Financement du Sénégal : un second trimestre sous tension maîtrisée sur le marché régional

Le premier trimestre 2026 aura été un véritable test de résistance pour les finances publiques sénégalaises. Dans un contexte de fortes incertitudes, marqué par des spéculations sur un possible défaut de paiement, notamment sur les eurobonds, l’État a finalement rassuré en honorant l’ensemble de ses engagements. Cette performance a contribué à atténuer les inquiétudes des investisseurs, même si les conditions d’accès aux marchés internationaux restent nettement dégradées.

Privé en grande partie de financements extérieurs compétitifs, le Sénégal a dû se replier sur le marché régional de la dette. Cette stratégie s’est révélée efficace au cours des trois premiers mois de l’année, avec une mobilisation de 1068,6 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine, dépassant largement l’objectif initial fixé à 808 milliards. Ce recours accru au marché régional illustre à la fois la résilience des autorités financières, mais aussi les contraintes pesant sur la signature souveraine du pays.

Pour le deuxième trimestre, le gouvernement adopte une posture plus mesurée. Selon le calendrier des émissions publié par Umoa-Titres, le Sénégal prévoit de lever 658 milliards de FCFA entre avril et juin 2026. Cette enveloppe sera répartie entre 210 milliards de FCFA en Bons assimilables du Trésor, instruments de court terme, et 448 milliards de FCFA en Obligations assimilables du Trésor, destinées à des maturités plus longues. Cette orientation traduit une volonté de mieux structurer la dette, en allongeant progressivement sa durée et en limitant les pressions de refinancement à court terme.

À l’échelle régionale, la dynamique reste soutenue. Les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ambitionnent de mobiliser un total de 3075,5 milliards de FCFA sur la période. La Côte d’Ivoire se distingue une nouvelle fois comme le principal émetteur, avec un objectif de 980 milliards de FCFA, confirmant son rôle moteur sur le marché régional des capitaux.

Toutefois, la situation du Sénégal demeure particulièrement sensible. La question de la dette, relancée par les révélations sur une dette dite cachée, continue de peser lourdement sur les perspectives économiques. Le Fonds monétaire international a ainsi réévalué le taux d’endettement du pays à 132 % du produit intérieur brut, entraînant la suspension de son programme de coopération avec Dakar. À ce jour, aucun nouvel accord n’a encore été conclu, ce qui limite davantage les marges de manœuvre financières de l’État.

Dans ce contexte, le marché financier de l’Umoa s’impose comme une bouée de sauvetage incontournable. Le Sénégal prévoit d’y mobiliser au total 4132 milliards de FCFA en 2026, dont 2752 milliards via les émissions de titres publics. Les résultats du premier trimestre, jugés satisfaisants, offrent une base encourageante pour la suite de l’année, même si les défis restent nombreux.

Don d’organes au Sénégal : le programme national de transplantation à l’arrêt faute de financement

À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, célébrée ce 17 octobre, le Sénégal fait face à une situation préoccupante. Le programme national de transplantation, pourtant porteur d’espoir pour des centaines de patients en attente de greffe, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faute de moyens financiers suffisants.

Le pays dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel à travers le Conseil national du Don et de la Transplantation (CNDT), structure placée sous la tutelle du ministère de la Santé et chargée de superviser les opérations de greffe, notamment rénales et de cornée. Cependant, selon son directeur, le Professeur Farika, les activités du programme sont suspendues depuis 2024, en raison de l’absence de financement durable.

« Depuis 2024, aucune transplantation n’a pu être réalisée. Le principal problème, c’est le financement. La transplantation coûte cher et la majorité des patients sont des indigents qui ne peuvent pas supporter de telles dépenses », a déploré le Pr Farika.

Le programme, lancé avec enthousiasme après la réussite des quatre premières transplantations rénales effectuées au Sénégal, s’est rapidement essoufflé. Les demandes continuent pourtant d’affluer de tout le pays. « Chaque jour, nous recevons des appels, des visites, des familles désespérées qui demandent de l’aide, mais nous ne pouvons rien faire tant qu’un mécanisme de financement pérenne n’est pas mis en place », a-t-il ajouté.

Le professeur a également tenu à rappeler que la transplantation est économiquement plus avantageuse que la dialyse sur le long terme. « Si vous comparez le coût des deux traitements sur dix ans, un patient transplanté revient à environ 50 millions de francs CFA, alors qu’un dialysé coûte presque le double, soit près de 100 millions », a-t-il précisé, soulignant ainsi l’importance d’investir dans le don et la greffe d’organes pour réduire les dépenses de santé publique.

Au-delà de l’aspect financier, le CNDT poursuit son travail de sensibilisation sur le don d’organes, une pratique encore marquée par des réticences culturelles et religieuses. La Journée mondiale du don d’organes constitue à cet égard un moment clé pour informer les populations, encourager les discussions au sein des familles et promouvoir la solidarité à travers le don posthume ou de son vivant.

Malgré les difficultés, le Pr Farika garde espoir. « Les autorités sont en train de travailler pour trouver une solution. Nous espérons pouvoir reprendre les transplantations avant la fin de l’année 2025 », a-t-il déclaré, confiant dans la volonté de l’État de relancer ce programme vital.

Le redémarrage du programme national de transplantation représente un enjeu crucial pour le système de santé sénégalais, qui ambitionne de réduire sa dépendance vis-à-vis des évacuations sanitaires et de renforcer l’autonomie médicale du pays. Pour de nombreux patients en attente, il s’agit avant tout d’une question de survie.

Côte d’Ivoire – Le FMI valide un appui financier de près de 471 milliards Fcfa

La Côte d’Ivoire vient d’obtenir l’aval du Fonds monétaire international (FMI) pour renforcer son programme économique et financier. Les services de l’institution et les autorités ivoiriennes ont conclu un accord technique sur la cinquième revue des accords au titre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur la quatrième revue du Fonds pour la résilience et la durabilité (FRD). Cet accord, qui sera soumis à l’approbation formelle du Conseil d’administration, devrait permettre au pays de bénéficier de deux nouveaux décaissements pour un montant global d’environ 843,9 millions de dollars, soit près de 471 milliards de francs CFA.

Selon le FMI, la Côte d’Ivoire a réalisé des progrès considérables dans la correction des déséquilibres macroéconomiques, la consolidation des réserves régionales et la promotion de la transformation structurelle de son économie. Olaf Unteroberdoerster, chef de mission du FMI, a salué la performance budgétaire ivoirienne, indiquant qu’en 2025, le déficit budgétaire atteindra le seuil de 3 % du PIB, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA. Pour la première fois depuis le lancement du programme en 2023, le pays respecte ainsi le plafond fixé au niveau communautaire.

Cette discipline budgétaire est renforcée par une stratégie ambitieuse de mobilisation des recettes fiscales. Celles-ci devraient passer de 15 % du PIB en 2025 à 15,7 % en 2026, offrant à l’État une marge accrue pour investir dans les infrastructures et les secteurs sociaux prioritaires, conformément au Programme national de développement.

L’accord intègre également une dimension environnementale à travers le Fonds pour la résilience et la durabilité. Les discussions ont porté sur l’intégration des enjeux climatiques dans la gestion budgétaire et la planification des investissements publics. Les autorités ivoiriennes ont ainsi initié des réformes portant sur le marquage des dépenses liées au climat, l’évaluation des risques budgétaires climatiques et la mise en œuvre d’audits énergétiques. L’objectif est de renforcer la résilience de l’économie aux chocs climatiques et de garantir une trajectoire de croissance durable.

Sur le plan économique, la Côte d’Ivoire affiche des perspectives solides. La croissance devrait atteindre 6,3 % en 2025, soutenue par la vitalité des services, des hydrocarbures et des mines. L’inflation, en baisse plus rapide que prévu, devrait se stabiliser à 1 % en moyenne cette année, tandis que le déficit courant sera ramené à 1,5 % du PIB grâce à l’amélioration des termes de l’échange, portée par la hausse des cours du cacao et la baisse des prix internationaux du riz et du blé.

Cette dynamique a permis de consolider les réserves officielles de la région, qui couvraient 5,5 mois d’importations à fin août 2025. Pour le FMI, la Côte d’Ivoire reste un pilier de la stabilité macroéconomique en Afrique de l’Ouest, avec des perspectives à moyen terme prometteuses : une croissance attendue de 6,7 % en moyenne et une inflation maintenue sous les 3 %, en ligne avec les objectifs régionaux.

Toutefois, des incertitudes persistent. L’économie demeure vulnérable aux chocs extérieurs, aux tensions géopolitiques mondiales et aux aléas climatiques. Le FMI souligne néanmoins que les perspectives restent « globalement équilibrées ».

Durant sa mission à Abidjan, l’équipe du FMI a rencontré le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, le Premier ministre Robert Beugré Mambé, plusieurs membres du gouvernement ainsi que des responsables de la BCEAO. Ces échanges ont réaffirmé la volonté des autorités ivoiriennes de maintenir une politique budgétaire prudente et de poursuivre des réformes structurelles orientées vers une croissance inclusive et durable.

Sénégal : un nouveau Code des impôts pour stimuler un financement endogène de l’économie

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa politique fiscale. Le jeudi 18 septembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi modifiant le Code général des impôts, marquant ainsi une étape majeure dans la modernisation du dispositif fiscal du pays. Cette réforme, inscrite dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), entend répondre aux mutations de l’économie nationale et aux nouveaux défis liés à la digitalisation et à l’évolution des modes de consommation.

L’ambition affichée par le gouvernement est de taille : élargir l’assiette fiscale, moderniser les mécanismes de recouvrement et garantir une meilleure cohérence dans l’application de l’impôt, tout en évitant une hausse des taux globaux. Il s’agit, selon le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, de poser les bases d’un financement endogène solide, capable de soutenir la croissance et de réduire la dépendance extérieure.

La réforme cible plusieurs secteurs considérés comme stratégiques ou sensibles. Les transferts d’argent, activité devenue incontournable avec la montée en puissance du mobile money, sont désormais soumis à une taxe spécifique de 0,5 % par transaction, plafonnée à 2 000 francs CFA. Cette mesure, bien que présentée comme un outil de mobilisation de ressources, suscite des inquiétudes quant à ses effets sur l’inclusion financière. Certains députés redoutent en effet qu’elle incite les populations à revenir au cash, ce qui pourrait freiner la dynamique de digitalisation des paiements.

Le secteur des jeux de hasard est également visé par un durcissement fiscal. Désormais, les opérateurs seront taxés à hauteur de 20 % de leurs revenus, tandis que les gains des joueurs feront l’objet d’un prélèvement équivalent. Les parlementaires ont largement salué cette mesure, qu’ils perçoivent comme une action de « salubrité sociale », destinée à encadrer une activité souvent critiquée pour ses effets pervers sur les ménages les plus vulnérables.

La réforme touche aussi la fiscalité des produits jugés nocifs. Les taxes sur les alcools importés passent de 50 à 65 %, celles sur les boissons alcoolisées locales de 25 à 40 %, et la fiscalité sur le tabac grimpe de 70 à 100 %. Pour le gouvernement, ce renforcement constitue un instrument de régulation publique, visant à décourager les comportements à risque tout en augmentant les recettes fiscales.

En parallèle, le dispositif fiscal sur les véhicules importés a été élargi. Désormais, toutes les voitures de tourisme, quelle que soit leur catégorie, seront soumises à une taxation renforcée, une décision qui s’inscrit dans une logique de justice fiscale mais aussi de protection du marché intérieur. Le droit de timbre, auparavant limité aux transactions supérieures à 100 000 francs CFA, s’appliquera désormais à tous les paiements en espèces, renforçant ainsi le suivi des flux financiers.

En présentant la réforme, Cheikh Diba a insisté sur son double objectif : d’une part, mobiliser davantage de ressources pour financer les priorités nationales et, d’autre part, utiliser l’outil fiscal comme levier pour orienter les comportements économiques et sociaux. « Il s’agit d’impulser un financement endogène de notre économie, à travers la mobilisation performante des ressources fiscales », a-t-il déclaré devant les députés.

Toutefois, si certaines mesures ont recueilli un large consensus, notamment celles liées aux jeux de hasard et à la fiscalité sur l’alcool et le tabac, d’autres continuent de susciter des débats. La taxation des transferts d’argent cristallise particulièrement les inquiétudes, car elle touche directement les ménages et pourrait ralentir les efforts du pays pour renforcer son inclusion financière et digitale.

Cette réforme, adoptée par une large majorité des parlementaires, symbolise néanmoins la volonté de l’État de réorienter sa politique fiscale vers plus de souveraineté économique et de justice sociale, tout en tenant compte des mutations structurelles de l’économie sénégalaise.

Plan de redressement économique : Ousmane Sonko appelle les médias à diversifier leurs sources de financement

Le vendredi 1er août, lors de la présentation officielle du Plan de redressement économique au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à adresser un message clair et direct aux acteurs du secteur médiatique sénégalais. Interpellé par Moustapha Cissé, Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), sur la fragilité du modèle économique de la presse et les attentes envers l’État, le chef du gouvernement a réaffirmé une position sans équivoque : la viabilité du secteur ne peut pas reposer uniquement sur les subsides publics.

Face à des préoccupations portant sur la précarité économique et éditoriale, la Convention État-presse et le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), Ousmane Sonko a d’abord relativisé la place des médias dans le tissu économique et social national. « La presse est un acteur comme beaucoup d’autres, ni plus ni moins », a-t-il affirmé, tout en invitant les professionnels du secteur à explorer des modèles économiques autonomes. Il a soutenu que le financement de la presse devait reposer sur d’autres mécanismes plus solides et durables que l’aide de l’État.

Malgré cette posture tranchée, le Premier ministre s’est montré ouvert à la concertation. Il a proposé l’organisation d’assises ou de cadres de dialogue avec les professionnels de l’information pour discuter des réformes possibles. « Nous attendons les propositions du Synpics avec impatience, nous les examinerons. Mais la presse n’est pas plus importante que les éleveurs, les agriculteurs ou les pêcheurs », a-t-il martelé, pointant une certaine forme d’inégalité dans l’accès à l’aide publique entre secteurs.

Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la presse bénéficie déjà de certains avantages que d’autres secteurs n’ont pas. Il a mentionné la tribune permanente dont disposent les médias, et les subventions dont ils peuvent bénéficier, contrairement à d’autres domaines comme le transport ou la pêche. Selon lui, il est impératif que tous les acteurs économiques trouvent leur propre équilibre sans dépendre exclusivement de l’État.

« Il nous faut aujourd’hui travailler à un modèle qui permette à tous les acteurs de faire leur travail dans la sérénité, dans le respect des cahiers de charges, dans le respect de la déontologie », a-t-il insisté, avant d’assurer que le gouvernement resterait à l’écoute et prêt à accompagner toute dynamique constructive dans le secteur.

En guise de conclusion, Ousmane Sonko a rendu un hommage appuyé aux journalistes professionnels et rigoureux : « Je rends hommage à tous ces journalistes qui font correctement leur travail, qui sont professionnels, qui respectent la déontologie. Je leur rends hommage parce qu’il y en a, et fort heureusement. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°506 – 08/07/2025

🔴 PREMIER SEMESTRE 2025 / FINANCEMENT SUR LE MARCHÉ DE L’UEMO : LE SÉNÉGAL TRIPLE SA DETTE
🔴 « S’IL CHERCHE UNE OPPOSITION, LA VOILÀ ! » : AÏSSATA TALL SALL DÉFIE SONKO

🔴 AFROBASKET 2025 : 17 « LIONNES » AFFÛTENT LEUR JEU À SALY
🔴 PRÉPARATION DE L’AFROBASKET 2025 : LE COACH OTIS HUGHLEY INTÈGRE LA TANIÈRE DES LIONNES

Modèle économique et financement des médias : Les Assises proposent des réformes clés aux dirigeants

Les conclusions des Assises nationales des Médias viennent éclairer d’un jour nouveau les défis majeurs que traverse la presse sénégalaise. Lors de la restitution officielle, Mactar Silla, président du comité scientifique des Assises, a insisté sur l’urgence de bâtir un modèle économique viable, seul gage d’indépendance et de professionnalisation pour un secteur fragilisé par les mutations numériques et la crise de la distribution.

Parmi les propositions fortes émises par les participants figure la recommandation de porter le financement public du secteur médiatique à hauteur de 1 % du budget national. Cette enveloppe globale intégrerait non seulement le soutien aux médias publics, comme la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), le quotidien Le Soleil et le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI), mais aussi les ressources destinées au Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP).

Dans le même esprit, les Assises préconisent la création d’un Centre de Gestion Agréé des Médias, qui serait un dispositif d’accompagnement comptable, fiscal et social à destination des entreprises de presse dont le chiffre d’affaires est inférieur à 500 millions de francs CFA. Ce centre aurait vocation à sécuriser les finances des petites structures et à leur permettre de bénéficier d’exonérations fiscales spécifiques, notamment sur l’importation de matériels digitaux destinés à la production et à la diffusion de contenus agréés par le FADP. La mise en place d’un comité d’étude sur la création d’une redevance basée sur les droits d’auteur et les droits voisins dans le secteur des médias est également jugée indispensable.

Les Assises ont par ailleurs insisté sur la nécessité de concevoir un plan national de relance et de modernisation de la distribution de la presse, afin de répondre à la crise qui affecte les circuits traditionnels et d’accompagner la transition numérique. Mactar Silla et le comité scientifique ont plaidé pour une réflexion ambitieuse sur la rémunération des contenus par les grandes plateformes internationales, les GAFAM, et sur la négociation d’accords permettant de mieux valoriser la production sénégalaise à l’étranger. Les participants ont aussi souligné l’importance de soutenir activement les kiosques numériques, de renforcer les partenariats avec les universités et instituts de formation pour faciliter l’accès aux journaux numériques et d’adopter une politique nationale de numérisation des archives.

La question de la transparence et du suivi des financements publics a fait l’objet de recommandations spécifiques. Il s’agira de systématiser la publication des listes des bénéficiaires du FADP, de mettre en place des audits réguliers et d’organiser des études périodiques approfondies sur la situation économique, les structures et les actionnaires des entreprises de presse. Les Assises ont également invité les autorités à instaurer un rapport régulier sur l’état de la liberté de la presse et à tenir un forum national récurrent dédié à l’économie et à l’innovation dans le secteur médiatique.

Sur le plan institutionnel, les experts préconisent d’ouvrir les nominations des dirigeants des organes de régulation et des médias publics par appel à candidatures. Ils encouragent les entreprises de presse à élaborer des plans stratégiques quinquennaux et à développer des projets mutualisés ambitieux, tels qu’une mutuelle de santé pour les professionnels, une coopérative d’habitat et un observatoire indépendant du secteur.

Enfin, la création d’un organe de régulation spécifique dédié à la publicité est considérée comme un levier indispensable pour structurer durablement le financement de la presse et instaurer un climat de confiance entre les acteurs.

Avec ces recommandations, les Assises des Médias dressent une feuille de route claire et audacieuse. Elles appellent les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités pour engager les réformes attendues, afin de doter le Sénégal d’un secteur médiatique plus solide, plus moderne et plus respectueux de sa mission démocratique.

Groupe Emedia : les travailleurs exigent le paiement de 11 mois de salaires impayés après un financement de l’ADEPME

La tension monte au sein du groupe Emedia. Après l’octroi par l’ADEPME d’un financement de 32 millions de FCFA destiné à accompagner la restructuration des entreprises de presse, les travailleurs du groupe, via le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics), section Emedia, exigent que cette somme serve en priorité au paiement de leurs salaires impayés.

Dans un communiqué publié ce week-end, le Synpics-Emedia rappelle que la direction du groupe doit toujours 11 mois de salaires à ses employés. Le syndicat dénonce une situation devenue « intenable » pour les journalistes, techniciens et personnels administratifs du média, qui continuent d’assurer leur mission d’information dans des conditions précaires.

« Nous restons mobilisés pour la défense des droits et de la dignité des travailleurs du groupe », déclare le communiqué, illustrant le profond malaise social qui secoue le groupe Emedia depuis plusieurs mois.

Ce cri d’alarme intervient dans un contexte où l’État, à travers l’ADEPME, tente de redresser le secteur des médias via un Programme de Restructuration Financière, avec à la clé des appuis ciblés aux entreprises jugées viables. Pour les employés d’Emedia, cependant, la justice sociale doit primer sur toute tentative de relance économique.

« Pas de relance sans justice sociale », martèle le Synpics, dénonçant un manque de transparence dans la gestion des ressources allouées à l’entreprise et appelant à un audit de l’utilisation des fonds publics.

Alors que la direction d’Emedia reste silencieuse sur les modalités d’utilisation de l’enveloppe obtenue, le bras de fer avec les travailleurs pourrait s’intensifier dans les jours à venir, si aucune mesure concrète n’est prise pour régler les arriérés de salaires.

Sénégal – FMI : Vers un nouveau programme de financement retardé par des données économiques erronées

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé qu’aucune décision ne serait prise avant mai concernant la dérogation sollicitée par le Sénégal, en raison de données économiques jugées erronées. L’information, relayée par Les Échos citant Reuters, compromet les ambitions du pays de conclure un nouveau programme de financement d’ici juin.

Selon Les Échos, ce report vient freiner les discussions sur un nouveau partenariat financier entre Dakar et l’institution de Bretton Woods. Edward Gemayel, chef de mission du FMI au Sénégal, a précisé que les négociations sur un éventuel nouveau programme ne pourront débuter qu’après que la question de la dérogation sera tranchée. Ce processus pourrait ainsi ne commencer qu’en juin ou juillet.

En toile de fond, le FMI attend encore deux éléments essentiels : d’une part, les données définitives sur la dette publique sénégalaise, et d’autre part, un consensus sur les mesures correctives à mettre en œuvre pour restaurer la fiabilité des statistiques économiques. Le manque de clarté dans les chiffres a soulevé des inquiétudes quant à la transparence budgétaire et la gestion des finances publiques.

Pour sa part, le ministère sénégalais des Finances se veut rassurant. Il affirme que les autorités travaillent activement à corriger les incohérences signalées et à répondre aux exigences du FMI. Ces efforts visent à présenter une situation conforme lors des prochaines réunions de printemps du Fonds.

Ce contretemps intervient à un moment crucial pour l’économie sénégalaise, qui fait face à des défis budgétaires accrus, alors que le pays espérait bénéficier rapidement d’un nouveau soutien du FMI pour stabiliser ses finances et soutenir ses ambitions de relance.

En attendant une clarification sur ces données, l’avenir du partenariat financier entre le Sénégal et le FMI reste suspendu à la régularisation de la situation et à la transparence des indicateurs macroéconomiques.

Sénégal – FMI : Un resserrement du financement et des réformes incontournables avant un nouveau programme

La mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Édouard Gemayel, a achevé son séjour à Dakar avec un constat préoccupant : le resserrement du financement du Sénégal s’accentue, aggravé par les tensions sur les marchés régionaux, le retard des soutiens financiers extérieurs et un recours excessif aux emprunts de court terme à coût élevé.

Selon le FMI, cette situation fragilise davantage la stabilité économique du pays et impose une stratégie crédible d’assainissement budgétaire pour éviter une crise financière prolongée.

D’après Gemayel, le retour à un déficit budgétaire conforme aux critères de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) est impératif. Actuellement, la dette publique sénégalaise est jugée excessivement élevée, avec une estimation de 105,7 % du PIB à fin 2024.

Face à cette situation, le FMI recommande des réformes structurelles fortes, notamment :

  • La rationalisation des exonérations fiscales, qui coûtent des milliards à l’État chaque année.
  • La suppression progressive des subventions énergétiques, jugées « coûteuses et non ciblées ».

Ces mesures, bien que difficiles sur le plan social et politique, permettront selon le FMI de réduire les vulnérabilités macroéconomiques et de préserver les marges de manœuvre budgétaires pour les priorités de développement.

Les autorités sénégalaises ont exprimé leur volonté de négocier un nouvel accord financier avec le FMI. Toutefois, l’institution monétaire reste prudente : elle exige que le Sénégal tire les enseignements de l’audit récemment publié sur les irrégularités budgétaires de la période 2019-2023, avant de discuter d’un nouveau programme.

Le FMI a affirmé qu’il n’engagera pas de nouvelles discussions avant que des mesures correctrices ne soient mises en place pour remédier aux erreurs de déclaration budgétaire. L’examen du dossier par le Conseil d’administration du FMI sera une étape clé avant d’envisager un quelconque soutien financier.

Avec ces nouvelles exigences du FMI, le gouvernement sénégalais est désormais confronté à un défi de taille : convaincre les institutions financières internationales de sa capacité à restaurer la discipline budgétaire, tout en évitant de plomber la croissance et de fragiliser les populations par des mesures d’austérité impopulaires.

Le Sénégal, qui a connu une croissance soutenue ces dernières années grâce à l’exploitation des hydrocarbures, devra trouver un équilibre entre rigueur budgétaire et développement économique pour regagner la confiance de ses partenaires internationaux et assurer sa stabilité financière à long terme.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°411 – 04/03/2025

🔴 AFFAIRE DES VILLAS DE LA CITÉ CHEIKH AMAR : TAHIROU SARR DANS SON BON DROIT
🔴 BESOIN DE FINANCEMENT DU BUDGET À HAUTEUR DE 38,5 MILLIARDS F CFA : NOUVEL EMPRUNT DU SÉNÉGAL DANS L’UM
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🔴 EUMEU SÈNE VS FRANC : NOUVEAU CHOC ENTRE PIKINE ET PARCELLES
🔴 MERCATO / TEUNGUETH FC : CINQ ESPOIRS PASSENT EN PRO

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°402 – 21/02/2025

🔴 SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » / CHANGEMENT DE LA COMPOSITION DE LA COUR SUPRÊME POUR L’AUDIENCE D’AUJOURD’HUI : C’EST LOUCHE !
🔴 HÔPITAL RÉGIONAL DE ZIGUINCHOR / APRÈS LE DÉBALLAGE DU SYNTRAS : LE DIRECTEUR SORT DE SA RÉSERVE

🔴 COMPÉTITIONS AFRICAINES INTERCLUBS : L’ÉTAT SE RETIRE DU FINANCEMENT
🔴 BEACH SOCCER : LE SÉNÉGAL SURCLASSE À NOUVEAU LES SEYCHELLES

Les États-Unis annoncent une nouvelle aide militaire à l’Ukraine de 2,3 milliards d’euros

Le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a révélé mardi dernier un soutien militaire renforcé à l’Ukraine, avec une aide financière atteignant 2,3 milliards de dollars. Cette initiative comprend des équipements essentiels tels que des systèmes de défense anti-aérienne avancés et des armes antichar, dans le but de renforcer les capacités défensives de l’Ukraine face à la menace croissante dans la région.

L’annonce a été faite lors d’une rencontre au Pentagone entre M. Austin et son homologue ukrainien, Roustem Oumerov. Le ministre américain a souligné l’importance de ce soutien pour garantir la sécurité de l’Ukraine et renforcer sa résilience face aux défis sécuritaires actuels.

Cette nouvelle tranche d’aide sécuritaire reflète l’engagement continu des États-Unis envers l’Ukraine, dans un contexte de tensions persistantes en Europe de l’Est. Les mesures incluront non seulement des équipements militaires cruciaux, mais aussi un appui stratégique pour renforcer la préparation et la capacité de réponse de l’Ukraine face à toute menace émergente.

L’aide américaine témoigne d’un soutien international significatif en faveur de l’Ukraine, qui continue de faire face à des défis géopolitiques complexes. Cette initiative marque une étape importante dans la coopération bilatérale entre les deux nations, soulignant l’engagement des États-Unis à défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans un climat de sécurité européenne en évolution constante.

Le Sénégal contracte des prêts de plus de 538 milliards de francs CFA auprès de compagnies pétrolières pour financer ses projets énergétiques

Dans le cadre du développement de ses ressources pétrolières et gazières, le Sénégal a contracté une série de prêts auprès de grandes compagnies énergétiques telles que Woodside, Bp et Kosmos. Ces prêts, totalisant plus de 538 milliards de francs CFA, ont été utilisés pour financer des besoins liés aux projets pétroliers et gaziers du pays.

Pour le projet pétrolier Sangomar, Petrosen, la compagnie pétrolière nationale du Sénégal, a emprunté 450 millions de dollars à l’opérateur Woodside Energy Ltd. Ce prêt, d’une durée initiale de 5 ans avec des extensions possibles, est assorti d’un taux d’intérêt de 6,5% par an. Les fonds seront remboursés à partir des revenus générés par la vente de pétrole brut, représentant la part de Petrosen dans le projet.

De même, dans le cadre du projet Gta, Petrosen a bénéficié de prêts de Bp et Kosmos pour financer sa part des coûts de développement. Bp a accordé un prêt de 290,0145 millions de dollars sur 7 ans, tandis que Kosmos a fourni une facilité de 144,9855 millions de dollars, également sur 7 ans. Les conditions de remboursement sont similaires, avec des taux d’intérêt de 6,5% par an et des remboursements planifiés sur les revenus provenant de la vente de gaz naturel.

Ces accords de prêt reflètent l’importance des partenariats entre le secteur public et privé dans le développement des ressources énergétiques d’un pays. Cependant, ils soulèvent également des questions sur la dépendance potentielle du Sénégal à l’égard des compagnies étrangères et sur la gestion des revenus futurs générés par ces projets. Il est crucial que ces fonds soient utilisés de manière transparente et efficace pour bénéficier à l’ensemble de la population sénégalaise et assurer un développement durable à long terme.

Bignona : Un financement de 10 millions de francs CFA accordé à la coopérative des femmes de Mlomp

Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a octroyé une ligne de financement de 10 millions de francs CFA à la coopérative des femmes de la commune de Mlomp, située à Bignona. Cette initiative vise à soutenir et renforcer l’autonomisation des membres de la coopérative, couvrant divers secteurs d’activités au sein de la commune.

Le maire de la commune, Ansoumana Diémé, a exprimé sa satisfaction à l’égard de cette allocation financière, soulignant l’importance de ce soutien pour les femmes de Mlomp. En plus du financement, le ministère a également remis deux tricycles à la coopérative, renforçant ainsi les moyens de production et de transport à leur disposition.

Dans ses déclarations, le maire a informé que la commune a également bénéficié d’un tracteur offert par le chef de l’État. Ces initiatives visent à stimuler le développement local, en particulier dans le secteur de l’agriculture et des activités génératrices de revenus.

La représentante de la coopérative, Adama Diatta, a salué cette contribution financière, soulignant qu’elle arrivera à un moment crucial pour les femmes de Mlomp. Elle a exprimé sa gratitude envers le ministère pour cette aide, qui contribuera à améliorer les conditions de vie et de travail des membres de la coopérative.

Profitant de l’occasion, le maire a plaidé en faveur de mesures supplémentaires, appelant les autorités à doter la commune d’une ambulance en urgence. Il a également souligné l’importance de l’installation de lampadaires solaires et de l’approvisionnement en eau potable pour répondre aux besoins fondamentaux de la collectivité.

Affaire du Supposé Financement Occulte de Sonko : Le Sénégal en ébullition, des preuves attendues

Le Sénégal se trouve au cœur d’une tourmente politique alors que des allégations de financement occulte visant Ousmane Sonko secouent la scène politique. L’affaire, initiée par les déclarations du député Matar Diop, prend une dimension complexe, soulignant les enjeux politiques cruciaux à l’approche des élections. Cette analyse approfondie tentera de démêler les fils de cette intrigue politique.

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