Dialogue national au Gabon : Des propositions défavorables au Parti Démocratique Gabonais

Le Dialogue national inclusif (DNI) qui s’est tenu au Gabon a abouti à des conclusions qui pourraient avoir un impact significatif sur la scène politique du pays. Lors de la plénière générale du samedi 27 avril dernier, les participants ont formulé plusieurs propositions qui remettent en question le rôle et la position du Parti Démocratique Gabonais (PDG), la formation politique de l’ancien président Ali Bongo.

Parmi ces propositions, la suspension du PDG et de tous les partis politiques alliés a été suggérée. De plus, les principaux responsables du PDG sont directement visés, avec une demande d’inéligibilité pendant une période de trois ans. Cette mesure vise à restreindre leur participation à toute activité politique dans le pays.

De manière plus générale, les participants au Dialogue national ont appelé à la suspension de tous les partis politiques jusqu’à la mise en place de nouvelles règles et normes pour le fonctionnement démocratique du pays. Ces propositions, si elles sont validées par la junte au pouvoir, pourraient représenter un revers majeur pour l’ancien parti au pouvoir.

Il est à noter que ces conclusions du DNI reflètent les préoccupations et les aspirations d’une partie de la population gabonaise qui cherche à instaurer un système politique plus transparent, inclusif et démocratique. Cependant, l’adoption et la mise en œuvre de ces propositions restent soumises à la décision des autorités en place et à leur volonté de répondre aux demandes exprimées lors du Dialogue national.

Gabon : Report du début des travaux du dialogue national pour former les participants

Prévus pour démarrer ce mercredi 3 avril, les travaux du dialogue national gabonais ont été reportés par le gouvernement afin de permettre la formation des participants. Cette décision intervient après une cérémonie d’ouverture tenue la veille au stade de l’Amitié sino-gabonaise.

Initialement, une réunion plénière réunissant les 600 participants devait lancer les négociations, notamment sur des questions cruciales telles que le règlement intérieur, les termes de référence et la méthodologie de travail. Cependant, la ministre de la Réforme des institutions, Murielle Minkoué Mintsa, a annoncé le report du début des travaux, invoquant la nécessité d’apporter des ajustements et de former les panélistes.

Certains participants ont exprimé des critiques envers le ministère, les qualifiant d’amateurisme. En réponse, la ministre a souligné la volonté d’éviter les erreurs des dialogues précédents. Selon un organisateur, cette formation vise à expliquer l’organisation du dialogue et à établir une discipline de travail appropriée, notamment sous la supervision des religieux qui dirigent le processus.

La formation des commissions et sous-commissions est prévue pour les jours suivants, jusqu’à la mise en place des structures lors de l’Assemblée plénière le samedi 6 avril. Les travaux débuteront officiellement le lundi 8 avril et se poursuivront jusqu’au 18 avril. Les jours suivants seront dédiés à l’élaboration et à la validation des conclusions, avec pour objectif l’adoption du rapport final le 27 avril et une cérémonie de clôture le 30 avril.

Le président de transition gabonais attendu au Cameroun pour renouer les liens

Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la transition gabonaise est en visite  ce mercredi 6 décembre 2023 à Yaoundé au Cameroun. Une visite attendue de longue date, depuis la prise de pouvoir de ce général au palais de la rénovation de Libreville. Brice Oligui Nguema s’était en effet déjà rendu chez tous ses homologues de la sous région, sauf à Yaoundé où il va rencontrer ce mercredi après-midi en tête-à-tête, le président Paul Biya.

L’avion de Brice Clotaire Oligui Nguema est prévu pour se poser à 11h, en fin de matinée à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen. Le nouvel fort du Gabon arrive à Yaoundé pour la première fois drapé de son manteau de président de la transition et chef de l’État gabonais, un peu plus de  trois mois après sa prise de pouvoir à Libreville.

Pourquoi tant de temps alors le général président a, dès à peine sa prestation de serment, fait le tour de la quasi-totalité des capitales de la sous région ? Une source proche du gouvernement camerounais répond que « chaque chose vient en son temps ».  Et là où certains observateurs spéculaient sur une certaine crispation des relations entre Yaoundé et Libreville depuis le coup de force du 30 août qui a mis un terme au règne des Bongo et que Yaoundé avait formellement condamné, la même source ajoute qu’il y a une longue tradition d’amitié entre les deux pays et qu’il n’y a jamais eu de rupture dans leurs relations.

À Yaoundé, Oligui Nguema aura un tête-à-tête très attendu avec le président Paul Biya, à 15h, dans l’après-midi. Comme dans les précédentes étapes de son périple en Afrique centrale, il va sans doute justifier à son hôte les motivations du coup de force qui l’a porté au pouvoir mais aussi réchauffer les liens de coopération entre les deux pays. La partie camerounaise pour sa part justifie cette rencontre au sommet par l’impératif de maintenir « un dialogue constructif » entre Yaoundé et Libreville, ainsi qu’avec tous les pays de la sous région.

En prélude à cette visite, le Haut commissaire du Gabon au Cameroun a invité la communauté gabonaise à se mobiliser et à réserver le meilleur des accueils à leur président. Brice Oligui Clotaire Oligui Nguema passera à peine quelques heures en terre camerounaise. Juste après son audience avec le président Paul Biya, le général président de la transition et chef de l’État gabonais reprendra directement le chemin retour pour Libreville.

Rfi

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