Cybersécurité : un enseignant du Lycée Delafosse interpellé pour propos jugés subversifs contre le Procureur

Djiby Ndiaye, coordonnateur du Nouveau Front Force Alternative (NFFA) et professeur au Lycée Maurice Delafosse, a été placé en garde à vue ce lundi 30 juin 2025 par les éléments de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC).

Selon le quotidien Libération, cette interpellation fait suite à une autosaisine du parquet qui a demandé son arrestation après la diffusion sur le réseau social TikTok d’une vidéo devenue virale. Dans cette séquence, l’enseignant est accusé d’avoir tenu des propos particulièrement virulents visant directement le Procureur, mais aussi de manière plus large les institutions judiciaires du Sénégal.

Djiby Ndiaye est notamment poursuivi pour incitation à la révolte, outrage à magistrat et propos de nature à jeter le discrédit sur les institutions de la République. Ces accusations, jugées graves par les autorités judiciaires, interviennent dans un contexte de vigilance accrue des services de cybersécurité face à la prolifération de contenus considérés comme subversifs ou diffamatoires sur les réseaux sociaux.

Pour rappel, la Division spéciale de la cybersécurité, rattachée à la Police nationale, s’est récemment illustrée par une série d’interpellations visant des influenceurs, activistes ou simples internautes accusés d’atteintes à la sûreté de l’État, de diffusion de fausses nouvelles ou de cyberharcèlement.

L’enseignant, dont la garde à vue peut durer 48 heures renouvelables, devrait être déféré au parquet à l’issue de l’enquête préliminaire. Cette affaire ravive le débat sur la liberté d’expression et ses limites, alors que les réseaux sociaux sont devenus un terrain privilégié d’expression politique et militante.

En attendant d’éventuelles poursuites judiciaires, cette arrestation suscite déjà des réactions au sein des milieux syndicaux et associatifs, qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme une dérive répressive visant à intimider les voix dissidentes.

Vélingara : l’enseignant Abou Djiba libéré provisoirement après des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles

Vélingara, 6 mai 2025 – L’enseignant Abou Djiba, affecté à l’école Saré Bodjo dans le département de Vélingara, a été remis en liberté provisoire ce mardi, après avoir été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles en lien avec un accident tragique survenu samedi dernier. Le drame s’est produit lors d’un voyage pédagogique impliquant des élèves du collège de Saré Coly et leur professeur, dont le véhicule est entré en collision avec un camion. L’accident a causé la mort de deux personnes, dont une élève.

Abou Djiba avait relayé sur les réseaux sociaux un bilan initialement erroné de huit morts, avant de supprimer rapidement sa publication. Il a reconnu avoir diffusé cette information par erreur, soulignant qu’il s’agissait d’une méprise de bonne foi. Son acte a néanmoins conduit à son interpellation et son déferrement devant le parquet ce mardi, en même temps que le chauffeur du camion impliqué dans l’accident.

Sur les ondes de la RFM, un collègue enseignant, M. Seck, a confirmé la libération provisoire de M. Djiba, tout en remerciant la communauté éducative pour sa solidarité. « Notre collègue Abou Djiba a été finalement libéré. Son jugement est prévu pour le 14 de ce mois. Je remercie tous les enseignants et toute la communauté éducative pour leur engagement. Cela illustre la solidarité forte qui unit notre corporation », a-t-il déclaré.

Malgré cette décision, les syndicats d’enseignants restent mobilisés. Ils jugent la procédure engagée contre leur collègue injuste et estiment que sa liberté provisoire n’est qu’un soulagement temporaire. « Cette liberté provisoire ne nous fera pas dormir. Nous restons déterminés à nous battre pour que M. Djiba recouvre pleinement sa liberté. Nous appelons à une mobilisation accrue face à cette situation », a ajouté M. Seck.

En signe de protestation, une grève des enseignants a été décrétée pour ce mercredi, à l’appel des principaux syndicats du secteur. Cette mobilisation vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une criminalisation abusive de la parole d’un enseignant ayant simplement relayé une information dans un contexte de choc émotionnel.

Viol suivi de grossesse : Une élève confronte son enseignant devant le juge

Le Tribunal de grande instance de Tambacounda se prépare à rendre son verdict le 28 février prochain dans le procès d’O. Sow, enseignant âgé de 41 ans au moment des faits, accusé de viol suivi de grossesse sur son élève T. D., aujourd’hui âgée de 18 ans. Le prévenu risque une peine de 10 ans de prison.

Le mis en cause, qui a été incarcéré en 2018 avant de bénéficier d’une liberté provisoire après 5 ans de détention, a comparu devant le juge hier. Lors de l’audience, la plaignante a confronté son ancien enseignant en présentant une photo de son bébé, un garçon, aux juges et au procureur. Elle a également fourni une description détaillée de la chambre de l’enseignant.

Toutefois, O. Sow maintient son innocence et affirme que son élève n’a jamais franchi le seuil de sa chambre, où il lui donnait des cours particuliers. Il a donc demandé aux juges la réalisation de tests ADN, dont les résultats sont toujours en attente.

Les faits remontent au 5 juillet 2028, lorsque M. Diop, le père de la plaignante et carreleur de profession, a été alerté par son épouse de l’absence de règles chez leur fille T. D., élève en CM2, depuis plus d’un mois. Le père a immédiatement emmené sa fille à l’hôpital, où une échographie a révélé sa grossesse, choquant profondément sa mère.

Ce procès a suscité une forte émotion dans la région, mettant en lumière la nécessité de protéger les mineurs contre les abus et soulignant l’importance d’une justice équitable dans de tels cas de violence sexuelle.

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