Affaire West African Energy : Samuel Sarr maintenu en détention, son audition prévue le 12 février

L’ancien directeur général de West African Energy (WAE), Samuel Sarr, devra encore patienter en prison. La justice a rejeté sa demande de liberté provisoire et fixé son audition au 12 février prochain, selon des informations relayées par le quotidien Les Échos.

Le 5 février dernier, le juge d’instruction Makha Barry a rendu son ordonnance, rejetant la requête de mise en liberté provisoire de Samuel Sarr. Le magistrat a motivé sa décision en insistant sur « la gravité des faits » reprochés à l’ancien DG de WAE et le risque que sa libération « compromette la manifestation de la vérité ».

Le juge redoute notamment que l’ex-ministre de l’Énergie ne prenne contact avec d’autres personnes impliquées dans la procédure, ce qui pourrait mener à une altération ou destruction de preuves. Une hypothèse que le maître des poursuites juge suffisamment sérieuse pour maintenir Samuel Sarr en détention.

Dans le cadre de l’instruction, une confrontation entre experts a été programmée. L’objectif est de clarifier des éléments du dossier, car la contre-expertise réalisée dans cette affaire aurait révélé « certaines incohérences », selon le juge.

Cette confrontation pourrait être décisive pour l’évolution du dossier, notamment en ce qui concerne les responsabilités dans l’affaire qui secoue West African Energy.

Face à cette décision, les avocats de Samuel Sarr ne comptent pas en rester là. Ils ont annoncé leur intention d’interjeter appel contre l’ordonnance du juge, espérant obtenir gain de cause devant une juridiction supérieure.

Mort de Bassirou Diop en détention : des accusations de torture émergent

L’autopsie du corps de Bassirou Diop, membre de l’équipe de sécurité de Barthélémy Toyes Dias, est prévue ce lundi 9 décembre. Ce décès survenu en détention suscite de vives réactions et alimente une controverse autour des conditions de détention au Sénégal.

Bassirou Diop est décédé samedi dernier alors qu’il se trouvait en prison, après avoir été arrêté lors des affrontements de Saint-Louis survenus pendant la campagne électorale des élections législatives du 17 novembre 2024. Ces heurts avaient opposé des partisans de différentes coalitions politiques, provoquant une série d’arrestations, dont celle de 80 personnes liées aux troubles.

Son avocat, Me El Hadj Diouf, accuse ouvertement les autorités pénitentiaires de torture. « Bassirou Diop a subi des sévices inhumains en prison, ce qui a conduit à sa mort », a-t-il déclaré. Cette déclaration relance le débat sur les allégations de brutalité et d’abus dans les centres de détention du pays.

Les autorités judiciaires, pour leur part, affirment avoir ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de cette mort. L’autopsie prévue ce lundi pourrait fournir des éléments déterminants pour faire la lumière sur les faits.

Ce drame s’inscrit dans un contexte politique tendu au Sénégal, marqué par des affrontements violents et des arrestations massives lors des dernières élections. La mort de Bassirou Diop risque d’aggraver les tensions entre le pouvoir et l’opposition, notamment autour de Barthélémy Toyes Dias, une figure politique controversée et régulièrement ciblée par les autorités.

Les organisations de défense des droits de l’homme suivent de près cette affaire et appellent à une enquête indépendante. « Il est impératif que la lumière soit faite sur cette mort en détention. Si les accusations de torture sont avérées, les responsables doivent être traduits en justice », a déclaré un porte-parole d’Amnesty International Sénégal.

L’opinion publique, déjà marquée par les récents troubles, reste divisée entre indignation et scepticisme face à ces accusations. Pendant ce temps, les proches de Bassirou Diop réclament justice, affirmant qu’il a été arrêté de manière arbitraire et qu’il était innocent des faits qui lui étaient reprochés.

Cette affaire pourrait bien devenir un test majeur pour le système judiciaire sénégalais, appelé à démontrer son impartialité et sa capacité à rendre justice dans un climat politique sous haute tension.

Quitter la version mobile