Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce mercredi le rapport annuel 2025 du Médiateur de la République, Demba Kandji, à l’occasion d’une audience consacrée au bilan des activités de l’institution. Au-delà de la remise officielle du document, cette rencontre a été l’occasion pour le chef de l’État de réaffirmer son attachement à l’État de droit, à la démocratie et aux mécanismes de règlement pacifique des différends, tout en ouvrant la porte à une réflexion sur l’élargissement des compétences du Médiateur.
Dès l’entame de son intervention, le président de la République a souligné que cet exercice annuel dépasse largement le simple respect d’une obligation légale. Selon lui, il constitue un indicateur de la vitalité démocratique du Sénégal et témoigne de la place essentielle qu’occupe la médiation institutionnelle dans la consolidation des rapports entre l’administration et les citoyens. Il a rappelé que cette approche s’inscrit dans la continuité des traditions africaines de résolution des conflits, fondées sur le dialogue, la concertation et la recherche du consensus.
Le chef de l’État a salué le travail accompli par le Médiateur de la République, mettant particulièrement en avant la qualité des propositions formulées dans le rapport. Au cours de l’année 2025, l’institution a émis vingt-six recommandations destinées à améliorer le fonctionnement des services publics et à renforcer les garanties offertes aux citoyens.
Parmi ces recommandations figurent deux réformes institutionnelles majeures. La première concerne une redéfinition des missions du Conseil constitutionnel, tandis que la seconde préconise d’offrir aux citoyens la possibilité de saisir directement cette juridiction dans le cadre du contrôle de constitutionnalité des lois. Pour le président Bassirou Diomaye Faye, ces propositions méritent une attention particulière, car elles touchent directement à l’architecture de l’État de droit.
Le rapport met également l’accent sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires. Le Médiateur recommande notamment la suppression des méthodes de fouille jugées intrusives ainsi que des mesures visant à réduire la surpopulation carcérale. Le président de la République a indiqué que ces orientations rejoignent les réformes déjà engagées par le gouvernement pour humaniser le système pénitentiaire et améliorer le respect des droits des personnes privées de liberté.
L’audience a également permis d’aborder la situation des enfants à besoins spécifiques. À cette occasion, Demba Kandji a exprimé, au nom des familles concernées, sa reconnaissance envers le chef de l’État pour son implication dans le développement d’une offre de soins spécialisés et d’un dispositif éducatif mieux adapté. Selon le Médiateur, ces avancées permettent désormais à de nombreuses familles de trouver des solutions au Sénégal, alors qu’elles envisageaient auparavant de se tourner vers l’étranger pour bénéficier d’une prise en charge appropriée.
Le Médiateur a aussi salué les efforts entrepris par les pouvoirs publics pour moderniser l’administration sénégalaise. Il a notamment mis en avant la digitalisation des services publics, qui favorise une administration davantage tournée vers l’accompagnement des citoyens et la qualité du service rendu.
Sur le plan international, Bassirou Diomaye Faye a encouragé l’institution à poursuivre son ouverture et à renforcer sa coopération avec ses homologues étrangers. Il a rappelé que le Sénégal entretient déjà des partenariats avec plusieurs institutions similaires, notamment au Maroc, au Cap-Vert, aux Îles Canaries et en Angola.
Dans cette dynamique, Dakar accueillera du 21 au 23 octobre 2026 une conférence internationale consacrée à la protection des lanceurs d’alerte. Le président de la République a insisté sur l’importance de cette rencontre, soulignant que le Sénégal figure parmi les premiers pays d’Afrique francophone à s’être doté d’une législation spécifique dans ce domaine. Il a, à cet effet, instruit les ministres de la Justice et des Affaires étrangères d’apporter tout le soutien nécessaire à l’organisation de cet événement et a invité le Médiateur à faire rayonner l’expérience sénégalaise sur la scène internationale.
Enfin, le chef de l’État s’est montré favorable à l’ouverture d’une réflexion sur l’évolution du Médiateur de la République vers une institution de type « Défenseur des droits », dotée de compétences élargies. Estimant qu’une telle réforme touche aux fondements mêmes de l’organisation institutionnelle du pays, il a annoncé qu’il chargerait le gouvernement d’examiner cette proposition avec toute l’attention requise.
Clôturant son intervention, Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage au rôle joué quotidiennement par le Médiateur dans le renforcement du lien de confiance entre les citoyens et l’administration. Selon lui, cette mission constitue un pilier essentiel de la consolidation de l’État de droit et de la gouvernance démocratique au Sénégal.




