Braquage armé à Auchan Thiaroye : comment les enquêteurs ont remonté la piste du gang

Les enquêteurs des Brigades de recherches de Keur Massar et de Thiaroye sont parvenus à démanteler une partie du gang impliqué dans le braquage armé du magasin Auchan de Thiaroye, au terme d’une enquête minutieuse et méthodique. Le 11 janvier 2026, leurs investigations ont conduit à l’interpellation de Lamine Sow, un homme d’une trentaine d’années se présentant comme électricien, arrêté aux Parcelles Assainies. Son arrestation marque une avancée significative dans ce dossier criminel qui avait profondément choqué les riverains et les employés de l’enseigne.

Les faits remontent aux premières heures de la matinée, lorsque huit individus lourdement armés ont lancé un assaut coordonné contre le magasin Auchan. Selon les éléments de l’enquête, les malfaiteurs ont escaladé l’enceinte du supermarché avant de pénétrer à l’intérieur, munis de pistolets et d’armes blanches. Une fois sur place, ils ont rapidement pris le contrôle des lieux, démontrant une organisation et une préparation qui laissent peu de place à l’improvisation.

D’après le quotidien Libération, le mode opératoire du commando révèle une stratégie soigneusement élaborée. Les assaillants ont commencé par neutraliser les agents de sécurité ainsi que les quelques employés présents à cette heure matinale. Conscients de la présence de caméras de vidéosurveillance, ils ont procédé à des tirs en l’air, une manœuvre d’intimidation destinée à semer la panique, à dissuader toute résistance et à retarder une éventuelle intervention des forces de l’ordre.

L’objectif principal du gang était de fouiller les bureaux administratifs du magasin afin de mettre la main sur d’importantes sommes d’argent. Toutefois, face à la pression et à la crainte d’une arrivée rapide de la police, les malfaiteurs n’ont pas eu le temps de mener leur plan à terme. Ils se sont finalement contentés de dérober onze téléphones portables avant de prendre la fuite. Lors de l’opération, un agent de sécurité a été blessé, ajoutant une dimension violente à un acte déjà particulièrement grave.

C’est l’exploitation minutieuse des images issues du système de vidéosurveillance, combinée aux témoignages recueillis sur place, qui a permis aux enquêteurs de remonter progressivement la piste des auteurs. Ces éléments ont conduit les forces de sécurité jusqu’à Lamine Sow. Placé en garde à vue après son arrestation, le suspect a fini par reconnaître son implication dans le braquage. Une perquisition menée à son domicile a permis de saisir des éléments jugés accablants, notamment les vêtements qu’il portait le soir des faits, renforçant ainsi les charges retenues contre lui.

Les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les sept autres membres du gang, toujours en fuite. Les enquêteurs multiplient les recoupements et les opérations de terrain pour démanteler entièrement ce réseau criminel. Quant à Lamine Sow, il devra répondre de faits lourds devant la justice, notamment pour association de malfaiteurs, vol aggravé avec usage d’arme et violences.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité des grandes surfaces et la recrudescence des attaques armées, tout en mettant en lumière le travail de fond mené par les forces de l’ordre pour faire reculer le banditisme et traduire les auteurs de tels actes devant la justice.

Affaire Pape Abdoulaye Touré : les enquêteurs reconstituent les faits en présence de la supposée victime

L’affaire Pape Abdoulaye Touré, du nom de ce militant du mouvement citoyen « Sénégal Notre Priorité (SNP) » qui affirme avoir été victime de torture, connaît un nouveau tournant judiciaire. Après plusieurs mois de revendications, de témoignages et d’attente, les enquêteurs de la Section de recherches ont procédé à une reconstitution complète des faits, en présence de l’intéressé. Une étape capitale dans l’établissement de la vérité sur l’un des dossiers emblématiques des violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, les enquêteurs ont minutieusement repris avec Pape Abdoulaye Touré le fil des événements, depuis son interpellation jusqu’au lieu où il dit avoir été torturé. La reconstitution s’est déroulée sans interruption, la victime présumée relatant chaque détail, chaque étape, chaque geste. Une source citée par le quotidien confirme : « Pape Touré n’a rien omis, il leur a tout expliqué. »

Pour le militant, cette reconstitution constitue un véritable soulagement. Depuis plus de trois ans, il déclare vivre dans l’attente d’une justice qu’il « n’a jamais cessé de réclamer ». Touré avait publiquement accusé l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, d’être impliqué dans sa prétendue séquestration et dans les violences physiques qu’il aurait subies au plus fort des tensions politiques. Ces accusations avaient conduit la Section de recherches à auditionner Pape Malick Ndour le lundi 6 octobre, dans le cadre de la reprise des investigations.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : celui des manifestations qui ont secoué le Sénégal entre février 2021 et mars 2024. Ces épisodes tumultueux ont fait plusieurs morts, des blessés par dizaines et d’importants dégâts matériels. À l’époque, de nombreuses familles, organisations citoyennes et ONG de défense des droits humains avaient dénoncé les violences, pointant du doigt une répression disproportionnée et des violations graves contre des manifestants, opposants politiques ou simples citoyens.

Si des procédures judiciaires avaient été ouvertes dès 2021 pour faire la lumière sur les bavures présumées, l’adoption de la loi d’amnistie couvrant la période des faits avait entraîné l’abandon de tous les dossiers. Une décision largement critiquée dans l’opinion, jugée comme une manière d’enterrer la vérité au détriment des victimes et de leurs familles.

La demande de réouverture des dossiers n’a cessé de croître, portée par les familles endeuillées, la société civile et plusieurs organisations internationales. C’est dans ce climat d’exigence de transparence et de réparation que les nouvelles autorités ont ordonné la reprise des enquêtes. L’affaire Pape Abdoulaye Touré apparaît ainsi comme l’un des premiers cas où cette volonté politique se matérialise concrètement.

La reconstitution réalisée ces derniers jours est d’autant plus significative qu’elle pourrait ouvrir la voie à d’autres avancées judiciaires dans des dossiers similaires. Elle symbolise également l’amorce d’un processus de reconnaissance des souffrances vécues par de nombreux Sénégalais durant ces années de crises.

La suite des investigations déterminera si des responsabilités pénales pourront être établies, ou si le dossier se limitera à une confirmation factuelle sans déboucher sur des poursuites. Dans tous les cas, pour Pape Abdoulaye Touré et pour beaucoup d’autres victimes présumées, il s’agit avant tout d’une quête de vérité, d’un besoin de réparation et d’un espoir de justice longtemps différée.

DIC : Madiambal Diagne ignore une convocation des enquêteurs

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est au cœur d’une nouvelle polémique. Convoqué par la Division des investigations criminelles (DIC), il n’a pas donné suite à l’invitation qui lui avait été adressée. Selon plusieurs sources proches du dossier, le fondateur du groupe Avenir Communication aurait délibérément manqué à ce rendez-vous avec les enquêteurs.

Cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet financier. À l’origine de la procédure, un rapport transmis par la Centif (Cellule nationale de traitement des informations financières) fait état de transactions suspectes estimées à près de 21 milliards de francs CFA. Ces opérations mettraient en cause Madiambal Diagne et impliqueraient des responsables de la société Ellipse.

Pour l’heure, aucune précision n’a filtré sur les suites immédiates que les autorités comptent donner à ce refus de déférer. Mais l’affaire suscite déjà de nombreuses interrogations, tant par l’ampleur des sommes évoquées que par la personnalité concernée. Patron de l’un des groupes de presse les plus influents du pays, Madiambal Diagne est également connu pour ses prises de position tranchées dans le débat public.

Ce dossier, désormais suivi de près par l’opinion, pourrait marquer un tournant dans la relation entre justice et médias au Sénégal. Les prochains développements permettront de savoir si la justice décidera de passer à une étape supérieure, en contraignant le journaliste à s’expliquer devant les enquêteurs.

Sortie d’audition : « Ce que j’ai dit aux enquêteurs », déclare Madiambal Diagne

Après plusieurs heures passées dans les locaux de la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, s’est présenté devant la presse pour livrer sa version des faits et dénoncer ce qu’il considère comme une tentative manifeste d’intimidation.

D’entrée, il a tenu à affirmer qu’aucune pression ne saurait lui faire renoncer à son droit fondamental à la liberté d’expression. « La liberté d’expression ne peut pas être menacée au Sénégal, seulement il y a des tentatives d’entrave à la liberté d’expression. Ceux qui essaient de le faire se trompent lourdement. Il leur incombe justement de la protéger. Mais ils doivent savoir qu’ils vont échouer », a-t-il déclaré d’un ton ferme. Il en a profité pour remercier les nombreux soutiens venus manifester leur solidarité, qu’ils soient des personnalités politiques, des membres de la société civile ou de simples citoyens.

Interrogé sur le motif de sa convocation, Madiambal Diagne a expliqué qu’il ne se sentait pas concerné par les propos reprochés. Selon lui, il aurait été plus logique d’entendre le député Amadou Bâ, protagoniste de l’altercation verbale survenue en plateau avec le chroniqueur Badara Gadiaga. « Je ne devais pas être convoqué, encore moins Badara Gadiaga. Celui qui devait être convoqué, c’est le député Amadou Bâ qui a tenu ces propos. Et j’ai dit ça aux enquêteurs », a-t-il martelé. Il a souligné que des milliers de Sénégalais ont déjà tenu des propos similaires, sans jamais être inquiétés, et qu’il ne comprend pas pourquoi lui seul devrait être poursuivi dans ce contexte.

Pour Madiambal Diagne, cette convocation est le signe d’une volonté d’ériger la peur en méthode de gouvernement. « S’ils pensent qu’ils peuvent me faire taire, c’est peine perdue », a-t-il lancé.

Le journaliste est également revenu sur la décision du CNRA, qui a mis en demeure la Télévision Futurs Médias après la diffusion de l’émission « Jakaarlo Bi ». Il a dénoncé une mesure qu’il juge disproportionnée et contraire à l’esprit du débat démocratique. « Moi, je suis un homme de médias et je dirige des journalistes francophones. Et quand il y a un débat public, il faut qu’on arrive à situer les responsabilités. Badara Gadiaga n’a attaqué personne, au contraire, il a été insulté. Est-ce qu’il n’a pas le droit de répondre aux attaques qui sont dirigées contre lui ? C’est ça le débat », a-t-il insisté.

Pour conclure, Madiambal Diagne a estimé que la situation révèle un malaise plus profond concernant les relations entre le pouvoir et la presse. Il a assuré qu’il ne cesserait pas d’exercer son métier, quels que soient les obstacles : « Badara Gadiaga a touché là où ça fait mal. Il n’a fait que rapporter des faits. »

Affaire du marché des véhicules de l’Assemblée : ce que Bachir Fofana a déclaré aux enquêteurs de la DIC

L’affaire qui secoue l’Assemblée nationale depuis plusieurs jours a connu un nouvel épisode avec l’audition du journaliste chroniqueur Bachir Fofana par la Division des investigations criminelles (DIC). Inculpé pour diffusion présumée de fausses nouvelles, il a dû s’expliquer sur ses déclarations publiques relatives au marché public portant sur l’acquisition de véhicules destinés aux députés.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, Bachir Fofana n’a pas totalement varié dans ses affirmations. Devant les enquêteurs, il a maintenu une partie de ses déclarations, tout en reconnaissant qu’une confusion avait pu se glisser dans l’identification précise du bénéficiaire de ce marché. Il a déclaré avoir cité, lors de ses interventions à l’antenne, les noms de Cheikh Guèye et Cheikh Seck comme attributaires potentiels. Il a néanmoins précisé qu’il avait pris soin de signaler que ces informations restaient à confirmer, et qu’il se tenait prêt à les corriger si elles s’avéraient inexactes.

« Après mes déclarations, j’ai reçu l’information qu’il y avait une confusion sur l’attributaire. Si l’information s’avère inexacte, j’aurai l’humilité de revenir dessus », a-t-il affirmé aux enquêteurs, manifestant sa volonté de rectifier publiquement ses propos en cas d’erreur avérée.

Concernant la procédure d’attribution du marché, le chroniqueur a soutenu avoir parlé d’un « appel d’offres restreint » dans le but d’expliquer les différentes modalités prévues par le Code des marchés publics sénégalais. Il a ajouté que l’irrégularité qu’il entendait mettre en lumière concernait la mention d’une marque spécifique de véhicules dans les documents d’appel d’offres, ce qui, selon lui, pouvait constituer une entorse aux règles élémentaires de concurrence.

Interrogé sur l’estimation financière qu’il avait avancée publiquement, Bachir Fofana a expliqué avoir évalué le montant du marché à plus de 8 milliards de francs CFA. Il a précisé que cette estimation résultait d’un calcul reposant sur le cumul des indemnités mensuelles des députés sur la durée complète de la législature, croisé avec le prix unitaire moyen des véhicules. Il a reconnu devant les enquêteurs que cette méthode pouvait prêter à confusion, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait pas cherché à induire l’opinion publique en erreur. Il a soutenu que ses propos étaient fondés sur des informations qu’il estimait crédibles au moment de leur diffusion.

Pour rappel, cette affaire a suscité une vive réaction du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, qui a porté plainte pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation, accusant le journaliste d’associer l’institution parlementaire à des pratiques opaques et de ternir son image. Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.

Affaire Pape Sané : Le journaliste maintient ses propos et défend ses sources devant les enquêteurs

Convoqué ce lundi par la Division des Investigations Criminelles (DIC), puis conduit à la Brigade des Affaires Générales (BAG) du Palais de justice de Dakar, le journaliste-chroniqueur Pape Sané a été interrogé pendant plusieurs heures sur ses récentes déclarations lors d’une émission sur Walf TV. Il avait évoqué un scandale financier présumé impliquant plusieurs milliards de francs CFA et mettant en cause un homme d’affaires ainsi qu’un ministre de la République.

Accompagné de ses avocats, Me Moussa Sarr, Me Youssouf Camara, Me Cheikh Niass et Me Amadou Diallo, Pape Sané a assuré qu’il avait maintenu l’intégralité de ses propos devant les enquêteurs et qu’il avait apporté toutes les preuves pour étayer ses révélations.

Lors de son audition, le journaliste a été invité à détailler les faits qu’il a avancés lors de son intervention médiatique. Il a affirmé avoir fourni des éléments concrets et expliqué en profondeur l’affaire pour laquelle il a été convoqué.

« Nous avons donné notre version du dossier et présenté toutes les preuves en notre possession. L’audition a duré plusieurs heures et, à la fin, on nous a demandé d’attendre que la hiérarchie soit informée », a-t-il déclaré à la presse à sa sortie du Palais de justice de Dakar.

Les enquêteurs ont également demandé à Pape Sané de révéler l’origine des documents qu’il détient sur cette affaire. Toutefois, fidèle à l’éthique journalistique et à la protection des sources, il a refusé de divulguer ses informateurs.

À l’issue de l’interrogatoire, Pape Sané a assuré que les enquêteurs ne lui avaient rien reproché et qu’aucune charge n’a été retenue contre lui.

« Ils m’ont signifié que je pouvais retourner chez moi, mais que je reste à la disposition de la justice », a-t-il précisé.

Cette convocation intervient dans un climat de tension entre certains journalistes et les autorités, alors que plusieurs enquêtes sensibles sur des affaires politico-financières secouent l’actualité nationale.

L’audition de Pape Sané relance le débat sur la protection des journalistes et leur capacité à enquêter sur des sujets sensibles sans subir de pressions judiciaires. Son cas sera suivi de près par les organisations de défense des libertés de la presse, alors que le Sénégal a récemment fait face à plusieurs tensions entre médias et pouvoir.

«Mine de diamants», «achat d’armes» : ce que Me Moussa Diop a dit aux enquêteurs

Me Moussa Diop a été placé en garde à vue ce lundi 11 décembre après ses déclarations explosives à propos d’un contrat nébuleux d’exploitation d’une mine de diamants dans le Nord du Sénégal et impliquant le Président Macky Sall, l’industriel Jean-Claude Mimran, le bras droit de ce dernier, Mamadou Diagna Ndiaye, et l’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye, notamment. D’après Libération, qui donne l’information, l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk, est poursuivi pour actes de nature à jeter le discrédit sur les institutions de la République et diffusion de fausses nouvelles.

Le journal indique que face aux enquêteurs, Me Moussa Diop a réitéré ses graves accusations. Mieux, souffle la même source, il a remis aux policiers de la Sureté urbaine (SU) des documents qui seraient les preuves de ses dires. Il s’agit d’un connaissement, pour le présumé achat d’armes par la Présidence, et de ceux qu’il avait brandis lors de sa conférence de presse de samedi.

Selon Libération, Me Moussa Diop a refusé de dévoiler l’origine de ces documents. 
avec Seneweb

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