Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°744 – 01/06/2026

🔴 TABASKI CRISPANTE AVEC DES MILLIERS DE MOUTONS INVENDUS : DESARROI CHEZ LES ÉLEVEURS
🔴 PRÉSIDENCE DE LA COMMISSION DE LA CEDEAO- LE SÉNÉGAL FAIT CANDIDATER BIRAME DIOP : GUY CONTESTE LE GÉNÉRAL

🔴 PREMIER TEST MONDIAL 2026 : LES « LIONS » BATTUS MAIS RASSURANTS CONTRE LES ÉTATS-UNIS

PLUS DE 60% DES AGRICULTEURS / ÉLEVEURS ET PRÈS DE 40% DES PÊCHEURS TOUCHÉS : Les changements climatiques menacent la sécurité alimentaire

Le Sénégal subit de plein fouet les effets du changement climatique et les populations rurales en ressentent les conséquences les plus directes. Selon la première Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité de la population selon le genre (ENREVG), réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), plus de 60% des agriculteurs et éleveurs ont enregistré une baisse de rendement en raison des aléas climatiques.
Les femmes sont particulièrement touchées : 62,2% d’entre elles déclarent une diminution de leur production contre 59,5% chez les hommes.
En milieu rural, la situation est encore plus préoccupante puisque 68,2% des producteurs ont vu leurs rendements chuter contre 42,4% en milieu urbain. Les régions de Kolda (81,3%), Sédhiou (79,8%), Kaffrine (74,7%) et Fatick (74,6%) figurent parmi les plus affectées.
Les écarts de genre persistent à travers tout le territoire. À Dakar, par exemple, 40,5% des femmes rapportent une baisse de rendement contre seulement 14% des hommes. Des disparités similaires s’observent dans des zones agricoles clés comme Diourbel (52,3% contre 36%), Kaolack (69,8% contre 57,9%), Kaffrine (74,7% contre 74,6%) et Fatick (74,7% contre
74,6%). En effet, l’accès limité des femmes à la terre, aux intrants et aux équipements agricoles accentue leur vulnérabilité.
D’après les agriculteurs et éleveurs, cette situation est principalement due aux vagues de chaleur récurrentes (81,7%), l’augmentation des températures (66,9%), la diminution des précipitations (59,4%), la dégradation des terres (44%) et la désertification (35,8%).
Parallèlement, la pêche n’est pas épargnée. Près de 40% des pêcheurs ont dû augmenter leur temps de travail pour faire face à la raréfaction des ressources halieutiques et à la dégradation de l’environnement marin. Les pêcheurs des zones urbaines sont davantage affectés (57%) que ceux des zones rurales (12,9%). Cependant dans ce secteur, les hommes restent les plus nombreux à prolonger leurs heures de pêche (47,1% contre 1,6% de femmes).
Cette intensification du travail en mer est surtout liée aux vagues de chaleur récurrentes (88,8%), à la perte de biodiversité aquatique (84%), à l’augmentation des températures (67,6%) et aux épisodes de froid extrême (64,8%).
Les résultats de l’étude mettent également en évidence que sur les dix premiers évènements/phéno-mènes climatiques, les femmes enregistrent des proportions plus élevées que celles des hommes en cas de perte de biodiversité aquatique / raréfaction des espèces (100% contre 83,9%), d’épisodes de froid extrême récurrents (100,0% contre 64,5) et de perte de la biodiversité terrestre et aérienne / raréfaction des espèces (81,6% contre 61,6%).
Entre sécheresses, inondations, érosion côtière et perte de biodiversité, le Sénégal est confronté à une série de crises climatiques qui fragilisent les moyens de subsistance et aggravent les inégalités. Ces bouleversements menacent la sécurité alimentaire et accentuent la précarité, notamment chez les femmes.
Face à ces défis, les résultats de l’enquête de l’ANSD et d’ONU Femmes rappellent l’urgence d’une adaptation inclusive, qui devrait tenir compte du rôle et des besoins spécifiques des femmes dans la résilience climatique. Qu’elles cultivent la terre ou jettent leurs filets en mer, ce sont elles qui, souvent, subissent le plus durement les caprices d’une nature en perpétuelle mutation.


Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°589 – 22/10/2025

🔴 PLUS DE 60% DES AGRICULTEURS / ÉLEVEURS ET PRÈS DE 40% DES PÊCHEURS FRAPPÉS PAR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE MENACÉE
🔴 « ASER-GATE » / VÉRIFICATION DU TAUX D’EXÉCUTION D’ÉLECTRIFICATION RURALE : TAS EN TOURNÉE

🔴 SAISON 2025/2026 : LA LSFP FIXE LE COUP D’ENVOI AUX 1er ET 2 NOVEMBRE

Nioro du Rip : Le président du syndicat des agriculteurs, éleveurs et maraîchers dénonce les dysfonctionnements dans la distribution des intrants agricoles digitalisés

Depuis quelques années, le Sénégal, à l’instar de plusieurs pays africains, a amorcé la digitalisation de la distribution des intrants agricoles, notamment les engrais subventionnés. L’objectif est louable : lutter contre la fraude, assurer la transparence et accélérer le processus de distribution. Cependant, dans les zones rurales mal desservies par le réseau téléphonique et Internet, cette modernisation rencontre de sérieuses limites. Les agriculteurs en paient le prix fort.

À Nioro du Rip, Ibrahima Thiam, président du Syndicat des agriculteurs, éleveurs et maraîchers, tire la sonnette d’alarme :

« De nombreuses localités n’ont aucun accès au réseau téléphonique ou à Internet. Les plateformes numériques sont donc inaccessibles pour une partie importante des producteurs. »

Il évoque également le poids de l’analphabétisme numérique, particulièrement chez les femmes et les personnes âgées, qui ne maîtrisent ni les smartphones ni les applications utilisées pour l’enregistrement ou le retrait des intrants :

« Même avec du réseau, la compréhension des procédures reste difficile. Cela engendre des coûts supplémentaires, des pertes de temps, et parfois l’abandon de la procédure. »

M. Thiam déplore le manque d’un plan d’inclusion numérique lors du lancement de cette réforme. Selon lui, des villages entiers, isolés et sans signal, sont laissés pour compte, pénalisant ainsi les producteurs les plus vulnérables :

« On constate une baisse de la productivité dans plusieurs zones, une inégalité d’accès aux intrants entre zones connectées et non connectées, et une exclusion des producteurs les plus pauvres, souvent éloignés et peu alphabétisés. »

Déception dans le monde rural

Alors que les nouvelles autorités, arrivées au pouvoir il y a seulement 15 mois, avaient suscité de grands espoirs, le désenchantement gagne le monde rural.

« Promesses non tenues, gestion opaque, décisions impopulaires : les débuts du régime sont marqués par le chaos. »

fustige Ibrahima Thiam, qui dénonce également le manque de concertation avec les acteurs de terrain et des nominations jugées hasardeuses :

« On assiste à des nominations de proches sans expérience à des postes clés, et une communication officielle souvent contradictoire. Il y a un vrai amateurisme dans leur gestion. »

Des solutions concrètes proposées

Face à ces difficultés, le syndicat propose une approche pragmatique :

Une distribution hybride (numérique et physique) des intrants, avec assistance humaine sur place ; La mise en place de centres mobiles itinérants pour desservir les zones sans couverture réseau ; Et surtout, des programmes de formation et d’accompagnement pour familiariser les agriculteurs aux outils numériques.

« Une technologie n’est pas efficace si elle ne parle pas la langue de ceux qu’elle est censée aider. »

a conclu M. Thiam, appelant les autorités à une meilleure écoute des réalités du monde rural.

Le Président Bassirou Diomaye Faye à l’écoute des éleveurs lors de la 9e Journée Nationale de l’Élevage

Ce samedi, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé la cérémonie de la 9e édition de la Journée Nationale de l’Élevage (JNE). Organisée sous le thème « La valorisation des produits d’origine animale, un stimulateur pour la souveraineté alimentaire », cette journée a rassemblé 600 exposants issus du secteur de l’élevage, venus partager leurs expériences et exprimer leurs doléances.

Après avoir visité les stands et échangé avec les acteurs du domaine, le Chef de l’État a pris note des principales préoccupations des éleveurs. Parmi les problématiques soulevées, le vol de bétail, les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que la valorisation des produits animaux ont occupé une place centrale. Les éleveurs ont également insisté sur la nécessité de la signature du décret d’application du code pastoral, un texte clé pour réguler l’accès aux pâturages et éviter les conflits d’usage des terres.

Kalidou Ba, président régional des éleveurs de Kaolack, a porté la voix de ses pairs en plaidant pour une meilleure organisation du secteur. « Nous souhaitons une réorganisation du secteur avec plus d’accès à la terre et plus d’espace pour notre cheptel. Cela permettra d’éviter les problèmes entre nous, éleveurs, et nos amis agriculteurs », a-t-il déclaré.

Concernant la sécurité du bétail, il a suggéré l’établissement d’un système de contrôle renforcé des transports de bétail, avec la délivrance de permis pour les détenteurs de troupeaux et des mesures strictes pour réduire les vols.

Face à ces attentes, les éleveurs espèrent des actions concrètes de la part des autorités pour favoriser le développement durable de l’élevage et contribuer ainsi à la souveraineté alimentaire du pays. Le Président Faye, attentif à leurs doléances, a assuré que des solutions seront explorées afin de répondre aux enjeux du secteur de l’élevage au Sénégal.

Éleveurs de Kaffrine : Des Voix S’élèvent pour la Protection du Bétail et la Lutte contre la Pauvreté

Dans les vastes étendues de Kaffrine, au cœur du Sénégal, réside une communauté d’éleveurs dont les préoccupations et les aspirations se reflètent dans le tintement doux de leurs troupeaux et les sillons de leurs visages burinés par le soleil. Mais derrière cette harmonie rustique se cachent des défis criants, parmi lesquels le vol de bétail et la lutte contre la pauvreté occupent une place centrale.

Au quotidien, le vol de bétail hante les éleveurs de Kaffrine, causant des pertes économiques et émotionnelles dévastatrices. Pour Demba Ba, président de la Maison des éleveurs de Birkelane, un département de la région, cette réalité est trop amère à avaler. « Nous souffrons énormément », déplore-t-il, « l’agriculture a dominé le secteur de l’élevage, et nous attendons du prochain président de la République une organisation du secteur, plus d’accès au foncier, plus de forage et plus d’espace pour notre cheptel ».

Les éleveurs ne se contentent pas de subir passivement leur sort. Ils réclament une action gouvernementale ferme pour endiguer le fléau du vol de bétail. Ils demandent des mesures concrètes pour dissuader les voleurs et garantir une réparation équitable en cas de préjudice. De même, ils appellent à une meilleure organisation du secteur de l’élevage, plaidant pour la création de coopératives et d’associations pour renforcer leur voix collective.

Mais les préoccupations des éleveurs vont au-delà de la simple protection de leur bétail. Ils appellent également à des réformes foncières pour assurer un accès sécurisé aux terres de pâturage, ainsi qu’à des investissements dans les infrastructures telles que les forages pour garantir un approvisionnement adéquat en eau pour leurs troupeaux, surtout pendant les périodes de sécheresse.

Face à cette situation préoccupante, les éleveurs proposent une solution tangible : l’intégration des mesures de protection du bétail dans le Code pénal, en s’appuyant sur les initiatives prises lors de la Journée nationale de l’élevage de 2017. Cette démarche renforcerait la protection légale de leur bétail et enverrait un signal fort aux voleurs potentiels.

Dans l’ombre des vastes plaines de Kaffrine, les voix des éleveurs résonnent avec force, appelant à une action urgente pour protéger leur moyen de subsistance et lutter contre la pauvreté qui menace leur communauté. Leur détermination est palpable, leur appel est clair : il est temps d’agir pour sauvegarder l’avenir de l’élevage à Kaffrine.

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