Ziguinchor : 99 900 000 FCFA mobilisés par la DGPSN pour accompagner 666 personnes déplacées de retour

Ce lundi 17 mars 2025 est marqué à Ziguinchor par deux activités majeures : le renforcement des capacités des acteurs de la protection sociale et la mise à disposition de transferts monétaires pour 666 personnes déplacées de retour, en raison du conflit casamançais qui a décimé le tissu économique local et provoqué de nombreuses victimes et déplacements de population. Cette initiative est portée par la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN).

« Cette cérémonie, qui nous réunit, intervient dans un contexte international et national marqué par une conjoncture économique très difficile qui n’épargne aucun pays. Mais malgré cette situation, les autorités ont décidé d’accompagner le retour des personnes déplacées ici présentes en leur allouant une subvention de 150 000 FCFA chacune. Au total, 666 personnes de la région de Ziguinchor bénéficieront de cet appui, soit un montant global de 99 900 000 FCFA », a déclaré le délégué général à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, Matar Séne, lors du lancement officiel de l’opération à Niassya, dans le département de Ziguinchor. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, des autorités administratives, des chefs de service et des populations locales.

Selon Matar Séne, « cette cérémonie nous permet d’écrire ensemble une nouvelle page pour le retour définitif de la paix, et, par là, jeter les bases de l’émergence de la grande Casamance naturelle ».

Il a également indiqué que « le gouvernement travaille d’arrache-pied pour mettre en place toutes les conditions nécessaires afin de faciliter un retour paisible des populations déplacées à cause du conflit en Casamance. Cette opération d’appui de la DGPSN n’est qu’un début, car d’autres accompagnements, portés par diverses structures de l’État, suivront. La DGPSN prévoit notamment d’intervenir très prochainement dans la région de Ziguinchor pour soutenir les ménages agricoles, les éleveurs et les pêcheurs vulnérables dans le cadre du Programme de Résilience Agricole (PRA) ».

« Ce programme vise à faciliter l’accès des ménages vulnérables aux intrants et au petit matériel agricole », a-t-il précisé.

Le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, s’est réjoui de cette initiative : « Je me félicite de cet appui qui s’inscrit dans le cadre du volet social et qui se concrétise par un transfert de 150 000 FCFA par ménage bénéficiaire. » Il a précisé que 666 ménages ont été identifiés dans la région de Ziguinchor, ajoutant que d’autres activités similaires seront poursuivies en collaboration avec les partenaires techniques et financiers.

Avant de procéder au lancement officiel dans la commune de Niassya, le délégué général à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, Matar Séne, a participé à l’ouverture d’un atelier de renforcement des capacités des acteurs de la protection sociale, présidé par l’adjoint au gouverneur de Ziguinchor. Cet atelier, prévu pour deux jours, réunit les acteurs régionaux du secteur.

« Cet atelier est une opportunité idéale pour approfondir notre compréhension des concepts fondamentaux de la protection sociale, partager les orientations de la politique nationale, et fournir des informations pratiques sur les programmes en cours. Cette rencontre est également un moment d’échanges pour harmoniser les concepts, renforcer la synergie des interventions et actualiser les connaissances sur les problématiques liées à la protection sociale », a souligné Matar Séne.

Pour sa part, l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Alsény Bangoura, a rappelé que « la protection sociale est au cœur du développement humain et constitue une priorité majeure du gouvernement sénégalais. Elle touche toutes les dimensions de notre vie quotidienne. Notre engagement est clair : personne ne doit être laissé pour compte ».

« Face aux défis économiques, sanitaires et sociaux, il est crucial de renforcer nos mécanismes d’intervention sociale pour garantir à chaque citoyen des chances égales de réussite et d’épanouissement. À travers des programmes spécifiques, tels que les bourses familiales, la couverture sanitaire universelle, et les initiatives de soutien aux femmes et aux jeunes (filets sociaux), nous jetons les bases d’une société plus équitable, juste et inclusive », a-t-il ajouté.

Il a également insisté sur l’importance de la mobilisation de tous les acteurs : « Ces efforts ne seront véritablement efficaces que si nous travaillons main dans la main avec toutes les parties prenantes. C’est pourquoi j’ai tenu à ce que cette rencontre réunisse les acteurs clés de la région, afin d’échanger sur les concepts fondamentaux, la politique nationale de protection sociale et les programmes en cours ou à venir. Il est aussi essentiel d’évaluer l’implication des acteurs régionaux dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de protection sociale. »

« Ensemble, faisons en sorte que chaque enfant puisse aller à l’école, que chaque famille ait accès à des soins médicaux de qualité, et que chaque jeune trouve sa place dans le tissu économique du pays. La protection sociale n’est pas seulement une responsabilité gouvernementale, c’est aussi un engagement citoyen, un devoir moral et une opportunité pour chacun d’être acteur du changement positif de notre société », a-t-il conclu.

Guy Marius Sagna interpelle l’ANSD et la DGPSN sur des arriérés de salaires

L’activiste Guy Marius Sagna a dénoncé, ce jeudi, une situation préoccupante au sein de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et de la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN). Selon lui, ces deux institutions doivent près de deux mois d’arriérés de salaires à certains agents mobilisés pour une enquête essentielle.

Depuis le 1er octobre 2024, ces agents travaillent à l’extension et à la mise à jour du Registre national unique (RNU), un outil stratégique pour l’identification des bénéficiaires des programmes sociaux de l’État. Pourtant, malgré l’importance de leur mission, ces travailleurs n’ont pas reçu de salaire depuis le début de leur engagement, selon les propos de l’activiste.

Guy Marius Sagna a alerté sur les conséquences de cette situation :

« Ces agents font face à des difficultés majeures. Il est impensable que des personnes, qui accomplissent une tâche aussi cruciale, soient laissées dans une telle précarité. »

Le leader du mouvement Frapp appelle l’ANSD et la DGPSN à prendre des mesures immédiates pour régulariser ces arriérés de salaires. Il exige que les autorités concernées honorent leurs engagements envers les agents impliqués.

« Ces travailleurs méritent une rémunération juste et à temps. Ce n’est pas seulement une question de droit, mais aussi de respect pour leur contribution au développement social », a-t-il martelé.

La déclaration de Guy Marius Sagna pourrait relancer le débat sur les conditions de travail des agents du secteur public, notamment ceux affectés à des missions sur le terrain. Il appelle également les syndicats et la société civile à se mobiliser pour défendre ces agents et veiller à ce que de telles situations ne se reproduisent pas.

Le Registre national unique est un levier clé dans la mise en œuvre des politiques sociales, permettant de cibler efficacement les bénéficiaires des aides publiques. Toutefois, l’efficacité de cette démarche dépend en grande partie de la motivation et des conditions de travail des agents chargés de son actualisation.

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