Abdou Mbow dénonce une « dictature » et appelle à la mobilisation pour défendre la liberté d’expression

La marche citoyenne organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre, ce vendredi à Dakar, continue de susciter des réactions politiques marquées. Parmi les participants, le député Abdou Mbow, figure de l’Alliance pour la République (APR) et proche du régime précédent, a tenu un discours virulent contre l’actuel pouvoir, qu’il accuse de bafouer la liberté d’expression et de tendre vers une « dictature ».

Dans une allocution prononcée devant les manifestants, l’élu a rappelé que cette initiative est partie de citoyens qui, selon lui, ont été déçus par les promesses non tenues du président Ousmane Sonko et de son parti Pastef. « Des Sénégalaises qui avaient placé leurs espoirs en Ousmane Sonko et son parti, porteurs d’une promesse de changement, ont pris l’initiative de cette manifestation. Toutes ces promesses faites aux Sénégalais n’ont pas été respectées. Aujourd’hui, la liberté d’expression dans ce pays est bafouée », a-t-il affirmé, sous les applaudissements d’une partie de la foule.

Le député a également pointé du doigt la vague d’arrestations qui, selon lui, vise à réduire au silence toute voix discordante. Citant des noms précis, Abdou Mbow a évoqué les cas de Badara Gadiaga, Farba Ngom, Abdou Nguer, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Maodo Malick Mbaye, tous emprisonnés dans des conditions qu’il juge arbitraires. Pour lui, ces détentions traduisent une volonté claire d’instaurer un régime répressif et autoritaire.

« L’actuel régime veut instaurer une dictature au Sénégal, mais les Sénégalais ne l’accepteront jamais », a lancé le député, appelant à une mobilisation populaire massive pour contraindre Ousmane Sonko et Pastef à quitter le pouvoir. Ses propos s’inscrivent dans une stratégie d’opposition frontale, marquée par une dénonciation constante de la gouvernance actuelle et de ses pratiques jugées liberticides.

Cette sortie d’Abdou Mbow intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et une partie de l’opposition, qui accuse les autorités de restreindre les libertés publiques et de multiplier les décisions arbitraires. La marche du Collectif Rappel à l’Ordre, qui se veut pacifique, apparaît ainsi comme un espace d’expression de ces frustrations, mais aussi comme un point de ralliement pour les forces politiques et citoyennes qui entendent résister à ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°518 – 22/07/2025

🔴 « LE SÉNÉGAL NE SERA JAMAIS UNE DICTATURE DE TRANSITION » : BARTH’ DÉFIE LE TANDEM
🔴 KEUR MOUSSA / LE VICARIAT ET LA FAMILLE FILFILI ACCUSÉS DE SPOLIATION FONCIAIRE : LES HABITANTS DÉTERMINÉS À MOURIR POUR LEUR TERRE

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🔴 PRÉPARATIFS AFROBASKET FÉMININ 2025 : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE AU MALI

Babacar Ba alerte sur les dérives liberticides : « Aidons le régime à ne pas sombrer dans la dictature »

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, est monté au créneau après les récentes convocations de journalistes et chroniqueurs à la Division spéciale de la cybercriminalité. Dans un contexte marqué par de nombreuses interpellations et enquêtes judiciaires visant des voix critiques, il exprime sa vive préoccupation et invite les autorités à préserver les acquis démocratiques.

« J’ose espérer que l’auto-saisine du Procureur de la République ne s’est pas justifiée par une quelconque pression politique. La liberté d’opinion, dans la limite du respect des textes de loi, n’est pas négociable au Sénégal », a-t-il déclaré dans une réaction rendue publique ce mercredi.

Babacar Ba estime qu’il est de la responsabilité collective des acteurs politiques et de la société civile de défendre les libertés fondamentales et de prévenir tout basculement autoritaire. « Aidons le régime à ne pas sombrer dans la dictature », a-t-il insisté, soulignant que la démocratie sénégalaise a été bâtie sur la pluralité des opinions et la capacité à tolérer le débat contradictoire.

Ces propos interviennent alors que plusieurs journalistes et chroniqueurs sont convoqués pour avoir exprimé des opinions ou relayé des informations jugées sensibles. Pour le Forum du Justiciable, il est essentiel de rappeler que la justice n’est pas un outil de règlement politique et que la critique, même virulente, fait partie intégrante du jeu démocratique.

UN AN DE DICTATURE RAMPANTE : Échec cuisant du régime Diomaye-Sonko

En un an de gouvernance, le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko a profondément déçu les attentes. Sous des promesses de changement et de renouveau, le régime semble davantage sombrer dans l’autoritarisme, marquant ainsi des prémices inquiétants d’une dictature en gestation. Entre purges arbitraires, répression féroce des voix dissidentes et échec économique flagrant, leur mandat a tout pour se solder en un fiasco.

Un avenir peut reluisant pour la démocratie et les droits fondamentaux au Sénégal se dessine. Derrière les sourires de campagne se cache aujourd’hui une réalité amère et implacable. En un an, le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’est transformé en une machine implacable d’oppression et de désolation, trahissant les espoirs d’une révolution populaire pour instaurer un véritable régime de terreur.

Dès les premiers jours, le gouvernement a procédé à des licenciements abusifs, se drapant dans le discours d’une nécessaire « assainissement » des institutions. Sous couvert de réformes, des centaines de fonctionnaires ont été écartés sans explication, dans un climat où la seule critique semble être synonyme d’exil. Ces purges, clairement motivées par le désir de museler toute opposition, illustrent la stratégie autoritaire du régime pour consolider son pouvoir au détriment des droits et de la justice.

En outre, l’assaut contre la liberté d’expression a atteint des sommets inqualifiables. Activistes, opposants et simples citoyens se retrouvent ciblés par des arrestations arbitraires, utilisées comme des instruments pour faire taire toute contestation. Les autorités, sous prétexte de préserver l’ordre, n’hésitent pas à recourir à des méthodes de détentions sans fondement, démontrant ainsi leur volonté de transformer le paysage politique en un espace de peur et de censure.

Pourtant, l’une des promesses phares de ce régime était une révolution économique capable de redonner espoir à une population désabusée. Or, la réalité est bien différente : une économie à l’arrêt, étouffée par des décisions hasardeuses et une gestion catastrophique. Le chômage explose, les investissements fuient et les secteurs clés peinent à se relever. Pendant ce temps, le pouvoir préfère alimenter une rhétorique populiste creuse plutôt que de mettre en œuvre des politiques concrètes pour relancer la vie économique et sociale du pays.

POPULISME TOXIQUE : MÈRE DE TOUS LES MAUX

Le discours enflammé du tandem Sonko-Diomaye, loin d’être un outil d’émancipation, s’est révélé être un instrument de division. Leur rhétorique populiste, fondée sur des accusations infondées et des théories du complot, sert avant tout à détourner l’attention des échecs retentissants du régime. En érigeant des ennemis imaginaires, ils manipulent l’opinion publique pour justifier leurs actions répressives et maintenir une emprise de fer sur le pouvoir, au détriment de la démocratie et de la liberté.

Alors que les promesses de changement et de renouveau se dissipent, la frustration populaire ne cesse de croître.Protestations et dénonciations se multiplient dans un climat de colère justifiée face à un régime qui bafoue les droits fondamentaux et étouffe l’avenir économique. Ce premier bilan, marqué par des abus flagrants et une répression systématique, laisse présager un avenir sombre si le pouvoir persiste sur cette voie autocratique.

En définitif , un an après leur accession au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne font pas figure de sauveurs, mais bien d’acteurs d’une dictature populiste qui écrase toute opposition. La lutte pour la liberté, la justice et la renaissance économique doit se poursuivre face à un régime dont l’engrenage autoritaire ne cesse de s’enraciner plus profondément dans le tissu social du pays.

Mamadou Cissé

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°428 – 24/03/2025

🔴 PURGES, RÉPRESSION DES VOIX DISSIDENTES, PRESSION SUR LA PRESSE, NAUFRAGE ÉCONOMIQUE, POPULISME TOXIQUE : UN AN DE DICTATURE « GANTÉE »
🔴 LOI INTERPRÉTATIVE PORTANT AMNISTIE / « VIOLATIONS DES DROITS DES VICTIMES » : « GUEUM SA BOPP » CRIE HARO

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 / SCORE NUL ET VIERGE : UN INSIPIDE SÉNÉGAL VS SOUDAN
🔴 AMICAL U20 / 2e MATCH : LE SÉNÉGAL ET LA RDC SE QUITTENT SANS VAINQUEUR

« Les Sénégalais n’accepteront pas la dictature », avertit Mamadou Mbodji, coordonnateur de F24

Mamadou Mbodji, le coordonnateur des Forces Vives du Sénégal (F24), a accordé une interview percutante le 22 décembre 2024 dans l’émission Jury du dimanche sur I-radio, où il est revenu sur le silence observé par sa plateforme depuis l’installation du nouveau régime. Loin de se cantonner à une simple critique, Mbodji a émis des avertissements sévères à l’encontre des autorités en place, en dénonçant la violence policière et en insistant sur le fait que les Sénégalais ne toléreront jamais un régime dictatorial.

Depuis l’arrivée du président Macky Sall au pouvoir, le F24 a adopté une position de silence stratégique. Mamadou Mbodji a expliqué cette posture en rappelant le contexte initial de la plateforme, créée pour s’opposer à un troisième mandat du président Sall. Il a révélé qu’à la fin du mandat du F24, tel que défini par la charte signée, la plateforme s’est retrouvée face à un dilemme : quitter la scène ou continuer ses activités. Après une longue réflexion et des consultations internes, la décision a été prise de maintenir F24, mais en révisant sa charte. « Nous avons opté pour une nouvelle charte qui met l’accent sur la défense des acquis démocratiques, la préservation de l’état de droit, et un engagement à servir le peuple comme sentinelle », a expliqué Mbodji. Il a ajouté que cette nouvelle orientation visait à répondre aux enjeux actuels et à garantir que F24 reste fidèle à ses principes tout en restant vigilant face aux évolutions politiques du pays.

L’un des points les plus critiques soulevés par Mbodji concerne la brutalité policière qui s’est manifestée à la mairie de Dakar, dans le cadre des événements liés à Barthélémy Dias. Il a dénoncé avec force les excès policiers observés récemment, qu’il considère comme une régression des principes démocratiques pour lesquels F24 a longtemps lutté. Selon lui, ces violences sont un signe inquiétant d’une détérioration de l’État de droit au Sénégal, un phénomène qu’il juge inacceptable dans une démocratie.

Mamadou Mbodji a insisté sur le fait que le climat de violence et de tension politique, exacerbée par les récents événements à Dakar, menace directement les valeurs fondamentales sur lesquelles le pays repose. « On a vu les tensions grandir, avec des discours haineux de part et d’autre. C’est inquiétant. Dans cette affaire-là, il est impératif de tourner la page de la brutalité policière », a-t-il déclaré. Il a souligné que la gestion de ces violences doit être pacifique et respectueuse des droits humains, sans recours excessif à la force.

Mamadou Mbodji a abordé l’affaire de la révocation de Barthélémy Dias, soulignant qu’il s’agit non seulement d’une question politique mais aussi juridique. En sa qualité de maire de Dakar, Dias fait face à une série de controverses liées à son rôle dans les événements violents qui ont éclaté dans la capitale. Selon Mbodji, il existe un fondement politique dans cette affaire, où la gestion de la situation pourrait être influencée par des considérations politiques plus larges. Cependant, il a insisté sur le fait que la justice doit être laissée à la Cour suprême pour trancher en toute indépendance.

« Si les autorités ont révoqué Barthélémy Dias sans en avoir le droit, alors elles doivent le rétablir dans ses fonctions. Si elles ont agi conformément à la loi, alors il n’y a rien à dire », a expliqué Mbodji. Il a précisé que la décision doit respecter l’équilibre entre le droit politique et le droit judiciaire, et que la Cour suprême doit être laissée le temps de rendre son verdict sur cette affaire complexe.

Dans son interview, Mbodji a également averti les autorités sur les dangers d’une politique de vengeance et d’intolérance. Selon lui, ces comportements pourraient déstabiliser le pays, surtout à une époque où le Sénégal traverse une période politique particulièrement tendue. « Il n’y a aucune garantie que les Sénégalais accepteront la dictature. Je suis convaincu que le peuple sénégalais ne tolérera jamais cela », a-t-il affirmé fermement.

Il a souligné qu’aucune forme de dictature ne serait acceptée par les Sénégalais, un peuple historiquement engagé pour la démocratie et la liberté. Toutefois, il a ajouté qu’il ne perçoit pas encore de signes clairs d’une dérive autoritaire, mais a mis en garde contre certains discours en ligne et les tensions qui pourraient conduire à un climat d’intolérance. « Il faut se méfier de ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Si l’on laisse ce climat de haine se propager, cela pourrait créer des situations de violence et de vengeance, et cela pourrait être très dangereux pour notre pays », a-t-il conclu.

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