Les dépenses liées aux frais d’hospitalisation des agents de la fonction publique sénégalaise ont connu une hausse spectaculaire en 2024, suscitant des interrogations sur les causes et les implications de cette explosion budgétaire. Selon les récentes statistiques publiées par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), ces frais sont passés de 12 milliards de FCFA en 2023 à 29,9 milliards de FCFA en 2024, soit une augmentation de 150,3 % en l’espace d’un an.
L’analyse des données mensuelles révèle une progression constante des dépenses de santé tout au long de l’année 2024, avec un pic alarmant au mois de décembre. En septembre et octobre, les frais d’hospitalisation étaient estimés à 2 milliards de FCFA chacun. En novembre, ils ont légèrement augmenté pour atteindre 2,5 milliards de FCFA. Mais c’est en décembre que la situation a pris une ampleur inédite avec une explosion des coûts, atteignant 9,5 milliards de FCFA, soit une augmentation de 278,9 % en un seul mois. Cette flambée soudaine en fin d’année pose question et nécessite une enquête approfondie pour en déterminer les causes exactes.
Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cette augmentation spectaculaire des frais d’hospitalisation dans la fonction publique. Une détérioration de l’état de santé des fonctionnaires pourrait être un facteur déterminant, avec une hausse des pathologies chroniques, une vague épidémique ou une recrudescence des maladies professionnelles. L’inflation des coûts médicaux est également une explication plausible, notamment avec l’augmentation des tarifs des soins, des médicaments et des services hospitaliers. Une extension des prestations prises en charge par l’État ou une amélioration des remboursements pourrait également avoir engendré une hausse mécanique des dépenses. Par ailleurs, un problème de gestion ou des abus dans la facturation des soins ne sont pas à exclure et pourraient expliquer en partie cette explosion budgétaire.
Les 17,9 milliards de FCFA supplémentaires dépensés en 2024 représentent une charge considérable pour le budget de l’État. Dans un contexte où les finances publiques sont déjà sous pression, cette flambée des dépenses de santé des fonctionnaires soulève des préoccupations quant à la soutenabilité du système de prise en charge médicale dans le secteur public. Le gouvernement pourrait être amené à prendre des mesures correctives pour limiter l’impact budgétaire de cette hausse, que ce soit par une meilleure régulation des coûts, un contrôle renforcé des dépenses médicales ou une réforme des mécanismes de prise en charge.
Face à une telle envolée des dépenses, un audit détaillé du système de couverture médicale des fonctionnaires semble inévitable. L’État devra également clarifier les facteurs à l’origine de cette hausse et envisager des réformes structurelles pour éviter une dérive budgétaire incontrôlable dans les années à venir. Alors que les besoins en santé sont en constante évolution, cette situation pose un véritable défi de gouvernance et de gestion des ressources publiques, nécessitant des réponses urgentes et adaptées.