Le Sénégal face à l’urbanisme, à l’aménagement et au développement durable des territoiresPar Ndemba Diallo

L’urbanisme, l’aménagement du territoire et le développement durable sont des priorités cruciales pour le gouvernement du Sénégal, en raison de plusieurs facteurs interconnectés.

  1. Croissance démographique et urbanisation

Le Sénégal connaît une croissance démographique rapide et une urbanisation accélérée. La population urbaine augmente constamment, nécessitant une planification rigoureuse afin d’éviter la surpopulation, les bidonvilles et l’insuffisance des infrastructures. Il est essentiel de corriger les déséquilibres causés par l’exode rural en assurant une meilleure répartition des activités génératrices de revenus.

  1. Préservation de l’environnement

Le développement durable vise à concilier croissance économique, protection de l’environnement et bien-être social. Face à des défis tels que l’érosion côtière, la déforestation et la désertification, il est impératif de mettre en œuvre des politiques de préservation des écosystèmes et des ressources naturelles. Le Sénégal doit atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2050, en particulier dans les domaines de l’assainissement et de l’accès à l’eau. Il est primordial d’industrialiser le pays sans pour autant accepter la délocalisation d’industries polluantes. Le principe du pollueur-payeur doit être appliqué rigoureusement.

  1. Infrastructures et services publics

Un urbanisme bien planifié permet le développement d’infrastructures de qualité, telles que les routes, les systèmes de transport, l’eau potable, l’électricité et les services de santé. Cela contribue non seulement à améliorer la qualité de vie des citoyens, mais aussi à stimuler la croissance économique. Un urbanisme rigoureux est nécessaire pour garantir une esthétique urbaine agréable et préserver l’environnement. L’objectif est d’atteindre le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et de promouvoir la nature en ville, améliorant ainsi la qualité de vie en milieu urbain.

  1. Équité et répartition des ressources

L’aménagement du territoire doit permettre une répartition équitable des ressources et des opportunités entre les différentes régions du pays. Cela aide à réduire les disparités régionales, à prévenir l’exode rural et à favoriser un développement équilibré.

  1. Réduction de la pauvreté et création d’emplois

Le développement durable inclut des initiatives de lutte contre la pauvreté en créant des emplois verts et en favorisant l’économie circulaire. Les projets d’urbanisme et d’aménagement peuvent générer des emplois dans des secteurs tels que la construction, les énergies renouvelables et l’agriculture durable. Un programme national d’adressage pourrait, par exemple, créer des milliers d’emplois et être très rentable pour le pays :

  • Revitaliser la poste : les courriers et colis pourraient être envoyés directement aux domiciles.
  • Les jeunes des « thiak thiak » (transport artisanal) seraient soulagés.
  • Nombreux jeunes pourraient se lancer dans la livraison, comme dans les pays développés.
  • La restauration et le commerce en ligne seraient également renforcés.
  1. Adaptation au changement climatique

Le Sénégal est particulièrement vulnérable aux impacts du changement climatique, notamment les inondations, les sécheresses et la montée du niveau de la mer. Un urbanisme et un aménagement du territoire intégrant des stratégies d’adaptation et de résilience sont cruciaux pour protéger les populations et les infrastructures. Il est nécessaire d’identifier des zones inconstructibles (zones rouges) et d’imposer des dispositifs de gestion des eaux pluviales sur les nouvelles constructions, y compris pour l’assainissement individuel.

Un cadre de vie bien aménagé et durable rend le Sénégal plus attractif pour les investisseurs étrangers, stimulant ainsi l’économie et favorisant le développement de secteurs clés comme le tourisme et l’industrie.

En conclusion, l’urbanisme, l’aménagement du territoire et le développement durable sont essentiels pour assurer un développement harmonieux, équitable et respectueux de l’environnement au Sénégal. Cela nécessite une vision à long terme, une planification stratégique et une mise en œuvre rigoureuse des politiques publiques.

Forum Mondial pour l’Éducation 2024 : Le Sénégal à l’honneur pour son engagement en matière d’IA et de Développement Durable

Londres a accueilli la 20e édition du Forum Mondial sur l’Éducation, le plus grand rassemblement international d’acteurs de haut niveau de l’Éducation et de la Formation. Parmi les participants, le ministre de l’Éducation nationale du Sénégal, Moustapha Mamba Guirassy, a représenté le pays aux côtés de 120 homologues venus de 110 pays différents. Cet événement, axé sur le thème « Encourager la compréhension de l’IA, renforcer les relations humaines et la résilience, et accélérer l’action climatique », a été une opportunité unique pour le Sénégal de mettre en avant ses initiatives et sa vision éducative.

La présence de la délégation sénégalaise à ce forum témoigne de l’engagement du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et de son Premier ministre, Ousmane Sonko, à redonner une place centrale aux politiques éducatives dans la quête de souveraineté économique, agricole, industrielle et socioculturelle du pays. « Prendre part aux rencontres internationales qui redéfinissent les politiques éducatives est nécessaire et stratégique pour notre pays », a déclaré le ministre Guirassy. Cette participation permet au Sénégal de partager sa vision d’une société éducative inclusive et efficace, visant à former une nouvelle génération de citoyens prêts à relever les défis du développement durable, des sciences, des technologies, du numérique et de l’intelligence artificielle (IA).

Le forum a été une plateforme d’échanges fructueux sur des sujets cruciaux pour l’avenir de l’éducation. Le ministre Guirassy a rencontré plusieurs personnalités influentes, dont l’envoyé spécial du Premier ministre britannique en matière d’éducation et le directeur général du British Council. Les discussions ont porté sur l’intégration de l’IA dans l’éducation, les enjeux climatiques et le développement durable. Le ministre a souligné l’importance de l’innovation et la centralité des enseignants dans le contexte de transformation systémique. « Les enseignants doivent être au cœur des défis de transformation. Ils doivent non seulement comprendre et être formés aux enjeux actuels, mais aussi savoir les transmettre », a-t-il affirmé.

En marge du forum, la délégation sénégalaise a également rencontré la délégation de l’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO). Lors de cette intervention, le ministre Guirassy a mis en avant la tragédie vécue par les enfants de Palestine, appelant les pays membres de l’ICESCO à adopter une résolution pour soutenir ces enfants et la Palestine.

Fidèle à ses engagements d’associer les syndicats dans ses initiatives, le ministre Guirassy avait invité le syndicat G7 à faire partie de la délégation. Monsieur Dame Mbodj a ainsi participé à cette première sortie internationale. « Ce n’est pas un engagement concerté, mais une initiative que j’ai prise librement pour faciliter le partage d’expériences et montrer que nous appartenons à un secteur commun et que nous sommes tous des acteurs essentiels », a précisé le ministre.

Le Forum Mondial pour l’Éducation 2024 a permis au Sénégal de se positionner comme un acteur clé dans les débats internationaux sur l’éducation, l’IA et le développement durable. En partageant sa vision et en nouant des partenariats stratégiques, le Sénégal réaffirme son engagement à transformer son système éducatif pour mieux répondre aux défis du futur. Cette participation marque une étape importante dans la quête d’un avenir meilleur pour l’éducation au Sénégal et au-delà.

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