Réuni ce mercredi 25 février 2026 au Palais de la République, le Conseil des ministres a été marqué par une série d’instructions stratégiques fortes du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye , adressées au Premier ministre Ousmane Sonko. Les orientations fixées portent sur des secteurs jugés prioritaires pour la sécurité, le développement et le rayonnement du Sénégal : la protection civile, la mobilité des personnes et des biens, ainsi que la préservation du patrimoine historique et culturel.
Dans un contexte marqué par la recrudescence des incendies, la multiplication des accidents de la route, la persistance des inondations et l’érosion côtière qui menace plusieurs localités, le président de la République a exigé une transformation en profondeur du dispositif national de protection civile. Il a demandé au Premier ministre d’engager, en collaboration étroite avec le ministre de l’Intérieur, la validation rapide de la Stratégie nationale de protection civile et de gestion des risques de catastrophes. Cette feuille de route devra permettre d’anticiper davantage les crises, d’améliorer la coordination des interventions et de renforcer la résilience des territoires face aux aléas naturels et technologiques.
Le chef de l’État a également insisté sur l’exécution optimale du plan d’équipement de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, considérée comme un maillon essentiel de la chaîne de secours. L’objectif affiché est de doter les services d’intervention de moyens matériels modernes et adaptés, capables de répondre efficacement aux urgences sur l’ensemble du territoire national. Au-delà des équipements, il a instruit une restructuration du système de gouvernance du secteur, avec la mise en place d’une structure nationale robuste chargée du pilotage stratégique. Cette réforme vise à rationaliser les responsabilités, à clarifier les mécanismes de coordination et à assurer un suivi rigoureux des politiques publiques en matière de gestion des risques.
Sur le volet des transports, le président a rappelé que la mobilité sécurisée constitue un levier central du développement économique et social. Il a demandé au gouvernement de proposer des mesures concrètes pour améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, en particulier dans l’agglomération dakaroise où la congestion pèse lourdement sur la productivité et la qualité de vie des citoyens. Les axes routiers réputés accidentogènes devront faire l’objet d’une attention spécifique, avec des actions ciblées pour réduire la sinistralité et renforcer la sécurité routière.
Le chef de l’État a par ailleurs insisté sur la diversification des modes de transport, soulignant la nécessité de développer davantage le rail et de moderniser les systèmes publics existants. Il a appelé à une concertation inclusive avec les transporteurs privés afin d’aboutir à une réforme adaptée et soutenable du secteur. Cette démarche devrait permettre de concilier exigences de sécurité, efficacité économique et préservation des emplois, tout en répondant aux attentes croissantes des usagers.
Enfin, en ce qui concerne le patrimoine historique, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant l’importance de valoriser et de protéger les biens culturels nationaux. Il a demandé l’actualisation du répertoire des biens classés afin de disposer d’une cartographie précise et actualisée du patrimoine matériel du pays. Dans cette dynamique, l’organisation d’un forum international en 2026 est envisagée pour mobiliser les expertises, attirer des partenaires et promouvoir le patrimoine sénégalais sur la scène mondiale.
Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’engager des démarches actives en vue du retour effectif des biens culturels nationaux conservés à l’étranger. Cette orientation s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la souveraineté culturelle du Sénégal et de réaffirmer la place du patrimoine dans la construction de l’identité nationale et dans la stratégie de développement touristique et culturel du pays.