À l’occasion de la Journée mondiale de la pêche 2025, célébrée chaque 22 novembre, l’International Transport Workers’ Federation (ITF) a organisé, ce mardi à l’hôtel Axil, un atelier consacré aux défis majeurs du secteur halieutique. En présence du directeur de cabinet du ministre de la Pêche, de nombreux syndicalistes ainsi que de partenaires techniques et financiers, Bayla Sow, secrétaire régional adjoint de l’ITF, a appelé à une mobilisation internationale contre la pêche illicite et pour la défense des droits des travailleurs de la mer. Il a, à cette occasion, déposé sur la table du directeur de cabinet Fatou Diouf une série de revendications prioritaires. Ce dernier s’est réjoui de la démarche et a promis une collaboration étroite avec le ministère.
Face au directeur de cabinet du ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, l’ITF a mis en lumière les difficultés persistantes qui frappent les pêcheurs. Bayla Sow a dénoncé les pratiques abusives qui perdurent dans le secteur, rappelant que le travail forcé y est encore trop répandu. Selon lui, les pêcheurs sont non seulement mal rémunérés, mais aussi exposés à des environnements extrêmement dangereux, ce qui justifie l’exigence de normes minimales en matière de sécurité, de salaires et de conditions de travail. Il a également insisté sur la nécessité d’une meilleure structuration syndicale afin de renforcer les capacités de négociation collective des travailleurs.
L’ITF estime par ailleurs que les acteurs de la chaîne d’approvisionnement doivent être tenus responsables des violations des droits humains et des normes professionnelles constatées dans le secteur. Elle préconise une approche globale permettant à la fois de protéger les océans et de garantir un avenir viable aux communautés de pêcheurs. « Le secteur de la pêche est l’un des plus vulnérables à l’exploitation humaine. En parallèle, des mouvements comme la Journée mondiale pour la fin de la pêche appellent à l’abolition de la pêche et des élevages aquacoles pour des raisons éthiques et écologiques. Cette dualité souligne les tensions entre justice sociale pour les travailleurs et préoccupations environnementales », a rappelé Bayla Sow.
Le directeur de cabinet du ministre de la Pêche, Mamadou, a salué la représentativité de l’ITF, particulièrement influente dans le secteur maritime. Au nom de la ministre Fatou Diouf, il a assuré que le Sénégal continuera de défendre les droits des travailleurs tout en veillant à la préservation du patrimoine halieutique. Il a rappelé que l’une des premières décisions de la ministre a été la publication de la liste des navires de pêche, une mesure qui constitue, selon lui, une avancée notable dans la gouvernance du secteur. Il a assuré que le ministère poursuivrait sur cette lancée afin d’améliorer durablement les conditions de travail et les mécanismes de régulation.
Au cours de son intervention, Bayla Sow a également dénoncé les ravages de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), qui compromet non seulement les écosystèmes marins, mais aussi la survie économique des pêcheurs. Il a appelé à la création d’une alliance internationale contre la pêche INN, rappelant que les travailleurs de la mer sont souvent les premières victimes de ces pratiques, exposés à des conditions précaires et parfois à une exploitation sévère. Pour lui, la justice sociale et la durabilité environnementale doivent aller de pair : « Sauver les océans, c’est aussi sauver les travailleurs », a-t-il affirmé avec force.
En clôturant la rencontre, Bayla Sow a rappelé que l’ITF n’est pas un acteur marginal, mais une organisation de premier plan représentant plus de 18 millions de travailleurs dans 150 pays. Il a souligné que l’action de la Fédération dans le secteur de la pêche vise à rééquilibrer le rapport de force entre les grandes entreprises exploitantes et les communautés locales, en promouvant des normes équitables, une gouvernance transparente et une véritable protection des travailleurs.