Le coordinateur national de la Cellule analyses et prospective de l’Alliance pour la République (APR), Hamidou Anne, est sorti de sa réserve pour réagir aux accusations de plus en plus insistantes sur l’existence supposée d’une « dette cachée » laissée par l’ancien régime. Alors que certains évoquent la possibilité d’une mise en accusation de l’ex-président Macky Sall pour haute trahison, le responsable apériste dénonce une « vaste campagne de manipulation politique » et interpelle les institutions de la République sur leur devoir de clarté.
« L’APR n’entrera pas dans une polémique avec le Fonds monétaire international (FMI) qui demeure un partenaire privilégié du Sénégal », a tenu à préciser Hamidou Anne dès l’entame de sa déclaration. Selon lui, les allégations selon lesquelles le FMI aurait confirmé l’existence d’une dette dissimulée sont infondées. « Contrairement à la vaste entreprise de manipulation actuelle, le Fonds ne peut ni confirmer ni infirmer des informations que les autorités souveraines d’un pays lui fournissent », souligne-t-il.
Hamidou Anne affirme qu’un « contre-rapport exhaustif et chiffré » a été produit pour réfuter les accusations de maquillage des comptes publics. Il remet en cause la logique même de ces accusations : « Nous demandons à savoir comment cacher une dette alors que les créanciers existent et que le Sénégal n’a jamais été en défaut de paiement. » Pour lui, il s’agit d’une tentative politique visant à ternir le bilan économique de l’ancien chef de l’État, alors que le pays, dit-il, a toujours honoré ses engagements financiers auprès de ses partenaires.
Le responsable apériste déplore surtout l’attitude des autorités actuelles, qu’il accuse de cultiver le silence au lieu d’apporter des éclaircissements. « Aucune réponse n’a été donnée aux deux correspondances adressées par le président Macky Sall au ministre des Finances et au Premier président de la Cour des comptes. C’est regrettable », dénonce-t-il. Hamidou Anne estime que la transparence doit être totale dans la gestion de cette polémique : « La Cour des comptes a certifié tous les comptes de l’État entre 2012 et 2023. Elle doit être en mesure de communiquer les informations pour clarifier la situation. »
Abordant la perspective d’une éventuelle mise en accusation de Macky Sall pour haute trahison, Hamidou Anne se montre catégorique : « C’est une voie sans issue, une perte de temps, une farce de mauvais goût et une faute morale. » Il considère cette démarche comme une manœuvre politique destinée à détourner l’attention d’un gouvernement « sans cap et sans résultats ».
Enfin, le coordinateur de la Cellule analyses et prospective de l’APR a vivement dénoncé la série d’arrestations d’opposants et de militants observée ces dernières semaines. « Ces pratiques d’un régime autoritaire sont indignes de notre démocratie », s’insurge-t-il, avant d’ajouter : « Les Sénégalais sont jaloux de leur liberté et la défendront dans la légalité. »