Glissement de terrain en Éthiopie : Le bilan s’alourdit à 257 morts, les opérations de secours continuent

Un glissement de terrain dévastateur a frappé le sud de l’Éthiopie, causant la mort d’au moins 257 personnes selon les dernières informations fournies par l’agence humanitaire des Nations Unies (Ocha) dans un rapport publié le 25 juillet. Les autorités redoutent que le nombre de victimes puisse atteindre jusqu’à 500 décès.

Ce tragique événement s’est produit dans une région difficile d’accès, compliquant les efforts de secours. L’Ocha rapporte que les opérations de secours se poursuivent malgré des conditions extrêmement difficiles. « Les habitants creusent principalement à mains nues ou avec des pelles, faute d’autres options, » indique le rapport de situation.

En raison de la gravité de la situation, le gouvernement éthiopien, en collaboration avec les autorités locales, a mis en place un plan d’évacuation d’urgence. Plus de 15 500 personnes, dont au moins 1 320 enfants de moins de cinq ans et 5 293 femmes enceintes et allaitantes, vivant aux alentours, sont en cours d’évacuation.

L’Ocha souligne que la zone affectée présente encore « un risque élevé de nouveaux glissements de terrain et doit être évacuée immédiatement. » Cette situation critique nécessite une intervention rapide pour prévenir de nouvelles tragédies et protéger les vies humaines.

Les efforts de secours et les évacuations se poursuivent, mais la communauté internationale est appelée à fournir une assistance urgente pour soutenir les opérations en cours et répondre aux besoins des populations déplacées.

La Somalie «annule» l’accord maritime entre l’Éthiopie et le Somaliland

Les tensions montent dans la Corne de l’Afrique. Le président somalien a annoncé samedi 6 janvier au soir avoir signé une loi pour « annuler » un accord maritime entre l’Éthiopie et la région séparatiste du Somaliland. Ce dernier s’est autoproclamé indépendant de la Somalie, en 1991, mais n’est pas reconnu par la communauté internationale.

Signé le 1er janvier, le protocole d’accord signé entre le Somaliland et l’Éthiopie doit accorder un accès maritime à Addis-Abeba, mais Mogadiscio le juge « illégal » et allant à l’encontre de sa souveraineté. « Cette loi illustre notre détermination à protéger notre unité, notre souveraineté et notre intégrité territoriale », a déclaré sur X (ex-Twitter) le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. Une loi qui « annule », selon lui, le protocole d’accord entre Addis-Abeba et Hargeisa, qu’il considère comme « illégal ».

La portée de cette loi semble toutefois symbolique. La région séparatiste du Somaliland a son propre gouvernement depuis 1991, imprime sa propre monnaie et délivre ses propres passeports. Bien que la Somalie conteste fortement sa revendication d’indépendance, elle a en réalité peu de mainmise sur les affaires de l’État autoproclamé. L’absence de reconnaissance internationale maintient toutefois le Somaliland dans un certain isolement.

Le compromis signé le 1er janvier entend octroyer à l’Éthiopie, pays enclavé, un accès à une bande de vingt kilomètres sur les côtes du Somaliland pour une durée de 50 ans. Hargeisa a affirmé qu’en échange, l’Éthiopie reconnaîtrait officiellement le Somaliland comme État indépendant. Addis-Abeba ne l’a pas confirmé, mais a indiqué dans un communiqué « qu’une évaluation approfondie » serait menée pour prendre position.

Dès son annonce, le protocole d’accord a été vivement rejeté par Mogadiscio qui a dénoncé un « acte d’agression ».

Cette hausse des tensions inquiète aussi la communauté internationale. Les États-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine, mais aussi la Ligue arabe, l’Égypte ou encore la Turquie ont appelé au respect de la souveraineté de la Somalie.

Éthiopie : les autorités du Tigré mettent en garde contre une famine imminente

Les autorités de la région éthiopienne du Tigré ont mis en garde vendredi contre une famine imminente, due à la sécheresse et aux effets persistants de la guerre qui a opposé pendant deux ans le gouvernement fédéral à cette région du nord du pays.

La famine est imminente au Tigré. Les autorités de cette région du nord de l’Éthiopie ont averti vendredi 29 décembre qu’une famine, due à la sécheresse et aux effets persistants de la guerre avec le gouvernement fédéral, qui a duré entre 2020 et 2022, menaçait la quasi-totalité des habitants.

Plus de 91 % de la population du Tigré est « exposée au risque de famine et de mort », a déclaré sur X Getachew Reda, le président de l’administration intérimaire de la région, en appelant à l’aide le gouvernement éthiopien et la communauté internationale.

Le dirigeant du Tigré est allé jusqu’à comparer la situation à la famine des années 1980, qui fit environ un million de morts en Éthiopie. Son administration a déclaré la situation d’urgence dans les zones sous son contrôle, mais dispose de ressources limitées pour gérer la crise, a-t-il expliqué.

« Le gouvernement éthiopien et la communauté internationale ont fait leur part pour faire taire les armes. Ils doivent désormais faire leur part pour faire face à la catastrophe humanitaire imminente », a lancé Getachew Reda.

« Depuis la signature de l’accord de Pretoria, des milliers de Tigréens sont déjà morts par manque de nourriture », a-t-il assuré, en référence à l’accord de paix de novembre 2022 qui a mis fin à la guerre entre les rebelles de la région et les troupes d’Addis Abeba.

L’aide alimentaire a été « rétablie sur une base limitée »

La situation sur le terrain dans le nord de l’Éthiopie ne peut être vérifiée de manière indépendante, car l’accès des médias au Tigré est restreint par le gouvernement fédéral.

Pour Getachew Reda, le risque de famine imminente est dû aux effets de la guerre, qui a provoqué des déplacements massifs et la destruction des établissements de santé, ainsi qu’à une sécheresse suivie de pluies destructrices. À ces deux facteurs s’ajoute cette année la suspension temporaire de l’aide des États-Unis et du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU. 

En effet, l’USAID et le PAM ont interrompu en juin toute aide alimentaire à destination de l’Éthiopie au motif de détournements fréquents, et leurs livraisons ne reprennent que lentement.

« Bien que l’aide ait été rétablie sur une base limitée, ce qui parvient aux nécessiteux n’est qu’une fraction de ce qui serait nécessaire pour répondre aux besoins actuels », a déclaré Getachew Reda.

Dans un communiqué publié le 22 décembre, l’agence de l’ONU chargée de la coordination humanitaire avait déjà mis en garde contre le risque d’une détérioration de la situation alimentaire au Tigré jusqu’en mai 2024.

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