Le climat politique sénégalais continue de s’alourdir après l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga. Le président du Mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un tournant inquiétant pour la démocratie et les libertés publiques dans le pays.
Selon le leader politique, l’emprisonnement de Badara Gadiaga est un signal clair de la volonté du pouvoir actuel d’imposer le silence à toutes les voix critiques. « L’emprisonnement de Badara Gadiaga constitue une preuve supplémentaire de la dérive autoritaire qui est en marche. C’est un pas de plus vers la construction d’un parti-État qui cherche à étouffer toute contestation », a affirmé Bougane Guèye Dany dans une déclaration transmise à la presse.
Pour lui, la situation est grave. Il estime que le Sénégal s’éloigne progressivement de l’esprit démocratique qui a longtemps constitué sa force et sa singularité en Afrique de l’Ouest. « La survie de la démocratie sénégalaise est en jeu. Ce qui se passe est d’une extrême gravité, car au-delà du cas de Badara Gadiaga, c’est le principe même de la liberté d’expression qui est menacé », a-t-il alerté.
Le président de Gueum Sa Bopp accuse le pouvoir en place de multiplier les actes d’intimidation pour dissuader les citoyens, journalistes et opposants de s’exprimer librement. Il juge que la pratique consistant à « effacer les voix discordantes » met en péril les fondements de l’État de droit. « Nous assistons à une tentative d’imposer une hégémonie sans débat démocratique. C’est tout le contraire de l’esprit républicain », dénonce-t-il.
Face à ces dérives qu’il qualifie de dangereuses, Bougane Guèye Dany appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation générale de tous les démocrates, quelle que soit leur appartenance politique. « Les Sénégalais doivent agir pour protéger leurs droits et leurs libertés. C’est un impératif moral et civique », a-t-il insisté.
Ce nouvel appel s’ajoute aux nombreuses voix qui se lèvent depuis l’annonce du placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga, dont le cas cristallise désormais l’inquiétude sur la liberté d’expression et la vitalité du débat démocratique au Sénégal.