Plan de redressement économique et social : Moussa Tine met en garde contre une gouvernance centrée sur la fiscalité

Invité de l’émission dominicale Face au Jury sur PressAfrik TV HD, ce dimanche 10 août, le président du parti Alliance Démocratique Pencco, Moussa Tine, a exprimé de vives réserves sur l’orientation du Plan de redressement national économique et social présenté récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon l’ancien député, il est dangereux pour un État de baser sa gestion uniquement sur le levier fiscal.

« On ne gère pas un État sous le réflexe de la fiscalité », a-t-il affirmé, soulignant qu’une pression fiscale excessive risquerait d’étouffer les entreprises, de réduire leur capacité d’investissement et d’embauche, et in fine de provoquer des licenciements massifs. Pour lui, les conséquences seraient rapidement perceptibles sur le pouvoir d’achat des Sénégalais, notamment des couches les plus fragiles.

Moussa Tine prévient qu’un tel cercle vicieux pourrait entraîner une contraction de la consommation. « Le pouvoir d’achat va diminuer, les produits des entreprises ne trouveront pas preneur, et l’État verra ses recettes fiscales chuter drastiquement », a-t-il alerté, ajoutant que « l’économie est une chaîne et l’austérité n’est pas une solution ».

Pour inverser la tendance et redonner de l’oxygène à l’économie, le leader de Pencco plaide pour des mesures ciblées, au premier rang desquelles une baisse significative du prix du carburant. Il estime que l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole justifie pleinement une révision à la baisse des tarifs à la pompe.

Selon lui, une telle décision aurait des effets en cascade : diminution du coût de l’électricité, baisse des tarifs de transport et réduction des prix des denrées de première nécessité. « Il est inadmissible de continuer à payer le carburant au même prix qu’avant le début de l’exploitation de notre pétrole », a-t-il déploré.

En liant ainsi fiscalité, compétitivité des entreprises et pouvoir d’achat, Moussa Tine entend rappeler que la relance économique passe, selon lui, par un équilibre entre recettes de l’État et stimulation de l’activité, plutôt que par une pression accrue sur les contribuables et le secteur productif.

Sénégal – Fiscalité : Les propriétaires risquent de perdre jusqu’à 30% de leurs revenus locatifs à cause de la nouvelle imposition

La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Sénégal vient de mettre en place une plateforme en ligne dédiée aux déclarations des revenus locatifs. Ce nouvel outil numérique vise à faciliter les démarches des contribuables, leur permettant de calculer de manière automatique le montant imposable sur les revenus générés par la location de leurs biens immobiliers.

Selon une enquête menée par la revue spécialisée « ConfidentielDakar », plusieurs propriétaires ayant utilisé cette plateforme ont constaté que l’imposition appliquée sur leurs revenus locatifs avoisine les 30%. Le système calcule un montant minimum imposable et indique clairement la somme que chaque contribuable doit s’acquitter.

Il est important de souligner que cette imposition sur les revenus locatifs est distincte de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Or, si ces deux prélèvements s’appliquent simultanément, un propriétaire pourrait perdre jusqu’à 37% de ses revenus générés par la location. En effet, la taxe sur le foncier bâti représente généralement entre 5% et 7% des revenus locatifs.

Cette nouvelle mesure fiscale pourrait donc affecter significativement la rentabilité des biens immobiliers mis en location, soulevant des inquiétudes parmi les propriétaires quant à l’impact de ces charges sur leurs revenus nets. La DGID, à travers cette plateforme, entend renforcer la transparence et la régularité dans la déclaration et le recouvrement des impôts liés au secteur locatif.

Ousmane Sonko sur la fiscalité au Sénégal : “Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas”

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a fermement rejeté l’idée selon laquelle les entreprises opérant au Sénégal seraient soumises à une pression fiscale excessive. Lors d’un échange avec la presse jeudi à Dakar, le chef du gouvernement a assuré que la fiscalité nationale est conforme aux standards internationaux et que l’État œuvre activement à garantir un environnement d’investissement sécurisé et équitable.

« Je ne pense pas que le Sénégal soumette les entreprises qui investissent sur son sol à plus de pression fiscale qu’ailleurs dans le monde. Cela n’existe pas », a-t-il affirmé en réponse à une question sur les récents audits sectoriels et les redressements fiscaux visant certaines sociétés.

Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour dénoncer les pratiques anciennes où certaines entreprises étrangères pouvaient, selon lui, opérer librement sans s’acquitter pleinement de leurs obligations fiscales. Il a attribué ces dérives à des complicités internes, à des défaillances administratives et à l’inaction des anciennes autorités politiques.

« Cela est révolu. Nous avons aujourd’hui un cadre fiscal qui n’est pas répressif mais qui n’est pas permissif non plus », a-t-il déclaré, soulignant que ce système s’applique de manière uniforme à tous les investisseurs, quelle que soit leur nationalité.

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé un vaste chantier de réformes législatives visant à moderniser et clarifier les règles du jeu économique au Sénégal. « Le code des investissements, le code minier, le code pétrolier, le code des impôts, le code des douanes… tous les codes sont en cours de réforme », a-t-il précisé. L’objectif est de rendre le pays plus attractif, tout en assurant une fiscalité juste et équilibrée.

Selon lui, ces réformes ne doivent pas être perçues comme des obstacles à l’investissement, mais comme des garanties d’un climat sain et compétitif.

« Nous créons les conditions de la sécurité de l’investissement dans ce pays : sécurité juridique mais aussi sécurité tout court », a insisté Sonko, en promettant un accompagnement de l’État pour tous les investisseurs de bonne foi.

En contrepartie, il exige le respect des lois et des engagements fiscaux. « Ce que l’on attend de ces investisseurs, c’est qu’ils travaillent, créent des emplois, paient des impôts. »

Le Premier ministre n’a pas manqué de lancer un avertissement à ceux qui espéreraient bénéficier de passe-droits ou perpétuer des pratiques extractivistes. « Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas au Sénégal », a-t-il averti, se disant opposé à tout modèle où des sociétés étrangères exploiteraient les ressources naturelles sans retombées économiques significatives pour le pays.

Vers une fiscalité plus équitable : plaidoyer pour une discrimination positive en faveur des femmes

À Dakar, un atelier régional réunissant des acteurs de la société civile, des institutions fiscales et des partenaires techniques s’est tenu ce lundi dans le cadre du projet Gender Equality in Taxation (GET), porté par Expertise France en partenariat avec Oxfam. Cette initiative vise à repenser les systèmes fiscaux des pays africains francophones à la lumière des inégalités de genre, en proposant des approches innovantes et inclusives.

Thialy Faye, représentant de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), a ouvertement dénoncé ce qu’il qualifie d’illusion d’égalité fiscale. Pour lui, les systèmes fiscaux, supposés neutres, reproduisent en réalité des schémas d’inégalités sociales. Il souligne que les femmes, souvent précaires, moins bien rémunérées et dépendantes des services publics essentiels, sont les premières victimes de politiques fiscales aveugles aux disparités économiques et sociales.

Dans son plaidoyer, M. Faye appelle à une véritable discrimination fiscale positive. Il estime qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une réponse nécessaire aux réalités vécues par les femmes. Il rappelle que le Sénégal est en pleine réforme de son Code général des impôts, avec un comité de pilotage déjà installé. Le genre ayant été désigné comme un axe stratégique de cette réforme, il exhorte à l’intégration pleine et entière de la société civile dans le processus.

Marame Diop, directrice des programmes d’Oxfam Sénégal, abonde dans le même sens. Elle insiste sur la nécessité de cesser d’ignorer les écarts réels de revenus, de patrimoine et de consommation entre les sexes. Selon elle, les femmes consacrent une part importante de leurs ressources à des besoins fondamentaux comme la santé, l’éducation ou la prise en charge familiale, sans que cela soit pris en compte par les systèmes fiscaux actuels. Elle appelle à l’élaboration de budgets sensibles au genre, capables de protéger les plus vulnérables et de réduire les inégalités structurelles.

La crise de la Covid-19 a été un révélateur de ces déséquilibres. Les femmes en ont subi les conséquences économiques et sociales de manière disproportionnée. Pour Mme Diop, cette expérience doit servir à construire des systèmes plus résilients, plus justes, et mieux préparés à affronter les crises à venir.

Awa Penda Ndiaye, représentante d’Expertise France, met en lumière l’approche méthodologique du projet GET. Celui-ci repose sur trois piliers : l’appui technique aux administrations fiscales, la recherche académique, et le renforcement du plaidoyer des organisations de la société civile. L’objectif, selon elle, est de développer une capacité collective à formuler des propositions concrètes et fondées sur des données, plutôt que de se limiter à une posture critique. Le projet s’appuiera notamment sur la méthodologie Fair Tax Monitor, élaborée en collaboration avec la Tax Justice Network Africa, pour évaluer les systèmes fiscaux du Sénégal, du Bénin et du Cameroun sous l’angle de l’équité, y compris de genre.

Mais pour construire une fiscalité réellement équitable, les acteurs insistent sur un point essentiel : la disponibilité de données fiables et genrées. Pauline Codou Gueye, experte fiscale et membre de l’Ordre national des experts du Sénégal, alerte sur le manque de chiffres précis. Selon elle, il est urgent d’intégrer la collecte de données genrées dans les politiques fiscales afin de mieux comprendre les comportements de consommation et les besoins spécifiques des femmes, mais aussi de toutes les personnes vulnérables concernées par les inégalités de genre.

Ce plaidoyer pour une fiscalité plus juste et inclusive marque une étape importante dans la réflexion sur les réformes à venir. Il rappelle que l’équité fiscale, loin d’être un luxe, est une exigence de justice sociale et un levier indispensable pour un développement réellement durable.

Sénégal : L’État durcit la fiscalité sur l’alcool et le tabac

Le gouvernement sénégalais a revu à la hausse les taxes sur les boissons alcoolisées et les produits du tabac. Une note de service, datée du 6 mars 2025, annonce une augmentation de la fiscalité sur ces produits dans le cadre des directives de l’UEMOA et de la CEDEAO, qui visent à harmoniser la taxation et à dissuader la consommation.

Selon la note consultée par PressAfrik, une taxe additionnelle est désormais appliquée aux boissons alcoolisées, en plus des droits d’accise fixés à 50 %. Le montant de cette taxe dépend du degré d’alcool :

  • 800 FCFA par litre pour les boissons titrant entre 6° et 15° d’alcool
  • 3 000 FCFA par litre pour celles excédant 15°

Un changement notable réside dans la méthode de calcul : la taxe est désormais appliquée sur la quantité totale de boisson et non plus sur la teneur en alcool par litre. Seuls les vins en vrac destinés à l’industrie, conditionnés en fûts de 200 litres ou plus, sont exemptés de cette mesure.

La fiscalité sur le tabac se durcit également avec un droit d’accise fixé à 70 % sur les tabacs importés. Cependant, certaines catégories de tabac utilisées dans l’industrie locale, comme le tabac en vrac, homogénéisé ou reconstitué, pourraient bénéficier d’exonérations sous conditions.

Cette réforme fiscale remplace les dispositions des notes de service du 23 août 2022 et du 12 septembre 2022. Elle s’inscrit dans une double volonté de mieux encadrer la consommation de ces produits tout en renforçant les recettes fiscales, conformément aux recommandations régionales.

Fiscalité des entreprises de presse : Madiambal Diagne appelle l’État à soutenir la presse Sénégalaise

Le journaliste Madiambal Diagne, dont les comptes bancaires de son groupe de presse ont été saisis, revient à la charge en dénonçant les « taxations aveugles » de l’inspection des impôts et domaines. Il propose des mesures pour alléger la charge fiscale pesant sur les entreprises de presse et garantir leur survie.

« Il faut qu’on soit réaliste. À l’époque, en tant que directeur du Cedps, j’avais proposé qu’on arrête la fiscalité et l’aide à la presse parce que ce n’est pas nécessaire et ça cause des problèmes. Il faut payer la dette des travailleurs à l’Ipres. Dès leur retraite, leurs cotisations seront à jour. Cette fiscalité est fictive et aucune entreprise de presse ne peut payer. L’État doit aider la presse comme il l’a fait avec le secteur du tourisme », a déclaré Madiambal Diagne.

Le patron d’Avenir Communication souligne : « Je suis d’accord qu’on paye les fiscalités, mais il faut que la somme soit réduite. La rentabilité d’une boîte de presse n’est pas la même qu’une entreprise productrice de ciment, de téléphonie ou d’électricité. Les secteurs ne sont pas les mêmes, les réalités non plus ».

Selon Diagne, une trentaine d’entreprises de presse sont concernées. « Toutes les entreprises de presse trouvent de l’argent ailleurs. Aucune entreprise de presse au Sénégal n’est à jour de sa fiscalité », insiste-t-il.

Sur la Tfm, le journaliste a révélé que « sur les 40 milliards F CFA de dettes fiscales des entreprises de presse que le Président Macky Sall avait décidé d’effacer, les 33 milliards sont dus par la RTS, le Soleil et l’APS ».

Il souligne également que la fiscalité actuelle des entreprises de presse n’est pas viable, plaidant pour une fiscalité allégée. « L’État a réduit les taxes des secteurs d’activité qu’il veut promouvoir. Pourquoi ne pas faire la même chose pour la presse ? C’est faisable. L’aide à la presse ne peut pas couvrir la dette fiscale », a-t-il précisé.

Ces déclarations mettent en lumière les défis financiers auxquels sont confrontées les entreprises de presse au Sénégal et la nécessité d’une intervention de l’État pour assurer la survie de ce secteur crucial pour la démocratie et l’information publique.

Madiambal Diagne Dévoile les détails de son redressement fiscal

Invité sur le plateau d' »Infos Matin » de la TFM, le journaliste sénégalais Madiambal Diagne a fourni des éclaircissements sur le redressement fiscal touchant son groupe de presse, Avenir Communication. Lors de son intervention, Diagne a souligné les lacunes dans le processus de contrôle effectué par les inspecteurs des impôts, mettant en lumière des pratiques qu’il juge inappropriées et politiquement motivées.

Diagne a révélé que l’État avait émis un Avis à Tiers Détenteur (ATT) à l’encontre de son groupe, ordonnant à sa banque de remettre 91 millions F CFA au fisc. « Les inspecteurs des impôts et domaines n’ont pas mis les pieds au groupe Avenir Communication pour vérifier les taxes depuis 2009. Ils viennent du jour au lendemain pour réclamer une somme sans faire de contrôle », a-t-il affirmé, dénonçant une procédure qu’il estime bâclée et injuste. Ce n’est pas la première fois que les comptes de son groupe sont gelés, selon Diagne.

Pour résoudre ce conflit fiscal, Madiambal Diagne a fait appel à Wally Diouf Bodian, le directeur du Port autonome de Dakar. Diagne a raconté comment, en novembre dernier, une saisie de 13 millions F CFA sur le compte bancaire de son groupe avait été effectuée sans avertissement. « Je ne l’avais pas dit, parce que je ne voulais pas qu’on dise que l’ancien régime me protège. Pour régler le problème, j’ai appelé Wally Diouf Bodian », a-t-il expliqué. Bodian a joué un rôle crucial en trouvant une solution rapide à cette saisie.

Diagne n’a pas mâché ses mots en accusant les autorités fiscales d’être influencées politiquement, particulièrement par le parti Pastef. « Chaque fois qu’on écrit un article défavorable au parti Pastef, ils envoient les inspecteurs des impôts et domaines », a-t-il dénoncé. Cette affirmation souligne une politisation préoccupante de l’administration fiscale, selon le journaliste, qui préfère gérer directement ses affaires fiscales plutôt que de solliciter une intervention politique.

En conclusion, Madiambal Diagne a lancé un appel à une plus grande transparence et à une dépolitisation de l’administration fiscale au Sénégal. Il souhaite que les contrôles fiscaux soient menés de manière équitable et régulière, sans interférence politique. Le journaliste continue de plaider pour une presse libre et indépendante, capable de critiquer sans crainte de représailles fiscales.

Magatte Diakhate nommé Directeur de la Législation et de la Coopération Internationale : Une expertise au service de la fiscalité sénégalaise

Monsieur Magatte Diakhate, Inspecteur des Impôts et des Domaines, se voit confier de nouvelles responsabilités en tant que Directeur de la Législation et de la Coopération Internationale, succédant ainsi à Mouhamadou Lamine Sy. Cette nomination représente une reconnaissance de son expertise et de son engagement en matière de fiscalité.

Fort d’une expérience solide dans le domaine des impôts et des domaines, Monsieur Magatte Diakhate apporte une connaissance approfondie des enjeux fiscaux et une compétence avérée dans la législation fiscale. Son parcours professionnel exemplaire et son engagement envers l’intégrité et la transparence font de lui un choix judicieux pour ce poste stratégique.

En tant que Directeur de la Législation et de la Coopération Internationale, Monsieur Magatte Diakhate sera chargé de superviser le développement et la mise en œuvre de la législation fiscale au Sénégal. Son rôle consistera également à renforcer la coopération avec les partenaires internationaux dans le domaine fiscal, ce qui revêt une importance cruciale dans un contexte de mondialisation croissante.

Sa nomination intervient à un moment où le gouvernement sénégalais s’efforce de moderniser son système fiscal et de promouvoir un environnement propice aux investissements. Monsieur Magatte Diakhate sera appelé à jouer un rôle clé dans l’élaboration de politiques fiscales efficaces et équitables, visant à stimuler la croissance économique et à garantir une répartition équitable des charges fiscales.

Sa capacité à anticiper les évolutions du paysage fiscal national et international, ainsi que sa volonté d’œuvrer pour le bien-être économique et social du Sénégal, font de Monsieur Magatte Diakhate un atout précieux pour le gouvernement et pour le secteur fiscal dans son ensemble. Sa nomination est perçue comme un signe positif pour l’avenir de la fiscalité au Sénégal et pour la promotion d’une gouvernance fiscale responsable et transparente.

Impôts et Douanes : Une Collaboration Exemplaire pour une Fiscalité Renforcée

Le 22 mars 2024, une étape cruciale a été franchie dans le renforcement de la coopération entre la Direction générale des Douanes (DGD) et la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Sénégal. Cette journée a été marquée par la visite du Dr Mbaye Ndiaye, Directeur général des Douanes, à la DGID, où il a rencontré Abdoulaye Diagne, Directeur général des Impôts et des Domaines. Cette rencontre a été l’occasion de célébrer les liens solides entre les deux administrations et de consolider leur partenariat à travers la signature d’un Protocole d’accord sur les échanges automatisés de données.

Dans un contexte de transition fiscale vers une fiscalité intérieure, cette collaboration revêt une importance capitale. Elle se caractérise par des avancées significatives en matière de transmission des données et de contrôle conjoint, facilitées par la plateforme d’interconnexion DGD-DGID, communément appelée « banque de données fiscales ». Cette plateforme numérique novatrice compile les données des Douanes sur les importations et exportations, ainsi que les informations financières et comptables de la DGID sur ses contribuables.

Depuis sa création en 2011, la Brigade mixte de Contrôle Impôts et Douanes (BMCID) joue un rôle crucial dans le contrôle du respect des régimes fiscaux et douaniers, ainsi que dans l’examen de l’utilisation des acquisitions exonérées. La BMCID renforce le dispositif institutionnel de collaboration entre la DGD et la DGID, contribuant activement au Comité de suivi hebdomadaire des recettes du Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

La mutualisation des procédures dans la lutte contre la fraude renforce l’efficacité des administrations fiscale et douanière. Le Prélèvement de Conformité fiscale (PCF) permet à la DGID de régulariser les personnes ne respectant pas leurs obligations déclaratives et de paiement.

Dans un environnement complexe marqué par l’interdépendance croissante et la découverte de ressources gazières et pétrolières, le renforcement de la collaboration entre la DGID et la DGD est une nécessité. Les actions envisagées incluent l’automatisation de l’échange des données, l’extension des missions de la BMCID à des secteurs stratégiques et le renforcement des capacités des agents de la BMCID.

Ce rapprochement s’inscrit dans le thème de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) pour l’année 2024 : « pour une Douane mobilisant ses partenaires historiques et nouveaux autour d’objectifs clairs ».

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