Fonds Covid-19 : Sophie Gladima attendue ce mercredi devant la Haute Cour de justice

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, comparaîtra ce mercredi 11 juin devant la Haute Cour de justice, pour une nouvelle audition dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. L’information a été révélée par Les Échos, qui précise que l’ex-ministre sera extraite de prison pour l’occasion.

Poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de ces chefs, Sophie Gladima est accusée d’avoir participé à des irrégularités financières portant sur un montant de 193,07 millions de francs CFA. Cette somme représente une partie du milliard de francs CFA alloué à son département dans le cadre du programme « Force Covid-19 ».

Selon le rapport de la Cour des comptes, plusieurs anomalies ont été relevées dans l’exécution des projets financés par ces fonds, notamment dans la gestion du chantier de construction d’un centre de gravimétrie à Kédougou. L’audit évoque des dépenses sans justification suffisante, des prestations non exécutées, et des procédures de passation de marché non conformes.

Sophie Gladima, première des cinq anciens ministres inculpés à avoir été placée sous mandat de dépôt, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme que l’ensemble des projets a été exécuté dans le respect des règles, et qu’elle n’a bénéficié d’aucun avantage personnel dans le cadre de la gestion de ces fonds.

Mais la tâche s’annonce difficile pour convaincre la commission d’instruction. En effet, l’accusation s’appuie notamment sur les déclarations de son ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Alassane Diallo, actuellement en fuite. Ce dernier, cité dans le rapport comme l’un des principaux gestionnaires du budget incriminé, aurait livré des éléments compromettants avant de disparaître.

Dans ce dossier, plusieurs autres ex-membres du gouvernement Macky Sall font également l’objet de poursuites. Ndèye Saly Diop Dieng a été placée sous contrôle judiciaire, Ismaila Madior Fall porte un bracelet électronique, tandis que Moustapha Diop et Mansour Faye sont, eux aussi, en détention. Cette série de poursuites judiciaires illustre la volonté des autorités de faire la lumière sur l’usage des fonds publics alloués en pleine crise sanitaire.

L’audition de Sophie Gladima devant la Haute Cour de justice devrait donc constituer un moment clé dans cette procédure inédite, qui mobilise l’attention de l’opinion publique, des institutions, et des observateurs du système judiciaire sénégalais.

Haute Cour de Justice : Ndeye Saly Diop Dieng auditionnée dans l’affaire de détournement présumé des fonds Covid-19

L’ancienne ministre de la Famille, de la Femme, du Genre et de la Protection des Enfants, Ndeye Saly Diop Dieng, a été entendue ce lundi matin par le procureur de la Haute Cour de Justice. L’ex-ministre du gouvernement Macky Sall a comparu à la suite de sa mise en accusation par l’Assemblée nationale dans une affaire de détournement présumé de fonds publics liés à la gestion de la pandémie de Covid-19.

C’est aux environs de 11 heures que Mme Dieng a fait son apparition à la cour d’appel du tribunal de Dakar. Après son audition, elle est repartie librement à son domicile, en attendant la suite de la procédure.

L’ex-ministre est soupçonnée d’avoir détourné une somme de 52 millions de francs CFA allouée à son ministère dans le cadre de la riposte contre le Covid-19. Ces fonds étaient destinés à soutenir les couches vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants, durant la crise sanitaire. Les accusations ont été en partie étayées par les déclarations de son ancien Directeur de l’Administration Générale et de l’Équipement (DAGE), aujourd’hui également mis en cause.

Malgré ces soupçons, Ndeye Saly Diop Dieng nie fermement toute malversation. Devant les juges, elle a réaffirmé avoir « travaillé avec loyauté et dignité » tout au long de son mandat, rejetant toute implication dans une quelconque irrégularité financière.

Ce dossier s’inscrit dans un processus judiciaire plus large visant à faire la lumière sur la gestion des fonds Covid-19 sous l’administration précédente. Plusieurs autres anciens ministres du régime de Macky Sall sont également attendus dans les prochains jours devant la Haute Cour de Justice. Cette série d’auditions marque une étape importante dans les efforts des nouvelles autorités pour renforcer la redevabilité et lutter contre l’impunité.

Affaire à suivre.

Fonds Covid-19 : Mansour Faye vers la Haute Cour de justice pour détournement présumé de 2,749 milliards FCFA

L’Assemblée nationale examine ce jeudi une résolution visant à traduire Amadou Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale devant la Haute Cour de justice. Les accusations portent sur des détournements de deniers publics, d’escroquerie portant sur des deniers publics, de blanchiment de capitaux liées aux fonds Covid-19, pour un préjudice provisoire estimé à 2,749 milliards FCFA.

PROJET DE RESOLUTION PORTANT MISE EN ACCUSATION DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE DE MONSIEUR AMADOU MANSOUR FAYE, ANCIEN MINISTRE DU DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE ET DE L’EQUITE SOCIALE ET TERRITORIALE 

La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, après avoir délibéré, en sa séance du 02 mai 2025, a adopté à la majorité, le projet de résolution dont la teneur suit: 

Considérant que par lettre référencée n° 000289/MJ/CAB/DC en date du 14 Avril 2025, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice a saisi le Président de l’Assemblée Nationale d’une requête aux fins de mise en accusation de Monsieur Amadou Mansour FAYE, ancien Ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale devant la Haute Cour de Justice; 

Considérant que le 7 février 2023 le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors-Classe de Dakar a transmis, pour enquête à la Division des Investigations Criminelles, le rapport de la Cour des Comptes ayant révélé des faits de surfacturation sur le prix du riz à l’encontre du nommé Aliou SOW, dans le contexte de la lutte contre la pandémie COVID-19; 

Considérant que ce dernier, DAGE du Ministère du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, entendu par les enquêteurs, précisait que l’enveloppe allouée à leur département au titre de l’opération d’aide alimentaire était fixée à 69 milliards. 

 Il indiquait qu’une partie de ce montant, soit 59 milliards, était logée à la Direction Générale du Budget du Ministère des Finances. Ce montant de 59 milliards était géré par le Coordonnateur dudit Ministère déclarait an titre des lignes budgétaires pour lesquelles ces fonds ont été attribués, qu’aucune rubrique ne leur avait été définie. Il avait reçu comme instruction écrite de son Ministère de tutelle, simplement de gérer toutes les dépenses liées à l’assistance alimentaire»: 

Il ajoutait n’avoir eu accès qu’au reliquat de 10 milliards logé dans le compte de dépôt intitulé MDCEST-FORCE COVID ouvert dans les livres du Payeur général au nom du ministère. Il poursuivait en faisant observer que c’est le gestionnaire qui effectuait les paiements sur la base des pièces justificatives transmises par son Ministre de tutelle, Monsieur Amadou Mansour FAYE à son collègue des Finances et du Budget: 

Considérant que le rapport de la Cour des Comptes faisait ainsi apparaitre un surplus global facturé pour les achats de riz d’un montant de 2.749.927.948 FCFA. 

Considérant que l’enquête établissait également que certains fournisseurs se sont vus octroyer plusieurs commandes à la fois (CCMN et AVANTI) et d’autres qui ont signé concomitamment pour deux sociétés différentes (AFRI & CO/AVANTI); 

Par ailleurs, dans le but de mieux cerner le patrimoine du sieur Aliou SOW, des réquisitions ont été adressées aux différentes institutions de la place. Les résultats faisaient apparaitre l’acquisition de divers biens mobiliers et immobiliers par ce dernier: 

Considérant qu’à l’époque de ces faits, Monsieur Amadou Mansour FAYE, cité dans la procédure, était Ministre de tutelle; 

Considérant que selon l’article 101alinéa 2 de la Constitution, le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. Ils sont jugés par la Haute Cour de Justice»; 

Qu’en vertu des dispositions de l’article 17 de la loi organique nº 2002-10 du 22 février 2002 sur la Haute Cour de Justice, les poursuites sont exercées suite à une résolution de l’Assemblée nationale votée dans les conditions prévues à l’article 101 de la Constitution et portant mise en accusation devant la Haute Cour de Justice: 


Considérant que les faits ci-dessus révélés laissent apparaitre des indices et présomptions graves et concordants d’association de malfaiteurs, de concussion, de corruption, de prise illégale d’intérêt, de faux et usage de faux en écritures privées, de commerce ou de banque, de détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur des deniers publics, de blanchiment de capitaux, et complicité de ces chefs, à l’encontre de Monsieur Amadou Mansour FAYE, pour un préjudice évalué provisoirement à la somme de 2.749.927.498 FCFA; 

Considérant que, lors de la commission de ces faits révélés par l’enquête de police, Monsieur Amadou Mansour FAYE exerçait des fonctions ministérielles; 

Considérant que ces faits sont prévus et punis par les articles 238, 239,159,160,161,162, 156, 157, 135,136,152,153, 45,46 du Code Pénal, 140 du Code de Procédure Pénale et la loi 2024-08 du 14 février 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, abrogeant et remplaçant la loi n° 2018-03 du 23 février 2018 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme; 

Que de tels faits méritent d’être portés devant la Haute Cour de Justice; 

Décide de la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice de Monsieur Amadou Mansour FAYE, ancien Ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, conformément à l’article 101 de la Constitution, 17 et suivants de la loi n° 2002-10 du 22 février 2002 portant loi organique sur la Haute Cour de Justice, modifiée.

Assemblée nationale : Malick Ndiaye enclenche la procédure contre les anciens ministres impliqués dans la gestion du Fonds Covid-19

L’Assemblée nationale du Sénégal a été le théâtre de deux réunions décisives convoquées par son président, Malick Ndiaye. Selon L’Observateur, le Bureau de l’Assemblée puis la Conférence des présidents ont été réunis pour examiner une demande sensible émanant des autorités judiciaires : l’ouverture d’une procédure contre d’anciens membres du gouvernement dans le cadre de l’enquête sur la gestion du Fonds force Covid-19.

L’affaire fait grand bruit dans le landerneau politique. Le Parquet général, à l’origine de la requête, a transmis aux instances parlementaires les dossiers de cinq anciens ministres soupçonnés de mauvaise gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie. Parmi eux figurent Mansour Faye, ex-ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale, et Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel et des PME — deux proches de l’ancien président Macky Sall. D’après L’Observateur, ils devraient être les premiers à être entendus par la Haute Cour de justice.

Lors de sa dernière sortie médiatique, le Parquet de Dakar avait confirmé avoir transmis les documents à l’Assemblée. Une étape cruciale qui a été officiellement notifiée au Bureau parlementaire par Malick Ndiaye, marquant ainsi le début d’un processus juridique exceptionnel.

La Conférence des présidents, qui s’est réunie dans la foulée, doit désormais fixer les grandes lignes du calendrier parlementaire. Il s’agira notamment de déterminer la date de convocation de la Commission des Lois, chargée d’examiner les dossiers transmis, ainsi que celle de la plénière. Lors de cette dernière, les députés seront appelés à voter sur le projet de résolution visant à autoriser la mise en accusation des anciens ministres devant la Haute Cour de justice.

Cette affaire, aux répercussions potentiellement explosives, marque un tournant dans la lutte contre l’impunité et la reddition des comptes au plus haut sommet de l’État. Le Sénégal, désormais engagé sur la voie de la transparence, attend avec attention la suite de cette procédure inédite.

Fonds Covid-19 : Mansour Faye se défend face aux accusations de mauvaise gestion (vidéo)

L’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, est sorti de son silence pour répondre aux accusations contenues dans le rapport de la Cour des comptes sur les fonds Force-Covid-19. Invité de la plateforme SL-info.Tv, il a tenu à clarifier sa position concernant les 399 millions de francs CFA utilisés sans justification formelle, selon les vérificateurs.

Dès l’entame de l’entretien, le maire de Saint-Louis a fustigé ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « désinformation » entretenues, selon lui, par les nouvelles autorités. « Quand la manipulation et la désinformation deviennent le quotidien d’un régime, il est de mon devoir de faire la lumière sur la vérité », a-t-il déclaré. Pour lui, l’utilisation des 399 millions F CFA s’inscrivait dans un contexte d’urgence, lié à la pandémie.

« Il est vrai que dans le rapport, le vérificateur a indiqué que mon ministère a utilisé 399 millions tirés sur des fonds de calamités qu’on n’avait pas droit d’utiliser. Mais s’il n’a pas trop insisté là-dessus, c’est parce qu’utiliser de l’argent sans pour autant justifier son utilisation, l’administration n’en tient pas rigueur », a affirmé Mansour Faye.

Il rappelle par ailleurs que le contexte pandémique avait justifié la suspension des procédures habituelles, notamment par un décret présidentiel. « Il y avait même un décret qui a supprimé toutes les procédures de marchés publics. Quand une situation se présente, il n’y a plus de procédures », insiste-t-il.

Mansour Faye va plus loin et se dédouane de toute responsabilité personnelle. Il affirme avoir donné instruction de ne pas toucher aux fonds de calamité tant que les textes n’étaient pas finalisés. « C’est mentionné dans le rapport et le DAGE l’a dit au vérificateur : moi, Mansour Faye, ministre à l’époque, j’avais demandé à ce que ces fonds ne soient pas touchés avant la signature des textes qui l’organisent », dit-il.

Cependant, il reconnaît que les fonds ont été utilisés pour accélérer la distribution de l’aide alimentaire, une urgence nationale en pleine crise sanitaire. « Il fallait utiliser l’argent pour le démarrage de la distribution… », ajoute-t-il, tout en défendant la bonne foi et le sens de responsabilité des équipes impliquées.

Même si ses propos visent à relativiser la gravité des faits, ils soulèvent de nombreuses questions. Le rapport de la Cour des comptes avait pourtant noté une absence de pièces justificatives pour plusieurs dépenses, ainsi qu’un non-respect des règles de gestion, même en période d’urgence.

Mansour Faye, beau-frère de l’ancien président Macky Sall, est l’un des anciens ministres cités parmi les cinq personnalités devant comparaître devant la commission parlementaire dans le cadre de la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice.

Alors que le nouveau pouvoir affiche sa volonté de rendre des comptes au peuple sénégalais, cette sortie médiatique vise à préparer l’opinion. Reste à savoir si les explications de Mansour Faye convaincront les députés, mais surtout la Haute Cour de justice, seule habilitée à juger les anciens ministres dans de telles affaires.

Affaire des fonds Force Covid-19 : Un chauffeur du ministère inculpé pour détournement de 930 millions F CFA

Dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds Force Covid-19, Mouhamadou Bamba Amar, chauffeur au ministère du Développement industriel et des Petites et moyennes entreprises, a été placé sous mandat de dépôt par le juge du 2e cabinet du tribunal de Dakar. Il est poursuivi pour un détournement présumé portant sur la somme de 930 millions F CFA.

Bien qu’il conteste les faits qui lui sont reprochés, Bamba Amar a été inculpé pour détournement de deniers publics. Selon ses déclarations, il n’aurait été qu’un simple exécutant, chargé par Moustapha Diop, le gestionnaire de compte aujourd’hui en fuite, d’aller retirer des chèques à la banque BOA. Il affirme que tous les chèques en question portaient la signature de Moustapha Diop.

Ses avocats, Maîtres Cheikh Ahmadou Bamba Fall et Seny Ndione, ont soutenu cette ligne de défense, soulignant que leur client n’a fait qu’obéir à des instructions hiérarchiques. Malgré cette plaidoirie, le magistrat instructeur a décidé de l’inculper et de le placer en détention.

D’après des informations obtenues par Seneweb, Mouhamadou Bamba Amar envisage de déposer une demande de mise en liberté provisoire, assortie d’une caution, dans l’espoir de retrouver sa liberté en attendant la suite de la procédure judiciaire.

Cette nouvelle arrestation relance le débat sur la traçabilité des fonds alloués à la lutte contre la pandémie de Covid-19, un sujet qui continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique sénégalaise.

Fonds Covid-19 : 27 personnes présentées au procureur en 48 heures

Les enquêtes sur la gestion des fonds Covid-19 s’accélèrent au Sénégal. En l’espace de seulement deux jours, 27 personnes ont été déférées au parquet dans le cadre des investigations en cours. L’annonce a été faite ce jeudi 17 avril 2025 par le procureur financier El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, lors d’un point de presse organisé au Tribunal de Dakar.

Ces nouvelles interpellations s’inscrivent dans un dispositif plus large de lutte contre la délinquance financière mis en place par le Pool judiciaire financier (PJF), organe dédié à la traque des détournements de deniers publics. Le rythme des auditions témoigne de la volonté du parquet d’apporter des réponses concrètes aux attentes des citoyens en matière de justice et de transparence.

Depuis sa mise en place, le PJF a enregistré des résultats significatifs : 292 dossiers ouverts, 262 personnes arrêtées, et des saisies estimées à plus de 15 milliards de francs CFA. Selon le procureur Sylla, ces avancées démontrent l’efficacité du mécanisme judiciaire mis en œuvre pour faire la lumière sur la gestion des ressources allouées à la pandémie.

Ce processus judiciaire de grande ampleur, lancé à la suite des révélations du rapport de la Cour des comptes, vise à situer les responsabilités et, si nécessaire, sanctionner les auteurs de malversations. Il s’inscrit également dans une démarche plus globale de reddition des comptes et de restauration de la confiance entre l’État et les citoyens.

Alors que les auditions se poursuivent, les autorités judiciaires promettent de ne ménager aucun effort pour récupérer les fonds détournés et rendre justice au peuple sénégalais.

Fonds Covid-19 : Ngom Niang et Sadiya Gueye libérés après avoir consigné 200 millions de F CFA

L’affaire du détournement présumé des ressources du Fonds Force Covid-19 continue de livrer ses développements. Ce jeudi, deux figures citées dans ce dossier emblématique de la reddition des comptes sous le régime de Bassirou Diomaye Faye ont bénéficié d’une liberté provisoire, sous réserve d’un contrôle judiciaire strict. Il s’agit de l’ancienne DAGE du ministère des Sports, Ngom Niang, et de la styliste bien connue du milieu de la mode sénégalaise, Alimatou Sadiya Gueye.

Selon des sources judiciaires, le juge du 5e cabinet, chargé de l’instruction du dossier, a accordé la liberté provisoire aux deux prévenus, après qu’ils ont consigné une caution totale de 200 millions F CFA. Ngom Niang a versé la somme de 150 millions de francs CFA, tandis que Sadiya Gueye a été libérée après avoir déposé 50 millions FCFA.

Tous deux sont poursuivis pour détournement de deniers publics, une accusation qui pèse sur plusieurs personnes dans cette affaire tentaculaire. L’enquête s’inscrit dans le cadre de la traque des responsabilités liées à la gestion du Fonds Force Covid-19, mis en place en 2020 par l’ancien président Macky Sall pour faire face à la pandémie. D’un montant initial de 1000 milliards de francs CFA, ce fonds était destiné à soutenir les ménages vulnérables, les entreprises affectées, et renforcer le système de santé.

Mais depuis la publication du rapport de la Cour des Comptes, de nombreuses zones d’ombre ont été mises en lumière, notamment des irrégularités dans la passation de marchés, des surfacturations et des dépenses jugées injustifiées. Le rapport a également pointé du doigt des cas de gestion opaque et de non-respect des règles de procédure dans l’attribution des marchés publics liés au Fonds.

L’ancien DAGE du ministère des Sports, Ngom Niang, est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans des opérations financières douteuses concernant des achats d’équipements et de matériel, en lien avec les activités du ministère durant la crise sanitaire. Quant à Sadiya Gueye, elle aurait bénéficié de marchés attribués de manière non conforme, selon les premiers éléments de l’enquête.

D’autres personnes, impliquées dans cette vaste affaire, sont actuellement sous contrôle judiciaire, en garde à vue, ou en attente de leur audition. Des retours de parquet ont été notés, et le Pôle judiciaire financier poursuit ses investigations pour déterminer les responsabilités exactes de chacun.

Alors que le gouvernement affiche une volonté ferme de lutter contre l’impunité et de récupérer les biens mal acquis, cette affaire constitue l’un des dossiers tests du nouveau régime en matière de gouvernance, de transparence et de justice. La suite des procédures devrait permettre d’en savoir davantage sur l’ampleur des détournements présumés et sur l’implication d’autres figures publiques ou opérateurs économiques.

Tribunal de Dakar : Baba Hamdy, Abdou Aziz Mbaye, Alimatou Sadiya Gueye, Tange Tandian et d’autres déférés au parquet dans l’affaire des fonds Covid-19

L’étau judiciaire se resserre autour des personnalités citées dans le scandale des fonds Force Covid-19. Ce mardi 15 avril, plusieurs figures connues, interpellées la veille par la Division des investigations criminelles (DIC), ont été déférées au parquet de Dakar dans le cadre de l’enquête sur la gestion présumée frauduleuse des fonds alloués à la lutte contre la pandémie.

Parmi les personnes déférées figurent l’artiste-compositeur Baba Hamdy, la styliste Alimatou Sadiya Gueye, le communicateur traditionnel Abdou Aziz Mbaye, et Mamadou Ngom Niang, ancien directeur de l’Administration générale et de l’équipement (DAGE) au ministère des Sports. L’animateur bien connu du monde people, Tange Tandian, convoqué ce matin à la DIC, a lui aussi été présenté au procureur de la République.

Selon le reporter sur place au tribunal de Dakar, tous ces individus sont actuellement dans le bureau du procureur, où ils devraient être entendus dans les prochaines heures. Les chefs d’accusation pourraient inclure détournement de deniers publics, escroquerie, ou encore complicité de fraude, en fonction des éléments du dossier.

Cette série de déférés s’inscrit dans une vaste opération judiciaire visant à faire la lumière sur les nombreuses irrégularités relevées par la Cour des comptes dans son rapport sur les fonds Covid-19. Ce rapport avait mis en évidence des anomalies portant sur plusieurs milliards de francs CFA, attribués à des structures, personnalités ou entreprises dans des conditions jugées opaques.

L’enquête continue et d’autres convocations sont attendues dans les jours à venir. Le parquet pourrait également ordonner l’ouverture d’informations judiciaires contre certains des mis en cause. Le dossier est suivi de très près par l’opinion publique, qui réclame transparence et justice dans la gestion de ces ressources publiques cruciales en période de crise sanitaire.

Fonds Covid-19 : Abdou Aziz Mbaye, les 150 millions de Fcfa alloués aux communicateurs traditionnels et l’absence de justificatifs

Interpellé ce lundi, Abdou Aziz Mbaye se retrouve impliqué dans la gestion controversée des 150 millions de FCFA destinés aux communicateurs traditionnels, alloués en deux tranches. Selon ses déclarations, ce montant aurait été distribué entre les bénéficiaires sur la base de listes et de montants définis par le sous-comité en accord avec les présidents des régions.

Cité par le journal Libération, Abdou Aziz Mbaye avait souligné que le réseau des communicateurs traditionnels aurait fourni tous les justificatifs sur la gestion de ces fonds, à l’ancien directeur de cabinet du ministre de tutelle, en l’absence du DAGE (Direction de l’Administration générale et de l’Equipement), avant d’ajouter qu’il n’a jamais été question pour leur sous-comité de fournir des Pv de fin de travaux, encore moins des critères d’éligibilité.

Il soutient qu’un partage consensuel et équitable des fonds aurait été opéré entre les bénéficiaires. Toutefois, plusieurs éléments matériels contredisent cette version des faits.

Fonds COVID-19 : Dix hauts responsables accusés de gestion frauduleuse envoyés au procureur

Ce mercredi 15 mai, lors du Conseil des ministres, le Garde des Sceaux et ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a abordé l’évolution du dossier judiciaire concernant les irrégularités signalées par la Cour des comptes dans la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19. Un rapport publié à la fin de l’année 2022 avait révélé de nombreuses anomalies, conduisant le Procureur de la République, Amady Diouf, à annoncer l’ouverture d’enquêtes pour des cas présumés de « corruption et d’abus de fonction » le 6 février 2023.

Malgré plus d’un an d’investigations, peu de progrès avaient été communiqués au public, suscitant des interrogations quant à l’état réel des procédures. L’intervention du ministre Ousmane Diagne marque une étape potentielle dans ce dossier, qui semblait jusqu’alors en stagnation. Les autorités actuelles, en charge depuis la fin de l’administration de Macky Sall, sont déterminées à faire progresser cette enquête, souvent commentée par l’opposition désormais au pouvoir.

Liste des dix personnes dont le dossier a été envoyé au procureur de la République :

Rokheya DIAGNE – Responsable du Laboratoire national de Santé publique (LNSP). Accusée de faute de gestion pour avoir accordé des gratuités sur des tests PCR sans y être habilitée, causant un préjudice de 4 274 004 FCFA. Elle n’a pas fourni les pièces justificatives pour une commande de 7 595 000 FCFA passée auprès de l’IRESSEF pour le traitement d’échantillons.

Lamine DIALLO – Comptable sortant de l’établissement public de santé de niveau 1 de Kaffrine. Accusé de défaut de production des pièces justificatives pour des dépenses liées à la COVID-19 d’un montant de 45 000 000 FCFA.

Ndiamé NDIAYE – Directeur du Fonds d’Impulsion de la Microfinance. Accusé de faute de gestion pour non-justification de l’utilisation de 11 191 532 FCFA des fonds Force Covid-19.

Alassane DIALLO – Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement du Ministère des Mines et de la Géologie. Accusé de faute de gestion pour avoir payé la construction d’une unité gravimétrique non réalisée. Il a fourni des documents jugés insuffisants par la Cour des comptes.

Ousseynou NGOM – Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement du Ministère de la Santé et de l’Action sociale. Accusé de faute de gestion pour défaut de justification de dépenses de 36 147 500 FCFA, utilisant les mêmes pièces justificatives pour diverses dépenses.

Ndèye Aminata LOUM NDIAYE – Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement du Ministère du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries, et Moustapha DIOP, gestionnaire du compte bancaire « fonds d’appui à la petite et moyenne entreprise » ouvert à la BOA. Accusés d’irrégularités dans le paiement de 2 500 000 000 FCFA pour des masques.

Djiby DIAKHATE – Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement du Ministère de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants. Accusé de faute de gestion pour défaut de justification de 53 233 300 FCFA.

Mouhamadou SENE – Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement du Ministère de la Jeunesse. Accusé de surfacturation de 41 217 580 FCFA pour du gel hydro-alcoolique.

Madeleine Suzane LO – Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement du Ministère du Commerce et des Petites et Moyennes Entreprises. Accusée de surfacturation de 805 000 FCFA pour du gel hydro-alcoolique.

Aliou SOW – Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement sortant du Ministère du Développement Communautaire, de l’Équité sociale et territoriale. Accusé de surfacturation de 2 749 927 498 FCFA pour du riz.

    Ces nominations témoignent de la détermination des autorités à poursuivre les responsables des irrégularités et à renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics.

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