Foncier : Le Premier ministre Ousmane Sonko engage des mesures drastiques sur les lotissements controversés

Le Premier ministre Ousmane Sonko a donné des instructions fermes pour assainir la gestion du foncier, en réponse aux recommandations du Comité technique sur la gestion foncière, mis en place par les nouvelles autorités. Ces mesures visent à corriger des irrégularités dans l’attribution de terres et à répondre aux préoccupations environnementales et sociales.

L’une des décisions phares concerne les lotissements EOGEN et EOGEN-Extension, situés sur une zone militaire stratégique. « Je vous instruis de prendre les dispositions pour leur annulation », a déclaré Ousmane Sonko, lors d’une réunion avec les membres du gouvernement. Cette zone, jugée incompatible avec une utilisation résidentielle ou commerciale, sera réaffectée en tenant compte des impératifs militaires et de sécurité nationale.

En parallèle, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a été chargé d’examiner la possibilité de relocaliser le projet de stade municipal de Ouakam sur une partie de ces lotissements annulés.

Les terres situées entre l’océan Atlantique et la Voie de dégagement nord (VDN), couvrant des localités comme Guédiawaye, Yeumbeul, Malika et Tivaouane Peulh, ne sont pas en reste. Ces attributions foncières feront également l’objet d’une annulation systématique. Le gouvernement envisage de réintégrer les équipements publics dans ces zones, en conformité avec les études d’impact environnemental à finaliser.

La Nouvelle Ville de Thiès, un projet majeur en cours de développement, est aussi concernée par ces réformes. Sonko a insisté sur la nécessité d’assurer que les infrastructures publiques prévues soient préservées et implantées dans des conditions respectant les normes environnementales et urbanistiques.

Ces mesures traduisent une volonté claire des autorités de mettre fin aux pratiques opaques qui ont marqué la gestion du foncier ces dernières années. Pour Ousmane Sonko, il s’agit non seulement de protéger les terres publiques, mais aussi d’assurer un développement harmonieux et respectueux de l’environnement.

Fatick : Les autorités administratives à l’école de la meilleure gestion du foncier

Dans le cadre d’une initiative visant à renforcer les compétences des acteurs impliqués dans la gestion du foncier, les autorités administratives de la région de Fatick ont participé à une formation essentielle initiée par le Projet Cadastre et Sécurisation Foncière (PROCASEF). Cette séance de formation, dirigée par le gouverneur régional, Madame Seynabou Guèye, s’est avérée cruciale pour anticiper les défis potentiels liés à la gestion des ressources foncières dans la région.

Madame Guèye a souligné l’importance vitale de l’agriculture et de l’élevage dans l’économie sénégalaise, soulignant que le foncier est un pilier essentiel pour ces secteurs clés. Dans ce contexte, une connaissance approfondie de la réglementation foncière est impérative pour une planification territoriale efficace et une anticipation des éventuels problèmes liés à la gestion des terres.


La formation, qui a rassemblé des autorités administratives, territoriales et des services techniques de la région, a mis l’accent sur la nécessité de développer des outils modernes de gouvernance et de sécurisation foncière. Cela permettra à l’administration territoriale de disposer des compétences et des ressources nécessaires pour répondre aux besoins changeants du secteur foncier.


Madame Guèye a également souligné la pression croissante exercée sur le foncier, non seulement en termes d’habitation, mais aussi en ce qui concerne l’agriculture, l’élevage et les forêts. Cette réalité nécessite une approche proactive dans la gestion du foncier, en tenant compte des besoins actuels et futurs de la population.


En ce sens, la formation a permis aux participants de mieux comprendre la réglementation foncière en vigueur et d’explorer des stratégies pour une gestion plus efficace des ressources foncières. Madame Guèye a souligné l’importance d’harmoniser les actions sur la question du foncier, en tenant compte de la croissance démographique et des défis environnementaux.


Cette initiative de formation représente un pas important vers une meilleure planification territoriale et une gestion durable des ressources foncières dans la région de Fatick. Elle démontre l’engagement des autorités locales à anticiper les défis futurs et à créer un environnement propice au développement économique et social de la région.

Mariama Massaly
Correspondante à kaolack.

Les défis du foncier au Sénégal : Analyse des propos d’Ibrahima Bathily

Ibrahima Bathily, ancien directeur de la piscine olympique de Dakar et actuel président de l’Alliance pour la Démocratie, le Patriotisme, le Travail et l’Ethique (ADEPTE), s’est récemment exprimé sur les problèmes fonciers au Sénégal lors d’une intervention médiatique. Ses remarques offrent un éclairage intéressant sur une question cruciale qui affecte le pays.

Dans le cadre de l’émission « Midikeng » sur Flash Xibaar de PressAfrik, Bathily a abordé la question de la gestion du foncier au Sénégal, affirmant qu’il serait injuste d’imputer la responsabilité des défauts de gestion du foncier au seul régime sortant. Il a souligné qu’il s’agit d’une responsabilité collective et a appelé à des enquêtes pour clarifier les responsabilités.

En ce qui concerne les récentes déclarations de l’ancien ministre de l’Urbanisme, Abdoulaye Seydou Sow, sur le foncier de Mbour 4, Bathily a exprimé son scepticisme quant à la crédibilité des explications fournies. Il a souligné que ces déclarations reflètent le malaise persistant dans le domaine foncier au Sénégal. Il a également exprimé des préoccupations concernant l’accès aux plages de la Corniche, qui était autrefois gratuit mais est devenu plus difficile, ainsi que sur le manque de politique sanitaire dans la région de Thiès.

Sur le plan de la politique du logement, Bathily a noté que le décret sur la baisse du coût des loyers n’a pas eu l’impact escompté. Il a appelé à une révision de la politique des logements sociaux, soulignant que dans d’autres pays, on observe une multiplication de ce type de logements, ce qui est également réalisable au Sénégal.

Les remarques d’Ibrahima Bathily mettent en lumière les défis complexes auxquels le Sénégal est confronté en matière de foncier. Elles soulignent également l’importance d’une approche collective et inclusive pour résoudre ces problèmes et pour élaborer des politiques efficaces qui répondent aux besoins de la population.

Conflit foncier à Keur Moussa : La ferme agricole de la Société Qualité Végétale (QVS) menacée par la Société Nouvelle Ville (SNV)

Une situation alarmante se profile à l’horizon pour la ferme agricole de la Société Qualité Végétale (QVS) située dans le village de Thiambokhe, commune de Keur Moussa, département de Thiès. La ferme, qui exploite 110 hectares de terres agricoles et emploie plus de 1 000 personnes, est menacée de disparition par la Société Nouvelle Ville (SNV), une société immobilière.

Un conflit foncier préoccupant

Le conflit foncier entre QVS et SNV repose sur un décret d’attribution datant de 2022, que la SNV utilise pour revendiquer la paternité de 90 hectares sur les 110 exploités par QVS. La SNV projette de construire des logements sur cette zone sans réaliser d’étude d’impact environnemental préalable, ce qui suscite de vives inquiétudes.

Des irrégularités administratives

Ce décret, source du litige, présente plusieurs anomalies. Il ne contient aucune coordonnée permettant d’identifier l’appartenance administrative du site. De plus, bien que le décret situe le site dans l’aire géographique du département de Mbour, il se trouve en réalité dans la commune de Keur Moussa, département de Thiès, comme l’a confirmé l’Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT) et le schéma cadastral.

Des actions controversées de la part de la SNV

La SNV a déjà entrepris une action controversée en s’appropriant 45 des 90 hectares en question, perturbant ainsi les activités agricoles de QVS et entraînant une réduction des rendements. Si la SNV met en œuvre sa menace de prendre les 45 hectares restants, environ un millier d’emplois seraient en danger.

Mobilisation des populations et appel à l’État

Face à cette situation préoccupante, les populations riveraines se sont mobilisées pour protester contre la disparition programmée de la ferme, considérée comme une source de revenus essentielle pour les communautés locales. Les responsables de la société d’exploitation agricole ont également lancé un appel à l’État pour qu’une solution pérenne soit trouvée, rappelant que l’État avait, en toute transparence, mis ces terres à la disposition de QVS pour une durée de 25 ans.

L’espoir d’une résolution

Les populations comptent sur l’intervention du Président, Bassirou Diomaye Faye, pour trouver une solution définitive à ce problème et préserver ce patrimoine commun vital pour la région.

La situation entre QVS et SNV met en lumière les défis auxquels sont confrontées les entreprises agricoles face à l’expansion urbaine et souligne l’importance de la préservation des terres agricoles pour l’autosuffisance alimentaire et le développement économique local.

Litige foncier à Ndayane : 83 travailleurs de l’aviation civile se disent expropriés de 4 hectares

La construction du port de Ndayane, bien que source de développement pour la région, suscite des tensions et des réclamations de la part de certains citoyens. Cette fois-ci, ce sont les agents de l’aviation civile qui se retrouvent au cœur d’un litige foncier préoccupant.

En effet, plus de 80 agents de l’aviation civile se déclarent victimes d’une expropriation injuste. Ils avaient investi dans un projet d’habitat dans le village de Ndayane, commune de Popenguine, avec l’acquisition d’une parcelle de 4 hectares dès 2011, à travers l’association des agents de brigade de l’ASECNA. Après avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires pour lotir et construire, les 83 membres avaient reçu des attributions individuelles de parcelles, comprenant même des îlots pour les commodités.

Ces agents, principalement des travailleurs opérationnels, avaient fait ce choix afin de se rapprocher de l’aéroport de Diass pour faciliter l’exercice de leurs fonctions. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux sont à la retraite ou proches de l’âge de cessation d’activité. Cependant, leur rêve d’une vie paisible dans un logement acquis avec effort est brisé par l’annonce d’une expropriation.

Les parcelles, achetées à des prix allant de 1,8 à 3 millions de francs CFA en 2011, sont désormais menacées d’expropriation pour une somme dérisoire de 1,5 million de francs CFA, quel que soit leur taille. Cette décision laisse ces travailleurs et leurs familles dans une situation de détresse sociale indescriptible.

Ces pères et mères de famille dénoncent cette manière de spolier des citoyens honnêtes qui n’ont fait que planifier leur avenir en vue de l’ouverture de l’aéroport de Diass. Cette expropriation injuste remet en question la protection des droits fonciers des citoyens et soulève des interrogations sur l’équité dans les processus d’urbanisation et de développement.

Fermeture de l’université de Dakar: «Le régime veut-il s’accaparer du foncier de l’Ucad?» (Mamadou Lamine Diallo)

«Dossier nouveau : Le régime veut-il fermer l’Université Cheikh Anta Diop et s’accaparer du foncier?», s’est interrogé Mamadou Lamine Diallo dans sa Question économique de la semaine (Qes Tekki 384) publiée hier mardi 5 décembre 2023. Selon le député et candidat à l’élection présidentielle du 25 février prochain, la question mérite d’être posée, tant la mesure de fermeture de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar est incohérente à ses yeux. 
L’économiste juge légères voire fallacieuses les explications du ministre de l’Enseignement supérieur. «Le ministre Baldé, produit de cette université comme Macky Sall et Amadou Ba l’Ascenseur, explique que l’avenir est à l’enseignement à distance; on peut fermer le campus social sans conséquences. Or, les bacheliers 2021, 2022, 2023 sont au même point, en attendant ceux de 2024. C’est le point de départ de l’implosion du système. BBY n’aime pas le Sénégal et ses enfants. Il faut appeler le chat par son nom, c’est du sabotage», fulmine-t-il. 
Selon lui, la vraie raison qui sous-tend cette décision serait  une volonté de s’accaparer du foncier. «L’UCAD se situe à Fann Résidence, le quartier le plus huppé de Dakar, le m2 à deux millions. Pour les prédateurs, tuer l’université et prendre le foncier est un business lucratif», souligne Mamadou Lamine Diallo qui invite le mouvement qui s’était opposé au bradage du lycée Lamine Gueye, il y a quelques années, à sauver l’UCAD. 
De même, il a demandé aux centrales syndicales CNTS, UDEN, CSA et les autres de soutenir le SAES dans son bras de fer avec l’État pour l’ouverture du campus universitaire. 

Seneweb

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