L’exclusion du président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais met en lumière les tensions internes croissantes au sein de la majorité présidentielle.
Les fissures au sein de la coalition « Diomaye Président » deviennent de plus en plus visibles. Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et fervent soutien de la première heure du président Bassirou Diomaye Faye, a été exclu du groupe WhatsApp des alliés de la majorité. En toile de fond, une série de critiques publiques visant le Premier ministre Ousmane Sonko, accusé par Diouf d’« inélégance » à l’égard du chef de l’État.
La rupture s’est accélérée après une interview accordée par Bougar Diouf au site Seneweb. Il y a affirmé que Boubacar Camara, figure politique alliée, aurait contribué à hauteur de plus de 100 millions FCFA à la campagne de Pastef, via des dons financiers, des véhicules et des levées de fonds. Pour Diouf, ces soutiens mériteraient davantage de reconnaissance de la part d’Ousmane Sonko.
Au-delà de ces révélations, Bougar Diouf a dénoncé des « diktats internes » et des décisions imposées sans concertation par le chef du gouvernement. Il accuse Ousmane Sonko de franchir les limites de ses prérogatives, notamment en appelant publiquement le président Faye à ignorer certaines voix issues de leur propre coalition.
Cette ligne de fracture aurait entraîné son exclusion du groupe de communication interne, décidée par Aïda Mbodj, présidente de la coalition. Selon Les Échos, cette sanction a été accompagnée d’un avertissement clair : toute critique publique ou tentative de division entraînera les mêmes conséquences.
Dans un communiqué officiel, la coalition a réaffirmé sa volonté de préserver l’unité autour du tandem Diomaye-Sonko, soulignant que seule Aïda Mbodj détient l’autorité de statuer sur l’appartenance à la coalition. Les propos de Bougar Diouf ont été qualifiés d’« inacceptables » et jugés contraires à l’intérêt collectif.
La déclaration conclut sur une note ferme : toute attaque contre le duo présidentiel sera considérée comme une atteinte directe au projet politique en place. Le message est sans équivoque : dans la coalition « Diomaye Président », la loyauté n’est pas négociable.