Gouvernement Ahmadou Al Aminou Lo : Ousmane Sonko affirme que PASTEF ne compte « aucun ministre » et annonce des mesures internes

Le président de PASTEF-Les Patriotes et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a apporté de nouvelles précisions sur la position de son parti vis-à-vis du gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo. Alors que plusieurs personnalités considérées comme proches de PASTEF figurent dans la nouvelle équipe gouvernementale, le leader politique a tenu à clarifier ce qu’il considère comme une confusion entretenue autour de la participation de son parti à l’Exécutif.

S’exprimant devant ses militants et sympathisants, Ousmane Sonko a été catégorique : selon lui, aucun membre du gouvernement actuellement en fonction ne représente officiellement PASTEF. Il a affirmé que les personnes nommées à des postes ministériels l’ont été à titre individuel et non en tant que représentants de la formation politique qu’il dirige.

Pour le président de PASTEF, la décision prise par les instances du parti de ne pas participer au nouveau gouvernement demeure entière et sans ambiguïté. Il estime que certaines interprétations ont cherché à laisser croire que le parti continuait d’exercer une influence directe au sein de l’équipe gouvernementale à travers certains de ses cadres historiques ou responsables politiques.

« Ils ont essayé de créer la confusion en affirmant qu’il y a des ministres de Pastef dans le gouvernement. Aucun membre de Pastef ne siège dans ce gouvernement pour le compte du parti. Ceux qui y sont participent à titre personnel et ne représentent pas Pastef », a déclaré Ousmane Sonko.

Le leader des Patriotes a également annoncé que la direction du parti examinerait la situation des responsables concernés conformément aux textes et aux procédures internes de l’organisation. Sans dévoiler les mesures qui pourraient être prises, il a indiqué que les instances compétentes du parti seraient chargées d’apprécier chaque situation.

« Le parti dispose de procédures. Pastef va traiter leur cas. Aujourd’hui, Pastef compte zéro ministre dans le gouvernement », a-t-il insisté, réaffirmant la ligne politique arrêtée par le Comité exécutif du parti.

Cette sortie intervient dans un contexte politique marqué par la rupture entre Ousmane Sonko et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a conduit au départ de l’ancien Premier ministre de la tête du gouvernement et à la nomination d’Ahmadou Alamine Mohamed Lo à la Primature.

Quelques minutes avant la publication officielle de la composition du gouvernement, PASTEF avait diffusé un communiqué annonçant qu’aucun de ses représentants ne participerait à la nouvelle équipe gouvernementale. Une déclaration qui avait suscité de nombreuses interrogations lorsque plusieurs personnalités identifiées comme proches du parti ont finalement été maintenues ou nommées à des fonctions ministérielles.

Parmi elles figure notamment Yankhoba Diémé, qui a quitté le portefeuille des Transports pour prendre la tête du ministère des Forces armées. De son côté, Moussa Bala Fofana a été reconduit à la tête du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires.

Le même scénario concerne Alioune Dione, maintenu au ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, ainsi qu’Ibrahima Sy, qui conserve le portefeuille de la Santé et de l’Hygiène publique.

Par ailleurs, deux personnalités élues sous la bannière de PASTEF ont également fait leur entrée dans le gouvernement. Il s’agit de Marie-Angélique Mame Selbé Diouf, nommée ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, et d’Abdou Khadre Ndiaye, désigné ministre des Transports terrestres et aériens.

La déclaration d’Ousmane Sonko met ainsi en lumière les profondes divergences qui se sont installées entre la direction de PASTEF et la nouvelle configuration de l’Exécutif. En affirmant que les ministres concernés ne représentent pas le parti, le président de PASTEF cherche à tracer une frontière claire entre la ligne politique définie par les instances du mouvement et les choix individuels de certains de ses membres ou sympathisants.

Cette prise de position ouvre désormais une nouvelle séquence politique. Les décisions que pourraient prendre les organes dirigeants de PASTEF à l’égard des responsables concernés seront suivies avec attention, tant elles pourraient avoir des répercussions sur l’équilibre interne du parti et sur les relations déjà tendues entre les différentes composantes du pouvoir issues de l’alternance de 2024.

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