Prévention des grossesses précoces à Kolda : le Centre Conseil pour Adolescents mobilise les communautés

À Kolda, la prévention des grossesses précoces et non désirées prend une nouvelle tournure avec le lancement, en ce début de mois de juin, d’une intense campagne de sensibilisation communautaire initiée par le Centre Conseil pour Adolescents (CCA). À travers une série de causeries éducatives déployées dans plusieurs localités du département, le CCA entend renforcer la protection des adolescents, promouvoir la santé reproductive et favoriser une meilleure connaissance des droits liés à la sexualité.

Sous la direction de son coordonnateur Babacar Sy, le CCA de Kolda mise sur une approche inclusive et participative. Les discussions ouvertes se tiennent au cœur des quartiers et des villages, en langue locale – pulaar ou mandingue – afin de garantir l’accessibilité et la compréhension des messages. Les thèmes abordés touchent directement les préoccupations des jeunes et de leurs familles : la puberté et les changements corporels, les moyens de prévenir les grossesses précoces, la planification familiale, la lutte contre les infections sexuellement transmissibles, mais aussi des sujets sensibles comme le VIH/Sida ou les mutilations génitales féminines.

Ces activités, menées avec l’appui de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) et en partenariat avec la Direction de la Promotion Sociale des Jeunes du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, s’inscrivent dans une stratégie plus large de promotion de la santé sexuelle et reproductive. Témoignages, images explicatives et dialogues intergénérationnels font partie des outils employés pour favoriser l’écoute, déconstruire les tabous et encourager l’expression libre.

« Il s’agit d’informer, de sensibiliser, mais aussi d’engager les communautés, notamment les jeunes, les parents, les leaders religieux et coutumiers, à accompagner les adolescents dans la construction d’un avenir sain et responsable », souligne Babacar Sy. Dans les zones rurales comme urbaines, cette dynamique vise à rapprocher les services de santé des populations souvent peu informées et peu enclines à aborder publiquement ces sujets.

À travers cette campagne, le CCA de Kolda ambitionne d’instaurer un changement de comportement durable. En plaçant les jeunes au cœur des échanges et en intégrant les acteurs locaux dans la réflexion, l’objectif est d’offrir à chacun les moyens de faire des choix éclairés, loin de la peur, de la honte ou de la stigmatisation.

Ce travail de proximité, appuyé par une pédagogie respectueuse des réalités culturelles, représente un levier essentiel pour prévenir les drames liés aux grossesses non désirées, à l’abandon scolaire, ou aux violences basées sur le genre. Une étape cruciale pour bâtir une société plus équitable, où la jeunesse koldoise peut espérer grandir en sécurité et dans la dignité.

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Matam : élèves et professeurs outillés contre les violences basées sur le genre et les grossesses précoces

Un atelier de formation réunissant 30 participants, élèves et enseignants issus des collèges et lycées des communes de Matam, Ogo et Ourossogui, s’est ouvert mercredi. Cette initiative vise à sensibiliser sur les violences basées sur le genre (VBG), la prévention des grossesses précoces et la promotion de l’estime de soi.

Abdoulaye Bâ, coordonnateur du Groupe d’études sur la population (GEP), a expliqué que cet atelier ambitionne de renforcer les compétences des participants en matière de plaidoyer et de prévention des VBG. Il cherche également à améliorer le pouvoir de négociation des jeunes filles pour leur maintien à l’école, tout en promouvant leur estime de soi.

Parmi les participants figurent des élèves animateurs désignés comme leaders (LEA) et des professeurs relais techniques (PRT), sélectionnés en raison de leur engagement dans les clubs d’éducation à la vie familiale (EVF) de leurs établissements.

Selon Mame Makhourédia Ndiaye, représentant de l’Inspection d’académie (IA) de Matam, cette formation permettra aux élèves de sensibiliser leurs camarades, favorisant ainsi une prise de conscience collective. « Ces bénéficiaires joueront un rôle clé en partageant leurs connaissances pour encourager la scolarisation et prévenir les abandons liés aux grossesses précoces », a-t-elle déclaré.

L’atelier, soutenu par l’Inspection d’académie et des acteurs locaux, rassemble des établissements comme le lycée de Ourossogui et les collèges d’enseignement moyen de Matam, Ourossogui 2, Danthiady et Thiambé.

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