Essam al-Dalis, haut responsable du Hamas à Gaza, tué dans une frappe israélienne

Le Hamas a annoncé, mardi, la mort d’Essam al-Dalis, chef du gouvernement du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, lors de frappes aériennes israéliennes. L’information a été communiquée dans un communiqué officiel de condoléances diffusé par le Hamas, confirmant également le décès de trois autres hauts responsables.

Parmi les victimes figurent également le général Mahmoud Abou Watfa, ministre adjoint de l’Intérieur, ainsi que le général Bahjat Abou Sultan, directeur général des services de sécurité intérieure. Le quatrième nom n’a pas encore été révélé publiquement.

L’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi à ces annonces. Depuis le début du conflit déclenché après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les opérations militaires se sont intensifiées, avec des frappes ciblées visant les infrastructures du mouvement et ses cadres dirigeants.

La disparition d’Essam al-Dalis représente un revers significatif pour l’organisation islamiste, déjà confrontée à une pression militaire croissante. Al-Dalis était une figure clé de la gestion administrative du Hamas dans l’enclave, jouant un rôle central dans la coordination des affaires gouvernementales depuis plusieurs années.

Sur le terrain, les combats se poursuivent, et la situation humanitaire à Gaza reste extrêmement préoccupante. Les frappes israéliennes, combinées au blocus en cours, ont aggravé la crise, laissant la population civile dans une détresse croissante. Les appels internationaux à une désescalade et à l’ouverture de corridors humanitaires se multiplient, sans qu’une issue politique ne se profile à court terme.

Trump met en garde le Hamas et exige la libération des otages

Le président des États-Unis, Donald Trump, a lancé un avertissement ferme au Hamas, exigeant la libération immédiate des otages toujours détenus à Gaza. Dans un message diffusé sur son réseau social Truth et relayé par Radio-Canada, il a affirmé que c’était le « dernier avertissement » et a exigé la restitution des corps des victimes.

Dans son message, Trump a réitéré son soutien inconditionnel à Israël, déclarant : « J’envoie à Israël tout ce dont ils ont besoin pour finir le travail, aucun membre du Hamas ne sera en sécurité si vous ne faites pas ce que je dis. » Il a également conseillé aux chefs du Hamas de quitter Gaza « tant qu’ils pouvaient encore le faire. »

Il s’est aussi adressé directement à la population gazaouie, affirmant qu’un « bel avenir » l’attendait, mais à condition que les otages soient libérés. « Si vous gardez des otages, vous êtes morts ! Prenez une bonne décision », a-t-il martelé en lettres capitales, insistant sur la nécessité d’une réponse immédiate.

Ce n’est pas la première fois que Trump adopte une posture menaçante envers Gaza. Depuis son retour sur la scène politique, il a multiplié les déclarations musclées à l’égard du Hamas, notamment en janvier avant son investiture et en février dernier, promettant des représailles sévères si les otages n’étaient pas relâchés.

En réponse, Salama Marouf, chef du bureau de presse du gouvernement à Gaza, a rejeté les accusations américaines et dénoncé l’occupation israélienne comme étant la véritable cause du conflit. Il a également évoqué les tensions croissantes en Cisjordanie et à Jérusalem comme preuves de l’injustice subie par le peuple palestinien.

Le conflit israélo-palestinien continue de susciter un vif intérêt au Sénégal, un pays connu pour son engagement en faveur du dialogue et de la paix au Moyen-Orient. Dakar a toujours plaidé pour une solution négociée et le respect des droits du peuple palestinien, tout en entretenant des relations diplomatiques avec les différentes parties concernées.

Alors que la situation reste tendue, l’appel de Trump risque d’alimenter encore davantage les tensions, renforçant les divisions et les incertitudes sur l’avenir du conflit.

Évacuation massive à Rafah alors que les tensions persistent entre Israël et le Hamas

Lundi, l’armée israélienne a lancé une opération d’évacuation dans l’est de Rafah, une ville de la bande de Gaza, appelant environ 100 000 résidents à rejoindre des « zones humanitaires ». Cette décision survient dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et le Hamas, malgré les appels à la trêve de la part de la communauté internationale.

L’évacuation, qualifiée d' »opération d’ampleur limitée » par les autorités israéliennes, vise à protéger la population civile face aux risques d’affrontements militaires. Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a maintenu la menace d’une offensive militaire sur Rafah, faisant craindre une escalade du conflit.

Dimanche soir, seize personnes appartenant à deux familles ont été tuées dans des frappes aériennes israéliennes ciblant des habitations à Rafah et dans ses environs. Ces attaques ont suscité une vive condamnation de la part de la communauté internationale, qui appelle à la désescalade et à la protection des civils.

Pendant ce temps, les efforts en vue d’une trêve entre Israël et le Hamas se heurtent à l’intransigeance des deux parties. Des médiateurs internationaux doivent se réunir en urgence au Qatar pour tenter de trouver une solution à cette impasse dangereuse.

La situation à Rafah et dans la bande de Gaza reste préoccupante, avec des milliers de civils pris au piège de la violence et des tensions croissantes. Les événements en cours soulignent la nécessité urgente d’une action diplomatique concertée pour mettre fin au conflit et protéger la vie des civils innocents.

Fermeture du principal point de passage de l’aide humanitaire vers Gaza : les conséquences des récentes attaques entre Israël et le Hamas

Israël a annoncé la fermeture du principal point de passage de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza, Kerem Shalom, suite à des tirs de roquettes revendiqués par le Hamas. Cette escalade de violence a entraîné la mort de trois soldats israéliens et a causé des blessures à douze autres, selon les informations fournies par l’armée israélienne dimanche soir.

L’incident a eu lieu près de Kerem Shalom, point crucial par lequel transite l’aide humanitaire depuis Israël vers Gaza. Les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont revendiqué les tirs de roquettes, ce qui a conduit Israël à prendre la décision de fermer ce passage vital pour l’aide humanitaire à Gaza.

L’armée israélienne a rapporté que les tirs de roquettes provenaient d’une zone adjacente au passage de Rafah et que quatorze projectiles ont été tirés sur Kerem Shalom. En réaction, l’armée de l’air israélienne a détruit les lance-roquettes utilisés pour ces attaques.

Les soldats israéliens ont été touchés alors qu’ils gardaient des chars et des bulldozers stationnés dans la zone. Le porte-parole de l’armée israélienne, Peter Lerner, a qualifié cet événement de « très grave » et a souligné que l’armée enquêtait sur les circonstances entourant la mort des soldats.

Cette escalade de violence survient dans un contexte déjà tendu, alors que la ville de Gaza et d’autres zones du territoire ont été bombardées dimanche. Des craintes persistent quant à une éventuelle offensive israélienne sur Rafah, au sud de la bande de Gaza, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les civils.

Rafah est non seulement un point de passage vital pour l’aide humanitaire, mais elle abrite également des centaines de milliers de Palestiniens qui ont fui les zones plus au nord en raison des affrontements. L’ONU et d’autres organisations humanitaires redoutent les conséquences humanitaires d’une offensive sur cette ville densément peuplée.

La directrice du Programme alimentaire mondial de l’ONU, Cindy McCain, a également exprimé ses inquiétudes quant à la situation humanitaire dans la bande de Gaza, mettant en garde contre une « véritable famine » qui se propage dans la région.

En résumé, les récentes attaques entre Israël et le Hamas ont entraîné la fermeture du principal point de passage de l’aide humanitaire vers Gaza, augmentant les craintes concernant la sécurité des civils et l’accès à l’aide essentielle dans la région. La communauté internationale surveille de près l’évolution de la situation et appelle à la désescalade de la violence pour éviter une catastrophe humanitaire.

Démission du chef du renseignement militaire israélien suite à l’attaque du Hamas

Le général Aharon Haliva, chef du renseignement militaire israélien, a présenté sa démission en assumant « sa responsabilité » dans l’échec à prévenir l’attaque sans précédent menée le 7 octobre par le mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël, a annoncé l’armée israélienne.

Cette démission marque un tournant significatif, étant donné qu’il s’agit du premier responsable – politique ou militaire – israélien à démissionner depuis l’incursion sanglante des combattants du Hamas. Cette attaque, survenue le 7 octobre, a pris Israël par surprise et s’est avérée être le jour le plus meurtrier de son histoire depuis sa création en 1948.

Dans sa lettre de démission, le général Haliva a déclaré : « Le 7 octobre 2023, le Hamas a mené une attaque-surprise meurtrière contre l’Etat d’Israël (…) le service du renseignement placé sous mon commandement n’a pas rempli la mission qui nous avait été confiée ». Cette attaque a entraîné la mort de 1.170 personnes, principalement des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels israéliens.

En conséquence, le général Haliva a pris la décision, en coordination avec le chef d’état-major, de demander la fin de ses fonctions. Il quittera ses fonctions et prendra sa retraite de l’armée une fois que son successeur sera nommé. Il a également exprimé dans sa lettre une profonde douleur et un sentiment de responsabilité pour cette tragédie.

En réaction à cette attaque, Israël a déclenché une opération militaire dans la bande de Gaza, dirigée par le Hamas. Les opérations israéliennes à Gaza ont été fortement critiquées pour leur bilan humain élevé, avec plus de 34.000 morts, principalement des femmes et des enfants selon le ministère de la Santé du Hamas.

La démission du général Haliva souligne les conséquences graves des événements du 7 octobre et met en lumière les défis auxquels est confronté le renseignement militaire israélien dans un contexte de tensions persistantes avec les groupes militants palestiniens.

La nomination de son successeur sera attendue avec attention, alors qu’Israël cherche à renforcer ses capacités de renseignement et à prévenir de futures attaques contre son territoire.

Erdogan rencontre le chef du Hamas à Ankara : tensions avec Israël

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accueilli ce samedi 20 avril Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, à Ankara. Cette rencontre intervient dans un contexte de vives tensions entre Israël et le Hamas, marquées par les attaques israéliennes sur les terres palestiniennes, en particulier à Gaza.

Les discussions entre Erdogan et Haniyeh ont principalement porté sur la situation en Palestine et la nécessité de garantir un accès à l’aide humanitaire pour la population civile de la bande de Gaza, qui subit de plein fouet les conséquences des récents affrontements.

L’une des déclarations les plus marquantes de Erdogan lors de cette rencontre a été sa ferme condamnation de l’attitude d’Israël envers les Palestiniens. Il a déclaré que « Jérusalem paiera le prix de l’oppression qu’elle inflige aux Palestiniens », exprimant ainsi son soutien indéfectible au peuple palestinien et sa désapprobation des actions israéliennes.

Cette rencontre entre Erdogan et Haniyeh n’a pas manqué de susciter des réactions hostiles de la part d’Israël. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a notamment critiqué Erdogan sur les réseaux sociaux, l’accusant de soutenir les Frères musulmans et dénonçant les actions passées du Hamas, qualifiées de violences brutales.

Il convient de souligner que cette rencontre intervient dans un contexte où la Turquie et Israël entretiennent des relations déjà tendues, notamment en raison des positions divergentes sur la question palestinienne et d’autres enjeux régionaux.

Il est à noter que la Turquie ne considère pas le Hamas comme un mouvement terroriste, mais plutôt comme une organisation de libération, ce qui contribue à alimenter les tensions entre Ankara et Tel-Aviv.

La rencontre entre Erdogan et Haniyeh souligne une fois de plus le rôle de la Turquie en tant qu’acteur majeur dans les affaires du Moyen-Orient et son engagement en faveur de la cause palestinienne, tout en exacerbant les tensions déjà existantes avec Israël.

L’Union européenne sanctionne les branches militaires du Hamas et du Jihad Islamique pour « violences sexuelles généralisées »

L’Union européenne a pris des mesures sans précédent en annonçant vendredi des sanctions contre les branches militaires du Hamas et du Jihad Islamique. Ces sanctions interviennent en réponse à des allégations de « violences sexuelles généralisées » lors de l’attaque du 7 octobre contre Israël.

Selon l’UE, des combattants des Brigades al-Qods du Jihad Islamique, de l’unité Nukhba et des Brigades al-Qassam du Hamas ont « commis des violences sexuelles et sexistes généralisées, de manière systématique, en les utilisant comme arme de guerre ».

Il est à noter que le Hamas et le Jihad Islamique étaient déjà inscrits sur la liste des « organisations terroristes » de l’UE. Cette nouvelle mesure les ajoute à la liste des sanctions de l’UE en matière de droits humains, qui concerne déjà 104 individus et 26 organisations de différents pays.

La décision de sanctionner ces entités palestiniennes fait partie d’un accord plus large entre les pays de l’UE, prévoyant également des sanctions contre des colons israéliens en Cisjordanie, accusés de violences contre les Palestiniens.

Les exactions rapportées par l’UE sont particulièrement graves, incluant « le viol et le meurtre de mineures, la mutilation de cadavres et la mutilation génitale ». De plus, les combattants ont été accusés d' »enlèvement ciblé de femmes et de jeunes filles ».

En réaction à une attaque sans précédent du Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre, qui a entraîné la mort de 1 170 personnes, en majorité des civils, Israël a lancé une opération militaire de représailles dans la bande de Gaza. Cette opération a coûté la vie à plus de 33 600 personnes, principalement des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

Frappes aériennes israéliennes ciblant les fils du chef du Hamas: Tensions exacerbées au Moyen-Orient

L’escalade des tensions au Moyen-Orient a atteint de nouveaux sommets cette semaine, alors que l’armée israélienne a confirmé avoir mené des frappes aériennes ciblées ayant abouti à la mort de trois fils d’Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas, le mouvement islamiste palestinien.

Selon les déclarations officielles de l’armée israélienne et du renseignement intérieur, les frappes aériennes ont eu lieu mercredi, visant spécifiquement les trois fils d’Ismaïl Haniyeh. Les fils, identifiés comme Amir, Mohammad et Hazem Haniyeh, ont été qualifiés d' »agents militaires » du Hamas.

Dans un communiqué de presse, l’armée israélienne a déclaré que les trois cibles étaient impliquées dans des activités militaires au sein de l’aile armée du Hamas. Amir Haniyeh était décrit comme un commandant de cellule, tandis que Mohammad et Hazem étaient étiquetés comme des agents militaires actifs de l’organisation.

Ces frappes aériennes marquent un nouvel épisode de la longue confrontation entre Israël et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Les tensions entre les deux parties ont été exacerbées ces dernières semaines, avec des affrontements sporadiques à Jérusalem et des attaques de roquettes depuis Gaza vers le territoire israélien.

Israël a justifié ces frappes en affirmant qu’elles faisaient partie de ses efforts pour neutraliser les menaces sécuritaires posées par les groupes militants opérant à partir de Gaza. Cependant, cette action risque d’exacerber encore davantage les tensions dans la région, déjà soumise à une pression considérable.

La communauté internationale a réagi avec préoccupation à ces développements, craignant une escalade majeure de la violence entre Israël et les groupes palestiniens. Des appels à la retenue et à la désescalade ont été lancés de différentes parties, soulignant l’urgence d’une résolution pacifique du conflit.

Alors que la situation reste volatile, ces frappes aériennes soulignent les défis persistants auxquels est confrontée la région du Moyen-Orient, où les rivalités politiques et les tensions religieuses alimentent un cycle de violence difficile à briser.

Le Président Turc Erdogan Présente ses Condoléances au Chef du Hamas Ismail Haniyeh après la Perte de ses Fils

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exprimé ses condoléances au chef du Hamas, Ismail Haniyeh, suite à la perte tragique de ses trois fils lors d’une attaque survenue dans la bande de Gaza. L’attaque a été revendiquée par les autorités israéliennes.

Lors d’une conversation téléphonique entre les deux dirigeants, Erdogan a offert ses sincères condoléances à Haniyeh, lui exprimant sa solidarité dans cette période de deuil. Le président turc a également tenu à souligner que les actions d’Israël seront soumises à une responsabilité légale pour les crimes contre l’humanité qu’il aurait commis, selon un communiqué publié par la présidence turque sur les réseaux sociaux.

Cette déclaration marque une réaffirmation de la position turque en faveur des Palestiniens et de leur cause. Erdogan a souvent critiqué les actions d’Israël dans la région et a plaidé en faveur d’une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien.

L’attaque qui a coûté la vie aux fils de Haniyeh a suscité une vague d’indignation dans le monde entier et a ravivé les tensions déjà vives entre Israël et les Palestiniens. Cette tragédie souligne une fois de plus la nécessité d’une résolution pacifique et durable du conflit, ainsi que la protection des civils innocents pris au milieu de la violence.

Alors que la communauté internationale appelle à la désescalade et à la reprise du dialogue entre les parties, les gestes de solidarité tels que celui du président Erdogan sont cruciaux pour renforcer les liens entre les nations et promouvoir la paix dans la région du Moyen-Orient.

Israël retire ses troupes du sud de la bande de Gaza, marquant une étape dans les tensions avec le Hamas

Israël a annoncé dimanche le retrait de ses troupes du sud de la bande de Gaza, mettant ainsi fin à des mois de confrontations avec le Hamas, le mouvement islamiste palestinien. Cette décision survient après des périodes de violences et de tensions persistantes entre les deux parties, marquées par des affrontements sporadiques et des échanges de tirs.

La 98e division de commandos de l’armée israélienne a achevé sa mission à Khan Younès, une ville stratégique située dans le sud de la bande de Gaza. Dans un communiqué officiel, l’armée israélienne a précisé que ce retrait visait à se préparer à d’éventuelles opérations futures, sans fournir de détails supplémentaires sur les motifs spécifiques de ce mouvement.

Un responsable militaire israélien a confirmé que toutes les troupes israéliennes avaient quitté le sud de la bande de Gaza, marquant ainsi la fin de cette présence militaire dans la région. Cependant, cette décision intervient dans un contexte complexe où les tensions restent palpables et où de nouveaux développements ne sont pas à exclure.

Les affrontements entre Israël et le Hamas ont été particulièrement intenses dans la région de Khan Younès au cours des derniers mois. Les deux parties ont été impliquées dans des échanges de tirs et des opérations militaires, ce qui a entraîné des pertes humaines et des dégâts matériels considérables des deux côtés.

Le retrait des troupes israéliennes du sud de la bande de Gaza pourrait être perçu comme un geste visant à désamorcer les tensions et à ouvrir la voie à des efforts de désescalade. Cependant, la situation demeure volatile et le risque de nouveaux affrontements persiste, en raison des divergences fondamentales non résolues entre Israël et les groupes armés palestiniens.

Cette évolution souligne l’urgence d’une solution politique durable au conflit israélo-palestinien, mettant en lumière la nécessité d’un dialogue constructif et de compromis mutuels pour parvenir à une paix durable dans la région. Alors que les regards se tournent vers l’avenir, la communauté internationale reste engagée dans la recherche de solutions pacifiques pour mettre fin aux décennies de conflit au Moyen-Orient.

Tunnels de Gaza : la délicate guerre souterraine d’Israël contre le Hamas

Depuis près de quatre mois, l’armée israélienne et le Hamas s’affrontent dans la bande de Gaza. Des combats à la surface, mais également dans les tunnels de l’enclave, surnommés le « métro de Gaza ». Ce véritable dédale souterrain ne cesse de révéler ses surprises. 

« C’est une guerre à deux dimensions : à la surface contre la guérillaet sous la surface. Et pour se battre au-dessus, il faut contrôler ce qui se passe en-dessous », explique le major Ido, officier des opérations en génie de combat au sein de l’armée israélienne. Près de quatre mois après le début de la guerre entre le Hamas et Israël, une autre bataille se joue à l’abri des regards, dans les tunnels de la bande de Gaza.

Selon les informations diffusées par l’armée israélienne, seule à avoir un accès direct, le Hamas a créé une vaste forteresse de plus de 1 400 tunnels qui s’étendrait sur plus de 500 kilomètres. « Il y a des tunnels tactiques près de la frontière qui ont notamment permis d’attaquer par surprise les kibboutzim, des tunnels logistiques et les pièges, c’est-à-dire tout ce qui permet de créer des dommages à nos soldats en surface, détaille le major Ido. Tous les tunnels sont reliés au métro qui permet de faire passer des voitures, des munitions et des otages ».

Du tunnel de contrebande au tunnel tactique 

Construits afin de permettre la contrebande depuis l’Égypte lors de la première Intifada –soulèvement des Palestiniens dans les Territoires occupés entre 1987 et 1993 –, les tunnels se sont largement modernisés ces quinze dernières années. « Le réseau des tunnels du Hamas est l’un des plus grands et des plus sophistiqués qu’on ait jamais vus dans l’histoire de la guerre », explique sur l’antenne de France 24 Daphné Richemond-Barak, professeure à l’université Reichman et autrice d' »Underground Warfare » (Oxford University Press, 2018). « Cette infrastructure comprend tout ce dont le Hamas a besoin pour son effort militaire. C’est un peu comme son oxygène. Que ce soient des dépôts d’armes ou des centres de commande, des centres logistiques et évidemment tous les vivres dont le Hamas a besoin pour vivre sous terre ».

Parfois renforcés avec du béton, ces tunnels sont pourvus de canalisations, d’électricité, d’une ventilation, de systèmes de communication… Le tout parfois à une profondeur considérable. « Les tunnels les plus profonds que nous avons trouvés descendent à environ 40 mètres, confirme le major Ido. Des recherches sont en cours, mais nous pouvons d’ores et déjà dire qu’il y en a des plus profonds. » 

Le 18 décembre, l’armée israélienne a annoncé avoir découvert « le plus grand tunnel » connu. « Ce réseau massif de tunnels, qui se divise en plusieurs branches, s’étend sur plus de quatre kilomètres et n’arrive qu’à 400 mètres du point de passage d’Erez », entre Israël et le nord de la bande de Gaza, ont alors indiqué les forces armées israéliennes. Lors des attaques du 7 octobre, les commandos du Hamas ont utilisé une grenade propulsée par fusée pour franchir la partie du mur et pénétrer sur le checkpoint, selon l’agence américaine Associated Press.

Une guerre souterraine toujours plus meurtrière

« L’ampleur même des réseaux clandestins du Hamas pourrait, une fois entièrement découverte, dépasser tout ce à quoi une armée moderne a jamais été confrontée, écrit John Spencer, responsable des études sur la guerre urbaine au Modern War Institute de l’Académie militaire de West Point et fondateur Groupe de travail international sur la guerre souterraine. L’un des derniers conflits impliquant un grand nombre de complexes de tunnels a été la guerre du Vietnam. Les forces américaines et d’autres ont fait face à des complexes de tunnels qui s’étendaient jusqu’à 40 miles [plus de 60 kilomètres, NDLR] de long et l’un des endroits les plus concentrés de tunnels, près de Saïgon à Cu Chi, contenait 130 miles [près de 210 kilomètres, NDLR] de passages ». 

Première Guerre mondiale, Afghanistan, Irak ou encore l’Ukraine avec Marioupol, Bakhmout et Soledar… L’utilisation des tunnels n’est pas nouvelle. Cette forme de guerre, parmi les plus meurtrières et les plus complexes, repose avant tout sur un élément de surprise. Les commandos peuvent s’y dissimuler, mener des embuscades et piéger tout ou partie des conduits. « En 2011 au Mali, les troupes françaises ont eu énormément de mal à se battre contre Al-Qaïda au Maghreb islamique qui se protégeait et se cachait dans des tunnels et des caves dans les montagnes, raconte Daphné Richemond-Barak. […] Quand [à Gaza, NDLR] on combine la guerre urbaine à la guerre souterraine, on se trouve devant une difficulté pratiquement insurmontable. D’une part, iI est impossible de connaître toutes les ramifications des tunnels. D’autre part, il faut protéger les otages israéliens qui s’y trouvent ainsi que les civils de Gaza. Le challenge est immense. »

Une analyse partagée par l’armée israélienne. « Ce type de guerre réclame du temps. C’est comme une opération chirurgicale, estime le major Ido. Nous devons trouver exactement chaque puits, comprendre comment il se connecte à tel tunnel, et tel tunnel à telle ligne de ‘métro’ [l’armée israélienne surnomme le réseau « le métro de Gaza », NDLR]. C’est le seul moyen de gagner cette guerre. Lentement, mais en toute confiance ». 

2014, un tournant pour l’armée israélienne 

En 2014, l’opération « Bordure protectrice » [nom de l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, NDLR] a été un révélateur de l’enjeu stratégique des tunnels. C’est à ce moment-là que l’armée israélienne a découvert l’ampleur du réseau souterrain et les dangers sécuritaires qu’il représentait. Les puits – points d’entrée des tunnels – ont commencé à être débusqués. Souvent autour de bâtiments civils. Le 22 novembre, l’armée israélienne a ainsi dévoilé des vidéos d’un tunnel en béton situé près de l’hôpital Al-Chifa, dans la ville de Gaza. Israël a toujours accusé le Hamas d’installer ses tunnels, ses sites de lancement de roquettes dans les zones densément peuplées afin de se servir des civils comme boucliers humains.

« C’est une certitude que ces tunnels s’étendent sous les maisons des civils, parfois même avec des ouvertures dans les cuisines, sous des mosquées, sous des écoles qui appartiennent aux Nations unies, affirme Daphné Richemond-Barak. La stratégie du Hamas cherche à immuniser des cibles militaires en les plaçant au milieu des populations civiles, ce qui est un crime de guerre. » Des accusations que le mouvement palestinien, classé comme organisation terroriste par l’Union européenne et notamment la France, dément. 

Au terme de 51 jours de combats de « Bordure protectrice », 34 tunnels ont été détruits. Une infime portion du « métro de Gaza ». Israël décide alors de renforcer ses défenses près de l’enclave palestinienne en construisant une barrière de sécurité renforcée baptisée le « mur de fer ». Le tout équipé de capteurs dans le sol, de radars et de salles de contrôle. Trois ans de travaux et un investissement d’environ 1 milliard de dollars (922 millions d’euros) qui n’ont pourtant pas pu empêcher les attaques du Hamas le 7 octobre. 

Des unités de soldats ont été dédiées à l’exploration et à la destruction des tunnels, à l’instar de « Yahalom » (« diamant », en français), une unité d’élite du Corps du génie militaire. Surentraînés, les soldats disposent d’un équipement high-tech à la hauteur des défis posés par ce réseau tentaculaire.

Les tunnels, une stratégie politico-militaire du Hamas

Au fil des années, ces tunnels sont devenus la pierre angulaire de la stratégie politico-militaire du Hamas. À partir de 2005, lorsque les Israéliens ont quitté Gaza, le Hamas a commencé à investir massivement dans le réseau. Un mouvement qui s’est accéléré deux ans plus tard, après l’exclusion de l’Autorité palestinienne et la prise totale du pouvoir par le Hamas dans l’enclave. Avec, à la clé, une facture qui donne le vertige. « Selon nos estimations, le coût s’élève à environ 14 milliards de dollars », affirme le major Ido.

« Le Hamas se repose sur une stratégie de la guerre souterraine depuis plus de vingt ans, confirme Daphné Richemond-Barak. Le groupe terroriste s’est rendu compte qu’il pouvait en bénéficier pour la contrebande, mais aussi pour les kidnappings d’Israéliens, qu’ils soient soldats ou civils, pour infiltrer le territoire israélien et planifier des opérations loin des yeux des forces israéliennes. » Grâce aux tunnels, les combattants du Hamas peuvent parer à la supériorité technologique de l’armée israélienne. « C’est un terrain qui leur permet de neutraliser une asymétrie inhérente à un conflit entre un groupe terroriste d’une part, et un État pourvu d’une armée sophistiquée et équipée d’autre part. La technologie, les moyens utilisés pour rassembler des renseignements, connaître l’étendue de leur arsenal militaire, ne fonctionnent pas dans ces tunnels souterrains, dans lesquels la plupart des équipements qui émettent des signaux ne captent pas. Suivre l’activité du Hamas est extrêmement compliqué. D’où probablement la surprise du 7 octobre. »

Les tunnels du Hamas sont sans doute le plus gros challenge de l’armée israélienne. Embuscades à la surface, dans les souterrains, engins explosifs improvisés (IED) disséminés dans les souterrains… Une guérilla d’autant plus longue et difficile que les 136 otages israéliens sont retenus dans le « métro de Gaza ». Inonder [comme le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi l’a fait en 2014] ou détruire les tunnels, c’est donc prendre le risque d’accroître encore le nombre de victimes.

Guerre à Gaza : Le bilan des victimes suscite des controverses

Depuis le début des opérations militaires dans la bande de Gaza le 7 octobre dernier, le ministère de la Santé du Hamas palestinien a annoncé un bilan de 22 600 morts. Cependant, ces chiffres sont fortement contestés, et des doutes persistent quant à leur exactitude.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 162 personnes ont été tuées au cours des dernières 24 heures, portant le nombre total de décès à 22 600 depuis le début du conflit. Le ministère a également signalé 57 910 personnes blessées au cours de cette période.

Il est important de souligner que ces chiffres sont remis en question par plusieurs parties, y compris des observateurs internationaux, qui soulignent la difficulté d’obtenir des données précises dans un contexte de conflit. De plus, les chiffres officiels peuvent être manipulés à des fins politiques, et différentes parties prenantes peuvent avoir des intérêts divergents dans la présentation des bilans des victimes.

Les autorités israéliennes n’ont pas tardé à réagir en mettant en doute la véracité de ces chiffres. Elles soulignent la complexité de déterminer les responsabilités exactes des pertes humaines dans un conflit caractérisé par des attaques de part et d’autre.

Cette controverse souligne la nécessité de prendre avec précaution les bilans des victimes dans les zones de conflit. Les chiffres peuvent être influencés par des considérations politiques, et une évaluation objective des pertes humaines nécessite une enquête approfondie et indépendante.

Les organisations internationales et les défenseurs des droits de l’homme sont appelés à surveiller de près la situation et à travailler ensemble pour obtenir une image plus claire des conséquences humaines de ce conflit complexe. En attendant, la controverse persistante souligne la nécessité d’une transparence accrue dans la communication des données relatives aux pertes civiles lors de conflits armés.

Fonds étrangers, dons, impôts etcryptomonnaies : que sait-on du financement du Hamas ?

Le financement du Hamas est complexe et opaque, et ses racines s’étendent bien
au-delà de la bande de Gaza.
Le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’Union
européenne, est un paria financier, soumis à des sanctions depuis des décennies et
sans accès au système bancaire international.
Cependant, comme il a pu le démontrer le 7 octobre en lançant une attaque surprise
contre Israël avec des milliers de roquettes, de drones et d’autres équipements
technologiques, le groupe militant ne semble pas manquer de ressources.
Comment parvient-il à se financer ?
Le Hamas est un mouvement islamiste fondé en 1987 qui possède une branche
politique et militaire.
Leur mouvement armé, connu sous le nom de Brigades Ezzedin al Qassam, a mené
de nombreuses attaques et attentats suicides contre Israël dans le passé.
Mais elle gouverne et administre également un territoire où vivent plus de 2,3
millions de personnes et est responsable de quelque 50 000 fonctionnaires.

En tant qu’organisation politique et sociale, elle perçoit des impôts et reçoit une aide
internationale de gouvernements étrangers et d’organisations caritatives partageant
les mêmes idées, mais – comme le démontrent les attentats du 7 octobre – elle a
également pu accéder à du matériel militaire.
Le groupe islamiste dispose également d’un obscur portefeuille d’investissements
internationaux qui utilise souvent les crypto-monnaies comme moyen de contourner
les sanctions internationales.

Le Qatar
Ce petit pays du Golfe, l’un des pays les plus riches du monde, était l’un des rares
gouvernements à soutenir, avec la Turquie, le Hamas après la rupture brutale avec
le Fatah en 2007. Lorsqu’Israël a imposé le blocus de Gaza la même année, le
Qatar a décidé pour soutenir les Palestiniens de la bande de Gaza avec une aide
humanitaire.
En 2012, Cheikh Hamad bin Khalifa al Thani, alors émir du Qatar, a été le premier
chef d’État à se rendre à Gaza sous le régime du Hamas, et il a promis une aide de
plusieurs millions de dollars, qui a finalement été approuvée par Israël.
Le Qatar offre, selon les analystes, un soutien politique au Hamas en permettant à
ses dirigeants de s’installer à Doha depuis 2012 après qu’ils ont dû abandonner leur
siège historique de Damas en raison de la guerre civile syrienne.
Ismail Haniya, considéré comme le chef de l’organisation, et Khaled Meshaal, son
prédécesseur, sont basés dans la capitale qatarienne, tout comme les dirigeants
talibans jusqu’à ce qu’ils reprennent le contrôle de l’Afghanistan à l’été 2021.

Conflit israélo-palestinien : Le rôle complexe du Qatar dans la médiation pour la
libération des otages du Hamas
L’émirat est ainsi devenu un acteur clé dans les négociations avec des groupes que
les puissances occidentales considèrent comme terroristes et dont la législation – et
l’opinion publique – ne leur permettent pas de négocier directement.
Ce rôle d’intermédiaire entre le Hamas et Israël, que l’Égypte a traditionnellement
joué, est désormais joué principalement par le Qatar, comme c’est actuellement le
cas avec les otages israéliens kidnappés par le groupe militant.
Le Qatar, qui est l’un des principaux alliés des États-Unis en dehors de l’OTAN, a
également envoyé des milliards de dollars d’aide humanitaire aux Palestiniens au fil
des années pour atténuer les conséquences du blocus israélien de Gaza. Doha
insiste sur le fait que cet argent est destiné aux Palestiniens et non au Hamas.
On ne sait pas exactement quel est le montant de cette aide, que les analystes
situent entre 1 000 et 2 600 millions de dollars depuis 2014 et qui a contribué à la
reconstruction de la bande de Gaza après les nombreuses guerres avec Israël.
En 2016, l’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, a annoncé que son
pays allouerait 113 millions de réaux qataris (environ 30 millions de dollars ) pour «
alléger les souffrances des frères de la bande de Gaza et les graves difficultés
financières auxquelles ils sont confrontés ». « En raison du siège injuste que leur
impose l’occupation israélienne « .
Cet argent, versé mensuellement, a permis de payer une partie des salaires de près
de 50 000 responsables gazaouis, d’acheter du carburant pour alimenter le réseau
électrique de la bande et d’aider les familles les plus pauvres, qui ont reçu un
chèque mensuel de 100 dollars.
Les fonds sont transférés en coordination avec les États-Unis et Israël, explique
Khaled el Hroub, professeur d’études sur le Moyen-Orient à l’Université
Northwestern au Qatar, à BBC Mundo.

Légende image,
La visite du cheikh Hamad bin Khalifa al Thani à Gaza en 2012 a apporté un soutien
important au gouvernement du Hamas, dirigé par Ismail Haniya
« Les dollars qui arrivent dans les territoires palestiniens, y compris Gaza, sont peut-
être les plus surveillés au monde, puisque tant les services secrets américains que
les Israéliens, les Jordaniens et les Egyptiens surveillent de très près ces montants,
car une partie de l’argent arrive via leurs banques », affirme l’analyste palestinien,
auteur de plusieurs ouvrages sur le Hamas.
Cet argent est transféré de Doha vers Israël et entre depuis longtemps à Gaza dans
des porte-documents remplis de billets de banque transportés par les envoyés
qataris via le terminal d’Erez, au nord de la bande de Gaza. L’argent était distribué
dans les bureaux de poste et les supermarchés directement aux fonctionnaires et
aux familles modestes dès réception.
Israël et les États-Unis ont accepté ces paiements parce que l’idée était « que si le
problème (du Hamas et de Gaza) ne pouvait pas être résolu, il pourrait au moins
être atténué », explique Matthew Levitt, analyste au Washington Institute for Near
East.
Selon ce spécialiste de l’antiterrorisme et du renseignement, l’idée était que « si des
opportunités économiques étaient offertes, les choses se calmeraient, mais cela
s’est avéré ensuite être une erreur ».
Pour Makram Khoury-Machool, directeur du Cambridge Center for Palestine Studies,
Israël a accepté le transfert des fonds « parce que (le Premier ministre) Benjamin
Netanyahu est contre une solution à deux États, comme le Hamas, et pour éviter
tout type de solution ». Maintenir le Hamas à Gaza et prolonger la division interne en
palestinienne.
Selon Levitt et d’autres analystes aux États-Unis et en Israël, une partie de cet
argent de l’aide internationale finit entre les mains de la branche armée du Hamas,
ce que le Fatah, le parti rival du Hamas qui dirige l’Autorité nationale palestinienne,
accuse également.
Le Hamas l’a toujours nié.
« On ne sait pas exactement dans quelle mesure, mais personne qui étudie la
question n’en doute », a déclaré Levitt, qui a par le passé conseillé le Trésor
américain sur les questions de financement du terrorisme, à BBC Mundo.
Mais Khaled el Hroub assure qu’il n’y a aucune preuve de cela :
« Le principal problème économique du Hamas n’est pas le financement du parti ou
de sa branche armée, c’est presque la partie la plus facile. Le plus difficile est de
soutenir les millions de Palestiniens qui souffrent à Gaza, et le Hamas ressent cette
pression »
L’argent qatari et l’aide internationale, affirme l’analyste palestinien, « ont longtemps
été considérés presque comme un analgésique, traitant les symptômes mais pas la
racine du problème ».
La principale organisation d’aide humanitaire à Gaza est l’UNRWA, l’Agence des
Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Moyen-Orient. Leur aide est
distribuée directement par leurs équipes, qui ont passé des contrôles préalables,
explique un porte-parole de l’UNRWA à BBC Mundo.
L’agence est également soumise à des audits annuels réalisés par un organisme
indépendant. « Tous les paiements aux entrepreneurs, aux fournisseurs et au
personnel sont traités par l’intermédiaire d’une entité bancaire soumise à la

réglementation

relative à la lutte contre le financement du terrorisme », explique le
porte-parole.

L’Iran
Le Hamas est l’un des groupes qui forment une alliance connue sous le nom d’Axe
de la Résistance, dirigée par l’Iran et qui comprend également, entre autres, la Syrie
et le groupe islamiste libanais Hezbollah. Leur principal point commun est leur
sentiment anti-israélien et anti-américain.
Pour contenir l’influence d’Israël et assurer la survie même du gouvernement des
ayatollahs, Téhéran a contribué à tisser un réseau d’alliés dans la région, qu’il aide
« en finançant, en entraînant ou en armant », analyse Sanam Vakil, directeur du
Moyen-Orient de Chatham House.
Parmi eux figurent le Hamas et d’autres groupes de résistance palestinienne, que
l’Iran soutient de plus en plus depuis les années 1990, selon Vakil.
Ce soutien se traduit, selon le Département d’État américain, par 100 millions de
dollars par an versés au Hamas, au Jihad islamique et au Front populaire de
libération de la Palestine.
Guerre entre Israël et le Hamas : Pourquoi tout le monde parle-t-il de l’Iran ?
Bien que le Hamas et l’Iran aient eu des divergences pendant la guerre civile
syrienne, lorsque le groupe palestinien a refusé de soutenir Bachar al Assad, « le
financement de l’Iran n’a jamais cessé, peut-être qu’il en a réduit une partie pour des
activités politiques, mais les fonds pour le groupe armé ont continué », explique
Matthew. Lévitt.
Selon Khaled el Hroub, « on ne sait pas exactement combien d’argent le Hamas
reçoit de l’Iran chaque année, mais il est clair qu’il reçoit des financements ».

Le chef du Hamas lui-même, Ismail Haniya, a reconnu en 2022 dans l’émission « Al
Muqabla » (l’interview) sur la chaîne Al Jazeera, que l’ Iran est son principal
donateur et qu’il a contribué à hauteur de 70 millions de dollars au développement
de ses systèmes de missiles.
Plus récemment, dans une interview à la chaîne russe Russia Today, au lendemain
de l’attaque du Hamas contre Israël, Ali Baraka, chef des relations extérieures du
Hamas, a assuré que « le premier et le plus important » de leurs donateurs est l’Iran,
qui leur fournit « de l’argent »,  » et des armes. « 
La BBC n’a reçu aucune réponse du ministère iranien des Affaires étrangères
concernant le financement présumé du Hamas par Téhéran.

Impôts
Le Hamas, en tant que dirigeant de Gaza, perçoit des taxes sur les importations – y
compris celles introduites clandestinement via les tunnels avec l’Égypte – et sur
d’autres activités commerciales dans la bande.
On ne sait pas exactement combien d’argent le Hamas collecte mensuellement
grâce aux impôts. Ce chiffre varie des 15 millions de dollars que le ministère des

Finances de Gaza a reconnus en 2016 au correspondant de la BBC à Gaza, Rusdi
Abu Alouf, aux 300 à 450 millions de dollars cités par des analystes comme Matthew
Levitt.
Ce qui est clair, c’est que Gaza, où selon l’ONU connaît un taux de chômage de 45
% et où 80 % de sa population avait besoin d’aide humanitaire avant la guerre, est
soumise à un niveau d’imposition assez élevé.
« Gaza et la Cisjordanie sont gouvernées par la même bureaucratie, même si les
niveaux de revenus sont très différents », explique Khaled al Hroub. A cela s’ajoutent
d’autres taxes que le Hamas ajoute au fil des années « pour compenser le blocus »,
comme les taxes sur les cigarettes, l’importation de jeans, de véhicules ou de
certains produits alimentaires considérés comme de luxe ou non basiques, selon
l’Université Northwestern.
Pour Levitt, «quand on impose des impôts sur tout, et de plus en plus, c’est
finalement de l’extorsion, une pratique mafieuse».
L’augmentation des taxes et des droits de douane a généré des troubles au sein de
la population, voire des protestations parmi les importateurs, qui ont été réprimées
par le Hamas.
Portefeuille d’investissement
Selon l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor
américain, le Hamas dispose d’un bureau d’investissement international dont les
actifs sont estimés à 500 millions de dollars.
Ce réseau aurait des entreprises dans des pays comme le Soudan, la Turquie,
l’Arabie Saoudite, l’Algérie et les Émirats arabes unis, selon l’OFAC, qui considère
que le Conseil de la Choura et le Comité exécutif du Hamas, ses plus hauts
dirigeants, contrôlent et supervisent ce portefeuille d’entreprises.

115 soldats israéliens tués à Gaza depuis le début de l’offensive

L’armée israélienne a signalé le décès de 115 soldats dans la bande de Gaza depuis le début de l’offensive contre le Hamas, avec 10 décès enregistrés mardi, constituant le bilan le plus lourd en une seule journée du côté israélien.

Les dix soldats, dont deux officiers supérieurs, ont perdu la vie au cours des combats dans le nord de ce territoire palestinien mardi, selon les informations fournies. Cette journée représente le bilan le plus tragique pour l’armée israélienne depuis le début de ses opérations terrestres le 27 octobre dans la bande de Gaza.

Selon la liste officielle des noms des soldats tombés au combat, neuf des militaires décédés mardi appartenaient à des unités engagées dans une bataille intense à Chajaya, dans l’ouest de la ville de Gaza. « Hier après-midi, des membres de la [brigade] de Golani sont entrés dans un bâtiment, où ils ont essuyé un feu puissant et affronté les terroristes », a expliqué le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari. « D’autres membres de la brigade, assistés par l’unité de sauvetage 669 de l’Armée de l’air, ont investi le bâtiment pour les secourir sous un feu nourri ».

Un autre responsable militaire a souligné que Chajaya était un bastion du Hamas et abritait un réseau d’édifices reliés entre eux, comprenant des caches d’armes. Les affrontements de mardi ont eu lieu dans l’un de ces ensembles de trois ou quatre bâtiments piégés au moyen de bombes artisanales, a-t-il rapporté.

Selon ce responsable, environ 350 combattants du Hamas ont été tués à Chajaya depuis le début de l’offensive terrestre. Depuis le début de la guerre il y a plus de deux mois, le nombre de décès dans la bande de Gaza dépasse désormais 18 600, principalement des femmes, des enfants et des personnes de moins de 18 ans, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Israël a promis de détruire le Hamas après une attaque sans précédent menée le 7 octobre par des commandos de ce mouvement islamiste infiltrés de Gaza dans le sud d’Israël, causant environ 1 200 morts, en majorité des civils, selon les autorités. Environ 240 personnes ont également été enlevées et emmenées à Gaza par le Hamas et d’autres groupes alliés.

DEUX DRONES VENANT DU YÉMEN ABATTUS PAR UNE FRÉGATE FRANÇAISE EN MER ROUGE

Une frégate française patrouillant en mer Rouge a abattu deux drones provenant du nord du Yémen, dans une zone sous contrôle des rebelles Houthis, qui ont proféré des menaces dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas.

Une interception périlleuse mais couronnée de succès. Ce dimanche 10 décembre, l’état-major des armées a annoncé que deux drones en provenance du Yémen ont été interceptés et détruits par une frégate française patrouillant en mer Rouge.
La structure militaire française a notamment indiqué que ces drones, provenant d’une région contrôlée par les rebelles Houthis, se dirigeaient vers la frégate. «L’interception et la destruction de ces deux menaces caractérisées» ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, à 110 kilomètres des côtes yéménites, à la hauteur de Hodeida, port du nord du Yémen sous contrôle des rebelles.
UN SOUTIEN À DISTANCE POUR LE HAMAS
Ces derniers ont menacé samedi d’attaquer tout navire dans la mer Rouge se dirigeant vers Israël si la population de la bande de Gaza ne recevait pas une aide d’urgence. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux avant l’annonce française, les Houthis ont déclaré qu’ils «empêcheraient le passage des navires se dirigeant vers l’entité sioniste» si les habitants du territoire palestinien, bombardé par Israël depuis deux mois, ne recevaient pas plus d’aide humanitaire, comme de la nourriture et des médicaments.
Une menace bien accueillie par le Hamas, qui a salué cette décision «courageuse et audacieuse» des rebelles yéménites. «Nous appelons les pays arabes et musulmans à user de toutes leurs capacités, sur la base de leurs responsabilités historiques et par esprit chevaleresque, pour lever le siège de Gaza», a indiqué l’organisation dans un communiqué.

 Au cours des dernières semaines, les Houthis s’en sont pris à de nombreux navires au large des côtes du Yémen, mais également à Israël, en lançant une série de drones et de missiles en direction du pays. Des engins interceptés en masse par le pays, mais également par des navires de guerre américains.

[En direct] Intenses bombardements dans le sud de la bande de Gaza, les hôpitaux submergés

Après des semaines de combat contre le Hamas dans le nord de Gaza, l’armée israélienne intensifie ce mardi son déploiement dans le sud du territoire, faisant craindre un « scénario encore plus infernal » pour les civils, selon les Nations unies. Khan Younes, ville où ont été déplacés un grand nombre de Palestiniens du Nord, est désormais la cible de l’armée israélienne. Les ONG humanitaires ne cachent plus leur désespoir face à la situation dans l’enclave palestinienne.

Ce qu’il faut retenir :

■ La trêve à Gaza a volé en éclats vendredi matin, le 1ᵉʳ décembre.

■ L’armée israélienne a déplacé son offensive vers la moitié sud du territoire. Des dizaines de chars, de transports de troupes et de bulldozers israéliens sont entrés dans cette partie de Gaza, au niveau de la grande ville de Khan Younes, proche de la frontière avec l’Égypte. L’hôpital Nasser, le plus grand de Khan Younes, a reçu mardi matin des dizaines de blessés.

■ Le Qatar demande au Conseil de sécurité de l’ONU de forcer Israël à revenir à la table des négociations sur la guerre à Gaza, a déclaré ce mardi l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, lors d’un sommet du Conseil de coopération du Golfe à Doha.

■ « Un scénario encore plus infernal est sur le point de se réaliser, auquel les opérations humanitaires ne pourront peut-être pas répondre », a déclaré la Coordinatrice humanitaire de l’ONU pour les Territoires palestiniens.

■ Plus de 15 900 Palestiniens, dont 70% de femmes et d’enfants, ont été tués dans les frappes israéliennes sur Gaza depuis le 7 octobre, a déclaré lundi 4 décembre le ministère de la Santé de la bande de Gaza. Le nombre de blessés s’élève à plus de 42 000 Palestiniens. Depuis le 7 octobre, plus de 1 200 Israéliens ont été tués.

■ Durant la trêve, 110 otages – 86 Israéliens et 24 étrangers – ont été libérés par le Hamas, selon le décompte d’Israël. De son côté, Israël a libéré 240 prisonniers palestiniens ; 136 otages restent détenus à Gaza, selon l’armée israélienne.

Rfi

Turquie: le président Erdogan rejette les appels de Washington à rompre les liens avec le Hamas

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a opposé samedi 2 décembre une fin de non-recevoir aux appels de l’administration américaine pressant la Turquie de rompre ses liens avec le mouvement islamiste palestinien Hamas. En visite cette semaine dans le pays, le sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et de l’intelligence financière, Brian Nelson, a fait part de la « profonde » inquiétude de Washington au regard des liens entretenus par Ankara avec le Hamas. Des liens et un soutien revendiqués par le président Erdoğan.

Vis-à-vis du Hamas, la position de la Turquie ne souffre d’aucune ambiguïté : les autorités d’Ankara le considèrent comme un acteur légitime. Un « parti politique qui a gagné des élections », selon le président Erdoğan, qui qualifie aussi le mouvement islamiste palestinien de « groupe de libérateurs qui protègent leur terre ». 

L’incursion sanglante du 7 octobre contre Israël n’y a rien changé : la Turquie a certes condamné toutes les attaques contre les civils, mais sans jamais citer nommément le Hamas dans ses condamnations. Et alors qu’il qualifie Israël « d’État terroriste », le président turc a déclaré ce week-end qu’il ne « considèrerait jamais le Hamas comme un groupe terroriste, quoi qu’ils en disent ». Autrement dit, malgré les pressions américaines, la Turquie ne fermera pas les bureaux du Hamas installés sur son territoire et n’expulsera pas ses membres.

Depuis le début du conflit, les États-Unis n’ont pas détecté de flux financiers en direction du Hamas via la Turquie. Mais l’existence de tels liens est connue depuis longtemps. Ces dernières années, des ONG, des banques et des entreprises turques ont été accusées, voire condamnées par la justice américaine ou sanctionnées par le Trésor américain pour soutien financier au Hamas. 
RFI

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