Droits humains : le Forum du justiciable alerte l’ONU sur la santé critique de plusieurs détenus au Sénégal

La situation sanitaire de certains détenus hospitalisés au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec continue d’inquiéter. Face à ce qu’il qualifie de « violations graves du droit à la santé », le Forum du justiciable a officiellement interpellé Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest. Dans une correspondance datée du 9 décembre 2025, l’organisation dirigée par Babacar Ba appelle à une intervention urgente de l’instance onusienne.

Depuis plusieurs mois, le traitement réservé aux détenus, notamment ceux impliqués dans des dossiers perçus comme politiquement sensibles, alimente le débat public et suscite l’indignation d’une partie de la société civile. Malgré les alertes répétées, certains prisonniers gravement malades continuent d’être maintenus en détention dans des conditions jugées inadaptées, même en milieu hospitalier.

Selon les informations relayées par Les Échos, plusieurs personnalités sous surveillance médicale figurent parmi les cas que l’ONG juge critiques. Il s’agit notamment de Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye, Mabintou Diaby et Khadim Ba. Le Forum du justiciable estime que leur état de santé est « gravement compromis » et « incompatible avec toute forme de détention ». L’organisation souligne que le Pavillon spécial ne dispose ni des ressources ni de l’environnement nécessaires pour assurer un suivi médical constant et adéquat pour ces patients.

Dans sa lettre adressée aux Nations Unies, Babacar Ba rappelle que le Sénégal est lié par des engagements internationaux clairs en matière de protection des personnes privées de liberté. Le droit à la santé, insiste-t-il, ne souffre aucune exception, y compris pour les personnes en détention, et constitue une obligation à laquelle l’État doit impérativement se conformer.

Le Forum du justiciable formule ainsi deux demandes principales : l’octroi de libertés provisoires immédiates aux détenus considérés comme médicalement inaptes à la détention, et un rappel officiel des engagements internationaux du Sénégal concernant la protection des personnes vulnérables. Selon l’ONG, ces mesures sont indispensables pour éviter des conséquences irréversibles sur la santé – voire la vie – des prisonniers concernés.

L’organisation se dit disposée à fournir toutes les informations supplémentaires dont pourrait avoir besoin le Haut-Commissariat afin d’éclairer la nature et la gravité des violations alléguées. Par cette démarche, le Forum du justiciable espère susciter une pression internationale capable de contraindre les autorités sénégalaises à prendre des mesures immédiates pour garantir les droits fondamentaux des détenus les plus fragiles.

Affaire Ahmed Ndoye : le Forum du justiciable dénonce des propos « excessifs » mais appelle à la clémence

Le Forum du justiciable, par la voix de son président Babacar Bâ, est sorti de sa réserve pour réagir à la polémique provoquée par les déclarations du chroniqueur Ahmed Ndoye à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une publication rendue publique ce vendredi sur sa page X (anciennement Twitter), Babacar Bâ a qualifié les propos du chroniqueur de « manifestement excessifs » et contraires à la retenue que requiert le débat démocratique, tout en appelant à un traitement mesuré de l’affaire.

Selon le président du Forum du justiciable, la liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle ne saurait être exercée au détriment du respect dû aux institutions de la République. « La liberté d’expression est un droit constitutionnellement garanti, mais elle doit s’exercer avec responsabilité et discernement, surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer des personnalités qui incarnent des institutions », a rappelé M. Bâ. Il a insisté sur le fait que la fonction de Premier ministre, en tant que pilier du pouvoir exécutif, commande une certaine considération, indépendamment des critiques que peut susciter l’action gouvernementale.

Dans son intervention, Babacar Bâ a également souligné l’importance du respect dans l’espace public. Il estime que le débat démocratique ne doit pas être confondu avec l’invective ou l’insulte, mais plutôt s’articuler autour d’arguments rationnels et constructifs. « Le Sénégal a besoin d’un espace public apaisé, où la confrontation des idées se fait dans la dignité, sans atteinte à l’honneur des personnes ni à celui des institutions », a-t-il indiqué.

Cependant, tout en condamnant la nature des propos tenus par Ahmed Ndoye, le président du Forum du justiciable a tenu à nuancer sa position en appelant à la clémence à l’égard du chroniqueur. « Dans un esprit d’apaisement et afin d’éviter la judiciarisation excessive de la liberté d’expression, nous appelons à la clémence pour la libération de Ahmed Ndoye », a-t-il plaidé. Babacar Bâ estime qu’une sanction sociale ou morale suffit dans ce genre de situation, afin de préserver la liberté d’expression tout en envoyant un signal fort sur la nécessité de la responsabilité médiatique.

Cette affaire intervient dans un contexte où les propos tenus sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne suscitent de vifs débats au Sénégal. Entre liberté d’expression et respect des institutions, la frontière demeure souvent ténue, ce qui alimente des tensions entre acteurs politiques, journalistes et chroniqueurs. L’appel du Forum du justiciable se veut ainsi un message d’équilibre : défendre la liberté d’expression tout en préservant le respect et la stabilité institutionnelle.

Babacar Bâ conclut en invitant l’ensemble des citoyens, notamment les acteurs des médias et de la société civile, à faire preuve de retenue et à adopter une posture de responsabilité dans leurs interventions publiques. Pour lui, le Sénégal ne doit pas laisser la liberté d’expression devenir un outil de division, mais plutôt un instrument de construction démocratique fondé sur la civilité et la raison.

Affaire Abdou Nguer – Badara Gadiaga : « On dénature l’instruction judiciaire », dénonce Babacar Ba

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive inquiétante dans la gestion des affaires judiciaires impliquant des chroniqueurs, journalistes et personnalités publiques. Invité de l’émission Face au jury sur PressAfrik TvHD, ce dimanche 26 octobre 2025, l’ancien magistrat a livré une analyse sans détour sur les arrestations récentes d’Abdou Nguer et de Badara Gadiaga, dénonçant une utilisation « dévoyée » de la procédure d’instruction judiciaire.

« On dénature l’instruction judiciaire », a martelé Babacar Ba, rappelant que cette procédure est réservée à des dossiers complexes tels que les crimes de sang, le terrorisme ou les affaires de criminalité organisée. Selon lui, « envoyer en instruction un Abdou Nguer ou un Badara Gadiaga pour des propos tenus sur un plateau de télévision, c’est trahir l’esprit de la justice ».

Le président du Forum du Justiciable estime que certaines interpellations ne reposent sur aucune base légale solide, mais répondent plutôt à une logique d’intimidation. « Il y a des arrestations qui ne reposent absolument sur rien, si ce n’est l’intention d’empêcher la personne de s’exprimer », a-t-il déploré. Pour lui, ce climat de tension judiciaire marque un dangereux retour à des pratiques d’un autre temps : « Ce sont les mêmes méthodes qu’employaient les régimes précédents. »

Babacar Ba a aussi fustigé la montée des pressions populaires sur les réseaux sociaux et dans les médias, où des appels à l’arrestation de certaines figures publiques se multiplient. « On ne peut pas rendre la justice sur la base des émotions ou des pressions de l’opinion », a-t-il averti, tout en rappelant que « seul le procureur est le maître des poursuites ».

L’ancien magistrat a lancé un appel solennel à ses confrères de la magistrature pour qu’ils refusent de céder à la pression, d’où qu’elle vienne. « Il faut refuser de subir la pression, quelle qu’en soit l’origine. Un magistrat ne doit jamais plier sous l’influence, ni politique, ni populaire », a-t-il insisté.
Il a rappelé que, bien que le parquet relève administrativement du ministère de la Justice, « le magistrat, par essence, doit rester indépendant, car la Constitution garantit la séparation des pouvoirs ».

Revenant sur le cas d’Abdou Nguer, chroniqueur connu pour ses interventions médiatiques, Babacar Ba estime que la décision de le placer sous instruction est disproportionnée et injustifiée. « La procédure d’instruction est un outil d’investigation approfondie, pas un instrument de privation arbitraire de liberté », a-t-il expliqué.
Même son de cloche pour Badara Gadiaga, lui aussi chroniqueur, dont la mise en cause dans une affaire similaire illustre, selon Ba, « la tentation du pouvoir de museler les voix critiques par le biais judiciaire ».

Évoquant enfin le cas de Pape Malick Ndour, poursuivi pour des propos tenus lors d’un rassemblement réclamant la libération de Farba Ngom, Babacar Ba a appelé à la retenue. Il a jugé que cette affaire aurait dû être close après la mise au point publique de l’intéressé, estimant que l’accusation « d’atteinte à la sûreté de l’État » était manifestement excessive.

Il en a profité pour rappeler les règles de base en matière de procédure pénale : « Dans un État de droit organisé, une convocation doit être notifiée au moins 48 heures à l’avance, pas le jour même », a-t-il martelé. Pour lui, le respect des droits de la défense n’est pas une faveur accordée à un citoyen, mais un principe constitutionnel non négociable.

En conclusion, Babacar Ba a invité les autorités judiciaires à « revenir à la raison » et à faire preuve d’équilibre dans la conduite des dossiers. « La justice doit rester le dernier rempart contre l’arbitraire. Lorsqu’elle devient un instrument de peur ou de règlement de comptes, c’est l’État de droit tout entier qui vacille », a-t-il prévenu, visiblement inquiet du climat actuel.

Mandat d’arrêt contre Madiambal Diagne : le Forum du justiciable appelle au respect des principes de l’État de droit

La réaction ne s’est pas fait attendre après l’annonce du mandat d’arrêt international lancé contre le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, accusé de transactions financières suspectes. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, a pris la parole pour rappeler les obligations de chacun dans une démocratie.

Dans une publication diffusée sur le réseau social X, le juriste a rappelé un principe fondamental : « Déférer à une convocation de justice est un devoir citoyen ». Pour lui, tout justiciable doit répondre aux sollicitations de la justice, quel que soit son statut. Cependant, il a tenu à apporter une précision importante sur le rôle des autorités compétentes dans une procédure judiciaire. « Mais dans un État de droit, les autorités doivent aussi notifier clairement, et à temps, les interdictions de sortie du territoire aux concernés », a-t-il souligné, pointant ainsi d’éventuelles failles dans la gestion de cette affaire.

Au-delà de ce rappel juridique, Babacar Ba a exprimé une conviction personnelle concernant l’issue de cette affaire : « Je reste convaincu que Madiambal Diagne viendra, pour son honneur, répondre de ses responsabilités comme il l’a promis ».

Cette réaction intervient dans un contexte tendu où l’affaire Madiambal Diagne continue d’alimenter les débats sur la transparence, la reddition des comptes et l’indépendance de la justice au Sénégal. Alors que l’ancien directeur de publication est activement recherché, les voix s’élèvent pour exiger que la procédure suive son cours sans atteinte aux droits fondamentaux, tout en évitant toute forme d’instrumentalisation politique.

L’enjeu dépasse ainsi le seul cas du journaliste : il illustre les défis auxquels la justice sénégalaise est confrontée, entre exigence de fermeté dans la lutte contre la corruption et nécessité de garantir un traitement équitable et respectueux des principes de l’État de droit.

Santé fragile de Farba Ngom : le Forum du justiciable alerte et demande une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Forum du Justiciable a lancé ce jeudi 28 août 2025 un appel pressant aux autorités judiciaires concernant la situation du député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. L’organisation citoyenne se dit « très préoccupée » par l’état de santé de l’édile, actuellement placé en détention, et alerte sur les risques graves auxquels il est exposé.

Dans un communiqué rendu public, le Forum rappelle que la contre-expertise médicale ordonnée par le Pôle judiciaire financier a confirmé les conclusions du premier rapport. Les spécialistes estiment que la condition physique de Farba Ngom est « incompatible avec la vie carcérale ». Son état présenterait un danger vital immédiat, avec un risque de « mort subite nocturne » si aucune mesure appropriée n’est prise.

S’appuyant sur ces éléments, le Forum du Justiciable plaide pour la mise en liberté provisoire du parlementaire, sous contrôle judiciaire, avec un bracelet électronique afin de concilier la poursuite de la procédure et la préservation de sa vie. « La vie humaine est sacrée », rappelle le Bureau exécutif de l’organisation, qui insiste sur le caractère humanitaire et non partisan de sa démarche.

Pour le Forum, il est impératif que la justice agisse rapidement afin d’éviter que l’« irréparable » ne survienne. L’organisation citoyenne en appelle à la responsabilité des autorités judiciaires et politiques, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une nécessité dictée par des considérations médicales et humanitaires.

Ce nouvel épisode relance le débat autour de la prise en charge des détenus souffrant de pathologies graves et pose la question de l’adaptation des mesures judiciaires aux réalités médicales. Pour Farba Ngom, la balle est désormais dans le camp de la justice, sommée d’arbitrer entre rigueur procédurale et impératif de préservation de la vie.

Délibérés renvoyés : le Forum du Justiciable dénonce une « injustice » contre Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana

Les affaires impliquant Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana connaissent un nouvel épisode controversé. En raison de la poursuite de la grève des greffiers, les délibérés qui devaient être rendus ont de nouveau été reportés. Ce prolongement de la détention préventive suscite l’indignation au sein de la société civile.

Le Forum du Justiciable, par la voix de son président Babacar Ba, a pris fermement position contre cette situation. Sur les ondes de Sud FM, il a dénoncé une « injustice » qu’il estime contraire aux principes d’un État de droit. Selon lui, maintenir des prévenus en prison uniquement à cause d’un mouvement social constitue une atteinte grave à leurs droits fondamentaux.

« Moustapha Diakhaté ainsi que Bachir Fofana et les autres ce qu’ils sont en train de vivre est injuste dans un État de droit. Le renvoi à plusieurs reprises de leur délibéré parce que, tout simplement, les greffiers sont en grève, c’est inhumain et ce n’est pas normal », a-t-il déclaré avec fermeté.

Babacar Ba a interpellé directement le ministre de la Justice, qu’il considère comme le garant du bon fonctionnement du service public judiciaire. Il estime que la situation actuelle viole les droits des deux prévenus ainsi que de toutes les autres personnes détenues dans des conditions similaires. Il a invité le Garde des Sceaux à prendre ses responsabilités pour mettre fin à ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle.

Le président du Forum du Justiciable a également plaidé pour que la liberté provisoire soit accordée à Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana en attendant que la situation se stabilise. « Nous demandons au procureur de la République et aux juges qui ont en charge leur dossier de leur accorder en attendant la liberté provisoire. Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana ont assez de garanties de représentation en justice », a-t-il souligné, rappelant que « la liberté est la règle, la détention l’exception » au Sénégal.

Babacar Ba juge inacceptable qu’un conflit social se traduise par un prolongement indéfini des détentions. « On ne peut pas, sous prétexte que les greffiers sont en grève, garder Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana en prison. Cela veut dire qu’ils vont rester en prison aussi longtemps que cette grève va durer, c’est une injustice », a-t-il martelé.

Enfin, il a réitéré son appel au ministre Ousmane Diagne, l’invitant à agir sans délai. « Nous interpellons une fois de plus le ministre de la Justice. S’il y a un dysfonctionnement au niveau du service public de la justice qui est en train de causer un préjudice énorme aux justiciables, je pense que c’est le ministre Ousmane Diagne qui doit prendre toutes ses responsabilités pour faire cesser cette injustice », a-t-il conclu.

À l’approche de la Tabaski, le Forum du Justiciable plaide pour des mesures de clémence en faveur de certains détenus

Dans une démarche à la fois humanitaire et pragmatique, le Forum du Justiciable du Sénégal a lancé ce 4 juin 2025 un appel solennel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’aux magistrats instructeurs et procureurs, pour envisager des mesures de clémence à l’endroit de certains détenus, à l’occasion de la fête de la Tabaski.

Dans un communiqué publié ce mercredi, l’organisation rappelle que le chef de l’État dispose, conformément à l’article 47 de la Constitution sénégalaise, du pouvoir de faire grâce. C’est donc sur la base de cette disposition que le Forum invite le président à accorder son pardon à un maximum de détenus, notamment ceux qui présentent des gages de resocialisation, les personnes âgées, les individus atteints de maladies graves ou chroniques, ainsi que les mineurs incarcérés.

Le Forum du Justiciable ne se limite pas à la grâce présidentielle. Il interpelle aussi les acteurs de la chaîne judiciaire, particulièrement les magistrats instructeurs et les procureurs. L’organisation les exhorte à user de leur pouvoir d’appréciation pour accorder la liberté provisoire à toute personne placée en détention préventive et présentant des garanties sérieuses de représentation en justice, ainsi qu’à celles dont l’état de santé est incompatible avec le régime carcéral.

Ce plaidoyer s’inscrit dans une dynamique de désengorgement des prisons, dont la surpopulation constitue une préoccupation récurrente au Sénégal. Il traduit également une volonté de voir les principes de justice s’harmoniser avec les impératifs d’humanité, notamment à l’occasion d’une fête religieuse majeure comme la Tabaski.

En signant cette déclaration, le Bureau Exécutif du Forum du Justiciable espère sensibiliser les autorités sur l’urgence de mesures concrètes et ciblées, dans le respect de la loi et des droits fondamentaux des personnes détenues.

Justice d’exception au Sénégal : le Forum du Justiciable alerte sur l’absence de recours devant la Haute Cour

Le Forum du Justiciable tire la sonnette d’alarme sur une faille jugée grave dans l’architecture judiciaire sénégalaise : l’absence de double degré de juridiction devant la Haute Cour de Justice. Dans un communiqué publié cette semaine, l’organisation de la société civile dénonce une entorse aux principes fondamentaux du droit à un procès équitable et une contradiction flagrante avec les engagements internationaux souscrits par le Sénégal.

La Haute Cour de Justice est la juridiction compétente pour juger le président de la République et les ministres dans le cadre de faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, selon le Forum du Justiciable, cette instance fonctionne sans aucune possibilité de recours, que ce soit durant la phase d’instruction ou après la décision finale. Un fonctionnement qui viole, selon le Forum, l’article 14, paragraphe 5, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cet article garantit à toute personne déclarée coupable d’une infraction le droit de faire examiner la déclaration de culpabilité et la condamnation par une juridiction supérieure.

Le Forum s’appuie notamment sur deux articles de la loi organique n°2002-10 du 22 février 2002 qui encadre la Haute Cour. L’article 23 stipule que « les actes de la commission d’instruction ne sont susceptibles d’aucun recours », tandis que l’article 35 précise que « les arrêts de la Haute Cour ne sont susceptibles, ni d’appel, ni de pourvoi en cassation ». En clair, les personnes jugées par cette juridiction n’ont aucun moyen légal de contester la décision rendue, ce qui va à l’encontre des standards internationaux en matière de droits de l’homme.

Dans son communiqué, le Forum du Justiciable qualifie cette situation de « préoccupation majeure » et dénonce une violation des principes universels du droit pénal, qui consacrent le droit à une seconde lecture des faits, par une instance supérieure et indépendante. Pour l’organisation, ce défaut structurel dans le fonctionnement de la Haute Cour de Justice remet en cause le caractère équitable de toute procédure engagée devant elle.

En conséquence, le Forum du Justiciable appelle solennellement les autorités sénégalaises à engager une révision urgente de la loi organique qui régit cette juridiction. L’objectif est d’y introduire un véritable double degré de juridiction, de manière à rendre les procédures plus conformes aux principes de l’État de droit et aux obligations internationales du Sénégal.

Cette alerte intervient dans un contexte où les discussions sur la réforme des institutions sont relancées avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir exécutif. Le Forum espère que cette faille, longtemps ignorée, sera enfin corrigée afin de garantir une justice véritablement équitable, même pour les plus hauts responsables de l’État.

Visa Schengen : le Forum du justiciable dénonce une dérive préoccupante autour de VFS Global

Le Forum du justiciable monte au créneau pour dénoncer une situation jugée intenable pour les Sénégalais souhaitant obtenir un visa Schengen. Dans un communiqué, l’organisation pointe du doigt VFS Global, prestataire privé mandaté par plusieurs ambassades européennes à Dakar pour la collecte des demandes, accusé de dérives graves dans la gestion des rendez-vous.

Selon le Forum, l’accès aux rendez-vous via la plateforme de VFS Global est devenu un véritable parcours du combattant. Les délais sont si longs que nombre de citoyens se tournent vers des circuits informels, parfois illégaux, pour obtenir un créneau. Ces pratiques nourrissent un système parallèle où des intermédiaires revendraient les rendez-vous entre 100 000 et 500 000 francs CFA.

« Les délais d’attente anormaux poussent certains citoyens désespérés à recourir à des intermédiaires. C’est une forme de délinquance organisée », fustige l’organisation, qui évoque une inégalité flagrante d’accès aux services consulaires, notamment pour les personnes modestes.

Face à cette situation, le Forum du justiciable interpelle directement les ambassades européennes concernées, les appelant à « revoir le système de gestion des rendez-vous » et à mettre en place des mécanismes transparents, équitables et sécurisés. L’organisation estime que cette crise de confiance ne peut être résolue sans une réforme structurelle.

L’appel est aussi adressé à l’État du Sénégal. Le Forum demande l’ouverture d’une enquête pour identifier les auteurs de ces trafics de rendez-vous et les traduire en justice, tout en invitant les citoyens à signaler tout abus et à refuser toute tentative d’extorsion.

Ce n’est pas la première fois que VFS Global est au centre de polémiques sur le continent africain. Implanté dans plus de 60 pays, le géant indien de la sous-traitance consulaire a déjà fait l’objet de critiques similaires à Abidjan, Bamako ou encore Kinshasa, pour des pratiques opaques et des délais anormalement longs.

Dans un contexte où les politiques migratoires européennes se durcissent et où les démarches administratives deviennent de plus en plus complexes, le Forum du justiciable rappelle que l’accès équitable aux visas est un droit fondamental, qu’il faut garantir à tous, sans discrimination.

L’organisation conclut en demandant une reprise en main du système de prise de rendez-vous, avec un meilleur contrôle par les ambassades et les États partenaires, afin de restaurer la confiance dans un processus devenu selon elle « arbitraire et discriminatoire ».

Législatives 2024 : Le Forum du Justiciable appelle à des élections apaisées et démocratiques

À quelques heures des élections législatives du 17 novembre 2024, le Forum du Justiciable, sous la direction de Babacar Ba, a publié un communiqué appelant à un scrutin transparent, inclusif et pacifique.

Dans son message, le Forum exhorte tous les partis politiques, coalitions et candidats indépendants à adopter un comportement exemplaire, évitant tout acte ou discours susceptible de générer des violences le jour du scrutin. L’organisation insiste également sur la nécessité de s’abstenir de proclamer prématurément des résultats non officiels, afin d’éviter tout malentendu ou désordre.

Le Forum rappelle que seule la proclamation des résultats consolidés et validés par les institutions compétentes garantit une transparence et une légitimité électorale.

Le Forum du Justiciable invite les autorités en charge de l’organisation des élections à s’assurer que tous les centres de vote soient correctement équipés en matériel avant le début des opérations. Il demande également à la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) de veiller strictement au respect des procédures pour garantir des élections régulières et conformes aux lois en vigueur.

Aux citoyens, l’organisation adresse un appel à se mobiliser massivement pour exercer leur droit de vote tout en respectant les lois de la République, contribuant ainsi à un climat de paix et de sérénité.

Le Forum du Justiciable conclut son communiqué en souhaitant une journée de scrutin pacifique et sécurisée à tous les Sénégalais, espérant que ces élections renforcent la démocratie sénégalaise et reflètent la volonté populaire dans le calme et le respect.

Sénégal – Présidentielle 2024 : Le forum du justiciable appelle à une compétition programmatique respectueuse

Suite à la publication par le Conseil constitutionnel de la liste définitive de 20 candidats autorisés à briguer la présidence, le Forum du justiciable a émis un communiqué exhortant les candidats à faire de cette élection un moment de compétition axé sur les programmes politiques. L’organisation souhaite ainsi voir émerger un débat constructif qui consolide les acquis démocratiques et l’État de droit au Sénégal.

Le Conseil constitutionnel a dévoilé la liste finale des 20 candidats autorisés à solliciter le suffrage des Sénégalais lors de la prochaine présidentielle. Dans cette perspective, le Forum du justiciable a également appelé à la participation active des citoyens, particulièrement des jeunes, tout en soulignant l’importance de respecter les lois et règlements du pays, tout en rejetant toutes formes de violences.

« Le Forum du justiciable invite tous les acteurs et particulièrement les jeunes à participer massivement à cette élection, mais dans le respect des lois et des règlements du pays et en bannissant toutes les formes de violences, » précise le communiqué.

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