Au 23e jour de la guerre au Moyen-Orient, le conflit connaît une intensification marquée, caractérisée par des frappes spectaculaires et une montée des menaces visant des infrastructures critiques. La crise a franchi un nouveau seuil dimanche, lorsque Donald Trump a lancé un ultimatum direct à l’Iran, exigeant la réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai de 48 heures. Dans un message publié sur la plateforme Truth Social, il a averti que les États-Unis pourraient frapper des infrastructures énergétiques majeures, notamment les centrales électriques iraniennes, en commençant par la plus importante du pays en cas de refus.
Téhéran n’a pas tardé à réagir, adoptant une posture ferme face à cette menace. Les autorités iraniennes ont annoncé qu’elles pourraient cibler en représailles des installations énergétiques, des systèmes de technologies de l’information ainsi que des unités de dessalement d’eau dans plusieurs pays de la région. Cette réponse souligne la volonté de l’Iran d’élargir le champ du conflit et d’exercer une pression stratégique sur ses adversaires.
Sur le terrain, les hostilités se sont traduites par une série de frappes en Israël . Samedi, la ville de Dimona, connue pour abriter un centre stratégique de recherche nucléaire, a été visée par des missiles iraniens. L’attaque a fait une trentaine de blessés, dont un enfant dans un état critique. Peu après, la ville d’Arad a également été frappée, faisant 84 blessés, dont plusieurs dans un état grave. Les témoignages des habitants évoquent des scènes de panique, des destructions importantes et une population prise de court par la violence des bombardements.
Face à cette situation, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décrit la soirée comme « très difficile dans la bataille pour notre futur ». Il a réaffirmé la détermination de son gouvernement à poursuivre les opérations militaires et à frapper ses ennemis sur tous les fronts, laissant présager une poursuite, voire une intensification des combats dans les jours à venir.
L’un des éléments les plus préoccupants de cette escalade réside dans la mise en cible d’infrastructures liées au nucléaire. Le site de Dimona, déjà touché au début du mois, n’aurait toutefois enregistré aucune fuite radioactive selon les autorités iraniennes. De son côté, Agence internationale de l’énergie atomique a appelé à une retenue militaire maximale afin d’éviter tout incident susceptible de provoquer une catastrophe nucléaire aux conséquences régionales et mondiales.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes depuis le lancement, le 28 février, d’une offensive conjointe menée par les États-Unis et Israël, visant à contrer ce qu’ils considèrent comme une menace nucléaire iranienne. Cette stratégie semble désormais avoir ouvert la voie à un cycle de représailles de plus en plus directes.
Parallèlement, la crise s’étend au-delà des zones de combat immédiates. Dimanche, l’Iran a lancé trois missiles balistiques en direction de Riyad. Si l’un a été intercepté, les deux autres ont atteint des zones inhabitées. Les Émirats arabes unis ont également signalé des attaques par drones et missiles. À proximité du détroit d’Ormuz, un projectile non identifié a explosé près d’un navire marchand au large de Charjah, sans faire de victimes mais accentuant les inquiétudes quant à la sécurité maritime.
Cette montée des tensions fragilise considérablement l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part importante du commerce mondial de pétrole et de gaz, est désormais au cœur des préoccupations internationales. Plusieurs puissances, dont les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, la France et le Japon, ont exprimé leur disponibilité à participer à des efforts visant à sécuriser cette voie maritime essentielle.
Dans ce climat d’incertitude, la Commission Européenne a invité les États membres à revoir leurs objectifs de stockage de gaz pour l’hiver prochain, signe que les répercussions du conflit dépassent largement la région et pourraient affecter durablement les marchés énergétiques mondiaux.