Gambie : Yahya Jammeh exclut un député dissident de son parti et réaffirme son influence politique

L’ancien président gambien Yahya Jammeh, en exil en Guinée équatoriale depuis 2017, a annoncé l’exclusion du député Bakary Badjie de son parti, l’Alliance pour la réorientation et la construction patriotiques (APCR). Cette décision fait suite à l’annonce par M. Badjie de sa candidature à l’élection présidentielle de 2026.

Malgré son exil forcé après 22 ans à la tête de la Gambie, Yahya Jammeh continue d’exercer une influence sur la politique nationale. Fin janvier, il avait affirmé son intention de reprendre la tête de son parti et de “revenir” sur la scène politique, sans donner plus de précisions. Son dernier message audio, consulté par l’AFP, illustre encore son rôle dans la gestion de l’APCR.

L’exclusion de Bakary Badjie a été annoncée avec “effet immédiat” dès le 24 février. M. Jammeh a justifié cette décision en affirmant qu’aucun membre du parti ne devait “suivre son intérêt égoïste au lieu de travailler pour les intérêts du pays”. Il a également insisté sur la nécessité pour les membres de l’APCR de rester unis et de ne pas privilégier leurs ambitions personnelles.

Bakary Badjie, 40 ans, appartient à une faction dissidente de l’APCR. Son soutien à une proposition de loi visant à lever l’interdiction de l’excision et des mutilations féminines, en vigueur depuis 2015, a suscité des controverses. Ce projet de loi a finalement été rejeté par le Parlement en juillet 2024, mais il a marqué un clivage au sein de la classe politique gambienne.

L’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle de 2026 a probablement contribué à son exclusion du parti, alors que Yahya Jammeh tente de conserver son emprise sur l’APCR.

Pendant que Yahya Jammeh s’accroche à son influence politique, son passé reste une menace pour son avenir. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) soutient la création d’un tribunal spécial chargé de juger les crimes commis sous son régime.

En 2022, le gouvernement gambien avait approuvé les recommandations d’une commission qui a enquêté sur les atrocités perpétrées sous le régime Jammeh. Soixante-dix personnes, dont l’ancien président lui-même, devraient être poursuivies en justice.

La Gambie, pays de deux millions d’habitants et parmi les 20 nations les moins développées au monde selon l’ONU, reste marquée par les séquelles de la dictature. Alors que l’échéance de 2026 approche, le rôle que jouera Yahya Jammeh dans la politique gambienne continue de soulever des interrogations.

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