’État.
Au final, le Rapport 2026 des États-Unis dresse donc un bilan plutôt nuancé de la transparence budgétaire au Sénégal. Les efforts engagés dans la publication des documents budgétaires, le contrôle des finances publiques, le suivi de la dette et la transparence dans les marchés publics sont reconnus. Mais Washington estime que des améliorations restent nécessaires, notamment pour assurer une meilleure visibilité sur la situation financière des principales entreprises publiques.
Le Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024, publié par le ministère des Finances et du Budget, dresse le portrait le plus complet à ce jour de l’endettement du Sénégal. Élaboré à la suite des travaux de réconciliation des données menés avec les créanciers et partenaires financiers, avec l’appui du cabinet Forvis Mazars, ce document offre une photographie consolidée de la dette publique à fin 2024.
Le rapport montre une progression spectaculaire de l’endettement au cours des cinq dernières années. Entre 2019 et 2024, la dette du secteur public est passée de 11 219 milliards de FCFA à 25 583 milliards de FCFA, soit une augmentation de 14 364 milliards de FCFA en cinq ans. Au-delà de cette hausse de l’encours, le bulletin met également en évidence une profonde transformation de la structure de la dette, marquée par un recours plus important aux financements domestiques, une montée en puissance des emprunts commerciaux, une concentration de la dette des entreprises publiques et une forte augmentation du coût annuel du remboursement.
L’un des principaux enseignements du document réside dans la méthodologie utilisée pour établir ces chiffres. Contrairement aux précédentes statistiques, les montants publiés sont le résultat d’un important travail de fiabilisation engagé après les constats formulés dans les différents audits des finances publiques.
L’Inspection générale des Finances (IGF) avait d’abord produit un rapport couvrant la période allant de 2019 au 31 mars 2024. Ce rapport a ensuite été audité par la Cour des comptes, dont les conclusions ont été rendues publiques le 12 février 2025. Les magistrats financiers avaient notamment souligné que leurs vérifications reposaient sur un échantillon de bailleurs et recommandé un inventaire exhaustif de la dette de l’ensemble du secteur public, incluant aussi bien l’administration centrale que les entités parapubliques.
Pour répondre à cette exigence, le gouvernement a confié au cabinet Forvis Mazars une mission de réconciliation des données avec l’ensemble des créanciers et partenaires financiers. Le Bulletin statistique précise ainsi que les chiffres publiés ne résultent pas uniquement des bases administratives nationales, mais d’un rapprochement avec les informations détenues par les prêteurs eux-mêmes. Cette démarche vise à renforcer la fiabilité et la transparence des statistiques officielles.
Les chiffres témoignent d’une accélération continue de l’endettement au fil des années. Après un encours de 11 219 milliards de FCFA en 2019, la dette publique est passée à 12 780 milliards en 2020, 15 093 milliards en 2021, 18 533 milliards en 2022, 22 450 milliards en 2023, avant d’atteindre 25 583 milliards de FCFA à fin 2024. En cinq ans, le stock de dette a ainsi été multiplié par près de 2,3.
L’administration centrale concentre l’essentiel de cet endettement avec 23 667 milliards de FCFA, tandis que les entreprises et établissements publics représentent 1 917 milliards de FCFA, hors dette rétrocédée.
Le bulletin fait également apparaître une forte progression des ratios d’endettement. La dette du secteur public représente désormais 128,6 % du produit intérieur brut (PIB), contre 81,8 % en 2019. Pour l’administration centrale, le ratio passe de 75,9 % à 119 % du PIB.
Le ministère précise toutefois que ces ratios ont été calculés sur la base d’un PIB nominal estimé à 19 893 milliards de FCFA et qu’ils ne prennent pas encore en compte le futur rebasage du PIB. Si cette opération statistique pourrait modifier les ratios exprimés en pourcentage du PIB, elle ne changera pas les montants nominaux de la dette publiés dans le bulletin.
La structure de la dette montre que les financements extérieurs demeurent largement majoritaires. À fin 2024, la dette extérieure du secteur public atteint 18 008 milliards de FCFA, contre 9 059 milliards en 2019. Elle représente ainsi un peu plus de 70 % de l’encours total.
Mais la progression la plus rapide concerne la dette intérieure. Celle-ci est passée de 2 160 milliards à 7 576 milliards de FCFA sur la même période, soit une augmentation de plus de 250 %. Cette évolution traduit un recours de plus en plus important au marché régional et aux instruments de financement domestiques.
Au niveau de l’administration centrale, cette tendance est encore plus marquée. La dette intérieure est passée de 1 850 milliards en 2019 à 6 773 milliards de FCFA en 2024, tandis que la dette extérieure progressait de 8 552 milliards à 16 894 milliards.
Cette évolution reflète la stratégie de diversification des sources de financement adoptée par les autorités, qui ont simultanément accru leurs emprunts auprès des partenaires internationaux et leur présence sur le marché financier régional.
Le développement du marché domestique se traduit notamment par la montée en puissance des titres du Trésor. Les obligations du Trésor représentent désormais 3 641 milliards de FCFA. Parmi elles, les émissions par adjudication concentrent 2 831 milliards, tandis que les obligations émises par appel public à l’épargne atteignent 760 milliards.
La dette bancaire intérieure s’élève à 2 377 milliards de FCFA, tandis que les bons du Trésor enregistrent une progression spectaculaire, passant de 193 milliards en 2023 à 509 milliards de FCFA un an plus tard.
Le bulletin souligne cependant que cette évolution modifie également le profil de risque du portefeuille. La maturité résiduelle moyenne de la dette domestique n’est que de 3,6 ans, contre 8,7 ans pour la dette extérieure. Son coût est également plus élevé, avec un taux d’intérêt effectif moyen de 5,3 %, contre 3,4 % pour les emprunts extérieurs.
La composition de la dette extérieure évolue elle aussi. Si les institutions multilatérales demeurent les principaux créanciers avec 6 749 milliards de FCFA, soit 40 % de l’encours extérieur, les créanciers commerciaux occupent désormais une place de plus en plus importante.
Leur encours atteint 5 672 milliards de FCFA, représentant 34 % de la dette extérieure. Les Eurobonds constituent toujours la principale ligne avec 3 133 milliards de FCFA, mais la progression la plus marquante concerne les financements commerciaux hors Eurobonds, passés de 210 milliards en 2019 à 2 539 milliards en 2024.
Les crédits à l’exportation suivent la même tendance, leur encours passant de 252 milliards à 1 539 milliards de FCFA sur la période.
Cette évolution traduit une diversification croissante des sources de financement du Sénégal, où les prêts concessionnels traditionnels coexistent désormais avec des financements bancaires internationaux, des émissions obligataires et des crédits liés aux exportations.
Parmi les principaux créanciers individuels figurent la Banque mondiale, avec 2 803 milliards de FCFA, l’Exim Bank of China, avec 1 380 milliards, le Fonds monétaire international, avec 905 milliards, la Banque islamique de développement, avec 896 milliards, ainsi que l’Agence française de développement, dont les créances atteignent 808 milliards de FCFA.
Dans les financements commerciaux, Société Générale Corporate and Investment Banking apparaît avec 779 milliards de FCFA dans les crédits à l’exportation, tandis que Standard Chartered Bank totalise 579 milliards dans la catégorie des créanciers commerciaux. Le ministère rappelle toutefois que les établissements mentionnés peuvent être les banques chefs de file d’opérations syndiquées et non nécessairement les prêteurs ultimes.
Le bulletin s’intéresse également à la dette des entreprises publiques. Celle-ci atteint 1 917 milliards de FCFA, dont près de 81 % sont concentrés entre cinq grandes entités.
Le Groupe Petrosen est de loin le premier emprunteur avec 660,2 milliards de FCFA, suivi de la SOGEPA (299 milliards), de Senelec (227,6 milliards), de l’AIBD (188,7 milliards) et du FERA (170,9 milliards).
Le rapport met en évidence la forte progression de la dette de l’AIBD, qui passe de 17,4 milliards à 188,7 milliards de FCFA en un an, ainsi que celle du FERA, dont l’encours augmente de 37,2 milliards à 170,9 milliards. À l’inverse, la dette de Senelec recule de 284,5 milliards à 227,6 milliards, tandis que celle de la Société africaine de raffinage diminue de 101,6 milliards à 55,2 milliards de FCFA.
Le document précise néanmoins que ces données concernent uniquement la dette directe des entreprises publiques et n’intègrent pas les emprunts contractés par l’État puis rétrocédés à ces entités, lesquels demeurent comptabilisés dans la dette de l’administration centrale.
Au-delà de l’évolution de l’encours, le Bulletin statistique met en évidence une augmentation rapide du coût de la dette. Hors dette bancaire locale, le service annuel de la dette de l’administration centrale est passé de 808 milliards de FCFA en 2019 à 2 751 milliards en 2024.
Sur cette période, le remboursement du principal est passé de 536 milliards à 1 893 milliards, tandis que les intérêts ont progressé de 272 milliards à 858 milliards de FCFA.
L’accélération est particulièrement visible depuis 2022. Le service annuel est passé de 1 289,5 milliards en 2022 à 1 859 milliards en 2023, avant d’atteindre 2 751 milliards en 2024. En seulement deux ans, les remboursements annuels ont ainsi plus que doublé.
Les projections établies dans le bulletin montrent que cette pression restera forte au cours des prochaines années. Le service de la dette est estimé à 4 462 milliards de FCFA en 2025, puis à 5 498 milliards en 2026. Il devrait ensuite atteindre 4 415 milliards en 2027, 4 974 milliards en 2028, 4 245 milliards en 2029 et 2 966 milliards en 2030.
Au total, les remboursements programmés entre 2025 et 2030 atteignent 26 560 milliards de FCFA, dont 21 053 milliards au titre du remboursement du principal et 5 507 milliards au titre des intérêts.
Le ministère précise que ces projections correspondent à une logique budgétaire. Elles tiennent compte à la fois des dettes déjà décaissées et des nouveaux financements susceptibles d’être mobilisés dans les prochaines lois de finances. Elles ne doivent donc pas être interprétées comme un nouvel encours de dette, mais comme le cumul des remboursements et intérêts attendus sur six exercices budgétaires.
Au final, le Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024 met en évidence cinq grandes tendances : une dette publique qui a plus que doublé en cinq ans, une progression particulièrement rapide de la dette intérieure, un recours croissant aux financements commerciaux et aux instruments du marché, une concentration de la dette des entreprises publiques autour de quelques grandes entités stratégiques et une hausse continue du coût du service de la dette.
Le document constitue avant tout une photographie consolidée et fiabilisée de la dette publique à fin 2024. Il fournit un niveau de détail inédit sur les créanciers, les instruments de financement, les maturités, les devises et les échéances de remboursement. En revanche, il ne constitue pas, à lui seul, une analyse complète de la soutenabilité de la dette, puisqu’il ne développe pas de scénarios macroéconomiques détaillés ni d’évaluation approfondie des capacités futures de remboursement de l’État. Cette publication représente néanmoins une étape importante vers une meilleure transparence des finances publiques sénégalaises.
Le débat politique autour de la gouvernance et de la préparation des prochaines échéances électorales s’intensifie au Sénégal. Le député et Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a dénoncé un manque de visibilité globale sur la gestion de plusieurs dossiers stratégiques de l’État, en particulier le calendrier électoral, lors d’un point de presse tenu à l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte politique marqué par des tensions autour des réformes institutionnelles et de la préparation des futures consultations électorales.
Le député a principalement mis l’accent sur ce qu’il considère comme un « flou total » concernant l’organisation du calendrier électoral national. Selon lui, les autorités gouvernementales n’ont pas encore apporté de réponses suffisamment précises sur les prochaines étapes du processus électoral, notamment en ce qui concerne la révision des listes électorales. Il estime que cette situation rend difficile l’établissement d’un agenda clair pour les élections à venir, alors que le gouvernement envisagerait parallèlement des réformes relatives au découpage administratif et territorial des collectivités locales. Pour l’opposant, toute modification institutionnelle devrait s’accompagner d’une communication transparente afin d’éviter toute suspicion dans l’opinion publique.
Au-delà de la question électorale, Mbaye Dione a également interpellé le gouvernement sur la situation économique nationale, notamment la gestion de la dette publique et les risques de défaut de paiement. Il a exprimé ses préoccupations face à la pression financière qui pèse sur les finances publiques et a appelé les autorités à anticiper des solutions structurelles pour préserver la stabilité économique du pays. Selon lui, la question de la dette ne doit pas être traitée uniquement sous un angle technique, mais doit aussi intégrer les conséquences sociales et économiques pour les populations.
Le parlementaire a également élargi son analyse à la situation du monde rural, qu’il considère comme particulièrement vulnérable dans le contexte actuel. Il a évoqué les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles, notamment l’écoulement des récoltes d’arachide, principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Cette situation, selon lui, traduit des dysfonctionnements dans la chaîne de commercialisation agricole et appelle à des mesures urgentes pour soutenir les paysans, améliorer les circuits de distribution et stabiliser les prix des denrées agricoles.
Mbaye Dione a aussi attiré l’attention sur les difficultés économiques et sociales qui touchent plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, notamment le secteur du bâtiment et de l’immobilier, l’enseignement supérieur ainsi que les médias. Selon lui, ces secteurs traversent des crises structurelles qui nécessitent des politiques publiques plus adaptées. Il a également évoqué la situation des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, soulignant la souffrance des familles concernées et appelant les autorités à poursuivre les démarches diplomatiques pour trouver des solutions humanitaires et juridiques à cette affaire.
Pour conclure, le député a insisté sur l’urgence d’obtenir des réponses claires de la part du gouvernement sur la préparation des élections. Il a réaffirmé que l’absence de calendrier précis, combinée aux réformes envisagées sur le découpage territorial, entretient un climat d’incertitude politique. Selon lui, la transparence dans la gestion du processus électoral constitue une exigence démocratique fondamentale, indispensable pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens.
Les signaux d’alerte autour de la dette publique sénégalaise deviennent de plus en plus visibles sur les marchés financiers internationaux. Selon plusieurs sources du secteur financier citées par l’agence Reuters, des prêts commerciaux à court terme contractés par l’État du Sénégal sont actuellement proposés à des niveaux de décote rarement observés, traduisant une inquiétude croissante quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers à court et moyen termes.
D’après ces sources, certains prêts libellés en euros, arrivant à échéance dès le mois de février prochain, s’échangent à des prix inférieurs ou égaux à 80 centimes pour un euro. Une situation jugée particulièrement préoccupante par les analystes, d’autant plus que ces instruments financiers sont de très courte maturité. En temps normal, des prêts de ce type, proches de l’échéance, conservent une valeur élevée, sauf en cas de risque sérieux de défaut ou de restructuration. Deux sources citées par Reuters soulignent qu’il est exceptionnel que des prêts commerciaux à court terme soient cédés à des niveaux aussi bas, ce qui reflète une perte manifeste de confiance des investisseurs.
Cette défiance intervient dans un contexte déjà fortement dégradé des finances publiques sénégalaises. Le pays est plongé dans une crise de la dette depuis la révélation de plus de 11 milliards de dollars d’engagements financiers non déclarés par l’administration précédente. Cette découverte a provoqué une révision brutale des indicateurs macroéconomiques, propulsant le ratio dette/PIB à plus de 119 %, un niveau largement considéré comme critique par les institutions financières internationales et les marchés. En réaction, le Fonds monétaire international avait suspendu, l’an dernier, son programme de financement de 1,8 milliard de dollars destiné au Sénégal, privant ainsi l’État d’un soutien multilatéral crucial.
Privé de cet appui du FMI, le gouvernement sénégalais s’est retrouvé contraint de recourir davantage aux emprunts commerciaux et à la dette intérieure pour couvrir ses besoins de financement. Une stratégie qui, si elle permet de répondre aux urgences budgétaires, expose le pays à des conditions de financement plus coûteuses et à une vulnérabilité accrue face aux marchés. Pour de nombreux investisseurs et analystes, l’absence prolongée d’un programme actif avec le FMI alimente désormais l’hypothèse d’une restructuration de la dette, au moins partielle, afin de rétablir la soutenabilité des finances publiques.
Des discussions sont certes en cours avec l’institution de Bretton Woods pour la mise en place d’un nouveau programme d’assistance, mais les négociations semblent traîner en longueur. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a récemment reconnu que le FMI plaide pour une restructuration partielle de certaines dettes, une option qu’il a publiquement qualifiée de « disgrâce » pour le Sénégal. Cette divergence de positions nourrit l’incertitude et contribue à la nervosité des marchés.
Interrogé par Reuters sur les conditions de négociation et de valorisation des prêts concernés, le ministère sénégalais des Finances a rejeté ces informations, les qualifiant d’inexactes. Toutefois, plusieurs sources proches du dossier indiquent qu’elles n’envisagent pas, à ce stade, de se positionner sur ces actifs, jugés trop risqués. Reuters précise par ailleurs n’avoir pas été en mesure de confirmer si des offres fermes avaient été formulées par d’autres investisseurs, ce qui renforce l’idée d’un marché hésitant et prudent.
La dégradation du sentiment des investisseurs se reflète également sur le marché des obligations internationales du Sénégal. Ces dernières semaines, les titres souverains ont atteint des niveaux historiquement bas. Les obligations libellées en euros arrivant à échéance en 2028 se négocient autour de 70 centimes pour un euro, tandis que celles en dollars et en euros échéant en 2031 et au-delà oscillent entre 54 et 61 centimes, selon les données de la plateforme Tradeweb. Ces niveaux sont largement inférieurs au seuil de 70 centimes, généralement considéré par les marchés comme un indicateur de dette en situation de détresse.
Selon deux sources citées, les prêts actuellement sous pression auraient été initialement structurés par la banque Standard Chartered, sans qu’il soit possible d’identifier clairement les détenteurs actuels de ces créances. L’établissement bancaire, présent de longue date au Sénégal, a décliné tout commentaire. Pour rappel, Standard Chartered a participé au financement de plusieurs projets structurants dans le pays, notamment le stade olympique de Diamniadio et des infrastructures liées au nouveau port de Ndayane.
À cette situation déjà tendue s’ajoute un calendrier de remboursement particulièrement lourd. D’après des documents publics, le Sénégal devra honorer en 2026 des remboursements de dette commerciale s’élevant à 1 017,56 milliards de francs CFA, soit environ 1,8 milliard de dollars, au profit de créanciers internationaux. Un volume de paiements qui accentue la pression sur un État aux marges budgétaires réduites et dont la crédibilité financière est aujourd’hui sérieusement mise à l’épreuve.
Dans ce contexte, la manière dont les autorités sénégalaises parviendront à restaurer la confiance des partenaires financiers, à clarifier la situation réelle de la dette et à conclure un accord crédible avec le FMI sera déterminante pour éviter une aggravation de la crise et un scénario de restructuration subi. Pour l’heure, les marchés semblent déjà avoir tranché : la dette sénégalaise est entrée dans une zone de turbulences majeures.
Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences financières. L’agence de notation S&P Global Ratings a annoncé l’abaissement de la note souveraine à long terme en devises étrangères du pays à « CCC+ », contre « B- » auparavant. Cette dégradation traduit une hausse significative du risque de défaut, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires du pays se réduisent dangereusement. S&P a également placé Dakar sous « CreditWatch » avec implication négative, signalant que d’autres abaissements pourraient suivre si le gouvernement ne parvient pas à refinancer ses importantes échéances commerciales prévues dans les prochains mois.
L’agence a, par ailleurs, ramené la note à court terme en devises étrangères à « C », tandis que la notation souveraine à long terme en monnaie locale a été maintenue à « B- ». Ce maintien reflète un risque relativement moindre sur la dette libellée en franc CFA, bien que l’environnement global reste fragile.
Pour justifier cette décision sévère, S&P pointe des besoins de financement publics exceptionnels en 2026. Selon les chiffres officiels communiqués par les autorités, ces besoins atteindraient 26 % du PIB, mais S&P estime qu’ils pourraient grimper jusqu’à 29 %. Une telle charge rend le pays fortement dépendant d’un accès fluide aux marchés financiers, dans un contexte où les coûts d’emprunt augmentent et où la confiance des investisseurs reste volatile.
La dette publique constitue un autre facteur d’inquiétude majeur. À fin 2024, celle-ci s’élèverait à 119 % du PIB, un niveau particulièrement élevé pour un pays classé dans la catégorie spéculative. En intégrant les arriérés budgétaires et les engagements des entités publiques liées à l’État, S&P estime que près de 9 points de PIB supplémentaires pèseraient sur la trajectoire budgétaire. Une accumulation qui place le Sénégal parmi les États les plus endettés de sa catégorie.
La situation a été aggravée par la suspension, en octobre 2024, du programme de 1,8 milliard de dollars du Fonds monétaire international. Cette suspension prive le pays d’un appui financier crucial et limite son accès à des financements concessionnels, généralement moins coûteux et plus longs que les emprunts classiques.
Le Sénégal s’est ainsi davantage tourné vers les marchés régionaux pour financer son budget. D’après S&P, près de 70 % du programme de financement 2025 a déjà été couvert via des émissions sur ces marchés. Mais les taux d’intérêt y dépassent désormais les 7 %, et les maturités y sont beaucoup plus courtes que celles proposées par les bailleurs internationaux, ce qui augmente la pression sur les finances publiques à court terme.
Malgré ce tableau sombre, S&P laisse la porte ouverte à une amélioration. L’agence estime qu’un relèvement de la note reste possible si le Sénégal parvient à refinancer ses prochaines échéances et à mettre en œuvre une consolidation budgétaire crédible. Pour l’heure, la situation reste incertaine, et les prochains mois seront décisifs pour la trajectoire financière du pays.
Le Sénégal a tenu à envoyer un signal fort aux investisseurs internationaux en réaffirmant son engagement à poursuivre les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et à honorer l’ensemble de ses obligations financières. Cette assurance est contenue dans une lettre adressée aux créanciers, consultée par Bloomberg, et émanant du ministère sénégalais des Finances.
Dans cette correspondance, les autorités indiquent être « résolument engagées » dans les négociations en cours avec l’institution de Bretton Woods. Le gouvernement précise également qu’il continuera de respecter scrupuleusement les échéances de sa dette extérieure, une précision importante dans un climat marqué depuis plusieurs mois par l’incertitude autour de la situation financière du pays.
Cette communication intervient alors que le Sénégal traverse une période de forte pression budgétaire, conséquence directe de la découverte de près de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées par l’ancien régime, un scandale qui avait poussé le FMI à suspendre son programme d’appui de 1,8 milliard de dollars l’année dernière. Le pays s’est depuis engagé dans un processus de clarification et de rétablissement de la transparence budgétaire.
Plus tôt vendredi, les eurobonds sénégalais avaient enregistré une embellie après l’annonce du FMI indiquant qu’il s’achemine vers la finalisation d’une nouvelle analyse de viabilité de la dette du pays. Cet exercice technique est indispensable pour déterminer la capacité du Sénégal à recevoir un nouvel appui financier, et constitue un préalable à la reprise éventuelle d’un programme formel avec le Fonds. Pour les marchés, cette étape représente un test crucial pour évaluer la solidité de la stratégie économique du nouveau gouvernement.
Dans sa lettre, le ministère des Finances indique que l’exécution budgétaire au 30 septembre 2025 est conforme aux objectifs fixés dans la loi de finances. Les recettes hors dons et les dépenses courantes se situent toutes deux à 73 % des prévisions, ce qui témoigne, selon les autorités, d’un effort notable de consolidation des finances publiques. L’État affirme travailler simultanément sur trois axes : la stimulation de la croissance, l’amélioration de la mobilisation des ressources internes et un meilleur contrôle des dépenses publiques.
Ce message de fermeté financière survient à un moment sensible, alors que l’agence S&P Global Ratings doit réexaminer la notation souveraine du Sénégal. Actuellement classé B- et placé sous surveillance négative, le pays s’expose à un risque de déclassement si l’agence estime que les déséquilibres budgétaires persistent ou que les réformes tardent à produire des résultats tangibles.
Au-delà des marchés, cette prise de position vise également à rassurer les partenaires techniques et financiers, à un moment où la confiance internationale joue un rôle déterminant dans la capacité du Sénégal à mobiliser des financements extérieurs à des conditions soutenables. Le gouvernement de Dakar mise sur une communication proactive pour stabiliser les anticipations, éviter la montée des tensions sur sa dette et créer un environnement favorable à la poursuite de ses réformes économiques.
Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit une analyse approfondie de la situation financière du Sénégal, un exercice décisif pour la relance d’une coopération financière suspendue depuis plus d’un an. À Washington, la porte-parole du Fonds, Julie Kozack, a confirmé que les équipes du FMI et celles de la Banque mondiale travaillent conjointement à la finalisation d’une analyse actualisée de la viabilité de la dette sénégalaise.
Cet examen technique, connu sous le nom de Debt Sustainability Analysis (DSA), vise à mesurer la capacité du pays à honorer ses engagements financiers sans compromettre sa stabilité budgétaire. Selon Mme Kozack, les discussions en cours portent notamment sur « la dynamique de la dette » et sur « la crédibilité de la stratégie de financement » adoptée par les autorités sénégalaises depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. Autrement dit, le FMI veut s’assurer que le Sénégal est en mesure de rembourser sa dette tout en maintenant une trajectoire de croissance soutenable.
Cette évaluation intervient dans un contexte économique et politique particulier. En 2024, le précédent programme d’aide du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu à la suite de la découverte d’une dette cachée de 7 milliards de dollars. Ces engagements financiers, contractés sous l’ancien régime, avaient gravement entamé la confiance des partenaires techniques et financiers, tout en exposant les fragilités de la gestion budgétaire du pays. Depuis lors, le Sénégal s’efforce de restaurer sa crédibilité sur la scène économique internationale, tout en maintenant un équilibre entre discipline financière et ambitions sociales.
Une mission du FMI s’est récemment rendue à Dakar afin d’approfondir les discussions avec les autorités. Cependant, selon plusieurs sources proches du dossier, aucun accord n’a encore été trouvé, la mission s’étant achevée sur des divergences concernant certaines projections macroéconomiques et le rythme d’ajustement budgétaire envisagé. Le retour à un programme formel avec le FMI dépendra donc des conclusions de cette analyse, qui devraient être présentées au conseil d’administration du Fonds dans les prochaines semaines.
Pour sa part, le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté une position sans équivoque sur la question. Refusant toute perspective de restructuration ou de renégociation, il a déclaré que le Sénégal « honorerait ses engagements sans renoncer à sa souveraineté économique ». Cette posture, qui s’inscrit dans une logique de fermeté et d’indépendance financière, a suscité des réactions contrastées. Si elle est perçue par une partie de l’opinion comme un acte de dignité nationale, certains experts y voient une stratégie risquée dans un contexte de tension sur les marchés financiers internationaux.
En effet, les investisseurs ont réagi avec prudence à ces déclarations. Les rendements des obligations sénégalaises à long terme ont connu une hausse, traduisant une montée du risque perçu, tandis que ceux des titres à plus court terme ont légèrement baissé. Cette réaction mitigée témoigne d’une certaine nervosité des marchés, qui attendent avec attention les conclusions de l’analyse du FMI avant de se repositionner sur les titres souverains du Sénégal.
Malgré les incertitudes, le FMI a tenu à rassurer les autorités sénégalaises. Julie Kozack a affirmé que « le personnel et la direction du Fonds ne demanderont pas de remboursement anticipé » dans le cadre du programme suspendu, une déclaration destinée à éviter toute spéculation sur une éventuelle crise de liquidité.
Dans l’attente de la décision finale du conseil d’administration, le gouvernement sénégalais continue de mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire. Les efforts portent sur la rationalisation des dépenses publiques, la priorisation des investissements productifs et la réduction du déficit budgétaire, afin de rétablir un équilibre durable entre croissance et soutenabilité financière.
Si le FMI conclut à une dette viable, le Sénégal pourrait bénéficier d’un nouveau programme d’appui, ouvrant la voie à un financement plus souple et à une meilleure crédibilité auprès des marchés internationaux. En revanche, si l’analyse met en évidence des vulnérabilités persistantes, le pays sera contraint d’adopter des réformes structurelles plus contraignantes pour corriger sa trajectoire budgétaire.
L’agence de notation Moody’s a abaissé, ce vendredi, les notes d’émetteur à long terme du Sénégal en devises étrangères et locales de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective négative. Cette décision reflète l’accroissement des risques liés à la trajectoire de la dette publique et à la situation de liquidité du pays depuis le début de l’année 2025.
Selon Moody’s, la dette publique du Sénégal a été réévaluée à 119 % du PIB pour l’année 2024, ce qui complique fortement les efforts d’ajustement budgétaire, malgré les avantages de l’appartenance du pays à l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Le ratio d’endettement du pays, estimé à 581 % des recettes publiques en 2024, dépasse largement la médiane observée pour les émetteurs souverains notés B (283 %) et pour les pairs notés Caa (355 %). Cette situation place le Sénégal parmi les marchés émergents et frontières ayant le niveau d’endettement le plus élevé au monde.
L’agence de notation a également relevé la lenteur des progrès concernant la négociation d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette situation oblige le gouvernement à se financer davantage via le marché régional, plus coûteux, augmentant ainsi les risques de liquidité et fragilisant la soutenabilité de la dette. Bien que Moody’s estime dans son scénario de base que le pays pourrait bénéficier d’un soutien du FMI sans restructuration de la dette, la confiance dans cette hypothèse a diminué. Les négociations formelles avec le FMI sont prévues pour mi-octobre, l’agence anticipant un accord d’ici mi-2026.
Le Sénégal fait face à des besoins de financement bruts élevés, représentant environ 26 % du PIB pour cette année et pour 2026, avec des paiements d’intérêts estimés à 27 % des recettes publiques en 2026. Pour y répondre, le gouvernement a fortement recours au marché régional de l’UEMOA, émettant des bons et obligations du Trésor combinés équivalant à 8 % du PIB jusqu’à fin septembre, avec des taux compris entre 6,75 % et 7,75 %.
Moody’s a également abaissé les plafonds nationaux du Sénégal en monnaie locale et en devises étrangères, les ramenant respectivement à Ba3 et B1 contre Ba2 et Ba3 auparavant. La perspective négative maintenue par l’agence traduit les risques persistants pour la liquidité du pays, en particulier si des retards supplémentaires venaient à se produire dans la conclusion d’un accord avec le FMI. Une telle situation pourrait réduire le soutien financier externe et accroître la dépendance à des marchés régionaux aux capacités d’absorption limitées.
Cette dégradation de notation reflète donc non seulement les vulnérabilités financières et budgétaires du Sénégal, mais elle met également en évidence l’importance cruciale de parvenir rapidement à un nouvel accord avec le FMI pour stabiliser les perspectives économiques et sécuriser les financements nécessaires au fonctionnement de l’État et à la réalisation de ses projets de développement.
S&P Global Ratings a annoncé une nouvelle dégradation de la note souveraine du Sénégal, désormais ramenée à B-, un cran en dessous de la précédente évaluation. Il s’agit de la deuxième baisse en moins de cinq mois, une situation qui replace le pays en catégorie spéculative et traduit les inquiétudes croissantes autour de la soutenabilité de la dette publique.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’audit des finances publiques diligenté par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye. Les vérifications menées ont mis au jour un endettement bien plus élevé qu’initialement communiqué sous le régime précédent.
Selon les dernières données compilées par Barclays Plc, la dette publique sénégalaise aurait atteint 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, un seuil bien supérieur aux 99,7 % annoncés dans le cadre du premier audit financier publié récemment. Cette révélation a profondément modifié la perception des investisseurs et des agences de notation sur la solidité budgétaire du pays.
Dans son communiqué officiel, S&P a expliqué que « malgré des perspectives de croissance économique toujours solides et un potentiel important à moyen terme, la situation budgétaire du Sénégal est désormais plus contrainte. Cette vulnérabilité accrue rend les finances publiques beaucoup plus exposées à d’éventuels chocs économiques et financiers négatifs à l’avenir. » L’agence prévoit par ailleurs que la dette restera proche de 118 % du PIB en 2024, confirmant l’essoufflement des marges de manœuvre budgétaires.
Il faut rappeler que le Sénégal avait bénéficié au cours des dernières années d’un climat de confiance favorable, porté par d’importants projets d’infrastructures et des prévisions de recettes futures tirées notamment par l’exploitation des hydrocarbures offshore. Toutefois, ces anticipations optimistes se heurtent aujourd’hui à la réalité d’un endettement massif et d’un déficit structurel difficilement résorbé.
Le nouveau gouvernement, qui a fait de la transparence budgétaire et du redressement financier l’un de ses principaux chevaux de bataille, se retrouve face à un défi considérable : restaurer la crédibilité auprès des investisseurs, tout en poursuivant des engagements sociaux et économiques ambitieux.
La dégradation de la note de crédit risque de renchérir le coût des emprunts sur les marchés internationaux, dans un contexte où plusieurs échéances de remboursement se profilent. Pour de nombreux observateurs, cette situation souligne la nécessité urgente de réformes structurelles et d’un plan d’assainissement budgétaire approfondi, sans quoi le Sénégal pourrait se retrouver sous pression croissante de ses créanciers.
La situation financière du Sénégal connaît une nouvelle secousse. Les obligations souveraines sénégalaises émises en dollars ont chuté ce lundi, confirmant l’inquiétude grandissante des investisseurs. Selon Bloomberg, qui titre « Senegal’s Dollar Bonds Slump as Report Raises New Debt Fears », cette baisse est directement liée à la publication d’un rapport de Barclays Plc, révélant une envolée de la dette publique nationale.
D’après les estimations de la banque, la dette du Sénégal atteindrait désormais 119 % du PIB en 2024, contre 99,7 % en 2023, chiffre déjà jugé préoccupant par un audit de la Cour des comptes. Ces niveaux placent le pays bien au-delà des seuils jugés soutenables pour les économies émergentes.
Cette dégradation survient dans un contexte déjà marqué par les révélations de septembre 2024, faisant état de falsifications présumées des comptes publics par le précédent régime. La confiance des marchés financiers s’en est trouvée fragilisée, et les titres sénégalais figurent aujourd’hui parmi les moins performants des pays comparables.
Le rapport de Barclays met également en lumière un déficit budgétaire chronique, projeté à 6,5 % du PIB en moyenne entre 2025 et 2028. Cette dérive continue alimente la dépendance aux financements extérieurs, au moment où les négociations avec le FMI pour un nouveau programme d’assistance peinent à aboutir. Cette incertitude renforce la pression sur les finances publiques et entretient la volatilité des marchés.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une rupture, et les réformes lancées par le Premier ministre Ousmane Sonko, le pays traverse une période d’instabilité politique. La dissolution du parlement en 2024, censée accélérer l’agenda réformiste, a au contraire ravivé les doutes sur la capacité de l’exécutif à juguler la crise économique et restaurer la confiance des bailleurs.
Ces tensions persistantes ont d’ailleurs conduit l’agence S&P Global Ratings à abaisser la note souveraine du Sénégal à « B » en mars 2025, soit cinq crans en dessous du seuil d’investissement, ce qui rend le coût de l’endettement encore plus élevé.
Les conséquences sont immédiates sur le marché obligataire : les obligations à échéance 2033 et 2048, déjà affaiblies depuis l’an dernier (respectivement cotées à 84,54 cents et 67,17 cents pour un dollar), poursuivent leur glissade. Pour les analystes de Bloomberg, la combinaison d’une dette record, d’un déficit persistant et de l’absence de clarté sur le soutien du FMI risque de maintenir la pression sur les titres sénégalais à court terme.
Dans un contexte international marqué par un resserrement des conditions financières, le Sénégal devra convaincre rapidement ses créanciers de la crédibilité de son plan de stabilisation budgétaire s’il veut éviter une détérioration supplémentaire de sa situation.
Lors de l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Abdou Mbow, membre de la coalition d’opposition Takku Wallu Sénégal, a vivement exprimé ses inquiétudes face à la dynamique de l’endettement public jugée alarmante.
S’adressant au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Abdou Mbow a dénoncé un recours massif et, selon lui, incontrôlé à l’emprunt, qui porterait désormais la dette publique du Sénégal à un niveau dépassant les 10 000 milliards de francs CFA. Il a affirmé que le gouvernement actuel n’avait pas de véritable programme économique structuré, mais se contentait d’accumuler de nouvelles dettes pour, en réalité, rembourser celles contractées antérieurement.
« Le régime n’a visiblement pas de programme, mais s’endette pour payer des dettes », a-t-il lancé, soulignant la gravité d’une situation qui, selon lui, compromet la soutenabilité budgétaire et la capacité de l’État à répondre aux urgences sociales.
Interpellant le ministre Cheikh Diba sur les délais de mise en œuvre du financement du secteur du BTP, qu’il considère comme l’un des leviers majeurs de relance économique, le parlementaire a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des ressources empruntées.
En réponse à ce qu’il qualifie de « rythme effréné d’endettement », Abdou Mbow a suggéré la création d’une structure publique spécifique, voire d’un ministère exclusivement chargé de la question de la dette. Selon lui, un tel dispositif permettrait d’évaluer de façon constante le niveau d’endettement, d’en surveiller l’évolution et de garantir que chaque emprunt contracté bénéficie réellement à l’économie nationale.
Le député a relevé ce qu’il a qualifié de « paradoxe » : l’équipe gouvernementale, qui avait fait de la critique de l’endettement un argument central lorsqu’elle était dans l’opposition, se retrouve aujourd’hui confrontée aux mêmes écueils, avec des montants encore plus élevés.
Cette intervention s’inscrit dans un climat d’examen budgétaire tendu, marqué par de nombreuses critiques de l’opposition sur la soutenabilité de la dette, la sincérité des prévisions de recettes et la faible réduction des dépenses annoncée par le ministre des Finances.
Pour rappel, la Loi de Finances Rectificative 2025 entend ajuster les équilibres budgétaires de l’État afin de prendre en compte l’évolution de la conjoncture économique et les engagements du gouvernement en matière sociale et d’investissement. Mais pour Abdou Mbow, sans mécanisme de contrôle renforcé et sans stratégie claire, le Sénégal risque de s’enfermer dans une spirale d’endettement incontrôlée.
Présentant le rapport, le ministre dira que le présent PLFR vise : la restauration de la transparence et la sincérité budgétaires par la mise en œuvre des recommandations de la Cour des Comptes, avec l’amélioration des dispositifs et mécanismes de reddition des comptes, grâce au renforcement du système de comptabilité publique ; le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe des finances publiques ; le strict respect de l’obligation de recourir à l’autorisation parlementaire pour tout recours à un emprunt et la publication régulière des données sur la dette et sur l’exécution des dépenses du budget ; la prise en charge, dès cette LFR, des intérêts sur la dette bancaire, contractée hors circuit budgétaire, pour un montant de 125 milliards FCFA.
Abordant la relance de la machine économique, le ministre a précisé qu’elle passerait à travers un programme de soutien aux secteurs porteurs de croissance structuré autour de l’apurement des engagements de l’État auprès des acteurs économiques, la réorganisation, le renforcement et l’amélioration de l’efficacité des investissements publics, le soutien à l’investissement privé, l’amorce de la souveraineté alimentaire, etc.
Relativement au rétablissement des marges budgétaires, une double approche de rationalisation des dépenses et de renforcement de la mobilisation des ressources sera privilégiée. Le PIB nominal sera ainsi revu à la baisse, a-t-il relevé.
Cheikh Diba dira en outre que l’exercice approfondi de régulation budgétaire entrepris par le Gouvernement pour préserver la soutenabilité des finances publiques, afin de maîtriser le déficit budgétaire sur les court et moyen termes permettra une réduction de certaines catégories de dépenses (109,08 milliards FCFA sur les crédits d’acquisitions de biens et services et transferts courants, 336,5 milliards FCFA sur les dépenses en capital sur ressources internes).
Taux de croissance du PIB révisé à 8,0%
Le ministre a aussi rappelé que le PLFR envisage la préservation de l’engagement en faveur de l’équité sociale à travers la prise en charge de l’incidence budgétaire du pacte de stabilité sociale. Des mesures seront ainsi prises notamment : – la généralisation de l’indemnité de logement à tous les agents de la fonction publique ; – le recrutement spécial dans la fonction publique d’un personnel de santé et de l’action sociale pour permettre un meilleur accès aux soins sur toute l’étendue du territoire ; l’apurement partiel de la dette intérieure.
Selon le ministre, malgré les contraintes budgétaires de la rectification, le Gouvernement a fait le choix délibéré de préserver et même de renforcer certaines priorités stratégiques qui conditionnent l’avenir de notre pays. Ainsi, l’éducation et la formation bénéficieront d’une priorité absolue avec la poursuite du programme de création des lycées d’excellence « Armée-Nation » dans toutes les régions.
Relativement au nouveau cadrage budgétaire, l’argentier de l’Etat a précisé qu’il reflète une approche réaliste et responsable de nos capacités financières. Ainsi, le taux de croissance du PIB est révisé à 8,0% contre 8,8% initialement prévu, soit un ajustement de 0,8 point de pourcentage. Cette révision, bien que traduisant une certaine prudence, maintient néanmoins un objectif de croissance ambitieux, avec une croissance hors hydrocarbures estimée à 3,8%.
Déficit budgétaire porté à 7,82% du PIB
Quant au PIB nominal, il est révisé à 21 690,5 milliards FCFA contre 22 597,7 milliards FCFA initialement, soit une contraction de 907,2 milliards FCFA qui a des répercussions directes sur nos prévisions de recettes. Le déficit budgétaire, lui, sera porté à 7,82% du PIB contre 7,08% initialement prévu, avec l’engagement ferme du Gouvernement de revenir progressivement vers la norme communautaire de 3% à moyen terme.
D’après le ministre des Finances, la structure de nos investissements connaîtra également un réajustement significatif avec une budgétisation ajustée des investissements financés sur ressources extérieures qui passent de 3,26% du PIB dans la loi de finances initiale à 6,22% du PIB dans cette LFR.
Augmentation des charges financières
Selon lui, cette hausse est compensée par une contraction des dépenses d’investissements financées sur ressources internes qui passent de 5,3% à 2,7% du PIB, reflétant notre volonté d’optimiser l’utilisation de nos ressources tout en maintenant un niveau d’investissement public soutenu
L’un des défis majeurs de cette rectification réside, selon le ministre, dans la gestion de l’augmentation substantielle des charges financières sur la dette publique, qui ont presque doublé en passant de 932,08 milliards FCFA dans la loi de finances initiale à 1 057,1 milliards FCFA dans cette rectification, représentant désormais 4,9% du PIB.
Baisse des recettes et des dépenses
Cette évolution, directement liée à la révélation de la dette réelle de l’État, illustre l’ampleur des ajustements nécessaires et justifie pleinement notre démarche de transparence et de responsabilisation, selon Cheikh Diba.
En définitive, les prévisions de recettes de cette loi de finances rectificative sont arrêtées à 4 884,3 milliards FCFA contre 5 014,3 milliards FCFA dans la loi initiale, soit une baisse de 130 milliards FCFA en valeur absolue. Les dépenses sont révisées à 6 580,2 milliards contre 6 614,8 milliards FCFA, soit une réduction de 34,5 milliards FCFA.
Ces ajustements, bien que contraignants, traduisent notre volonté de maintenir un équilibre entre réalisme budgétaire et ambition de développement, a ainsi conclu le ministre des Finances.
Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a récemment porté à l’attention de l’opinion publique des chiffres inquiétants liés à la future Loi de Finances Rectificative (LFR) de 2025. Par un message publié sur sa page X (anciennement Twitter), l’opposant politique a révélé une dette publique qui s’envolerait à 5 715,5 milliards de francs CFA pour l’année 2025, portant le cumul de la dette sur deux ans à 10 207 milliards.
Face à ces chiffres qu’il qualifie d’« implacables », Thierno Alassane Sall déplore une trajectoire budgétaire qu’il juge insoutenable et peu bénéfique pour la population sénégalaise. Il souligne avec fermeté que cette explosion de la dette ne se traduit pas par des améliorations tangibles dans des secteurs essentiels tels que l’emploi, la santé, les infrastructures ou encore le bien-être général des citoyens.
L’élu de l’opposition insiste notamment sur l’absence d’impact positif de cette dette sur le chômage, le coût de la vie, la situation des étudiants ou encore le développement du monde rural. Pour lui, la hausse constante des emprunts publics semble se faire au détriment des besoins fondamentaux de la majorité des Sénégalais.
Par ailleurs, Thierno Alassane Sall critique également ce qu’il qualifie de « néo-apparatchiks » qui, selon lui, profiteraient des fonds politiques financés par cette dette croissante. Il met en garde contre le poids de cette politique économique sur le pouvoir d’achat des ménages, marqué notamment par des prix à la pompe élevés et des denrées de base devenues hors de portée, aggravant ainsi les sacrifices imposés à la population.
À travers cette dénonciation, le président du parti République des Valeurs appelle à une révision urgente de la gestion des finances publiques afin d’éviter que la dette ne devienne un fardeau insupportable pour le Sénégal, sans générer les effets escomptés sur le développement économique et social du pays.
La société nationale de transport, Dakar Dem Dikk (DDD), traverse une période difficile sur le plan financier, avec un endettement qui atteint 4,9 milliards de francs CFA. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi à Dakar, son directeur général, Assane Mbengue, a exposé les défis auxquels l’entreprise fait face, notamment une masse salariale jugée « insoutenable » et des irrégularités dans la gestion des recettes.
M. Mbengue a indiqué que la situation actuelle résulte d’une augmentation significative du personnel. « En 2019, le nombre de salariés est passé du simple au double, entraînant une hausse de la masse salariale de près de 60 % », a-t-il déclaré. À ce jour, DDD emploie 3.122 personnes, avec une masse salariale mensuelle s’élevant à 1 milliard 151 millions 131 mille 440 francs CFA. Cette charge représente un déséquilibre financier qui pèse lourdement sur les opérations de la société.
En plus des problèmes de personnel, DDD fait face à une dette fiscale élevée, malgré les compensations financières reçues de l’État. M. Mbengue a également signalé des pertes conséquentes dues à des pratiques de gestion interne. « Vingt-cinq pour cent des receveurs à bord des bus ne reversent pas les montants collectés auprès des usagers », a-t-il déploré, soulignant la nécessité de réformes dans la gestion des revenus.
Le climat de travail au sein de DDD est décrit comme étant « fortement syndiqué et politisé », ce qui complique la mise en œuvre de changements nécessaires. Cependant, le directeur général a assuré qu’il prendrait toutes les mesures nécessaires pour que l’entreprise récupère les montants dus et redresse sa situation financière.
Dakar Dem Dikk est également en train d’apurer sa dette envers ses fournisseurs, avec des paiements s’élevant à 548.090.000 francs CFA déjà effectués dans ce sens. Malgré ces efforts, le défi reste immense, et des solutions à long terme s’imposent pour assurer la viabilité de l’entreprise.
Les pertes d’exploitation, bien que diminuées, témoignent des difficultés persistantes. Celles-ci ont chuté de 3 milliards 108 millions 161 mille 167 francs CFA entre janvier et avril 2024, à 1 milliard 734 millions 114 mille 431 francs CFA entre mai et août derniers. Pour Assane Mbengue, il est impératif de « repenser » l’exploitation de Dakar Dem Dikk et d’envisager un assainissement global de ses finances.
L’avenir de la société de transport public est en jeu, et des réformes en profondeur sont nécessaires pour rétablir un équilibre financier et garantir la continuité des services qu’elle offre aux usagers. La situation actuelle soulève des questions sur la gestion des ressources dans le secteur public, et les acteurs concernés devront agir rapidement pour éviter une crise qui pourrait impacter de manière significative le transport urbain à Dakar.
L’ancien président du groupe parlementaire libéral, Doudou Wade, a exprimé des inquiétudes concernant la croissance rapide de la dette du Sénégal, atteignant un record de 1.150 milliards de francs CFA prévus pour octobre. Dans une récente interview à la Rts, Wade a souligné que cette augmentation est sans précédent dans l’histoire du pays, critiquant la gestion actuelle comme difficile et exigeant une approche sérieuse des problèmes urgents. Alors que le pays se concentre sur la gestion de cette dette croissante, Wade a averti contre la complaisance et l’importance de résoudre les problèmes laissés par les précédents régimes.