Mbour : un réseau de faux documents administratifs démantelé par la Sûreté urbaine

La police de Mbour a frappé un grand coup contre la fraude documentaire. Les éléments de la Sûreté urbaine du commissariat central de Mbour, sur la Petite-Côte, ont démantelé un réseau de fabrication et de vente de faux documents administratifs, notamment des Certificats de mise en consommation (CMC). Deux individus ont été arrêtés dans cette affaire qui met en lumière un système organisé de falsification destiné à faciliter des démarches illégales contre paiement.

Les suspects interpellés sont Modou Rokhaya Fall, un restaurateur domicilié à Saly Carrefour, et Amad Diop, un mécanicien résidant à Guinaw-Rails. D’après les premières informations, Modou Rokhaya Fall serait le cerveau de ce réseau artisanal mais bien rodé. Il aurait mis en place un véritable trafic de faux documents administratifs, fabriqués à partir de modèles authentiques, et vendus à des particuliers souhaitant contourner les procédures légales.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement exploité par la Sûreté urbaine, selon lequel le restaurateur s’adonnait à la production de faux CMC, documents officiels utilisés notamment dans le cadre de la régularisation de véhicules importés. Contre une somme d’argent, il proposait à ses “clients” des certificats falsifiés censés provenir des autorités compétentes.

Une opération de filature et de surveillance a alors été montée par les enquêteurs. Celle-ci a permis d’intercepter Amad Diop, le complice présumé, au moment où il venait tout juste de récupérer un faux CMC fabriqué par Modou Rokhaya Fall. Les policiers ont ensuite procédé à l’arrestation du principal suspect, qui n’a pas tardé à reconnaître les faits lors de son interrogatoire.

Une perquisition effectuée à son domicile a permis aux enquêteurs de mettre la main sur un important lot de documents falsifiés, dont sept faux certificats de mise en consommation, ainsi que du matériel servant à leur confection. Ces éléments matériels viennent conforter les charges de faux et usage de faux en documents administratifs et de complicité retenues contre les deux hommes.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Mbour, en attendant leur présentation devant le parquet pour la suite de la procédure judiciaire. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’étendue réelle du réseau et à identifier d’éventuels complices ou bénéficiaires de ces faux documents.

Cette affaire relance le débat sur la prolifération des faux documents administratifs au Sénégal, un phénomène qui mine la crédibilité de l’administration et favorise diverses formes de fraude. Les autorités de Mbour, tout en saluant le professionnalisme des forces de l’ordre, ont appelé à une vigilance accrue et à un renforcement des contrôles sur la délivrance et la vérification des pièces officielles, afin de mieux protéger les citoyens et l’État contre ce type de dérives.

Khardiatou Tandia et le scandale du FAISE : Une nouvelle affaire de faux documents

L’affaire de la lettre de recommandation attribuée au Premier ministre en faveur de Khardiatou Tandia, révélée hier par la presse, a pris une tournure judiciaire après la découverte d’un cas présumé de faux et usage de faux en écriture publique. Ce scandale met en lumière le degré d’audace et d’ingéniosité dont certains individus font preuve pour obtenir des privilèges indus.

Au cœur de cette affaire, Khardiatou Tandia est accusée d’avoir présenté un faux courrier confidentiel attribué au Premier ministre, dans le but d’obtenir des avantages au sein du Fonds d’appui aux initiatives des Sénégalais de l’étranger (FAISE). Ce document, minutieusement fabriqué avec un cachet, une numérotation et une signature crédibles, recommandait son intégration avec des privilèges spéciaux, la présentant comme une proche collaboratrice du chef du gouvernement.

La tentative de fraude n’a toutefois pas échappé aux autorités. Après vérification, il s’est avéré que le document était un faux. L’affaire a alors été confiée à la Division des investigations criminelles (DIC), qui a rapidement procédé à l’arrestation de Khardiatou Tandia ainsi que de son présumé complice, Chérif Zeynil Abidin Sy. Les deux suspects sont désormais entre les mains du procureur et risquent des poursuites pour faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que pour complicité.

Ce n’est pas la première fois que Khardiatou Tandia se retrouve mêlée à une affaire de falsification de documents. En 2022, son nom était déjà cité dans un dossier de falsification de documents à l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX), impliquant l’obtention de visas à l’aide de passeports de service falsifiés.

Cette affaire pose une question essentielle : comment une personne avec un tel passif a-t-elle pu se retrouver à nouveau impliquée dans des fonctions administratives ? Ce scandale relance le débat sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de vérification des documents officiels afin d’éviter que de telles fraudes ne se reproduisent.

Alors que l’enquête suit son cours, cette affaire vient rappeler l’urgence d’une vigilance accrue face aux tentatives de manipulation et d’usurpation au sein des institutions publiques.

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