Crimes budgétaires : le ministre de la Justice insiste sur la récupération des fonds détournés

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a pris part au débat sur les questions d’actualité au gouvernement, tenu ce vendredi 21 février 2025 à l’Assemblée nationale. Lors de cette séance, il a répondu à une interrogation de l’honorable députée Seynabou Yacine Samb concernant d’éventuelles sanctions contre les responsables de crimes budgétaires révélés par l’audit de la Cour des comptes.

Face aux préoccupations soulevées, le ministre a affirmé la ferme volonté des autorités judiciaires de faire la lumière sur ces affaires. « La justice sera saisie, des enquêtes seront ouvertes et on s’évertuera à établir l’ampleur du mal », a déclaré Ousmane Diagne. Il a insisté sur la nécessité de rattacher ces violations aux lois en vigueur et de mener une enquête approfondie, dont la finalité sera non seulement de sanctionner les auteurs, mais surtout de récupérer les fonds détournés.

Au-delà des éventuelles poursuites judiciaires, Ousmane Diagne a mis l’accent sur l’importance de récupérer les deniers publics dissipés. « Mais le plus important est de faire en sorte que ces deniers publics puissent être récupérés », a-t-il martelé, soulignant ainsi la nécessité pour l’État de recouvrer les fonds qui lui sont dus pour assurer le bon fonctionnement du pays.

Il a également évoqué la mise en place de mécanismes alternatifs pour accélérer ce processus. « Nous envisageons de mettre en branle des systèmes de règlements tels que la médiation pénale qu’il va falloir améliorer », a-t-il précisé. Selon lui, l’action de la justice perdrait de son efficacité si elle ne parvenait pas à remettre ces sommes dans les caisses de l’État.

Cette déclaration du ministre de la Justice s’inscrit dans un contexte de lutte accrue contre la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics au Sénégal. Les audits de la Cour des comptes ont récemment mis en lumière plusieurs irrégularités dans la gestion budgétaire, suscitant une vive indignation au sein de l’opinion publique.

Le gouvernement semble donc vouloir adopter une approche ferme, non seulement en punissant les fautifs, mais aussi en mettant en place des mécanismes pour assurer le retour des fonds détournés. Cette position, qui associe sanctions et restitution, vise à éviter l’impunité et à renforcer la confiance des citoyens dans la gestion des ressources publiques.

2e ROUND DU SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : Le changement de la composition de la Cour suprême à la veille du procès suscite des interrogations

Alors que la Cour suprême s’apprête à examiner, ce vendredi 21 février 2025, la demande de rétractation introduite par l’ASER contre la décision de l’ARCOP suspendant la procédure du marché d’électrification rurale, un changement dans la composition des magistrats en charge du dossier suscite des interrogations. L’ASER, qui avait été déboutée le 21 novembre 2024, espère ainsi obtenir un nouveau regard sur son recours, cette fois devant une formation remaniée de la Cour suprême.

 

L’Agence sénégalaise d’Électrification rurale (ASER) persiste dans sa bataille judiciaire contre l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Après un premier revers devant la Cour suprême, qui avait rejeté sa demande de suspension de la décision du 2 octobre 2024 de l’ARCOP, l’ASER revient à la charge avec une procédure en rétractation. Pourtant, aucun élément nouveau ne semble justifier un tel revirement, si ce n’est un détail troublant : la composition de la Cour suprême a été modifiée à la veille de cette audience cruciale.

La décision initiale de l’ARCOP avait ordonné le sursis à l’exécution du marché d’électrification rurale dans plusieurs régions du Sénégal, au motif que l’ASER n’avait pas fourni les justificatifs relatifs aux 37 milliards F CFA décaissés par la Banque Santander, qui sont introuvables selon les avocats d’AEE POWER SENEGAL (voir parution du « Dakarois Quotidien » du 22 novembre 2024). Un point central de l’affaire, puisque malgré les injonctions répétées , ces documents n’ont toujours pas été transmis. 

Ce qui intrigue aujourd’hui, c’est le changement inattendu de la composition de la Cour suprême en charge du dossier. Le juge des Référés, O. G., jusque-là président de la deuxième chambre administrative, a été remplacé par A. N. L’Avocat général M. D. G. a laissé sa place à J. L. P. T., tandis que le greffier S. I. D. a été remplacé par M. L. Un remaniement qui, dans un contexte aussi sensible, soulève des interrogations. Pourquoi un tel bouleversement alors qu’aucun fait nouveau ne paraît justifier un retour en arrière sur une décision déjà rendue ? L’ASER, qui n’a toujours pas présenté les justificatifs exigés, espère-t-elle un traitement plus favorable avec cette nouvelle composition ?

 

LES SOUBASSEMENTS DE LA DÉCISION DE  L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 21 NOVEMBRE 2024

 

La Cour suprême, saisie du dossier, a suspendu l’exécution du marché en raison d’irrégularités alléguées et de soupçons de malversations financières.

L’affaire trouve son origine dans un marché conclu le 23 février 2024 entre l’ASER et la société espagnole AEE POWER EPC, approuvé le même jour par le ministre des Finances et du Budget, pour un montant de 91 milliards de francs CFA (140 millions d’euros). Ce projet, financé par la banque espagnole Santander et garanti par l’Agence espagnole de crédit à l’exportation (CESCE), devait permettre l’électrification de 1 500 localités rurales.

Toutefois, le partenariat s’est rapidement envenimé. AEE POWER EPC avait co-traité une partie du marché à AEE POWER SENEGAL pour la fourniture de poteaux électriques en béton armé, via un « contrat de prestation de services ». En d’autres termes, AEE POWER EPC a donné mandat à son mandataire-prestataire AEE POWER SENEGAL d’assurer l’acquisition des poteaux électriques en béton armé pour l’exécution du projet d’électrification rurale de 928 localités du Sénégal.

Mais, l’entreprise sénégalaise affirme que l’entreprise espagnole a refusé de lui verser les fonds nécessaires au démarrage des travaux, malgré la réception d’une avance de 56 millions d’euros (plus de 37 milliards de francs CFA).

Le 21 juin 2024, AEE POWER EPC a unilatéralement résilié le contrat conclu avec AEE POWER SENEGAL, qui a immédiatement saisi l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP). Le 3 juillet 2024, l’ARCOP a ordonné la suspension de la résiliation du contrat et a demandé à l’ASER de fournir des documents sur la renégociation du marché.

Dans le même temps, la situation s’est complexifiée avec la plainte déposée le 30 août 2024 par AEE POWER EPC devant le Tribunal de Grande Instance de Dakar contre AEE POWER SENEGAL, pour « escroquerie, faux et usage de faux ». L’entreprise espagnole accuse son ancien partenaire sénégalais d’avoir fourni de faux documents fiscaux et administratifs.

Face à ces tensions, la banque Santander, principal bailleur de fonds du projet, a décidé de suspendre son financement le 30 septembre 2024. Elle affirme ne pas avoir reçu de justificatifs clairs sur l’utilisation des fonds versés à AEE POWER EPC et s’inquiète de l’éligibilité de la garantie souveraine de l’État sénégalais.

De son côté, AEE POWER SENEGAL a saisi à nouveau l’ARCOP pour contester la réorganisation du projet décidée par l’ASER et AEE POWER EPC, qui l’ont écartée. En réponse, la Commission des litiges de l’ARCOP a ordonné, le 2 octobre 2024, la suspension de l’exécution du marché, en attendant un règlement du différend.

L’ASER, qui plaide l’urgence du projet pour des milliers de Sénégalais privés d’électricité, a saisi la Cour suprême pour obtenir la levée de cette suspension. L’agence publique estime que le blocage du projet risque de générer d’importants surcoûts et de compromettre l’électrification de zones reculées.

Elle argue également que la décision de l’ARCOP viole le principe du contradictoire et qu’aucune preuve solide ne remet en cause la régularité du marché initial. Mais pour AEE POWER SENEGAL, la suspension est justifiée, tant que toutes les clarifications sur la passation du marché et l’utilisation des fonds n’ont pas été apportées.

Ce vendredi 21 février 2025, la Cour suprême doit se prononcer sur la demande de rétractation introduite par l’ASER. Pourtant, l’attention est ailleurs ! C’est à l’Assemblée nationale que se cristallisent les regards, où le Premier ministre, Ousmane Sonko, est attendu pour une séance de discussions avec les parlementaires.

Penda THIAM

Alerte à la poussière : une qualité de l’air dégradée attendue ce week-end

Les autorités météorologiques ont émis une alerte concernant une détérioration significative de la qualité de l’air au Sénégal durant le week-end du 22 au 23 février 2025. Cette situation est due à l’arrivée de particules de poussière en provenance du désert, qui affecteront l’ensemble du territoire national.

Dès la soirée du vendredi 21 février, les premières traces de poussière seront visibles sur l’axe Podor-Matam, avant de se propager progressivement à l’ensemble du pays. Les experts annoncent une qualité de l’air classée entre « très mauvaise » et « extrêmement mauvaise », ce qui représente un danger potentiel pour la santé publique.

En plus des effets respiratoires, cette tempête de poussière risque de réduire considérablement la visibilité, compliquant ainsi les déplacements sur les routes et affectant certaines activités en extérieur. Les rafales de vent pourront atteindre les 40 km/h, bien qu’une légère accalmie soit prévue sur Dakar.

Face à cette situation, les autorités sanitaires recommandent aux populations, en particulier aux personnes vulnérables telles que les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de maladies respiratoires, d’éviter les sorties prolongées et de porter des masques de protection si nécessaire. Les automobilistes sont également appelés à redoubler de prudence en raison de la visibilité réduite sur certaines routes.

Baisse des salaires et suspension des subventions : l’APR dénonce « l’immaturité » du gouvernement et craint une politique d’austérité

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) a vivement réagi ce jeudi 20 février aux récentes déclarations du ministre Secrétaire général du Gouvernement, Mouhamadou Al Aminou Lo, concernant la baisse des salaires, la suspension des subventions et l’augmentation de la fiscalité pour certaines catégories sociales et entreprises.

Dans un communiqué officiel, le parti de l’ancien président Macky Sall considère ces mesures comme un retour à une politique d’austérité, qui pourrait mettre en péril les avancées économiques des dernières décennies.

L’APR estime que ces décisions placent le Sénégal sous un régime d’ajustement structurel, une situation qui, selon eux, remettrait en cause plusieurs années d’efforts en matière de transformation économique et de croissance inclusive.

Le parti critique fermement la méthode employée par les nouvelles autorités, affirmant que « l’immaturité dans la gestion de l’État » est flagrante. Il s’étonne également que de telles annonces aient été faites par un Secrétaire général du Gouvernement, et non par le Premier ministre ou le Président de la République, qu’il accuse d’éluder les mauvaises nouvelles.

Dans son communiqué, l’APR rappelle que le gouvernement actuel a hérité d’une économie stable avec des fondamentaux solides et une crédibilité financière reconnue par les partenaires internationaux. L’ancien parti au pouvoir dénonce ainsi une mauvaise gestion et un manque de vision stratégique, qui, selon lui, risquent d’accentuer la précarité sociale et économique.

En réponse à ces mesures, l’APR salue la vigilance des centrales syndicales et les appelle à défendre les acquis des travailleurs. Il met également en garde contre toute action qui pourrait réduire encore plus le pouvoir d’achat des Sénégalais, dans un contexte économique déjà difficile.

Par ailleurs, l’APR prend acte du déplacement du Premier ministre à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés. Le parti appelle à la mobilisation de ses militants autour du député Farba Ngom, qui sera auditionné le 27 février, estimant qu’il s’agit d’une tentative de déstabilisation du parti.

Accusé d’organisation clandestine de voyages au Qatar : le MTERI dément et annonce des poursuites

Le ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions (MTERI) a officiellement réagi aux accusations portées par le chroniqueur Adama Fall, qui l’accuse d’organiser clandestinement des voyages vers le Qatar en échange de paiements frauduleux.

Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, Adama Fall a affirmé que des individus auraient versé jusqu’à 1.500.000 FCFA par candidat pour obtenir un voyage vers le Qatar sous l’égide du ministère. Ces déclarations ont rapidement suscité de nombreuses réactions, mettant en cause la transparence des activités du MTERI.

Face à ces accusations, le ministère a publié un communiqué, repris par plusieurs médias, dans lequel il dément catégoriquement ces allégations. Il qualifie les propos d’Adama Fall de fausses informations, affirmant qu’aucune structure officielle sous sa tutelle ne serait impliquée dans une telle opération illégale.

Le ministère insiste sur le fait que ces accusations n’engagent que leur auteur, et qu’il se réserve le droit de saisir les autorités compétentes afin que des mesures soient prises contre cette campagne de désinformation. Il souligne également son engagement à garantir la transparence et la rigueur dans toutes ses démarches, en particulier celles liées à l’emploi à l’étranger.

Dans un développement plus récent, des sources proches du dossier ont confirmé qu’Adama Fall a été convoqué par la Division des Investigations Criminelles (DIC). Il devait se présenter ce mercredi à 16 heures pour répondre aux questions des enquêteurs sur l’origine de ses accusations.

Ce dossier soulève une nouvelle fois la question de la circulation des informations sur les réseaux sociaux et des responsabilités juridiques des personnes tenant des propos accusateurs sans preuves avérées. Il reste à voir si le MTERI ira jusqu’au bout de sa menace de poursuites judiciaires, ou si une issue alternative sera trouvée dans cette affaire.

Souveraineté économique au sein de l’OHADA : Ousmane Sonko insiste sur l’importance de renforcer l’indépendance des États membres

La 58e session de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) s’est ouverte ce mercredi à Dakar sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko. L’événement a réuni les représentants des États membres ainsi que le président en exercice du Conseil des ministres, Ousmane Diagne.

Dans son allocution d’ouverture, Ousmane Sonko a rappelé que, trois décennies après sa création, l’OHADA demeure un pilier essentiel pour la sécurisation juridique des affaires en Afrique. Il a souligné l’importance pour les États membres de continuer à consolider les acquis de l’organisation et à assurer sa pérennité en renforçant son rôle dans le développement économique du continent.

Le Premier ministre a insisté sur l’enjeu crucial de la souveraineté économique des États membres, affirmant que celle-ci devrait guider l’OHADA dans ses réformes législatives, notamment en matière de co-entreprise. Il a rappelé que le Sénégal avait soumis des propositions de texte sur cette question depuis 2013, sans qu’elles n’aient encore abouti.

« L’OHADA doit être un levier puissant pour stimuler l’investissement, favoriser l’essor du secteur privé et dynamiser la croissance. C’est pourquoi nous devons nous assurer qu’elle réponde pleinement aux besoins économiques et sociaux des États membres et de leurs populations », a déclaré Ousmane Sonko.

Le chef du gouvernement a également salué les avancées réalisées par l’organisation, notamment en matière de rationalisation de l’environnement juridique des affaires à travers les actes uniformes. Toutefois, il a estimé que l’économie sociale et solidaire restait un puissant catalyseur sous-exploité et a plaidé pour une meilleure prise en compte de ce secteur dans les textes de l’OHADA.

Ousmane Sonko a également mis l’accent sur la nécessité d’une gestion budgétaire stricte et transparente des ressources allouées à l’OHADA. Il a exhorté les ministres des États membres à veiller à ce que le budget soit cohérent avec un programme d’activités réaliste, et qu’il respecte les principes fondamentaux de l’élaboration budgétaire.

Le Premier ministre a aussi insisté sur l’importance d’une mobilisation efficace et opportune des ressources destinées aux différentes institutions de l’OHADA. Il a souligné que ces fonds, souvent obtenus au prix de grands sacrifices de la part des États, devaient être affectés avec rigueur afin d’optimiser leur impact.

Cette 58e session de l’OHADA marque également la fin du mandat du Sénégal à la tête de l’organisation. La République du Tchad prendra désormais la présidence de l’OHADA, succédant ainsi au Sénégal.

Le Premier ministre a profité de cette occasion pour appeler les ministres des États membres à faire preuve de rigueur dans le choix des futurs responsables de l’organisation. Il les a invités à privilégier les compétences et les qualités personnelles des candidats, afin de garantir une gestion efficace et dynamique des affaires de l’OHADA.

Négligence dans les hôpitaux: radioscopie d’un mal qui gagne davantage du terrain

Depuis quelques années sont notés, dans les établissements de santé publics comme privés, plusieurs manquements qui ne disent pas leur nom. Des manquements pour la plupart liés à une négligence notoire des personnels de santé. Raisons pour laquelle, cette exercice du jour se veut une dénonciation, afin que les hôpitaux et autres unités sanitaires cessent certaines pratiques qui dérangent à la fois et les malades et leurs accompagnants. Et ce comportement qui persiste dans bien des hôpitaux est vu tel un laxisme des admistrateurs qui ne font pas le contrôle et le suivi, c’est pourquoi c’est encore à dénoncer.

Ce qui est plus déplorable, c’est que ces comportements anti-valeurs se résument en deux aspects gênants: la très longue durée de l’attente du patient avant d’être reçu, surtout s’il se trouve dans un état très critique mais également les propos malveillants du personnel soignant ou des agents en charge de la sécurité à l’endroit des malades et des accompagnants. Ces derniers souvent agressés verbalement ou même physiquement.
Pour se rendre compte de cette pratique souvent ignoble, il suffit tout simplement de fréquenter les services hospitaliers… Parlant de négligence, personne n’a oublié la mort dans des circonstances tragiques des 4 nourrissons dans un incendie au service de néonatalogie de l’hôpital Magatte Lô de Linguère ou encore le décès du bébé asphyxié et calciné à la clinique de la Madeleine de Dakar. Et la liste est longue.
Tous ces manquements constatés, constituent un frein pour le respect de la pyramide sanitaire par les usagers et l’effectivité de la prise en charge des malades. Et tout cela remet encore en cause et au goût du jour l’accueil dans les milieux hospitaliers qui est un véritable calvaire pour les patients et accompagnants dans un pays dit de la « téranga ».
Le service public dans sa globalité est mal en point et doit être repensé et c’est très peu de le dire. Mais malheureusement, bon nombre de personnes continuent encore et encore de décrier ce qui se passe dans les structures sanitaires à cause du mauvais comportement de certains personnels médicaux. Finalement, très nombreux sont les sénégalais qui ont la phobie de certains hôpitaux devenus des « mouroirs ».
C’est pourquoi, il faut beaucoup d’intransigeance dans des situations pareilles. Cela renvoie aussi au drame survenu à l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga dans l’affaire Astou Sokhna décédée dans des circonstances douloureuses à l’extrême et les témoignages sur la négligence des agents de santé qui ont suivi ont montré à suffisance que le laxisme est ancré dans ce pays et l’on ne fait rien pour l’éradiquer. Une tragédie qui avait d’ailleurs laissé dire à l’époque, l’éminent Pr Abdoul Kane, chef du service cardiologie de L’hôpital Dalal Diam que: “si nous oublions d’assister quelqu’un qui est malade, qui est dans la souffrance, c’est qu’en réalité, nous oublions notre humanité et nous nous installons dans une inhumanité. Aujourd’hui, des gens peuvent être séquestrés dans nos hôpitaux parce qu’ils n’ont pas payé. Nos hôpitaux sont devenus des épiceries”.

Aujourd’hui, il urge plus que jamais pour les administrateurs des structures sanitaires et les personnels soignants de créer, dès l’accueil du malade, les conditions de l’apaisement de son mental. Sinon la question de l’accueil des malades restera toujours une équation à résoudre dans le milieu hospitalier au Sénégal.

Aly Saleh

Farba Ngom à deux doigts de l’inculpation : une audience décisive le 27 février

Farba Ngom risque l’inculpation pour blanchiment de capitaux, entre autres. Accusé dans une affaire portant sur 125 milliards de FCFA, le député-maire des Agnams est attendu devant le juge le 27 février pour une audience déterminante.

Farba Ngom est désormais dans une situation plus que délicate. À quelques jours de son audience prévue le 27 février, le député-maire des Agnams risque gros, selon une source proche du dossier. L’élu, cité dans une affaire présumée de blanchiment de capitaux impliquant un montant colossal de 125 milliards de FCFA, pourrait être officiellement inculpé à l’issue de cette comparution, d’après cette source du « Dakarois Quotidien ».
Lors de sa première convocation le 13 février dernier, Farba Ngom s’est contenté d’écouter les accusations formulées à son encontre sans prononcer le moindre mot. Devant le juge Idrissa Diarra et un greffier, ses douze (12) avocats ont dénoncé le le non accès au dossier, affirmant que ni eux ni leur client n’étaient informés des éléments précis sur lesquels repose l’accusation.
Le procureur, quant à lui, avait requis une inculpation pour des charges lourdes : complicité d’escroquerie sur des deniers publics, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux, ainsi qu’association de malfaiteurs. Face à cette situation, la défense a exigé un accès intégral aux documents avant toute avancée dans la procédure.
Un coup de théâtre est survenu lors de cette audience initiale : Farba Ngom est visé par deux procédures distinctes, une révélation qui a pris de court ses avocats. Deux volumineux dossiers ont été remis à la défense, justifiant ainsi la demande de report.
Si l’accusation avance un montant de cent vingt-cinq (125) milliards F CFA, certaines sources proches du dossier nuancent ces chiffres. Selon elles, les sommes effectivement imputées à Farba Ngom ne dépasseraient pas les sept (7) milliards F CFA.
La défense martèle que le député n’a jamais eu la gestion de fonds publics et qu’il ne peut donc être accusé d’escroquerie sur des deniers de l’État. Toutefois, les enquêteurs estiment que d’importants flux financiers ont transité par des sociétés écrans dirigées par des proches du député, une accusation que ses avocats réfutent catégoriquement.
Tous les regards sont désormais tournés vers le 27 février. Si le juge suit les réquisitions du parquet, le député-maire des Agnams pourrait être officiellement inculpé, placé sous contrôle judiciaire, ou même en détention provisoire. Une situation qui pourrait l’écarter des élections locales susceptibles d’être organisées d’ici quelques mois.
Parallèlement à cette affaire, cinq (5) partisans de Farba Ngom, arrêtés alors qu’ils manifestaient leur soutien devant le Pool judiciaire financier, ont été relaxés, mardi, par le tribunal des flagrants délits de Dakar.

Ousmane Sonko annonce la première rencontre entre le Gouvernement et les partenaires sociaux pour le redressement économique

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a annoncé ce mercredi 19 février 2025, en Conseil des ministres, la tenue de la première rencontre entre le Gouvernement et les partenaires sociaux le jeudi 27 février 2025. Cette rencontre, selon Sonko, marque le début d’un dialogue inclusif, franc et patriotique visant à mobiliser l’ensemble des forces vives de la nation dans l’effort de redressement économique et financier du pays.

La rencontre, qui réunira le Gouvernement, les syndicats, les organisations d’employeurs, la société civile, les institutions de la République, les dirigeants d’entreprises, ainsi que des organismes nationaux et des associations, sera un moment clé pour discuter des mesures nécessaires à l’amélioration de la gouvernance économique du Sénégal. L’objectif est de renforcer la coopération entre tous les acteurs impliqués dans la gestion des finances publiques et d’assurer une approche collective pour surmonter les difficultés économiques actuelles.

Lors de son intervention, Ousmane Sonko a mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures correctives immédiates pour rationaliser les dépenses publiques et réduire le train de vie de l’État. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une réforme visant à améliorer la gestion des ressources de l’État tout en garantissant la transparence et l’intégrité des processus décisionnels.

Dans le même esprit, le Premier ministre a donné des instructions au ministre des Finances et du Budget pour qu’il prenne des mesures appropriées sans délai, afin de mettre en œuvre les recommandations relatives à l’optimisation des finances publiques. L’objectif est de rendre opérationnelles ces mesures et de s’assurer que les finances de l’État soient gérées de manière plus rigoureuse et plus efficace.

Accès à l’eau potable et situation économique : les directives du président Diomaye à Sonko et Cheikh Tidiane Dièye

Le président Bassirou Diomaye Faye a donné des instructions précises au Premier ministre Ousmane Sonko et au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, afin d’améliorer la gestion des ressources en eau et de stabiliser la situation économique du pays. Ces directives s’inscrivent dans le cadre du nouvel agenda de transformation de la gestion des finances publiques et de la protection des couches vulnérables.

Concernant la situation économique, le Chef de l’État a chargé Ousmane Sonko d’initier des concertations avec les forces vives de la Nation, notamment les centrales syndicales, le secteur privé et le patronat. L’objectif est de partager un diagnostic précis des défis économiques et budgétaires du pays afin de dégager des consensus pour une gestion plus soutenable des finances publiques. Le gouvernement entend ainsi mettre en place un cadre de dialogue permettant d’anticiper les impacts économiques des réformes engagées, tout en préservant le pouvoir d’achat des populations et en protégeant les couches les plus vulnérables.

Le président Faye a rappelé que l’accès à l’eau potable, notamment en milieu rural, demeure une priorité du gouvernement. Il a ainsi exhorté le Premier ministre à accélérer les efforts pour améliorer la disponibilité de l’eau potable à des coûts maîtrisés. Il a salué la récente tenue des concertations nationales sur l’eau et a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre un plan d’action global pour sécuriser la ressource en eau et déployer un schéma hydraulique national intégrant les systèmes d’approvisionnement en zones urbaines, péri-urbaines et rurales. Il a également demandé au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de réviser la gestion des délégations de service public en milieu rural et d’assurer la transparence des tarifications et des concessions dans le secteur de l’eau. Par ailleurs, il a insisté sur le renforcement de l’entretien et du renouvellement des infrastructures hydrauliques, notamment les forages.

Dans cette dynamique, le gouvernement envisage de développer des « autoroutes de l’eau » pour assurer un approvisionnement durable et équilibré sur tout le territoire. À cet effet, une réflexion devra être menée sur le modèle économique du secteur, incluant l’assainissement des eaux usées et pluviales ainsi que le développement d’unités de dessalement. Le président Faye a instruit le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser un projet de loi portant Code de l’eau. Cette législation vise à renforcer la préservation des ressources naturelles en eau, assurer une gouvernance plus transparente et instaurer une Autorité de régulation du secteur de l’eau.

Anticipant les défis climatiques, le président Faye a insisté sur l’urgence de renforcer la prévention et la lutte contre les inondations. Il a demandé au ministre Cheikh Tidiane Dièye de lancer rapidement les opérations pré-hivernage et de mettre en place des mesures spécifiques pour protéger les zones les plus vulnérables. Dans cette optique, l’Office national de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) devra être restructuré afin d’assurer un fonctionnement efficace des infrastructures de drainage et d’évacuation des eaux pluviales.

Conscient des défis liés à l’urbanisation rapide et au changement climatique, le gouvernement ambitionne de refondre la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement. Le président a demandé au ministre de l’Hydraulique d’élargir de manière maîtrisée le périmètre affermé pour intégrer les zones nouvellement urbanisées et de revoir la stratégie de gestion de l’assainissement, aussi bien en milieu urbain que rural. Il a également insisté sur la nécessité d’inclure davantage les collectivités territoriales et les populations dans les décisions stratégiques sur l’eau et l’assainissement.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 19 Février 2025

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES, Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires étrangères

Monsieur Mame Baba CISSE, Conseiller des Affaires étrangères principal de classe exceptionnelle, matricule de Solde 516 903/B, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Sénégal auprès de la Commission de l’Union européenne, en remplacement de Monsieur Baye Moctar DIOP, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur Malick DIOUF, Conseiller des Affaires étrangères principal, matricule de solde 605 799/D, précédemment Ambassadeur, Secrétaire général adjoint du Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal, auprès de Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, en remplacement de Monsieur Khare DIOUF, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Samba Dialigué BALDE, chancelier des Affaires étrangères principal matricule de solde 620 663/A, précédemment Deuxième Conseiller à l’Ambassade du Sénégal au Niger, est nommé Consul général de la République du Sénégal à Pointe-Noire, en remplacement de Monsieur Issa WAGUE.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 19 Février 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 19 février 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses condoléances les plus attristées au Khalif général des Mourides et à la Communauté musulmane suite au rappel à Dieu du Khalif général des Baye FALL, Serigne Amdy Modou Mbenda FALL et de Serigne Moustapha Saliou MBACKE, fils du défunt Khalif général des Mourides Serigne Saliou MBACKE. Evoquant les enseignements et les analyses issus de l’audit des finances publiques réalisé par la Cour des Comptes, le Chef de l’Etat a appelé à l’application de mesures conjoncturelles et structurelles urgentes pour renforcer la résilience et la crédibilité de notre système économique, budgétaire, financier et comptable. Il a demandé au Premier Ministre de lui proposer un chronogramme de mise en œuvre de toutes les recommandations du rapport d’audit de la Cour des comptes et de lui faire parvenir, dans les meilleurs délais, un programme spécial de maîtrise des dépenses publiques, en tenant compte des impératifs économiques et sociaux, à court et moyen termes, dictés par le déploiement de la vision « Sénégal 2050 ». Le Président de la République a souligné l’importance d’une bonne maitrise des programmes budgétaires, des plans de financement et de trésorerie de l’Etat pour les trois prochaines années, des dépenses fiscales et de la dette publique. Sur ce dernier point, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget et au Ministre chargé de l’Economie de proposer, sous la coordination du Premier Ministre, une nouvelle réglementation sur les conditions et modalités d’émission des emprunts de l’Etat ainsi qu’un nouveau cadre organisationnel de pilotage et de gestion de la dette publique. Le Premier Ministre veillera également à la préparation rapide par le Ministre des Finances et du Budget d’un projet de loi rectificative des finances, en perspective du débat d’orientation budgétaire.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a indiqué au Premier Ministre, au Ministre des Finances et du Budget et au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, l’urgence : – d’asseoir l’intégrité de l’information financière en termes de fiabilité, d’exhaustivité, d’exactitude et de sincérité ; – d’accélérer la digitalisation et l’interopérabilité des systèmes d’informations économiques, financières et comptables de l’Etat ; – de renforcer la supervision du processus de cadrage macroéconomique ; – d’améliorer la planification triennale consensuelle des investissements publics financés sur ressources externes et internes et des partenariats public-privé. Il a indiqué que la situation de vérité assumée est l’occasion d’engager une transformation objective et en 1 profondeur des administrations économiques, financières et comptables de l’Etat et de leurs interrelations avec les partenaires et le système financier. Il en appelle à un véritable changement de paradigme dans la gouvernance administrative, économique, financière et comptable de l’Etat.

En outre, le Chef de l’Etat a demandé au Premier Ministre d’engager des concertations avec toutes les forces vives de la Nation, les centrales syndicales, le secteur privé national et le patronat notamment, afin de partager avec précision les conséquences de la situation décrite et de trouver les consensus adaptés à la mise en œuvre soutenable du nouvel agenda de transformation de la gestion des finances publiques, dans la solidarité et la protection sociale des couches vulnérables. L’accès à l’eau potable des populations, notamment en milieu rural, doit rester une priorité du Gouvernement.

Ainsi, le Président de la République a invité le Premier Ministre à poursuivre les efforts consentis afin d’améliorer l’accès à l’eau potable des populations à des coûts maitrisés. Il a salué la tenue récente des concertations nationales sur le secteur de l’eau et appelé à l’accélération de la mise en œuvre d’un plan d’action global visant la sécurisation de la ressource mais également le déploiement d’un schéma hydraulique national qui intègrera, à terme, tous les systèmes d’approvisionnement en eau en zone urbaine, péri-urbaine et rurale. Dès lors, il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de réviser le cadre de gestion des délégations de service public en eau potable en milieu rural et de renforcer l’entretien et le renouvellement des forages et infrastructures hydrauliques.

Le Ministre en charge de l’Hydraulique veillera également à la transparence concernant la tarification des services et la gestion des concessions. Dans la dynamique d’aménagement et de réalisation des « autoroutes de l’eau », le Gouvernement devra anticiper la réflexion sur le modèle économique du secteur couvrant le volet assainissement (eaux usées et eaux pluviales) et la montée en puissance des projets « d’unités de dessalement ». Il s’agit, surtout, de conforter la place des collectivités territoriales et des populations dans la gouvernance inclusive du secteur.

A ce titre, le Chef de l’Etat a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de refonder la politique d’hydraulique urbaine, d’élargir de façon maitrisée le périmètre dit « affermé » au regard de l’urbanisation accélérée du territoire national et des défis climatiques nouveaux qui appellent la révision de la gouvernance stratégique, technique et financière de l’assainissement.

A ce sujet, il a instruit le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement d’engager les actions urgentes pour assurer le fonctionnement efficace des services et réseaux relevant de l’Office national de l’Assainissement du Sénégal (ONAS). Par ailleurs, le Président de la République a indiqué au Gouvernement, l’urgence de prendre les mesures nécessaires pour renforcer la prévention et la lutte contre les inondations. Il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement d’engager, au plus tôt, les opérations pré-hivernage et de définir les mesures urgentes en matière de prévention et de gestion des inondations, notamment au niveau des zones et sites identifiés sensibles.

Le Chef de l’Etat a rappelé également au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement l’impératif de finaliser le projet de loi portant Code de l’eau. Cette loi en perspective va renforcer la préservation de nos ressources naturelles en eau et la transparence dans leur gouvernance inclusive. Une Autorité de régulation du secteur de l’eau sera également mise en 2 place. Pour clore ce chapitre, le Président de la République a informé qu’il procédera, le vendredi 21 février 2025 à Koungheul, au lancement du Projet de Mobilisation des Ressources en Eau du Bassin versant du Nianijia Bolong (PROMOREN).

Enfin, le Chef de l’Etat est revenu sur sa participation, en Ethiopie, au 38ème Sommet de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu les 15 et 16 février 2025 et aux célébrations de l’indépendance de la République sœur de Gambie, à l’invitation de son homologue Adama BARROW, pour témoigner notre solidarité et notre fraternité au peuple gambien dont le destin est lié à celui du Sénégal.

Dans sa communication, le Premier Ministre a fait part au Conseil de son passage à l’Assemblée nationale le vendredi 21 février 2025 au titre des questions d’actualité au Gouvernement, en vue notamment d’échanger avec les députés sur les enseignements à tirer des constatations graves et des recommandations ressortant du Rapport définitif de la Cour des Comptes sur « l’audit du Rapport sur la situation des finances publiques, Gestions de 2019 au 31 mars 2024 », notamment les mesures conservatoires et correctives. Le Premier Ministre a relevé les indications contenues dans le Rapport, relatives à la suite que la Cour des Comptes envisage de donner aux faits présumés constitutifs de fautes de gestion, de gestion de fait ou d’infractions à caractère pénal. Conformément aux directives du Chef de l’Etat, il a instruit le Ministre des Finances et du Budget de prendre les dispositions appropriées en vue de la mise en œuvre diligente des mesures correctives requises, sans délais, aux fins de rendre opérationnelles lesdites recommandations.

Dans ce cadre, il conviendra d’accorder une attention particulière à l’intégrité et à la transparence des processus décisionnels et des relations fonctionnelles au sein des régies financières. Le Premier Ministre a relevé qu’au-delà de l’amélioration de la gouvernance budgétaire et financière des deniers publics, le Gouvernement entend mettre en œuvre les mesures correctives requises à court terme, portant sur la rationalisation des dépenses publiques et la réduction du train de vie de l’Etat. Il a souligné que conformément aux orientations du Président de la République, il tiendra la première rencontre entre le Gouvernement et les partenaires sociaux, le jeudi 27 février 2025, en vue d’assurer la mobilisation de l’ensemble des forces vives de la Nation dans l’œuvre de redressement économique et financier du pays. Cette rencontre, qui constituera le point de départ d’un dialogue inclusif, franc et patriotique, réunira autour du Gouvernement, les syndicats, les organisations d’employeurs et de la société civile, les Institutions de la République, les dirigeants d’entreprises, des organismes nationaux, des associations et des amicales. Revenant sur le déploiement des projets et programmes du Référentiel Vision Sénégal 2050, au titre de la période quinquennale 2025-2029, le Premier Ministre a exhorté les Ministres à accorder une attention particulière à la finalisation des feuilles de route et au démarrage, dans les meilleurs délais possibles, des projets à initialiser en 2025.

Enfin, le Premier Ministre a rendu compte au Conseil de la poursuite des travaux du Comité de commémoration en décembre 2024 du 80ème anniversaire du Massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye. À cet égard, il a rappelé que le Président de la République a, 3 par décret en date du 13 janvier 2025, élevé le cimetière militaire de Thiaroye en cimetière national et institué la date du 1er décembre « Journée des tirailleurs sénégalais ». Le Premier Ministre a également indiqué la prise en charge par les ministères concernés des quatre (04) autres mesures prises par le Chef de l’Etat pour cristalliser dans la mémoire collective ce tragique événement. Il s’agit du mémorial Thiaroye 44, du centre de documentation, de la désignation de rues et places publiques au nom des victimes de cet événement et de l’introduction, dans les curricula, de l’enseignement de cette histoire. S’agissant de la manifestation de toute la vérité sur le nombre de victimes, le Premier Ministre a informé le Conseil que les compléments d’informations requis sont toujours attendus. Devant cette contrainte, des fouilles archéologiques seront entreprises.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

 Le Ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a fait une communication sur la sortie des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la CEDEAO ;  Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur l’approvisionnement du marché en denrées ;

 Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a fait le point sur la situation de la campagne de commercialisation de l’arachide, le suivi de la campagne horticole et la préparation de la journée nationale de l’Élevage ;

 Le Secrétaire d’Etat au développement des Petites et Moyennes Entreprises a fait une communication sur la 4ème édition du Forum de la PME dans le cadre de la stratégie nationale de promotion et de développement des PME/PMI.

AU TITRES DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté :

 Le projet de décret autorisant le Président de la République à ratifier la convention régissant la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest africaine adoptée le 31 mars 2023 à Dakar ;

 Le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Comité de Gouvernance du Numérique « GouvNum ». 

Grand Théâtre de Dakar : une vague de licenciements crée des tensions

Le Grand Théâtre National de Dakar traverse une période de turbulences marquée par une vague de licenciements qui suscite tensions et inquiétudes au sein du personnel. En l’espace de quelques jours, 23 travailleurs ont été remerciés par la direction de l’établissement, et une nouvelle liste de 30 employés menacés de licenciement est en cours d’élaboration.

Selon un employé concerné qui a préféré garder l’anonymat, cette liste devrait d’abord inclure 17 personnes avant d’être complétée par 7 autres, renforçant ainsi l’atmosphère d’incertitude qui règne au sein de l’institution culturelle. Les travailleurs redoutent une stratégie visant à réduire drastiquement le personnel en place.

Face à cette situation, la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS) est montée au créneau pour dénoncer ces licenciements qu’elle juge arbitraires et injustifiés. Lamine Fall, secrétaire général adjoint de la CNTS, a exprimé son indignation : « Effectivement, cette direction, lorsqu’elle est arrivée, a voulu se séparer d’un effectif de moins de 100 personnes. Nous allons immédiatement saisir l’inspection du travail pour voir quelle position adopter. Après cela, nous organiserons un point de presse dans les heures qui suivent », a-t-il déclaré.

La CNTS appelle les autorités à réévaluer cette décision et à engager un dialogue social afin d’éviter des mesures jugées trop brutales. L’organisation syndicale estime que la démarche entreprise par la direction du Grand Théâtre manque de transparence et pourrait cacher d’autres enjeux, notamment un « recrutement politique » en remplacement des travailleurs licenciés.

Les employés s’inquiètent de leur avenir, mais aussi de l’impact que ces départs pourraient avoir sur le fonctionnement de l’institution culturelle. Le Grand Théâtre National de Dakar, symbole de la promotion artistique et culturelle du Sénégal, traverse ainsi une crise qui pourrait rejaillir sur ses activités. Reste à savoir si un compromis pourra être trouvé entre la direction et les syndicats pour apaiser les tensions et garantir la stabilité de l’établissement.

Affaire du compte de 1000 milliards : Ardo Gningue saisit l’OFNAC

L’affaire du supposé compte bancaire contenant 1000 milliards de francs CFA continue d’alimenter le débat public au Sénégal. Après l’annonce fracassante du Premier ministre Ousmane Sonko, de nombreuses voix se sont élevées pour demander des clarifications sur cette révélation, jugée aussi intrigante qu’inquiétante. Malgré la publication d’un rapport d’audit très médiatisé, une partie de l’opinion publique demeure sceptique et exige davantage de transparence.

C’est dans ce contexte que l’activiste Ardo Gningue est passé à l’action. Selon le journal L’AS, il a officiellement déposé une plainte auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Son objectif : pousser les autorités compétentes à ouvrir une enquête approfondie afin d’établir la véracité des faits et, le cas échéant, identifier les responsables d’une éventuelle irrégularité.

L’initiative de Ardo Gningue intervient dans un climat où la lutte contre la corruption et la transparence dans la gestion des finances publiques sont des sujets de premier plan. En s’adressant à l’OFNAC, il espère que la lumière sera faite sur ce dossier qui suscite de nombreuses interrogations. Il exhorte ainsi l’institution à user de tous les moyens à sa disposition pour mener une enquête indépendante et rigoureuse.

Cette plainte pourrait constituer un tournant dans cette affaire. Si l’OFNAC décide de l’instruire, une enquête officielle pourrait être ouverte pour déterminer l’existence ou non de ce fameux compte, son origine et son éventuelle utilisation.

L’affaire des 1000 milliards de francs CFA a un impact non seulement financier mais aussi politique. Elle soulève des questions cruciales sur la gestion des ressources publiques, la transparence et la responsabilité des dirigeants. L’intervention de l’OFNAC, si elle se concrétise, pourrait non seulement apporter des réponses aux nombreuses questions soulevées, mais aussi renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de contrôle.

En attendant une réaction officielle de l’OFNAC, cette plainte relance les débats et met davantage de pression sur les autorités pour qu’elles clarifient une situation qui, jusque-là, demeure floue. Reste à savoir si cette initiative aboutira à des révélations majeures ou si elle sera classée sans suite, alimentant ainsi les suspicions et spéculations déjà nombreuses autour de ce compte controversé.

Le Président Bassirou Diomaye Faye en Gambie pour la fête nationale

Le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a effectué une visite officielle en Gambie ce lundi, répondant à l’invitation de son homologue gambien, Son Excellence Adama Barrow. Cette visite s’inscrit dans le cadre des célébrations officielles de la fête nationale de la Gambie, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations bilatérales entre les deux nations.

Le Sénégal et la Gambie partagent des liens historiques, culturels et fraternels profonds. Les deux pays, voisins et unis par une longue histoire commune, ont toujours œuvré pour une coopération harmonieuse dans divers domaines, notamment la sécurité, le commerce, l’éducation et les infrastructures. Cette visite témoigne de l’engagement du Président Bassirou Diomaye Faye à consolider davantage ces relations et à promouvoir une collaboration mutuellement bénéfique.

Durant son séjour, le Président Faye participera aux cérémonies officielles et rencontrera son homologue gambien pour discuter des enjeux stratégiques entre les deux nations. Les discussions devraient porter sur le renforcement des échanges économiques, la coopération en matière de sécurité transfrontalière et les projets communs de développement. Cette visite symbolise également la volonté des deux chefs d’État de raffermir les liens diplomatiques et de favoriser une intégration sous-régionale plus dynamique.

La participation du Sénégal à ces festivités témoigne de l’importance accordée aux relations sénégalo-gambiennes, ancrées dans une fraternité historique et un destin commun. Cette rencontre pourrait également ouvrir la voie à de nouveaux accords de coopération et à une meilleure coordination dans les domaines clés du développement des deux pays.

Le Président Bassirou Diomaye Faye et son homologue Adama Barrow ont réaffirmé leur volonté de travailler ensemble pour un avenir prospère, où la stabilité et la coopération régionale restent des priorités. Cette visite marque ainsi une nouvelle étape dans le raffermissement des relations entre Dakar et Banjul, renforçant davantage l’intégration et la solidarité entre les deux peuples.

Rapport Cour des Comptes : Birahim Seck appelle l’État à faire éclater la vérité et situer les responsabilités

Birahim Seck, Coordonnateur Général du Forum Civil, section Sénégalaise Transparency International, a appelé le gouvernement sénégalais à prendre des mesures concrètes pour faire la lumière sur les conclusions du rapport de la Cour des comptes. Lors d’une déclaration au Colloque régional sur les enjeux et mécanismes de lutte contre la corruption, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites en Afrique de l’Ouest, organisé par la CENOZO du 17 au 18 février 2025 à Cotonou, il a insisté sur la nécessité de clarifier les constats du rapport et de situer les responsabilités.

Selon lui, l’initiative du gouvernement est salutaire, car il s’agit du premier exercice d’audit sur la situation des finances publiques en application de l’article 1.7 du Code de transparence dans la gestion des finances publiques. Ce rapport constitue un outil essentiel pour identifier les canaux de flux financiers illicites au sein des régies financières. Il a souligné que les citoyens doivent protéger la Cour des comptes contre toute tentative de manipulation politique et exiger des clarifications sur les recettes, les dépenses budgétaires, la gouvernance des comptes spéciaux du trésor, ainsi que la gestion de la trésorerie et de l’endettement.

Pour Birahim Seck, ce rapport offre une opportunité unique au Sénégal de mettre en œuvre des réformes structurelles afin d’endiguer les pertes financières. Il a noté que les conclusions de la Cour des comptes dérangent certains intérêts et qu’il ne faut pas céder aux pressions politiciennes pour occulter les pertes financières considérables. Il a exhorté l’État à rester ferme et déterminé à identifier les responsables.

L’une des préoccupations majeures soulevées concerne les Dépôts à Terme (DAT) virés à des tiers. Il s’est interrogé sur l’identité des ministres impliqués, leur niveau de responsabilité et les raisons pour lesquelles ces fonds n’ont pas été transférés au Trésor public. Il a également attiré l’attention sur un gap de trésorerie de 114,4 milliards FCFA dans le cadre de l’opération du Sukuk SOGEPA, soulignant la nécessité pour les Sénégalais de comprendre l’origine de ce déficit.

Il a plaidé pour que le travail de la Cour des comptes soit approfondi et complété par des enquêtes judiciaires indépendantes. Il a appelé à une politique gouvernementale claire et rigoureuse en matière de lutte contre la corruption, fondée sur la transparence, la redevabilité et l’accès à l’information. Il a averti qu’un gouvernement jouant avec l’opacité ne pourra pas mobiliser les ressources nécessaires au développement du pays.

Pour lutter efficacement contre la corruption, il a insisté sur le renforcement des organes de contrôle interne, l’amélioration du système comptable et la mise en place d’un cadre institutionnel robuste. Il a également exhorté la population sénégalaise à s’impliquer activement dans cette lutte afin d’empêcher les acteurs politiques de détourner l’attention et d’échapper à leurs responsabilités.

En conclusion, Birahim Seck a réaffirmé que la lutte contre la corruption doit être portée par une mobilisation citoyenne forte et durable, loin des considérations populistes. Il a insisté sur le rôle clé de la société civile et des acteurs du changement pour garantir une gestion transparente et responsable des finances publiques.

Santé : la Fédération des syndicats de la santé (F2S) annonce une grève les 13 et 14 mars 2025

La Fédération des syndicats de la santé (F2S) a annoncé un mouvement de grève générale les 13 et 14 mars 2025. Cette décision s’inscrit dans le cadre de leur nouveau plan d’action, déjà validé par l’ensemble des membres, pour revendiquer de meilleures conditions de travail et le respect des engagements pris par les autorités.

Le secrétaire général de la F2S, Cheikh Seck, a détaillé la feuille de route qui mènera à cette grève. Le plan d’action comprend plusieurs étapes stratégiques. Le mardi 18 février 2025, un point de presse sera organisé pour informer l’opinion publique et les médias sur les motivations du mouvement. Le jeudi 27 février 2025, une assemblée générale se tiendra à l’hôpital Ndamatou de Touba, afin de mobiliser et sensibiliser les membres du secteur de la santé. La F2S prévoit également d’échanger avec les partenaires techniques et financiers (PTF), la société civile, les ambassades et les autorités religieuses afin de rallier davantage de soutien à leur cause. Enfin, la grève générale aura lieu les 13 et 14 mars 2025, avec un arrêt total des activités dans les structures de santé pour mettre la pression sur le gouvernement. Des actions de contestation telles que la rétention d’informations et le boycott des supervisions administratives sont également prévues pour perturber le fonctionnement normal du secteur.

Cheikh Seck a également révélé que la F2S a rencontré le ministre de la Santé et de l’Action sociale le lundi 17 février 2025 pour faire le point sur le suivi des accords signés le 29 décembre 2023. Cependant, malgré les discussions et la volonté affichée du ministre, le syndicat estime que cela ne suffit pas pour résoudre les nombreux problèmes du secteur. « Il faut impérativement l’intervention du président de la République et du Premier ministre », a insisté le syndicaliste, soulignant que seul un engagement politique au plus haut niveau pourrait permettre de trouver des solutions durables aux revendications des travailleurs de la santé.

Depuis plusieurs années, les syndicats de la santé dénoncent des conditions de travail difficiles, un manque criant de matériel, ainsi qu’un retard dans l’application des engagements pris par l’État. La grève annoncée pour mars 2025 s’inscrit donc dans la continuité des luttes syndicales en vue d’améliorer la situation des professionnels de la santé et de garantir une meilleure prise en charge des patients. Ce mouvement d’humeur pourrait avoir un impact significatif sur le fonctionnement des structures sanitaires du pays, notamment dans les hôpitaux et les centres de santé publics. Les autorités devront réagir rapidement pour éviter une paralysie du système de santé et prévenir une crise sanitaire.

Chronique d’un échec annoncé du duo Diomaye – Sonko ( Par Abdou MBOW )

Aucun pays ne s’est développé sur le mensonge. Aucune Nation n’a prospéré en banalisant ses méfaits et ses effets… Le Premier Ministre Ousmane Sonko n’a jamais hésité à se complaire dans l’infamie et l’injure, tant les incongruités d’avant mars 2024, adressées aux membres de l’ancien pouvoir, ne portaient que la marque du raccourci diffamatoire, marque de fabrique du « Président » Ousmane Sonko » d’alors…
Si les jeunes prenaient la mer et se noyaient, c’était du fait que Macky Sall et sa bande avaient détourné les barils de pétrole, et qu’ils les avaient condamnés au malheur, dont les sortirait le « Président » MandrakeSonko, une fois élu. Il leur avait promis un salaire mensuel, boulot ou pas, de 150.000 frs. Les images des milliers de jeunes se bousculant pour fuir le Sénégal et aller servir d’esclaves en Espagne, auraient dû leur faire honte. Mais ils sont nés après la honte. Pas un seul parmi eux n’a fait face à cette urgence, à cette bombe à retardement ; nombre parmi eux ne voit sa chevelure blanchir, du fait de l’inquiétude et de l’énorme responsabilité à devoir exaucer les prières et les cris de détresse de notre jeunesse… Non, ils sont tous en train de prendre et du poids et un goût pour le mannequinat distingué, guettant avides les annonces de nominations du salvateur Conseil des Ministres du mercredi… Voilà pour le contexte de cette manipulation, de grands orfèvres de la communication de masse, qui ont bien étudié Gobbels, persuadés à raison, que « plus c’est gros, mieux ça passe » …
Que raconte ce rapport sans queue ni tête ? « Président » Ousmane Sonko nous a toujours dit que Macky et ses 400 voleurs étaient des carnassiers…. Il n’avait pas encore les preuves, mais il le hurlait sur tous les tréteaux du pays… Ce Rapport de la Cour des Mécomptes, est juste destiné à donner raison à l’insulteur public…. Ousmane Sonko a donc toujours raison ! Ousmane Sonko, « Mou Sell mi » a
toujours raison, il est infaillible, d’extraction quasi-divine…
Et sa parole d’onction divinatoire sur ce bienvenu rapport est déclamée par celui qui ne comprenait pas les arcanes de la BCEAO, mais la dirigeait tout de même. Le même qui cherche à préparer les Sénégalais à des lendemains difficiles et même très difficiles… Dans un propos cousu de fil blanc, Ahmadou Al Aminou Lô, Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, précise et annonce la couleur, en prédisant la suppression des subventions sur l’électricité et les denrées, ⁠ce qui va à une semaine du Ramadan avoir un impact sur l’augmentation du coût de la vie…. Peut-on se dresser sur ses ergots et défier les bailleurs, rendre la France responsable de tous nos maux, et s’attendre à ce qu’elle nous soutienne, quand on ne respecte pas nos créances, se défaussant sur « notre État voyou » ?
Pourtant, le ministre de l’Economie Abdourahmane Sarr annonce une bonne nouvelle : la dette du Sénégal est soutenable. Le ministre des Finances Cheikh Diba, est lui dans une dynamique de correction. Il est le trait d’union entre l’ancien régime et le régime actuel ; il est le symbole de la continuité de l’Etat. C’est justement ce qui en fait une cible de choix pour toute une horde de pieds nickelés, planqués derrière leurs ordinateurs ou relayant honteusement des insinuations tentant de le déstabiliser… 
Ce rapport va enfoncer le Sénégal, le décrédibiliser, pour faire de la normalité un scandale.
Ils osent nous parler, en sermonnant les Sénégalais⁠, d’une diminution prochaine des salaires au moment où le train de vie de l’Etat grimpe, tous les anciens supporters quémandant, qu’aillent de pair avec leurs postes, bolides et salaires qui vont faire rimer « ramage et plumage », indifférents aux multiples et indécents ⁠licenciements abusifs et en masse de jeunes sénégalais…
Ce rapport n’est que le « cache-misère » de leur incapacité à mener le Sénégal hors des chemins mensongers qu’ils ont empruntés sans vergogne ni regrets…
C’est l’histoire d’un loup qui devant un troupeau de moutons, leur jura qu’il allait à présent, devenir végétarien. 
Il ne s’agit ni plus ni moins que de la chronique d’un échec annoncé du duo Diomaye- Sonko.
 
Député Abdou MBOW
Groupe Parlementaire Takku Wallu Sénégal

Ousmane Sonko au secteur privé : « L’affairisme d’État, c’est terminé… »

Lors de l’ouverture de la 4ᵉ édition du Forum de la petite et moyenne entreprise ce mardi, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu un discours ferme à l’égard du secteur privé national. Insistant sur la nécessité d’une nouvelle approche dans les relations entre l’État et les acteurs économiques, il a annoncé la soumission imminente d’une loi sur le patriotisme économique à l’Assemblée nationale.

S’exprimant devant un parterre de chefs d’entreprises et de représentants du monde des affaires, le chef du gouvernement a souligné la volonté de l’État d’accompagner les entrepreneurs sérieux et engagés. Toutefois, il a averti que les pratiques de favoritisme, de surfacturation et d’attribution opaque de marchés publics, qu’il qualifie d’« affairisme d’État », ne seront plus tolérées. Selon lui, une partie du secteur privé a longtemps prospéré grâce à des méthodes contraires à l’éthique, nuisant ainsi à l’économie nationale et à l’équité dans l’attribution des marchés.

« L’affairisme d’État, c’est terminé dans ce pays. Nous allons soutenir tous les efforts des acteurs du privé qui souhaitent travailler sérieusement et honnêtement, mais nous combattrons et mettrons fin aux pratiques que nous avons trouvées ici. En clair, le secteur privé sérieux et entreprenant bénéficiera de tout le soutien du gouvernement », a martelé Ousmane Sonko.

La loi sur le patriotisme économique, qui sera prochainement soumise aux députés, vise à garantir une meilleure répartition des opportunités économiques en faveur des entreprises locales. L’objectif est de mettre en place un cadre plus transparent et équitable pour les appels d’offres et les marchés publics, en privilégiant la production nationale et en réduisant la dépendance aux importations.

Cette déclaration du Premier ministre s’inscrit dans un contexte de réforme plus large visant à moraliser la gestion des finances publiques et à renforcer la compétitivité des entreprises sénégalaises. En mettant fin à certaines pratiques héritées du passé, le gouvernement veut impulser une dynamique nouvelle, fondée sur la méritocratie et la bonne gouvernance.

Toutefois, ces annonces ne manqueront pas de susciter des réactions au sein du secteur privé, où certains opérateurs économiques pourraient se sentir visés. Reste à voir comment cette loi sera accueillie à l’Assemblée nationale et quelles seront les mesures concrètes mises en place pour garantir son application effective.

La BAD lance une mission de dialogue au Sénégal pour la préparation de la stratégie de développement 2026-2030

Le lundi 17 février 2025, une équipe de la Banque africaine de développement (BAD) a démarré une mission de dialogue importante à Dakar. Cette mission s’inscrit dans le cadre de la préparation du rapport d’achèvement de la stratégie de développement 2021-2025 de la BAD pour le Sénégal. Dirigée par Mohamed Cherif, responsable du bureau de la BAD au Sénégal, l’équipe comprend plusieurs experts en développement et se poursuivra jusqu’au 24 février 2025.

La mission a pour objectif essentiel de poser les bases de la nouvelle stratégie de développement de la BAD pour le Sénégal, couvrant la période 2026-2030. Ce dialogue stratégique vise à définir les orientations du futur document de stratégie pays, en tenant compte des besoins réels de développement du Sénégal. Ce processus d’élaboration de la nouvelle stratégie s’inscrit dans une démarche visant à répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux spécifiques du pays. La BAD met également un accent particulier sur l’alignement de la stratégie avec les priorités de l’Union africaine et des Objectifs de Développement Durable (ODD), garantissant ainsi que les interventions de la BAD contribuent à un développement durable et inclusif à l’échelle du Sénégal et du continent.

Cette mission est considérée comme une étape essentielle pour renforcer la collaboration entre le Sénégal et la Banque africaine de développement. En effet, la BAD cherche à affiner ses actions pour mieux répondre aux défis de développement du pays à l’horizon 2030. L’objectif est de soutenir le Sénégal dans la mise en œuvre de ses priorités de développement et de garantir que la nouvelle stratégie sera en phase avec les aspirations du pays pour un développement durable et inclusif.

Le processus de dialogue a également un caractère inclusif, avec une volonté de travailler étroitement avec les autorités sénégalaises, les acteurs économiques et la société civile. Cette approche vise à mieux comprendre les priorités locales et à adapter les solutions proposées aux réalités du terrain, tout en garantissant l’efficacité des actions mises en place.

Un autre aspect important de cette mission est l’alignement des interventions de la BAD avec les grands objectifs mondiaux. Cela inclut notamment l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui aspire à transformer le continent africain d’ici 2063, et les ODD, qui guideront la communauté internationale vers un développement plus équitable et durable d’ici 2030. Cet alignement garantit que les actions de la BAD contribuent non seulement aux objectifs du Sénégal, mais aussi aux grands objectifs globaux de développement.

MAC de Ziguinchor : 25 détenus entament une grève de la faim pour dénoncer leur détention prolongée

La Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Ziguinchor est secouée par un mouvement de contestation. Ce lundi 17 février 2025, un groupe de 25 détenus a entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention prolongée sans jugement. Ces prisonniers, en attente de procès depuis près de trois ans, dénoncent le retard dans leurs procédures judiciaires et exigent d’être fixés sur leur sort.

D’après Matar Sané, frère du détenu Jean-Christophe Sambou, son frère et quatorze autres prévenus ont été arrêtés en avril 2022 lors d’opérations de ratissage menées dans le département de Bignona. Ces opérations, qui ont particulièrement ciblé les localités de Sindian, Séléty et la commune de Bignona, ont conduit à plusieurs interpellations. Certains ont été arrêtés chez eux, d’autres sur la route, avant d’être placés en détention provisoire.

Onze d’entre eux ont été transférés à Dakar le 13 août 2022 et dispersés entre les prisons de Rebeuss, Cap Manuel et Camp Pénal. Pendant plus de deux ans, ils ont été maintenus en détention sans jugement, avec des dossiers toujours en attente à Ziguinchor, les empêchant ainsi de recevoir la visite de leurs proches. Le 31 août 2024, ils ont finalement été ramenés à la MAC de Ziguinchor. Depuis, la majorité du groupe est maintenue sous mandat de dépôt. Deux d’entre eux ont été libérés, deux autres ont été entendus par un juge, mais la grande majorité attend toujours une audition.

Les autorités considèrent ces détenus comme étant potentiellement liés au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), un groupe indépendantiste actif dans le sud du pays. Cependant, leurs familles dénoncent une injustice et affirment que plusieurs d’entre eux n’ont aucun lien avec la rébellion. Les noms des détenus grévistes incluent notamment Jean-Christophe Sambou, Adama Bamba Mané, Lamine Barry, Lamine Diethiou, Dembo Tamba, Kadialy Tamba, Lamine Diané, Babacar Doukouré, Amadou Sagna, Thierno Diallo et Malick Sané.

Selon les proches des détenus, l’administration pénitentiaire et les autorités judiciaires leur avaient demandé de rédiger des demandes de liberté provisoire, ce qu’ils ont fait. Cependant, ces demandes sont restées sans suite. Ce silence judiciaire, ajouté à la frustration et à l’incertitude, a poussé les détenus à passer à l’action en entamant une grève de la faim.

Le mouvement de protestation ne se limite pas aux 25 détenus grévistes. Plusieurs autres prisonniers, confrontés à une situation similaire, envisagent également de rejoindre le mouvement. Leur revendication est claire : être jugés ou libérés. Les familles des détenus et certaines organisations de défense des droits humains commencent à se mobiliser pour dénoncer ces détentions prolongées sans procès, qui constituent une violation des droits fondamentaux selon elles.

Réduction du train de vie de l’État : Abdoul Mbaye insiste sur l’exemplarité après « 10 mois déjà perdus »

L’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye remet sur la table la question de la réduction du train de vie de l’État, un enjeu qu’il considère comme crucial pour soulager les Sénégalais face aux difficultés économiques actuelles. Il exhorte les autorités à agir concrètement, en montrant l’exemple, après ce qu’il qualifie de « 10 mois déjà perdus » depuis l’arrivée du nouveau régime.

Réagissant à la récente sortie du secrétaire général du gouvernement sur la situation économique du pays, Abdoul Mbaye rappelle que la réduction des dépenses publiques est une nécessité incontournable. « Il n’y a pas d’autres voies pour le Sénégal sinon la réduction du train de vie de l’État. La solution ne se trouvait pas dans la continuité », a-t-il affirmé.

Dès avril 2024, il avait déjà alerté sur l’urgence d’adopter des mesures d’austérité. « Je l’ai écrit dès le 21 avril 2024. Cela m’a juste valu une bordée d’insultes », souligne-t-il, regrettant le manque de réactivité sur cette question.

Pour lui, l’approche doit être pédagogique et non basée sur la menace. Il plaide pour des réformes progressives mais concrètes, qui démontrent une réelle volonté politique d’assainir les finances publiques.

Abdoul Mbaye avait proposé la vente de l’avion présidentiel comme un acte symbolique fort, marquant un tournant dans la gestion des ressources publiques. Toutefois, il estime que des efforts beaucoup plus profonds doivent être faits.

« Il faut bien entendu aller beaucoup plus loin après 10 mois déjà perdus », martèle-t-il, insistant sur la nécessité d’une rupture avec les pratiques dispendieuses du passé.

Thiès – Opération de déguerpissement au garage « Clando Hersent » : les commerçantes en colère

Ce matin, l’opération de déguerpissement menée par les autorités locales au garage « Clando Hersent », situé au marché SAM à Thiès, a provoqué une vague d’indignation parmi les commerçantes. Privées de leurs lieux de travail sans solution de recasement, elles ont exprimé leur colère et leur détresse face à une décision qu’elles jugent brutale et injuste.

Dès les premières heures de la journée, les vendeuses se sont mobilisées pour dénoncer l’opération et alerter l’opinion publique. Elles ont convié la presse sur le site afin de faire entendre leur message : « Nous sommes des mères de famille qui peinons déjà à joindre les deux bouts. On nous chasse sans aucune alternative, sans site de recasement. Comment allons-nous survivre ? », s’est insurgée une commerçante sous le choc.

Elles reprochent aux autorités de ne pas avoir pris en compte leur situation sociale et économique avant de procéder à cette évacuation. Pour ces femmes qui tirent leurs revenus du commerce informel, cette décision signifie une perte totale de leurs moyens de subsistance.

L’opération s’inscrit dans une volonté de réorganisation urbaine, visant à désengorger certains axes et améliorer la fluidité de la circulation. Toutefois, les commerçantes dénoncent un manque de concertation et une indifférence à leur sort. « Nous ne sommes pas contre l’ordre et l’organisation, mais il faut nous proposer des solutions avant de nous chasser comme des malpropres », a martelé une autre manifestante.

Face à cette tension, elles appellent les autorités centrales à intervenir pour trouver une issue favorable à cette crise. En attendant, la grogne ne faiblit pas et ces femmes, déterminées, promettent de poursuivre leur mobilisation jusqu’à ce qu’une solution concrète leur soit proposée.

Mamadou DJIGO : Pourquoi les 8 pôles-territoires sont une erreur stratégique pour le Sénégal

L’annonce de la création de 8 pôles-territoires aurait pu être une avancée majeure pour le développement du pays. Malheureusement, cette réforme soulève de nombreuses interrogations :

Sur quelles bases repose-t-elle ?
Quelle est sa viabilité économique ?

Comment ces pôles s’intègrent-ils dans l’organisation territoriale existante ?
En l’absence d’une étude de faisabilité sérieuse, cette initiative ressemble davantage à un projet improvisé qu’à une véritable vision de développement. De nombreuses incohérences subsistent, notamment sur la viabilité toponymique, la logique géostratégique, l’impact économique et l’articulation avec les structures existantes.

  1. Une cartographie arbitraire et sans fondement géostratégique
    Un aménagement du territoire efficace repose sur une analyse rigoureuse des dynamiques économiques, sociales et culturelles. Or, dans le cas des pôles-territoires, aucun élément concret ne permet de justifier leur délimitation.
    Sur quoi se sont-ils appuyés pour définir ces zones ?
    • Les flux économiques existants ?
    • Les ressources naturelles et infrastructures disponibles ?
    • Les liens historiques et socioculturels entre les territoires ?
    Aucune explication claire n’a été fournie. On ne peut pas créer un pôle de développement par simple décision administrative. Un découpage territorial doit répondre à des logiques de mobilité, d’accessibilité et de complémentarité entre les différentes régions.
  2. Une absence totale de viabilité toponymique
    Un territoire ne se limite pas à une délimitation géographique : il doit avoir une identité forte et une reconnaissance historique. Or, ces pôles-territoires ne reposent sur aucune identité territoriale préexistante.
    Les régions actuelles ont des spécificités économiques bien ancrées :
    • Thiès est un pôle industriel et logistique.
    • Ziguinchor est un centre agro-industriel avec un accès maritime stratégique.
    • Saint-Louis doit faire une reconversion autour du gaz.
    • Kaolack est un carrefour d’échanges qui a un potentiel de tourisme religieux extraordinaire.
    En tentant de redessiner artificiellement la carte administrative sans prendre en compte ces réalités, on risque d’effacer les dynamiques locales au lieu de les renforcer.
  3. Une viabilité économique inexistante : où est le modèle de financement ?
    Un pôle ne peut fonctionner que si des investissements massifs sont prévus pour développer les infrastructures, attirer les entreprises et structurer l’économie locale. Or, plusieurs questions restent sans réponse :
    • Quels secteurs économiques seront développés dans ces pôles ?
    • Quelles infrastructures seront mises en place pour les rendre attractifs ?
    • Quel sera le modèle de financement et qui prendra en charge ces investissements ?
    Créer des pôles-territoires sans garantir leur viabilité économique, c’est prendre le risque de bâtir des zones sans activité, sans attractivité et sans retombées pour les populations.
  4. L’absence de calcul de l’indice potentiel de développement territorial (IPDT)
    Avant d’engager une réforme territoriale d’une telle envergure, il est impératif d’évaluer objectivement le potentiel de développement de chaque zone. Une telle évaluation repose sur un indice de développement territorial, conçu pour mesurer la capacité d’un territoire à se structurer et à générer une dynamique économique durable. Cet indice devrait intégrer plusieurs paramètres clés, notamment :
    • La capacité du territoire à générer de la croissance : Cela inclut l’analyse de ses secteurs économiques porteurs, de son tissu entrepreneurial et de sa contribution au PIB régional.
    • Son niveau d’attractivité pour les investisseurs : Un territoire attractif doit offrir un cadre réglementaire favorable, un environnement économique stable et des perspectives de rentabilité à moyen et long terme.
    • Ses contraintes structurelles : Il s’agit d’évaluer les infrastructures disponibles (routes, énergie, télécommunications), la qualification de la main-d’œuvre locale et la facilité d’accès aux marchés nationaux et internationaux.
    Or, dans le cadre des pôles-territoires, cet indice fondamental n’a même pas été calculé. L’absence d’une telle étude de faisabilité signifie que les décisions sont prises sans une vision claire des forces et des faiblesses de chaque territoire. En procédant ainsi, on risque non seulement d’investir dans des zones peu propices au développement, mais aussi de négliger des territoires qui auraient pu devenir de véritables moteurs économiques. Une réforme territoriale efficace ne peut se faire à l’aveugle : elle doit être guidée par des données rigoureuses, permettant d’orienter les choix stratégiques de manière rationnelle et efficiente.
  5. Une désorganisation institutionnelle totale : quel impact sur les régions, les Agropoles et les gouverneurs ?
    La mise en place des pôles-territoires soulève de nombreuses interrogations quant à leur articulation avec les structures administratives et économiques existantes. En l’absence d’un cadre clair, cette réforme risque d’engendrer une confusion institutionnelle et une dilution des responsabilités.
    Quel avenir pour les régions ?
    L’intégration des pôles-territoires dans l’architecture institutionnelle actuelle demeure floue. Plusieurs questions se posent :
    • Ces nouvelles entités remplaceront-elles purement et simplement les régions actuelles ou coexisteront-elles avec elles, au risque de créer des chevauchements de compétences ?
    • Si coexistence il y a, quelles seront les missions spécifiques attribuées aux pôles-territoires et celles qui resteront sous l’autorité des collectivités locales ?
    • La gouvernance territoriale sera-t-elle renforcée ou, au contraire, affaiblie par la multiplication des niveaux administratifs ?
    Sans clarification sur ces points, le risque est grand de voir émerger une dualité d’autorités, source de conflits de compétences et d’inefficacité dans la gestion des politiques publiques.

Quel impact sur les Agropoles ?
Les Agropoles, conçus pour structurer et dynamiser les filières agricoles régionales, pourraient être fragilisés par cette réforme. Plusieurs incertitudes subsistent :
• Seront-ils intégrés dans ces nouveaux pôles-territoires ou relégués au second plan ?
• Leurs financements seront-ils maintenus ou détournés vers ces nouvelles structures, au risque de ralentir des projets déjà en cours ?
• Les acteurs du secteur agricole bénéficieront-ils d’une meilleure coordination ou, au contraire, d’une dispersion des ressources et des moyens d’action ?
Toute réforme territoriale devrait, en principe, renforcer les dynamiques économiques locales. Or, en l’absence de garanties sur la continuité et l’efficacité des Agropoles, cette refonte institutionnelle pourrait compromettre leur rôle dans la modernisation de l’agriculture.

Quel rôle pour les gouverneurs et l’administration déconcentrée ?
L’introduction des pôles-territoires soulève également la question de leur gouvernance :
• Ces pôles seront-ils dotés d’autorités administratives propres, avec un mode de désignation spécifique ?
• Seront-ils placés sous la tutelle de gouverneurs nommés par l’État ou bénéficieront-ils d’une autonomie de gestion avec des dirigeants élus ?
• Quel sera l’impact de cette réforme sur les services déconcentrés de l’État et leur capacité à assurer un suivi efficace des politiques publiques locales ?
Sans un cadre de gouvernance clair et stable, cette réforme risque de générer une perte de repères institutionnels, compromettant ainsi la continuité et l’efficacité de l’action publique au niveau local.

Une réforme confuse et difficilement applicable
L’absence de réponses précises à ces interrogations traduit une réforme insuffisamment préparée, aux contours mal définis. En l’état, elle ne fait qu’accroître l’incertitude institutionnelle et menace de désorganiser l’ensemble du maillage territorial. Si l’objectif est d’améliorer la gouvernance et le développement territorial, il est impératif d’apporter des clarifications sur le rôle exact de ces pôles, leurs interactions avec les structures existantes et leurs modalités de financement. À défaut, cette réforme risque d’être une source supplémentaire de blocages et d’inefficacité.

  1. Une alternative plus efficace : développer les métropoles d’équilibre
    Plutôt que d’initier artificiellement des pôles-territoires sans fondement économique solide, il est plus pertinent de s’appuyer sur les métropoles d’équilibre identifiées dans le Plan National d’Aménagement et de Développement Territorial (PNADT). Ces villes, qui disposent déjà d’un socle économique et infrastructurel, constituent des leviers stratégiques pour structurer et dynamiser l’ensemble du territoire.

Pourquoi concentrer les efforts sur les métropoles d’équilibre ?

  1. Des pôles de développement déjà existants
    Contrairement aux pôles-territoires conçus ex nihilo, les métropoles d’équilibre s’appuient sur un dynamisme économique et social préexistant. Des villes comme Dakar, Thiès, Touba, Saint-Louis, Kaolack et Ziguinchor disposent déjà d’infrastructures solides, d’un tissu économique structuré et d’un rayonnement régional affirmé. Elles attirent des investissements, concentrent des activités industrielles, commerciales et universitaires, et bénéficient d’un capital humain qualifié.
    Plutôt que de disperser les ressources dans des projets incertains, il est plus judicieux de renforcer ces centres en consolidant leurs atouts et en optimisant leur intégration avec les territoires environnants.
  2. Une approche territoriale plus cohérente
    Une métropole se développe à partir d’un point central et structure progressivement les conurbations qui l’entourent, tandis qu’un pôle-territoire repose sur une approche superficielle, cherchant à organiser un espace large autour d’un point d’ancrage à créer. Si ces deux modèles poursuivent des objectifs similaires en matière d’aménagement, l’expérience montre qu’il est bien plus efficace d’accompagner l’essor de territoires qui se construisent naturellement que de tenter d’en inventer sans garantie de viabilité.
    En renforçant les métropoles existantes, on s’appuie sur une dynamique urbaine et économique déjà enclenchée, ce qui garantit une meilleure allocation des ressources et un impact plus immédiat sur le développement régional. Chaque métropole peut jouer un rôle structurant en fonction de ses atouts spécifiques :
    • Thiès : Plaque tournante du transport et de l’industrie, grâce à sa position stratégique et à ses infrastructures ferroviaires et routières.
    • Ziguinchor : Hub agro-industriel et logistique, soutenu par un développement des infrastructures portuaires et de transformation des produits agricoles.
    • Saint-Louis : Centre d’innovation et de recherche universitaire, avec un accent sur l’agriculture durable, la pêche et le gaz.
    • Tambacounda : Plateforme régionale du textile et du commerce, appuyée par un port sec facilitant les échanges avec les pays voisins.
    • Kaolack : Pôle du commerce et de la transformation des produits agroalimentaires, notamment le sel, l’arachide et le tourisme religieux.
    • Dahra : Centres de développement de l’élevage, de l’industrie agro-pastorale et la gomme arabique.
    • Kédougou : Hub minier et métallurgique, en lien avec l’exploitation des ressources naturelles de la région.
  3. Une allocation plus efficace des ressources
    Concentrer les investissements sur des pôles urbains en pleine croissance permet une utilisation plus rationnelle des ressources publiques et privées. Plutôt que d’éparpiller les financements sur des initiatives isolées et peu viables, il convient de prioriser :
    • L’amélioration des infrastructures de transport : Modernisation des routes, développement du réseau ferroviaire, extension des ports et des aéroports.
    • La création de conditions favorables aux entreprises et aux industries : Zones économiques spéciales, allègements fiscaux, mise en place d’incubateurs et de pôles d’innovation.
    • Le renforcement de l’offre de formation et d’éducation : Universités, écoles techniques et centres de formation professionnelle spécialisés en fonction des spécificités économiques de chaque métropole.
    Cette approche garantit un effet multiplicateur des investissements, en stimulant la croissance, en créant des emplois et en améliorant la compétitivité du pays.
  4. Une véritable décentralisation et un rééquilibrage territorial
    Le renforcement des métropoles d’équilibre est une réponse directe à la macrocéphalie de Dakar, où se concentrent aujourd’hui l’essentiel des activités économiques, des infrastructures et des services. Ce déséquilibre entraîne des congestions urbaines, une pression foncière excessive et des inégalités régionales marquées.

En consolidant le rôle des métropoles régionales, on crée de nouveaux pôles d’attractivité capables :
• D’absorber une partie de la population et des investissements.
• De limiter l’exode rural et la migration vers Dakar.
• D’assurer un meilleur maillage du territoire avec des infrastructures adaptées aux besoins locaux.
Ainsi, plutôt que d’imposer des pôles artificiels sans viabilité économique, la consolidation des métropoles d’équilibre s’inscrit dans une logique pragmatique, efficace et durable, garantissant un développement plus harmonieux du Sénégal.

Les pôles-territoires constituent une impasse : misons sur les métropoles
La mise en place des huit pôles-territoires repose sur une réforme précipitée, mal conçue et déconnectée des réalités économiques. Plutôt que de redessiner artificiellement la carte administrative du pays, il est bien plus pertinent de consolider les métropoles existantes. Celles-ci ont déjà un rôle structurant, une dynamique économique avérée et un fort potentiel de croissance.
Les métropoles ne sont pas le fruit d’un découpage arbitraire, mais le résultat d’une étude scientifique rigoureuse, menée de manière inclusive, tenant compte des réseaux linéaires (infrastructures de transport et communication), des points stratégiques (hubs économiques et industriels) et des espaces surfaciques (bassins agricoles, pôles urbains). Elles s’inscrivent ainsi dans une logique d’aménagement du territoire fondée sur des réalités mesurables et vérifiables.
Poursuivre le développement des métropoles revient à capitaliser sur des investissements déjà engagés dans des infrastructures majeures : autoroutes, ports, universités, zones industrielles et logistiques. C’est donner de la continuité aux efforts déployés pour moderniser le pays, en garantissant une cohérence dans l’aménagement et une optimisation des ressources. Si l’objectif est de bâtir un Sénégal équilibré et compétitif, alors le choix des métropoles d’équilibre s’impose comme la seule stratégie viable et pragmatique.


Mamadou DJIGO
Ingénieur Aménageur et Développeur de Territoires
Ancien Dg de l’ANAT
Administrateur du Cabinet T&D
Consultant international

Mouhamadou lamine Massaly : Quand la vérité nous interpelle face aux mensonges et manipulations, se taire c’est être acteur et complice

Tous les gros mensonges sur notre récente histoire politique ponctuée par des évènements sanglants entre 2021 et 2024 ont survécu grâce au silence coupable des intellectuels, à la propagande des bourreaux et leurs adeptes, et au complexe de certains. La stratégie des pro-dictature consiste à s’acharner contre toute personne qui décide de ne pas faire le mouton en suivant cette voie. Et pour cela, ils n’ont ni limite ni gêne. Des injures publiques aux calomnies, en passant par la caricature et la désinformation, ils forgent ainsi leur tactique de dissuasion.

Tout cela pour espérer attiser la haine aveugle en imposant leur version tronquée des faits historiques. Évidemment, sans arguments objectivement contradictoires, ils ne peuvent faire que cela. Le règne du Parti Pastef et son arrivée au Pouvoir sont faits de manipulations et de mensonges. Au nom de quoi doit-on laisser cela continuer ? Un fait naturel caractérise le Pastef, dont la vilenie de leur sinuosité politique, de la boulimie politique et de la tendance valétudinaire à manipuler, insulter et calomnier font dégoûter de la Politique. Sonko et son parti Pastef et son gouvernement infestent des stipulations labyrinthiques et infectent des données qu’il ne maîtrise pas.

Le duo Diomaye Sonko : balourdise d’un bellâtre ou ignorance d’un néophyte

Depuis l’avènement de Pastef au Pouvoir, on clopine quand on a pour programme que l’insulte et les accusations calomnieuses. Les Sénégalais abhorrent l’injustice. Mais ils détestent les mystificateurs à gage et maudissent les boutefeux qui trichent en se laissant aller à la facilité. Ils ont sali le pays, ils cherchent à salir Macky Sall et sa gestion. Mais c’est peine perdue car la bave du crapaud n’atteint jamais la blanche colombe. Le Président Macky Sall a laissé au Sénégal des avancées sublimes, des infrastructures et des édifices sonores au haut desquels parle son génie national et international. Macky Sall n’a pas légué à son peuple des pratiques d’imposteurs.

Ce pays étant un État de Droit, trôner à la tête d’une Institution ne disculpe personne à l’heure de la reddition des comptes. Mais faisons le sainement. Une position partisane ne doit, donc, amener aucun responsable politique, ni aucun néophyte en quête de présence politique à occulter les forfaitures des uns en accusant les autres. Sonko et ceux qui parlent trichent en taisant la responsabilité de ceux qui sont aujourd’hui dans leur gouvernement.

Macky Sall a été cité insidieusement dans un rapport où son nom ne figure pas. Quelle honte pour le calomniateur !
Qu’est ce qui a permis de financer tout ça ? N’est ce pas la dette dont on parle ?
Laisser Macky tranquille et essayer de faire autant…
Comme:

  • Nouvelle ville de diamaniadio
  • port de ndayane
  • port de sendou
  • autororoute dakar st louis
  • autoroute dakar aibd
  • autoroute dakar kaolack
  • autoroute ila touba
  • vdn 2
  • vdn 3
  • pont de foundiougne
  • pont de gambie
  • pont de rosso
  • autopont de camberene
  • autopont st lazare
  • autopont keur gorgui
  • autopont liberté 6
  • autopont keur massar
  • autopont pikine
  • 2500 km de routes
  • renforcement de l’armée
  • institut de guerre
  • pacification de la casamance
  • aéroport diass
  • aéroport st louis
  • aéroport matam/ouroussogui
  • aéroport de zichinchor
  • aéroport de cap skirring
  • aéroport de kolda
  • flotte de 9 avions de dernières générations achetés
  • école de l’avion civile
  • centre de maintenance aéronautique
  • un ISEP dans chaque région
  • université amadou moctar mbow
  • renovation de l’ucad
  • parc numeriques de diamniadio
  • datacenter de diamniadio
  • espace services sénégal
  • km2 et km3 pour l’eau pour tout le monde
  • usine de déssalement
  • l’électricification triplé en 10 ans
  • éléctrification universelle 2025
  • hopitale touba
  • hopitale kaffrine
  • hopitale st louis
  • hopitale dantec
  • hopitale kédougou
  • hopitale kolda
  • hopitale tivaoune
  • usine de vaccin de diamniadio
  • production agricole triplé et plus en 10 ans
  • policlynite
  • BRT
  • TER
  • nouveaux bus dakar dem dikk
  • restructuration des transports de dakar
  • promoged (traitement des dechets) (sénégal zéro déchet)
  • promogem reconstruction des marchés du sénégal
  • train métrique dakar tamba(tgv)
  • envoie de satelitte dans l’espace en 2023
  • coupe d’afrique des nation
  • parc industriel de diamniadio
  • parc industriel de diass
  • parc industriel de bargny sendou
  • parc industriel de sandiara
  • programme 100 000 logements
  • agropole sud
  • agropole centre
  • agropole nord
  • agropole est
  • agropole ouest
  • DER
  • prodac
  • l’un des diplomaties les plus dynamiques du monde
  • renforcement de la démocratie
  • stade abdoulaye wade
  • dakar arena
  • city sports diamniadio
  • rénovation des stades (amitié, demba diop…)
  • arène national de lutte
  • centre de conférence adbou diouf
  • marché d’interet national
  • station balnière de pointe sarène
  • aménagement de la corniche
  • parc urbain de yoff
  • PUDC
  • PUMA
  • CMU
  • ECT ECT…..
  • budget passer de 2000 milliards à 6000 milliards
  • 300 Milliards khobétt-khobétt
  • ⁠auto pont front de terre Aucun rapport de la Cour des Comptes ne le cite. Que cessent impostures et intoxications. Notamment sur Samuel Sarr victime d’arrestation arbitraire. Son interpellation est un gâchis, car Samuel Sarr, un entrepreneur visionnaire, ancien ministre de l’Énergie du Sénégal (2007-2012) est un acteur clé dans la transformation énergétique de l’Afrique de l’Ouest. Son arrestation constitue une menace pour le développement économique et énergétique du Sénégal. Idem pour Lat Diop, Farba Ngom, Tahirou Sarr etc…

A Sonko, son parti Pastef et son gouvernement et affidés, ils sont invités de diversifier leur parole politique : agriculture, emploi, promotion humaine, justice, sécurité et santé publique, éducation et formation professionnelle, entre autres, sont les urgences nationales. Depuis qu’ils sont au pouvoir, le Sénégal n’a pas décollé pour qu’on accuse et étale des faussetés !

La Cour des comptes censée être l’organe principal en charge du contrôle des finances publiques n’a jamais été tant critiquée. Elle fait face à une perte de confiance. Le rapport parle d’irrégularités et de dysfonctionnements, tandis que le discours du Premier ministre et de son gouvernement évoque des problèmes de mal gouvernance et de détournements. La Cour des comptes ferait face à un conflit d’intérêt. Il appert qu’un des conseillers de la cour des comptes est le mari d’une avocate membre du pool d’avocats de Ousmane Sonko. A vous de juger.

Mouhamadou lamine Massaly
Président du parti UNR

Casamance : l’armée et la gendarmerie mènent une vaste opération de sécurisation dans les îles Karone

Depuis le 14 février 2025, l’armée et la gendarmerie sénégalaises ont entamé une vaste opération de sécurisation dans les îles Karone, situées dans la commune de Kafountine, département de Bignona. Cette offensive s’inscrit dans le cadre des actions menées par les forces de défense pour lutter contre les trafics illicites et assurer la stabilité dans cette région du sud du pays, longtemps marquée par l’instabilité et les activités criminelles.

Selon un communiqué de la Direction de l’Information et des Relations Publiques de l’Armée (DIRPA), cette opération a déjà permis de localiser et de détruire plusieurs hectares de dunes de chanvre indien. Ces cultures illicites, exploitées clandestinement dans la zone, représentent une source de financement pour divers réseaux criminels. L’intervention en cours vise ainsi à démanteler ces circuits et à empêcher toute résurgence d’activités illicites.

Outre l’éradication de ces plantations, l’opération se concentre également sur l’assainissement de la zone en traquant les individus impliqués dans des activités criminelles. Des patrouilles terrestres et fluviales ont été renforcées pour sécuriser les axes stratégiques et empêcher toute tentative de réimplantation de ces trafics.

Depuis plusieurs années, la Casamance est le théâtre d’opérations militaires visant à éradiquer les poches de résistance et les groupes armés qui y opèrent. La zone des îles Karone, en particulier, est connue pour être un refuge privilégié des trafiquants de drogue et des bandes criminelles.

En 2022 et 2023, plusieurs interventions similaires avaient été menées par l’armée, aboutissant au démantèlement de camps clandestins et à la saisie d’importantes quantités de chanvre indien. Toutefois, la récurrence des activités illégales démontre la nécessité de maintenir une vigilance accrue et une présence militaire permanente pour éviter que ces réseaux ne se reconstituent.

À travers cette opération, les forces de défense sénégalaises réaffirment leur engagement à protéger l’intégrité du territoire et à garantir la sécurité des populations locales. Les habitants de la région, souvent pris en otage par les trafiquants et les groupes armés, espèrent que cette intervention permettra de restaurer un climat de paix durable et de favoriser le développement économique.

Franc domine Ama Baldé et reste maître de l’arène

L’Arène nationale a été le théâtre d’un combat explosif ce dimanche 16 février 2025. Franc, de l’écurie Jambars Wrestling Academy, a remporté une victoire éclatante face à Ama Baldé, confirmant ainsi son statut de lutteur invincible.

Dès les premiers instants du combat, Franc a affiché une grande maîtrise technique et une puissance impressionnante. Face à un Ama Baldé déterminé mais moins tranchant, le protégé de Modou Lô a imposé son rythme, neutralisant les offensives de son adversaire. Grâce à un enchaînement bien exécuté, il a réussi à faire chuter Ama Baldé, scellant ainsi une 14ᵉ victoire consécutive.

Cette performance renforce la suprématie de Franc dans la lutte avec frappe et le positionne comme un sérieux prétendant au trône de l’arène. En revanche, Ama Baldé, qui espérait un retour en force, doit désormais tirer les leçons de cette défaite et revoir sa stratégie pour la suite de sa carrière.

L’APR rejette le rapport de la Cour des Comptes et dénonce une manœuvre politique

DÉCLARATION POLITIQUE DU SECRETARIAT EXÉCUTIF NATIONAL

ET SI ON DISCUTAIT, AUTREMENT, DU  » RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES« ?

Jeudi 13 Février 2025, les Sénégalais ont été informés de la sortie tant attendue du Rapport de la Cour des Comptes. 

Près de 10 mois après l’avènement d’un nouveau pouvoir au Sénégal, l’attente du rapport était d’autant plus forte qu’en Septembre 2024, M. Ousmane Sonko avait ouvertement et illégalement accusé le régime du Président Macky Sall de méfaits économiques d’une exceptionnelle gravité. S’appuyant sur un rapport de l’IGF, il a osé parler de falsifications, de « chiffres trafiqués », « truqués « , de  » carnages financiers, de détournements de deniers publics »! 

Bref, il a usé de tout le lexique expressif de la négativité absolue!

Avant même que le rapport de la Cour des Comptes ne fut publié, Ousmane Sonko lui – même et de hauts cadres du Pastef avaient tenté de préparer, sans convaincre, nos compatriotes sur le  » caractère explosif » du rapport  » accablant  » l’ancien pouvoir.

 De fait, ils cannibalisaient, en amont du processus, le rapport démonétisé, dévalorisé et tendancieux, car totalement aligné sur les positions du nouveau pouvoir !

Vint alors le Jeudi 13 Février 2025 durant lequel, le  » rapport de la Cour des Comptes  » fut publié !

L’Alliance Pour la République avec le soutien de membres du Gouvernement de Bennoo Bokk Yaakaar et d’Alliés du Takku Wallu Sénégal, organisa, avec promptitude, une vigoureuse et très brillante riposte centrée sur les failles, défaillances et autres carences dudit  » Rapport « !

Pourtant, à y regarder de plus près, nous aurions pu procéder autrement !

En effet, la brillante prestation de nos Camarades a révélé au grand jour les formidables capacités de combat intellectuel, politique et de mobilisation de l’APR !

Aujourd’hui, non seulement l’APR maintient sa position mais elle se porte en faux contre le Rapport de la Cour des Comptes  » et le rejette purement et simplement.

L’APR ne le reconnaît point comme étant celui de la Cour des Comptes !!

Les rapports sur la période 2019 à 2023 ont déjà été présentés, certifiés et validés en coordination avec l’Assemblée nationale du Sénégal. 

Ces rapports figuraient sur le site de la Cour des Comptes jusqu’au jeudi 13 février à midi. 

Alors, comment est-il possible d’accepter un nouveau rapport de la même institution pour la même période ? 

Le Secrétariat Exécutif national de l’Alliance Pour la République invalide sans équivoque et avec fermeté, le  » Rapport  » présenté le 13 Février qui, à ses yeux, est le rapport du Gouvernement drapé du nom de la Cour des Comptes. 

C’est le rapport de L’Inspection Générale des Finances de Septembre 2024, présenté par Ousmane Sonko, réchauffé et réajusté. 

Pourquoi la Cour des Comptes n’a-t-elle pas présenté elle-même son rapport à l’opinion nationale et internationale ? 

Notre conviction était établie que la Cour des Comptes ne pouvait, se dédire, en disant autre chose que ce qu’elle avait déjà dit. 

Il faut dès lors, bien comprendre les objectifs politiques et partisans de la mise en scène de la présentation de ce rapport du Gouvernement qui sont de 2 ordres :

1 l’accélération du projet, funeste, du pouvoir : disposer d’une base légale pour procéder à la liquidation de nos camarades anciennement ordonnateurs de dépenses et/ou gestionnaires de fonds (Ministres et DG) !!! C’est tout le sens qu’il faut accorder à la sortie lunaire du  » Gouvernement  » (sans son PM) qui avait besoin de rassurer les partenaires du Sénégal et de présenter, via le Ministre de la Justice, le but essentiel de la publication du  » Rapport » et de la  » Conférence Gouvernementale à savoir: exposer les grandes Lignes du Programme de destruction de l’APR 

2 Non seulement, décapiter l’APR, mais aussi et surtout, faire douter nos bases éparpillées et désorientées.

L’un des buts majeurs de la manœuvre politique, est d’écorner l’image du Président Macky Sall au plan international. Les succès personnels du Président Macky Sall reconnu dans sa dimension d’Homme d’État majeur dans la sphère mondiale, font très mal au pouvoir actuel, hanté par un possible retour au pouvoir du Président Macky en 2029! 

A la suite de sa brillante rencontre avec la presse où elle a mis à nu, à travers une critique rigoureuse, méthodique et de très grande qualité du rapport, l’APR s’appliquera à montrer l’incompétence préoccupante du pouvoir », pour éclairer davantage l’opinion nationale et pour informer vrai, le reste du monde. 

Dans la même optique, l’Alliance Pour la République se réserve le droit de saisir toutes les instances nationales, régionales et internationales 

 (Le Conseil Constitutionnel, la Cour Suprême, la Cour des Comptes de L’UEMOA) permettant le dépôt d’une plainte contre la Cour des Comptes du Sénégal pour faux, usage de faux et discrédit sur l’honorabilité de citoyens ayant exercé des charges publiques.

Enfin, l’Alliance Pour la République appelle à la mobilisation de tous les démocrates et républicains pour dire non à l’imposture qui tient lieu de politique au mépris des préoccupations légitimes de nos compatriotes et la la cristallisation de la crise économique et sociale que traverse le Sénégal du fait de l’incurie de nos gouvernants.

Faire face et barrer la route aux porteurs du projet de destruction du Sénégal reste pour nous, une tâche urgente et prioritaire.

Levée de l’immunité de Farba Ngom : Moussa Tine dénonce une procédure biaisée

L’affaire Farba Ngom continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Invité du Grand Jury sur la RFM ce dimanche, Moussa Tine, président de l’Alliance Démocratique PÉNCÓO, a exprimé son désaccord avec la manière dont l’Assemblée nationale a procédé à la levée de l’immunité parlementaire du député-maire des Agnam. Selon lui, cette procédure présente de graves irrégularités qui portent atteinte à la crédibilité de l’institution parlementaire.

Moussa Tine estime que la levée de l’immunité de Farba Ngom s’est faite de manière précipitée et sans base légale solide. « On ne peut pas demander à l’Assemblée nationale de lever l’immunité parlementaire d’un député sans dossier. L’Assemblée elle-même n’aurait pas dû l’accepter, car il en va du respect de l’institution », a-t-il déclaré.

Il souligne que cette situation pourrait créer un précédent dangereux, où des décisions d’une telle importance seraient prises sans respecter les principes fondamentaux du droit.

Le leader de PÉNCÓO s’interroge aussi sur les motifs justifiant cette levée de l’immunité parlementaire. « Je ne vois pas en quoi Farba Ngom est investi d’un pouvoir public. Il n’a ni signature, ni chéquier du Trésor… », a-t-il insisté.

Pour lui, la justice ne doit pas être utilisée à des fins politiques et l’Exécutif devrait s’abstenir de commenter des dossiers susceptibles d’être jugés. « Il faut que l’Exécutif fasse sienne comme règle de ne pas évoquer des questions qui pourraient atterrir devant le juge », a-t-il ajouté.

L’affaire Farba Ngom illustre une tension croissante entre le pouvoir exécutif et le législatif. D’un côté, certains estiment que cette procédure s’inscrit dans une volonté de renforcer la reddition des comptes, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Moussa Tine met en garde contre les risques de dérives et appelle à une réforme du cadre juridique encadrant la levée de l’immunité parlementaire. « Si nous voulons préserver nos institutions, nous devons nous assurer que ces décisions se prennent dans le respect strict des procédures et des droits fondamentaux », a-t-il conclu.

L’enseignement supérieur en crise : le SAES décrète une grève de 48 heures

Le climat social dans l’enseignement supérieur sénégalais se tend davantage. Le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a annoncé une grève de 48 heures, prévue les mardi 18 et mercredi 19 février 2025. Cette décision fait suite au constat d’un non-respect des engagements pris par le gouvernement concernant plusieurs revendications des enseignants-chercheurs.

Le Bureau National du SAES pointe du doigt le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) et le gouvernement, les accusant de ne pas avoir respecté leurs engagements. Parmi les griefs avancés, le syndicat dénonce notamment :

  • L’absence de régularisation des pensions de retraite des ayants cause des enseignants-chercheurs décédés, en violation du Code des pensions civiles et militaires. Selon le SAES, cette situation dure depuis cinq ans.
  • Le non-respect d’un engagement pris le 22 octobre 2024 par le MESRI, « en accord avec le gouvernement », pour réintroduire le décret revendiqué dans le circuit d’adoption des textes administratifs.
  • Le non-respect de la “clause de confiance” du 16 décembre 2024, qui engageait le gouvernement à signer en l’état un projet de décret relatif aux revendications du syndicat.
  • Le mutisme du MESRI face aux différents points du préavis de grève du 13 janvier 2025, pourtant arrivé à expiration.

Dans son communiqué publié ce dimanche, le SAES appelle ses militants à suspendre non seulement les activités pédagogiques (cours, soutenances, délibérations), mais aussi toute participation aux réunions administratives et aux formations payantes.

Le syndicat invite également les coordonnateurs à convoquer des assemblées générales de campus le mercredi 19 février 2025, afin d’évaluer la situation et de définir les prochaines étapes de la mobilisation.

Le SAES réclame une application immédiate du protocole d’accord signé avec les autorités et demande la restauration des droits des familles des enseignants-chercheurs décédés. « Il est inacceptable que des engagements formels soient bafoués, au détriment des droits des enseignants et de la stabilité de l’enseignement supérieur », déplore le Bureau National du syndicat.

Sommet de l’Union Africaine : Antonio Guterres salue le rôle influent du Sénégal sur la scène internationale

En marge de la deuxième journée du 38ᵉ Sommet de l’Union Africaine, le Président du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a eu un entretien avec le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Cette rencontre s’est inscrite dans un contexte de tensions mondiales marqué par des crises multiformes, allant des problématiques de sécurité en Afrique à l’urgence climatique, en passant par la réforme du système multilatéral.

Au cours des discussions, Antonio Guterres a tenu à souligner l’importance du Sénégal sur la scène internationale. Selon lui, le pays joue un rôle central dans la stabilisation de la sous-région et demeure un acteur incontournable dans les grandes instances internationales. « Le Sénégal a toujours su faire entendre une voix forte et respectée dans les débats diplomatiques mondiaux. Son engagement en faveur du multilatéralisme, de la paix et du développement durable est un modèle pour de nombreux pays », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU.

Antonio Guterres a également insisté sur le rôle que peut jouer le Président Faye dans la promotion des grandes causes mondiales, notamment celles liées à la réforme du système financier international pour une meilleure prise en charge des intérêts africains.

De son côté, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son attachement aux principes de justice, de paix et de préservation des grandes institutions africaines. Il a mis en avant la nécessité d’une coopération plus équilibrée entre les nations et d’un soutien accru aux pays africains dans leur lutte contre l’extrémisme violent et les défis économiques.

« L’Afrique ne saurait être laissée en marge des décisions majeures qui concernent l’avenir de la planète. Nous devons renforcer notre unité et parler d’une seule voix dans les instances internationales pour faire valoir nos intérêts », a déclaré le Chef de l’Etat.

Dans la continuité de cette journée diplomatique, le Président Faye s’est entretenu avec Moussa Faki Mahamat, Président sortant de la Commission de l’Union africaine. Il a salué les efforts et l’engagement de ce dernier en faveur de l’intégration africaine et de la consolidation des acquis institutionnels du continent. Tout en reconnaissant les avancées enregistrées au cours des huit années de mandat de Moussa Faki, le Président sénégalais a insisté sur les défis persistants, notamment en matière de gouvernance, de développement économique et de sécurité.

Le 38ᵉ Sommet de l’Union Africaine se tient dans un contexte où l’Afrique cherche à renforcer son autonomie stratégique face aux bouleversements géopolitiques mondiaux. Les discussions ont largement porté sur la nécessité d’une transformation économique du continent, d’une meilleure gestion des ressources naturelles et d’un engagement renouvelé en faveur de la paix et de la stabilité.

Sortie médiatique du MESRI : le SAES dénonce une rupture unilatérale du dialogue et dément les propos du ministre

Le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a vivement réagi aux récentes déclarations du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Dr Abdourahmane Diouf. Ce dernier s’est exprimé publiquement sur les revendications des enseignants du supérieur, suscitant l’indignation du SAES, qui dénonce des propos jugés « fantaisistes et malveillants ».

Dans un communiqué rendu public, le syndicat a déploré ce qu’il considère comme une tentative de déresponsabilisation de la part du ministre. L’une des principales sources de tension porte sur le décret modifiant le Décret n° 2020-1788 du 23 septembre 2020, relatif à l’allocation spéciale de retraite au profit des enseignants et chercheurs titulaires des universités. Selon le SAES, le ministre aurait avancé que ce décret aurait été « mystérieusement perdu dans les méandres de l’administration », alors que cette version avait déjà été contredite par les propres services du MESRI.

Le SAES affirme que le ministre a manqué à son devoir en ne présentant pas le décret concerné en Conseil des ministres, ce qui empêche son application. « Comment le SAES pourrait-il perdre un décret qu’il n’a même pas présenté au Conseil des Ministres ? », s’interroge le syndicat, qui accuse le ministre de vouloir détourner l’attention du public et de semer la confusion dans l’opinion.

Dans sa communication, le SAES s’insurge contre « un discours inélégant et empreint de contre-vérités », qui viserait à opposer les enseignants à la population et à justifier l’inaction des autorités. Le syndicat regrette que, depuis plusieurs mois, le dialogue social ait été interrompu et remplacé par des sorties médiatiques. Cette attitude, selon les enseignants, reflète une « rupture unilatérale du dialogue » de la part du MESRI, qui préfère communiquer par voie de presse plutôt que de discuter directement avec les partenaires sociaux.

Le SAES alerte sur les risques de perturbation du système universitaire en raison de l’inertie du gouvernement face à ses revendications. Le syndicat rappelle que son préavis de grève est arrivé à expiration et que l’absence de négociations sérieuses pourrait entraîner des mouvements sociaux dans les universités.

Il appelle à la responsabilité du gouvernement afin d’éviter une crise qui pourrait affecter les étudiants et compromettre le bon déroulement de l’année universitaire. « Nous informons les étudiants, leurs parents ainsi que l’opinion publique que, malgré notre bonne volonté, le mépris et les tactiques dilatoires du MESRI compromettent sérieusement la stabilité du sous-secteur de l’enseignement supérieur », prévient le syndicat.

Fermeture des bases françaises au Sénégal : une menace pour plus de 500 employés sénégalais

La fermeture annoncée des bases militaires françaises au Sénégal suscite une vive inquiétude parmi les travailleurs locaux. Avec un total de plus de 500 emplois directement et indirectement concernés, cette décision pourrait avoir un impact social majeur si aucune mesure d’accompagnement n’est mise en place. Alors que le gouvernement sénégalais et les autorités françaises n’ont pas encore officiellement statué sur l’avenir de ces travailleurs, les syndicats se mobilisent pour défendre leurs droits et exiger des solutions.

Depuis l’annonce du retrait progressif des troupes françaises installées au Sénégal, l’inquiétude grandit chez les travailleurs locaux. Djibril Ndiaye, secrétaire général de la section syndicale des éléments français au Sénégal, a récemment pris la parole pour alerter sur la situation précaire de ces employés. Selon lui, au moins 162 salariés travaillant directement pour les bases françaises risquent de perdre leur emploi, tandis que 327 autres employés sous-traitants sont également menacés. Au total, 524 Sénégalais pourraient ainsi se retrouver sans source de revenus.

« Nous avons envoyé des lettres d’audience au président de la République via le secrétaire général de la CNTS, Mody Guiro. Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de réponse claire concernant notre avenir », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec les centrales syndicales.

Face à cette menace de chômage massif, les syndicats exigent une solution de redéploiement des travailleurs affectés. Leur principale demande est la reconversion du personnel dans d’autres entreprises ou administrations publiques afin de limiter l’impact de cette fermeture.

« Nous ne pouvons pas accepter que ces travailleurs soient laissés pour compte après des années de service. L’État doit prendre ses responsabilités et négocier une solution avec la France pour éviter une catastrophe sociale », a martelé Djibril Ndiaye.

Les syndicats souhaitent également que le gouvernement sénégalais engage des discussions avec Paris afin d’examiner d’éventuelles indemnisations pour les employés licenciés ou un plan de reclassement pour ceux qui peuvent être intégrés dans d’autres secteurs d’activité.

Cette situation met le gouvernement sénégalais face à un défi de taille : comment gérer le départ des forces françaises tout en préservant l’emploi des travailleurs locaux ?

Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye, engagé dans une dynamique de renforcement de la souveraineté nationale, devra aussi tenir compte des répercussions économiques et sociales de cette décision. Dans un contexte où le chômage et le coût de la vie pèsent déjà lourdement sur la population, un licenciement massif de ces travailleurs risquerait d’aggraver la situation et d’alimenter le mécontentement social.

Si aucune solution rapide n’est trouvée, la mobilisation des syndicats pourrait prendre de l’ampleur. Des mouvements de protestation ne sont pas à exclure dans les semaines à venir. Les travailleurs concernés attendent des réponses et espèrent que des négociations seront rapidement entamées entre Dakar et Paris.

Appel à faire des sacrifices – Badara Gadiaga interpelle les nouvelles autorités : « On ne fera pas de sacrifices tant que vous ne réduirez pas votre train de vie »

Face aux déclarations du gouvernement appelant les Sénégalais à faire des sacrifices pour faire face aux difficultés économiques du pays, Badara Gadiaga a vivement réagi lors de l’émission Jakaarlo. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un double discours des autorités et a appelé ces dernières à montrer l’exemple en adoptant un mode de vie plus sobre avant de demander des efforts à la population.

Badara Gadiaga s’en est pris directement aux nouvelles autorités en pointant du doigt leur niveau de vie, qu’il juge trop élevé. « Vous vivez comme des princes », a-t-il déclaré avec fermeté. Selon lui, il est incohérent de demander aux citoyens de consentir à des sacrifices alors que les dirigeants maintiennent des privilèges jugés excessifs.

Parmi les points qu’il a soulevés figurent :

  • Le maintien des fonds spéciaux, qui restent opaques et peu justifiés selon lui ;
  • L’utilisation de l’avion présidentiel par le Premier ministre pour ses déplacements, une pratique coûteuse ;
  • Les dépenses de l’Assemblée nationale, notamment les achats de véhicules officiels pour les députés, justifiés par une volonté de « restaurer la dignité des parlementaires » ;
  • La distribution de passeports diplomatiques, perçue comme un privilège inutilement étendu ;
  • Les logements de fonction et autres avantages accordés aux responsables politiques.

« On ne fera pas de sacrifices tant que vous ne réduirez pas votre train de vie », a insisté Badara Gadiaga, estimant que les citoyens ne peuvent être sollicités tant que des mesures concrètes de rationalisation des dépenses publiques ne sont pas mises en place.

Il a également émis des réserves sur les annonces gouvernementales concernant la réduction des subventions sur certains produits de base, comme l’électricité (Woyofal) et le carburant. « Nous ne l’accepterons pas », a-t-il averti, craignant une aggravation des difficultés économiques pour les populations les plus vulnérables.

En guise de conclusion, Badara Gadiaga a exhorté le gouvernement à réorienter ses priorités. « On ne solutionne pas des solutions, on solutionne des problèmes. Nous avons des problèmes, vous avez les solutions, alors réglez nos problèmes », a-t-il martelé.

Loi d’amnistie des événements de 2021 et 2024 : La Rapporteuse spéciale des Nations Unies demande son abrogation

Lors de sa visite officielle au Sénégal, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la torture, Alice Jill Edwards, a formulé un appel ferme à l’attention du gouvernement sénégalais : l’abrogation de la loi d’amnistie relative aux événements des manifestations de mars 2021 à février 2024. Cette loi, qui accorde une immunité de poursuites aux personnes impliquées dans des actes de violence et des violations des droits de l’homme lors de ces manifestations, est désormais un point de friction majeur.

La Rapporteuse spéciale a vivement critiqué cette loi, soulignant qu’elle ne permettait pas de faire toute la lumière sur les événements ni de rendre justice aux victimes des violences policières et des violations des droits de l’homme qui ont marqué ces manifestations. « Je demande instamment au Sénégal d’abroger la loi d’amnistie qui accorde une immunité de poursuites aux personnes impliquées dans le recours à une force excessive et dans d’autres violations des droits de l’homme », a-t-elle déclaré.

Elle a expliqué que cette amnistie crée une impunité qui empêche de juger et de tenir responsables les auteurs de ces actes de violence, et prive ainsi les victimes de leurs droits à la justice. Selon elle, cette législation empêche le pays de répondre à ses obligations internationales en matière de droits de l’homme et d’assurer la justice pour les victimes de ces événements tragiques.

Alice Jill Edwards a insisté sur la nécessité pour le gouvernement sénégalais d’établir la vérité sur ces événements, de traduire les responsables devant la justice et de garantir des réparations aux victimes. Elle a également mis en avant l’importance de cette démarche pour la réconciliation nationale et le respect des principes de droit.

La Rapporteuse a ajouté que le Sénégal, en tant que signataire de nombreuses conventions internationales relatives aux droits de l’homme, a l’obligation de respecter ces engagements et de garantir à chaque citoyen le droit à la justice. En maintenant la loi d’amnistie, selon elle, le gouvernement prive non seulement les victimes de justice, mais entrave également les processus démocratiques du pays.

En conclusion, la Rapporteuse spéciale a appelé le Sénégal à revoir sa position sur la loi d’amnistie et à prendre des mesures pour s’assurer que la justice soit rendue de manière équitable et transparente. Elle a souligné que des réformes législatives étaient essentielles pour garantir que les autorités et les responsables des actes violents soient tenus responsables de leurs actes, dans le respect des normes internationales en matière de droits de l’homme.

Les prisons sénégalaises, une « poudrière » : L’ONU appelle à des mesures urgentes

Le 14 février 2025, à l’issue de sa visite officielle au Sénégal, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la torture, Alice Jill Edwards, a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation critique des prisons sénégalaises. Dans un communiqué publié sur le site de l’ONU, elle a qualifié les prisons du pays de « poudrière » en raison de la surpopulation dramatique et inhumaine qu’elle y a observée, avertissant que cela pourrait conduire à des violences ou à une propagation incontrôlable de maladies.

Lors de sa visite, Alice Jill Edwards a pu constater de ses propres yeux les conditions de détention extrêmement difficiles dans cinq établissements pénitentiaires. Elle a décrit des chambres tellement surpeuplées que les détenus étaient contraints de dormir dans des positions inconfortables, entassés sur des matelas minces, parfois dans des espaces aussi étroits que sous des lits superposés. Certaines cellules étaient bondées au point où des détenus étaient forcés de dormir dans les couloirs, tandis que les installations sanitaires étaient bien insuffisantes.

Elle a souligné que cette situation constitue non seulement une violation des droits humains, mais aussi un véritable danger. « La surpopulation que j’ai vue dans les prisons est dramatique et inhumaine. Je crains fort que le problème de la surpopulation ne soit une poudrière qui pourrait exploser à tout moment », a-t-elle déclaré. Cette situation a des répercussions graves, notamment en matière de propagation des maladies infectieuses et transmissibles.

Edwards a salué les efforts du gouvernement sénégalais pour améliorer la situation, notamment l’utilisation accrue du marquage électronique et la construction de nouvelles installations pénitentiaires. Toutefois, elle a insisté sur le fait que des mesures exceptionnelles doivent être prises immédiatement. Parmi les recommandations formulées, elle a proposé une réduction automatique des peines de 20 % pour les détenus purgeant des peines de trois ans ou moins, ainsi que la libération immédiate des accusés en détention provisoire depuis plus d’un an, sauf dans les cas d’infractions graves.

Elle a également souligné que la lenteur du système judiciaire aggrave la situation, appelant à des réformes pour accélérer les procédures judiciaires. « Un changement d’approche est nécessaire, guidé par de nouveaux critères pour les procureurs et les juges », a-t-elle précisé. Selon elle, le maintien en détention provisoire jusqu’au procès devrait devenir l’exception, et non la règle, afin d’alléger la pression sur les prisons.

La Rapporteuse spéciale a aussi attiré l’attention sur le traitement des femmes détenues au Sénégal, en particulier celles accusées d’avortement médical, souvent dans des cas de viol ou d’inceste. Elle a exprimé son soutien à une libération spéciale pour ces femmes, soulignant que leur détention est en contradiction avec le Protocole de Maputo sur les droits des femmes, ratifié par le Sénégal.

Enfin, Edwards a critiqué la loi d’amnistie sénégalaise, qui accorde une immunité de poursuites aux responsables de violations des droits de l’homme commises lors des manifestations entre mars 2021 et février 2024. Elle a exhorté le gouvernement à abroger cette loi et à établir la vérité sur ces événements pour rendre justice aux victimes.

Alice Jill Edwards a conclut son rapport en appelant le gouvernement sénégalais à prendre des mesures audacieuses pour résoudre la crise pénitentiaire et garantir des conditions de détention dignes et conformes aux normes internationales. Elle a également insisté sur la nécessité de mettre en place des réformes structurelles pour améliorer l’administration de la justice, afin que les droits des détenus soient pleinement respectés et que des avancées notables soient faites dans la lutte contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Situation catastrophique des finances publiques : Pastef appelle à la patience et à la solidarité du peuple sénégalais

Le 14 février 2025, lors d’une conférence de presse tenue par le Bureau politique du Pastef, la situation financière du Sénégal a été décrite comme catastrophique, suite au rapport alarmant de la Cour des comptes. Le rapport met en évidence une gestion désastreuse des finances publiques, qualifiée de « carnage financier sans précédent » dans l’histoire politique du pays.

Le professeur Daouda Ngom, coordonnateur des cadres du Pastef, a partagé des constats accablants sur la situation. Selon lui, les « manquements graves », voire « criminels », identifiés par la Cour des comptes ont plongé les finances publiques dans une crise profonde, qualifiée d’ »hypertension ». Le rapport, qui révèle des dérives dans la gestion des fonds publics, a été perçu comme un choc pour les autorités et la population.

Face à ce constat alarmant, Pastef a exigé des mesures de reddition de comptes, appelant le gouvernement à traduire les responsables de ces malversations devant les juridictions compétentes. Le Bureau politique du parti a souligné la nécessité de poursuivre les actions de lutte contre la corruption et de renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques. « Notre parti, Pastef/Les patriotes, appelle ainsi le gouvernement à tout mettre en œuvre pour une reddition des comptes et la traduction des brigands financiers devant les juridictions compétentes », a insisté le professeur Ngom.

Malgré la gravité de la situation, le Bureau politique du Pastef a tenté de rassurer la population sur les mesures déjà prises par le gouvernement pour remédier à cette crise. Il a mentionné des initiatives telles que l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction du train de vie de l’État et la mobilisation de l’épargne locale comme des étapes importantes pour redresser la situation.

Dans un contexte où l’État se retrouve avec peu de marge de manœuvre, le Bureau politique de Pastef a lancé un appel à la solidarité nationale, soulignant que ce moment difficile requiert un « sursaut de patriotisme ». Pastef a ainsi appelé le peuple sénégalais à être patient, solidaire et à continuer de faire confiance aux autorités, notamment au président de la République, au Premier ministre et à l’ensemble du gouvernement, pour mener à bien la transformation systémique du Sénégal.

La situation des finances publiques au Sénégal est aujourd’hui une source majeure d’inquiétude. Le rapport de la Cour des comptes, ainsi que les demandes du Pastef pour une meilleure gestion et une reddition des comptes, font état d’une crise profonde qui nécessite des actions urgentes et transparentes. Le gouvernement, tout en mettant en place des mesures pour améliorer la situation, devra relever le défi de restaurer la confiance de la population, en particulier à travers des actions concrètes de justice et de réformes structurelles. Le peuple sénégalais, quant à lui, est appelé à rester solidaire et à faire preuve de patience, dans l’espoir d’une transformation durable du pays.

Révision ordinaire des listes électorales 2025 : une opportunité pour plus de 3 millions de citoyens de devenir électeurs

Le Sénégal a officiellement lancé la révision ordinaire des listes électorales pour l’année 2025. Cette opération, démarrée le 1er février, se poursuivra jusqu’au 31 juillet sur l’ensemble du territoire national. Elle vise à permettre aux citoyens d’accéder à leur droit de vote en s’inscrivant pour la première fois ou en mettant à jour leurs informations électorales. Encadrée par la Direction générale des élections (DGE) et supervisée par la Commission électorale nationale autonome (CENA), cette initiative revêt une importance capitale pour garantir une participation démocratique plus large et inclusive.

La nécessité de cette révision se justifie par l’écart significatif entre la population sénégalaise et le nombre d’électeurs inscrits. Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la population du Sénégal est estimée à environ 18 millions d’habitants, tandis que le fichier électoral ne recense que 7 371 891 électeurs. Cette différence de plus de 10 millions de personnes met en évidence l’enjeu d’une plus grande mobilisation afin d’augmenter le taux d’inscription sur les listes électorales.

La mise à jour du fichier électoral est assurée par des commissions administratives installées dans chaque commune du pays. Ces commissions sont chargées de recevoir et de traiter les demandes d’inscription, de modification ou de radiation des électeurs. Elles sont composées d’un président désigné par l’autorité administrative, du maire ou de son représentant, ainsi que de représentants des partis politiques. Cette diversité dans la composition des commissions vise à garantir un processus transparent et équitable.

Pour s’inscrire sur les listes électorales ou mettre à jour leurs informations, les citoyens doivent se présenter aux commissions avec leur carte nationale d’identité biométrique CEDEAO. Ceux qui ont changé de domicile doivent fournir un document justifiant leur nouvelle adresse, comme une facture d’eau ou d’électricité, ou un certificat de résidence. Les militaires et paramilitaires souhaitant modifier leur statut électoral doivent également présenter une attestation confirmant leur changement de situation.

La révision des listes électorales prend aussi en compte les radiations nécessaires. Les personnes décédées, celles frappées d’incapacité juridique et celles qui souhaitent volontairement être retirées des listes sont concernées par cette procédure. En cas de rejet d’une demande d’inscription ou de modification, les citoyens ont la possibilité de saisir le tribunal d’instance, qui statue dans un délai de dix jours. Les contestations liées à la radiation d’un électeur ou à la publication des listes provisoires peuvent également être portées devant la justice, avec la possibilité d’un recours devant la Cour suprême pour les cas les plus complexes.

Lutte antidrogue : la gendarmerie met la main sur un trafiquant en fuite après trois mois de cavale

Après plusieurs mois de traque, la gendarmerie nationale a enfin mis la main sur un individu considéré comme le chef d’un réseau de trafic de chanvre indien. M. B., né en 1990, a été interpellé dans la nuit du 13 au 14 février 2025 aux environs de 3 heures du matin par la brigade territoriale de la zone franche industrielle. Il était en fuite depuis plus de trois mois et faisait l’objet d’un mandat de recherche pour association de malfaiteurs, trafic intérieur de drogue et blanchiment de capitaux.

L’affaire remonte à la nuit du 17 au 18 novembre 2024, lorsqu’une vaste opération menée par la gendarmerie avait permis la saisie de plus de 400 kg de chanvre indien et l’arrestation de trois membres du réseau. Lors de cette intervention, un véhicule utilisé pour le transport de la drogue avait été saisi, mais le principal suspect avait réussi à échapper aux forces de l’ordre.

Depuis, les enquêteurs n’ont cessé de remonter la piste du fugitif. Grâce à un minutieux travail de surveillance et de renseignement, les forces de l’ordre ont finalement réussi à localiser et à interpeller M. B. dans un lieu tenu secret pour les besoins de l’enquête.

Cette interpellation met un terme à des mois d’investigations et de surveillance intensive. Selon les autorités, le suspect dirigeait un réseau bien structuré, impliqué dans l’acheminement et la distribution de grandes quantités de drogue sur plusieurs axes du pays. Sa capture constitue un coup dur pour ce réseau de trafic de stupéfiants.

Le mis en cause a été placé en garde à vue et sera déféré devant les autorités judiciaires compétentes pour répondre des charges qui pèsent contre lui.

Dans un communiqué, la Gendarmerie nationale a réaffirmé son engagement à lutter sans relâche contre le trafic de drogue. Elle rappelle que ces substances illicites représentent une menace pour la jeunesse et la sécurité du pays.

Papa Malick Ndour appelle à la défense des institutions du Sénégal contre « les manipulations politiques »

Alors que le rapport de la Cour des Comptes continue de provoquer des remous dans la sphère politique, l’ancien ministre Papa Malick Ndour est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une tentative de déstabilisation des institutions sénégalaises. Selon lui, les attaques répétées contre le rapport ne visent pas uniquement à critiquer son contenu, mais plutôt à saper l’intégrité et la stabilité des structures républicaines.

Lors d’un point de presse, Papa Malick Ndour a évoqué une « vassalisation » des institutions publiques, affirmant que certaines manœuvres politiques étaient orchestrées dans le but d’affaiblir les fondements de la démocratie sénégalaise. Il estime que derrière ces attaques, se cache une stratégie de manipulation de l’opinion publique menée par Ousmane Sonko et ses alliés. Pour l’ancien ministre, cette démarche vise à créer une défiance généralisée envers les institutions étatiques afin de renforcer une position politique basée sur la contestation permanente.

« Ce qui se passe actuellement n’est rien d’autre qu’une tentative de destruction méthodique de nos institutions. On cherche à détourner l’opinion publique avec des accusations sans fondement dans le seul but de servir des intérêts personnels et politiques. Cela est extrêmement dangereux pour l’unité nationale », a-t-il déclaré.

Papa Malick Ndour s’inquiète particulièrement des conséquences de cette campagne de dénigrement sur le fonctionnement de l’État et sur les fonctionnaires républicains qui, selon lui, sont injustement pris pour cibles. Il rappelle que l’administration sénégalaise est composée de serviteurs de l’État compétents et dévoués, qui ne devraient pas être instrumentalisés dans des querelles politiques. « Nos fonctionnaires sont les piliers de notre administration. Ils œuvrent chaque jour pour le bien-être du pays sans aucune appartenance politique. Les attaquer, c’est fragiliser notre État », a-t-il ajouté.

Face à cette situation, il appelle à un sursaut national et exhorte les Sénégalais à ne pas tomber dans le piège de la division. Il insiste sur l’importance de défendre les institutions républicaines contre toute tentative de manipulation politique, afin de préserver la stabilité et la transparence du pays.

« Le Sénégal a toujours été une nation respectée pour sa solidité institutionnelle. Nous devons nous mobiliser pour éviter que ce climat de suspicion ne détruise notre réputation et ne mette en péril nos acquis démocratiques. Le peuple doit rester vigilant et ne pas se laisser emporter par des discours populistes qui ne visent qu’à semer la confusion », a-t-il conclu.

Me Aïssata Tall Sall critique le rapport de la Cour des Comptes : « C’est un document qui souffre dans le fond, la forme et la finalité »

La publication du rapport d’audit de la Cour des Comptes sur la gestion de l’État entre 2019 et mars 2024 continue de susciter des réactions vives au sein de la classe politique. Après les critiques formulées par l’Alliance pour la République (APR) contre la publication du rapport dans le cadre de l’initiative « Jub, Jubal, Jubbanti », c’est au tour de Me Aïssata Tall Sall de monter au créneau. La présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et membre influente de l’APR a tenu, ce jeudi, un point de presse au cours duquel elle a remis en question la crédibilité du document et dénoncé ce qu’elle considère comme un travail biaisé.

Selon l’ancienne ministre de la Justice sous Macky Sall, le rapport de la Cour des Comptes « souffre dans le fond, la forme et la finalité ». D’entrée de jeu, elle a pointé du doigt des « incongruités et incohérences », qui, selon elle, jettent un discrédit sur la démarche adoptée par l’institution de contrôle des finances publiques.

Sur la forme, Me Aïssata Tall Sall déplore l’absence de prise en compte des observations des anciens ministres des Finances ayant exercé durant la période couverte par l’audit. Selon elle, il aurait été plus juste d’inclure les éléments de réponse de ces ministres avant de publier le document. « Il aurait fallu interroger ceux qui ont eu à gérer ces ressources publiques et leur permettre d’apporter des clarifications. Ce travail n’a pas été fait par la Cour des Comptes », a-t-elle regretté.

L’ancienne ministre va plus loin en s’interrogeant sur l’authenticité même du document, soulignant l’absence de signatures officielles. « On peine à savoir qui a revendiqué la paternité de ce document », a-t-elle dénoncé, insinuant ainsi un possible manque de transparence dans le processus d’élaboration du rapport. Pour elle, un document d’une telle importance aurait dû être signé par les magistrats en charge de l’audit afin d’éviter toute contestation sur son origine et sa validité.

Sur le fond, Me Aïssata Tall Sall estime que la Cour des Comptes ne fait que se répéter et que ce rapport n’apporte rien de nouveau. Elle rappelle que des audits similaires ont déjà été réalisés sous l’ancien régime et que la Cour ne fait que réutiliser des données anciennes pour justifier des conclusions déjà établies d’avance. « Ce rapport semble vouloir imposer de nouveaux chiffres pour ternir l’image des responsables de l’ancien régime », a-t-elle accusé, affirmant que cette démarche s’inscrit dans une volonté de nuire politiquement aux anciens dignitaires du pouvoir.

La sortie de Me Aïssata Tall Sall vient ainsi renforcer la ligne défensive de l’APR face aux accusations de mauvaise gestion portées contre le régime de Macky Sall. Alors que le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye promet des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de malversations financières, l’ancienne ministre de la Justice considère que ces accusations relèvent davantage d’un agenda politique que d’une réelle volonté d’assainissement des finances publiques.

Les débats autour de ce rapport risquent donc de se prolonger, entre un gouvernement déterminé à faire toute la lumière sur la gestion passée et une opposition qui dénonce une chasse aux sorcières. Pendant ce temps, l’opinion publique reste divisée entre ceux qui réclament des sanctions exemplaires et ceux qui voient dans cette affaire une instrumentalisation politique des institutions judiciaires et financières du pays.

FMI et Banque mondiale : La crise de confiance qui bouleverse les finances publiques du Sénégal

Six mois après avoir dévoilé la situation réelle des finances publiques, le gouvernement sénégalais se retrouve face à une crise de confiance avec les institutions financières internationales. Lors d’une conférence de presse, Ahmadou Al Aminou Lo, ministre Secrétaire Général du gouvernement, est revenu sur les répercussions de cette politique de transparence, notamment sur les relations avec le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale.

Dès son arrivée au pouvoir, l’actuel gouvernement avait promis de faire la lumière sur la gestion des finances publiques. En juillet dernier, les autorités avaient dénoncé une falsification des chiffres économiques sous l’ancien régime, révélant un déficit budgétaire bien plus important que celui officiellement annoncé. Ces déclarations ont eu un effet immédiat : la méfiance des partenaires financiers s’est installée, entraînant un gel des financements extérieurs.

« Quand nous avions annoncé que les chiffres sur les finances publiques étaient faux, tous les organismes qui nous prêtaient de l’argent, c’est-à-dire le FMI et la Banque mondiale, avaient retenu leur main », a expliqué Ahmadou Al Aminou Lo. En clair, la révélation de ces irrégularités a poussé les bailleurs à suspendre certains décaissements, rendant plus difficile la gestion budgétaire de l’État.

L’économie sénégalaise repose en grande partie sur les financements des institutions internationales. Le FMI et la Banque mondiale jouent un rôle clé dans l’équilibre budgétaire en fournissant des prêts et en soutenant des projets de développement. Le gel de ces financements complique donc sérieusement la mise en œuvre des réformes économiques prévues par l’État.

Face à cette situation, le gouvernement est confronté à un dilemme : continuer sur la voie de la transparence au risque de fragiliser davantage la confiance des bailleurs ou bien adopter une approche plus diplomatique pour rassurer les investisseurs internationaux.

Cette crise de confiance a des impacts concrets sur l’économie sénégalaise. Le gel des financements extérieurs réduit la capacité du gouvernement à honorer certaines dépenses publiques, notamment les investissements dans les infrastructures et les services sociaux. En outre, la suspension de ces appuis budgétaires accroît la pression sur les finances publiques, obligeant l’État à explorer d’autres sources de financement.

Les entreprises nationales, en particulier celles qui dépendent des contrats publics, ressentent déjà les effets de cette situation. Certains projets de grande envergure, financés en partie par des fonds internationaux, connaissent des retards, ce qui freine la croissance économique et l’emploi.

Pour sortir de cette impasse, le gouvernement devra rapidement mettre en place une stratégie visant à restaurer la confiance des institutions financières internationales. Plusieurs pistes sont envisagées :

  1. Renforcer la transparence et la bonne gouvernance : La publication régulière des rapports financiers et des audits indépendants pourrait rassurer les bailleurs sur la gestion des ressources publiques.
  2. Négocier avec le FMI et la Banque mondiale : Une approche diplomatique avec ces institutions est nécessaire pour clarifier la nouvelle politique économique et obtenir des engagements concrets en faveur de la reprise des financements.
  3. Diversifier les sources de financement : Le Sénégal pourrait explorer d’autres options, notamment en renforçant ses relations économiques avec des partenaires non traditionnels tels que la Chine, la Turquie ou les pays du Golfe.
  4. Mobiliser les ressources internes : Une réforme fiscale efficace pourrait permettre d’accroître les recettes de l’État et réduire la dépendance aux financements extérieurs.

Le pari du gouvernement sur la transparence est certes courageux, mais il implique des ajustements stratégiques pour éviter une crise prolongée. Le Sénégal se trouve à un tournant crucial où il doit conjuguer vérité et pragmatisme pour garantir une stabilité économique durable.

Rapport de la Cour des comptes : Ousmane Diagne annonce des enquêtes et des poursuites judiciaires

Le gouvernement sénégalais prend très au sérieux les révélations du rapport de la Cour des comptes. Ce mercredi, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a tenu un point de presse pour détailler les mesures qui seront prises après la publication de ce document accablant sur la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024.

Devant la presse, le Garde des Sceaux a reconnu la gravité des faits mis en lumière par le rapport, affirmant que des enquêtes seront lancées pour identifier les responsables et les traduire en justice.

« L’exploitation du rapport de la Cour des comptes révèle des faits graves. Cette juridiction, que nous considérons comme crédible, a fait un travail minutieux, et nous devons maintenant tirer toutes les conséquences judiciaires de ses conclusions. »

Le ministre a insisté sur le respect de la procédure légale, rappelant les principes fondamentaux tels que la présomption d’innocence, les droits de la défense et le principe du contradictoire.

« La mise en œuvre diligente de toutes les mesures judiciaires nécessaires sera effectuée afin d’élucider ces faits, d’identifier les responsables et de les traduire devant les juridictions compétentes. »

Dans ce cadre, des enquêtes approfondies seront ouvertes, et tous ceux impliqués dans des irrégularités financières seront poursuivis, y compris les coauteurs et complices présumés.

Ousmane Diagne a précisé que les dossiers pourraient être orientés vers la Haute Cour de justice, juridiction compétente pour juger les personnalités publiques ayant exercé de hautes fonctions, ainsi que vers le Pool judiciaire financier (PJF), chargé des crimes économiques et financiers.

« Tous ceux qui sont impliqués dans ces affaires seront identifiés et, si nécessaire, déférés devant les juridictions compétentes. »

Le ministre a conclu en affirmant que le peuple sénégalais sera informé en toute transparence de l’évolution des enquêtes. Cette annonce s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics.

Sénégal : Les révélations de Bougane Gueye Dany sur la gestion des finances publiques enfin confirmées par la Cour des comptes

Le rapport récemment publié par la Cour des comptes sur la gestion de la dette publique au Sénégal n’a fait que confirmer des accusations portées depuis plusieurs mois par l’opposant Bougane Gueye Dany. En effet, l’homme politique avait dénoncé des irrégularités concernant des crédits contractés sans l’accord de la Direction du Crédit, ainsi que des comptes ouverts illégalement, sans l’autorisation du ministère des Finances. Ces dénonciations, qui avaient été largement ignorées à l’époque, trouvent aujourd’hui un écho officiel, alors que la Cour des comptes et l’Inspection générale des Finances (IGF) semblent enfin reconnaître la gravité de la situation.

Bougane Gueye Dany, dans ses nombreuses interventions publiques, avait déjà attiré l’attention sur la manipulation des fonds publics par certains fonctionnaires. Selon lui, ces pratiques de gestion opaque permettaient à des individus d’agir en dehors du contrôle des agents comptables de l’État, exposant ainsi les finances publiques à de graves dérives. Pourtant, malgré ces alertes, ces irrégularités avaient été minimisées par les autorités, et il aura fallu attendre la publication du rapport de la Cour des comptes pour que ces faits prennent une ampleur plus large.

Le rapport de la Cour des comptes révèle que le précédent gouvernement avait non seulement omis de communiquer des données fiables concernant la dette et le déficit publics, mais que certaines opérations financières, notamment des crédits, avaient été contractées sans l’accord nécessaire de la Direction du Crédit. Pire encore, des comptes avaient été ouverts sans l’approbation préalable du ministère des Finances, ce qui constitue une grave violation des procédures budgétaires et financières en vigueur.

Ces révélations viennent également mettre en lumière le manque de transparence dans la gestion des finances publiques, un problème qui avait été soulevé à plusieurs reprises par l’opposition, mais qui n’avait pas trouvé de réponses satisfaisantes jusqu’à récemment. Ce retard dans la prise en compte des dénonciations de Bougane Gueye Dany et d’autres figures politiques montre un manque de rigueur dans les mécanismes de contrôle interne des finances de l’État, alors que la gestion des fonds publics devrait être soumise à une transparence totale.

Le ministère des Finances a annoncé la tenue prochaine d’une réunion avec les investisseurs internationaux pour clarifier la situation et discuter des mesures de centralisation de la gestion de la dette publique. Cependant, il est impératif que cette réunion soit l’occasion de revenir sur ces irrégularités passées et de prendre des mesures concrètes pour éviter toute répétition de telles pratiques à l’avenir.

Il est aussi essentiel que les responsabilités soient clairement établies et que les responsables de ces dérives financières soient identifiés et sanctionnés. La mise en place de réformes plus strictes en matière de contrôle des finances publiques devient aujourd’hui indispensable, tant pour rassurer les citoyens que les partenaires internationaux du Sénégal, qui réclament plus de transparence et de rigueur dans la gestion des fonds publics.

Sénégal : Le ministère des Finances annonce une réunion avec les investisseurs après la publication du rapport de la Cour des comptes

Le ministère des Finances du Sénégal a annoncé mercredi, dans une note adressée aux investisseurs, son intention de centraliser la gestion de la dette publique du pays. Cette décision fait suite à la publication d’un rapport de la Cour des comptes qui a révélé des irrégularités dans la gestion de la dette et du déficit publics sous l’ancien gouvernement. Le rapport a notamment souligné des lacunes dans la communication des données financières, qui auraient nui à la transparence et à la bonne gestion des finances publiques.

Dans ce contexte, le ministère des Finances prévoit d’organiser une réunion avec les investisseurs internationaux pour clarifier la situation et expliquer les mesures prises pour redresser la gestion de la dette. Cette réunion, qui se tiendra dans les prochaines semaines, vise à rassurer les partenaires financiers du Sénégal sur la solidité des réformes et sur l’engagement du gouvernement actuel à assurer une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques.

L’un des principaux objectifs de cette centralisation est de mieux suivre l’évolution de la dette et d’optimiser les mécanismes de financement, dans un contexte économique marqué par une pression croissante sur les ressources publiques. Le ministère des Finances a également insisté sur la nécessité de renforcer la communication avec les investisseurs pour garantir une meilleure compréhension des enjeux économiques et financiers du pays.

Ce tournant intervient alors que le Sénégal, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, cherche à renforcer ses relations avec les partenaires internationaux et à consolider la stabilité économique, tout en faisant face à des défis de financement, notamment pour soutenir des projets d’infrastructure ambitieux.

Le rapport de la Cour des comptes a aussi mis en lumière plusieurs points d’amélioration dans le processus budgétaire, notamment une gestion moins optimale des ressources publiques et des insuffisances dans la planification financière à long terme. Ces observations devraient conduire à une révision des politiques de gestion budgétaire du pays, avec des réformes visant à améliorer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques.

La réunion avec les investisseurs, prévue prochainement, constitue une étape clé dans le processus de redressement de la gestion des finances publiques du Sénégal. Elle représente aussi une opportunité pour le gouvernement de présenter son plan de réforme et de rassurer les acteurs économiques et financiers sur la viabilité des politiques mises en place.

Hamidou Anne critique la gouvernance de Diomaye Faye : entre désillusion et incertitudes

Lors d’une interview fleuve sur 7TV, Hamidou Anne, essayiste et ancien conseiller au ministère des Affaires étrangères, a livré une analyse sans concession de la situation politique, économique et diplomatique du Sénégal sous l’ère de Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, le pays traverse une période de grande incertitude, marquée par des décisions qu’il juge inadaptées et une gouvernance qu’il qualifie d' »agitation stérile ».

Hamidou Anne n’a pas mâché ses mots en décrivant le gouvernement en place comme une équipe de « stagiaires sans maîtres de stage ». D’après lui, l’actuelle administration peine à définir une ligne directrice permettant d’amorcer un réel développement du pays. « Ces gens en face ne redresseront rien. Ils sont simplement dans l’agitation », a-t-il affirmé face à la journaliste Maïmouna Ndour Faye. Pour lui, le travail de fond et la discrétion sont les véritables moteurs du progrès, et non les débats stériles qui dominent actuellement l’espace public.

Revenant sur l’un des dossiers brûlants du moment, la reddition des comptes, l’essayiste a particulièrement pointé du doigt le traitement du cas de Farba Ngom. Il s’interroge sur la légitimité de la levée de son immunité parlementaire, qu’il considère comme précipitée et contraire aux principes démocratiques. Toutefois, il admet que l’exigence de transparence et de justice reste essentielle pour asseoir l’État de droit, à condition qu’elle soit appliquée de manière équitable.

Interrogé sur la possibilité d’une poursuite judiciaire contre l’ancien président Macky Sall, Hamidou Anne s’est montré catégorique : « Le régime actuel ne va pas le traduire en justice. Ce ne sont que des paroles en l’air ». Selon lui, tant que des figures comme Juan Branco ne seront pas inquiétées par la justice internationale, toute volonté affichée de poursuite contre Macky Sall restera illusoire.

Hamidou Anne a également réaffirmé son opposition à la loi d’amnistie, estimant qu’il aurait fallu rendre justice avant de l’adopter. « Je me suis dit que ceux qui ont cassé, brûlé, vandalisé, devaient être corrigés à la hauteur de leurs actes », a-t-il déclaré. Il critique ainsi la logique d’impunité qui, selon lui, affaiblit l’autorité de l’État. Malgré son désaccord initial, il reconnaît le pragmatisme de Me Aïssata Tall Sall, qui s’est pliée à cette décision par souci de stabilité.

Sur le plan international, Hamidou Anne déplore un « effacement progressif du Sénégal sur la scène africaine et mondiale » depuis l’arrivée au pouvoir de Diomaye Faye. S’il concède que la ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, est injustement critiquée, il estime néanmoins que son action reste timide.

« Le Sénégal a toujours été une puissance diplomatique », rappelle-t-il, citant des épisodes marquants comme l’envoi de troupes en République démocratique du Congo en 1965 ou encore le rôle du pays dans les grandes négociations africaines sous Abdoulaye Wade. « Aujourd’hui, nous constatons que le Sénégal renonce progressivement à cette ambition d’universalisme. »

Au terme de son intervention, Hamidou Anne a dressé un constat sombre sur la situation actuelle, insistant sur le manque de vision du gouvernement et les difficultés croissantes auxquelles font face les Sénégalais. « Nous ne pouvons pas nous permettre de gouverner sur des promesses creuses. Il faut une feuille de route claire et des actions concrètes », conclut-il.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 12 FEVRIER 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 12 février 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses condoléances les plus attristées au Khalif général et à la Communauté mouride, suite au rappel à Dieu, le samedi 08 février 2025, de Serigne Bassirou Mbacké Anta NIANG, Khalif de Darou Mouhty. Il a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions avec les organisateurs en vue du bon déroulement du Magal de Darou Mouhty qui sera célébré le vendredi 14 février 2025.

Le Chef de l’Etat a largement évoqué le rapport d’audit de la Cour des Comptes relatif à la situation des finances publiques de la période de 2019 au 31 mars 2024 que le Premier Président de l’institution supérieure de contrôle des finances publiques lui a transmis. Ce rapport, basé sur des principes de transparence, offre une vue claire et exhaustive de la situation des finances publiques sur cette période et met en lumière plusieurs manquements graves qui nécessitent des actions immédiates. Tout d’abord, des rattachements irréguliers de recettes ont été identifiés. Certaines recettes ont été comptabilisées sur des exercices antérieurs, ce qui a faussé la réalité du déficit budgétaire pour certaines années. Cette situation a contribué à sous estimer les déficits budgétaires, créant ainsi un déséquilibre dans la présentation des comptes publics. Le déficit budgétaire, déjà préoccupant, a atteint des niveaux critiques au cours des dernières années. Il est passé de 9,85% en 2019 à 9,17% en 2020, 11,47% en 2021, 12,65% en 2022, et 12,30% en 2023. Cette progression rapide du déficit met en évidence la nécessité de réformes structurelles urgentes pour contenir et réduire ce déséquilibre financier historique. Ensuite, il a relevé que des dépenses importantes, notamment celles financées sur ressources extérieures, n’ont pas été correctement retracées dans les documents comptables et budgétaires. Ce manque de traçabilité crée des écarts importants dans le suivi budgétaire et nuit à la transparence des opérations financières de l’État. Le rapport souligne également des utilisations irrégulières des comptes spéciaux du Trésor. Des transferts budgétaires vers des services de l’État ont été réalisés sans justification claire, ce qui pose de sérieux problèmes de traçabilité des fonds publics. De plus, il a été constaté que certaines dépenses importantes ont été effectuées en dehors des procédures budgétaires établies, aggravant ainsi le manque de transparence. Par ailleurs, le rapport note des discordances dans la gestion de l’endettement public. Il a été révélé que des emprunts ont été contractés en excès, entraînant un sur-financement partiellement utilisé pour des dépenses sans couverture budgétaire. Cela expose les finances publiques à des risques considérables et alourdit le fardeau de la dette nationale. Ainsi, le taux 1 d’endettement public a connu une croissance tout aussi alarmante sur la même période. En 2019, l’endettement atteignait déjà 65,59% du PIB, mais il est monté à 75,50% en 2020, 83,58% en 2021, 86,62% en 2022 pour se hisser à 99,67% en 2023.

Le Président de la République a indiqué que cette trajectoire d’endettement doit être rapidement inversée pour préserver la soutenabilité des finances publiques et éviter de compromettre les équilibres économiques de long terme. Enfin, un autre point préoccupant est l’absence de rapport exhaustif sur les dépenses fiscales pour les années 2022 et 2023. Ce manquement notable contrevient aux directives de l’UEMOA qui exigent une évaluation régulière des exonérations fiscales accordées par l’État, rendant ainsi difficile une gestion efficace des finances publiques dans ce domaine.

Le Chef de l’Etat a assuré que face à ces constats alarmants, des mesures conservatoires et correctives doivent être prises sans délai. Tout d’abord, il est impératif de mettre fin aux rattachements irréguliers de recettes et d’assurer que toutes les recettes et dépenses soient comptabilisées de manière transparente et régulière. Le Premier Ministre et le Ministre des Finances et du Budget devront prendre les dispositions nécessaires pour garantir que les pratiques budgétaires respectent strictement les règles en vigueur. Ensuite, un audit approfondi sera réalisé pour réconcilier les écarts observés dans la gestion des dépenses financées par des ressources extérieures.

Le Président de la République a également souligné la nécessité de réformer la gestion des comptes spéciaux du Trésor afin de garantir que les transferts budgétaires soient effectués de manière conforme et transparente. En outre, il est essentiel de revoir la politique d’endettement de l’État afin d’éviter toute dette contractée en excès et de mieux gérer le sur financement. Un suivi rigoureux des emprunts devra être mis en place pour s’assurer que les fonds sont utilisés conformément aux besoins budgétaires réels.

Enfin, il est impératif de produire et publier les rapports sur les dépenses fiscales dans les délais légaux. Ces rapports doivent permettre une gestion transparente et rigoureuse des exonérations fiscales conformément aux directives de l’UEMOA. Ces réformes visent à renforcer la confiance dans la gestion des finances publiques et à garantir une meilleure transparence au profit de la nation.

Il a demandé au Premier Ministre, Chef du Gouvernement, de veiller à la mise en œuvre de ces réformes indispensables pour asseoir une gestion exemplaire des finances publiques et assurer la stabilité économique du pays.

Face à la recrudescence des accidents de la route, le Chef de l’Etat a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres en charge des Transports terrestres, Forces armées, Intérieur et Sécurité publique, à l’application rigoureuse des décisions prises notamment la Circulaire primatoriale de recadrage et d’orientation en vue de prévenir les accidents de la route et d’assurer une meilleure circulation routière pour les usagers, les transporteurs et les Forces de Défense et de Sécurité.

Le Président de la République a rappelé l’urgence de renforcer la formation des chauffeurs, d’assurer une réglementation rigoureuse de la circulation des cyclomoteurs, de faire respecter les horaires de circulation des véhicules de transport et de réorganiser le fonctionnement des gares routières, d’accélérer le renouvellement des parcs automobiles de 2 transport et de gros porteurs mais aussi d’évaluer les actions et l’ancrage institutionnel de l’Agence nationale de Sécurité routière (ANASER). Il a demandé au Premier Ministre de placer la sécurité routière au premier rang du Plan d’action du Gouvernement. Dans le même élan, le Chef de l’Etat a instruit le Premier Ministre et le Ministre chargé des Infrastructures et des Transports terrestres de finaliser, avant fin mars 2025, l’évaluation rapide des projets routiers en vue du lancement prochain du nouveau « Programme national de développement des réseaux routier et autoroutier ». Il a appelé à l’équité dans le déploiement des programmes et projets routiers et autoroutiers et au développement maitrisé de la Société publique « Autoroutes du Sénégal », entité déléguée par l’Etat pour capitaliser et valoriser le patrimoine autoroutier national. Par ailleurs, le Président de la République a signalé l’urgence, pour l’Etat, de redéfinir le modèle économique de construction, d’exploitation et d’entretien des routes et autoroutes du Sénégal en actualisant la réglementation portant classement des infrastructures routières nationales et secondaires incluant les ouvrages de franchissement et en réexaminant les modalités de financement des infrastructures routières et de leur entretien. A cet égard, il a demandé au Ministre des Infrastructures et des transports terrestres de proposer une nouvelle politique d’entretien routier, intégrant la réhabilitation d’ouvrages de franchissement qui se sont particulièrement dégradés durant l’hivernage.

A ce sujet, il a demandé au Premier Ministre de veiller au renforcement des moyens logistiques d’intervention du génie militaire qui vient toujours en appoint pour assurer avec les structures spécialisées de l’Etat la continuité de la circulation routière et le désenclavement de certaines zones du pays. Le Chef de l’Etat a aussi souligné la nécessité d’une revue systématique des interventions du PUDC, du PROMOVILLES, du PUMA, du FERA, de l’AGETIP, de l’ADM et des différentes collectivités territoriales en termes de réalisation de pistes rurales et de la voirie urbaine. Il a indiqué au Gouvernement que le moment est venu de consolider l’ensemble des programmes routiers, autoroutiers, de pistes de désenclavement et de voirie urbaine en vue d’une cohérence d’ensemble et d’une mise en œuvre pragmatique de la politique de l’Etat en matière de réalisation d’infrastructures routières et autoroutières, selon un chronogramme, des axes, linéaires et financements maitrisés.

Le secteur de l’Elevage et des productions animales demeure un des piliers de l’économie nationale.

Le Président de la République salue l’engagement remarquable des éleveurs et autres acteurs du secteur qui doivent être davantage soutenus pour mieux valoriser la contribution de l’Elevage et des productions animales dans la nouvelle politique de souveraineté alimentaire. Il a rappelé au Gouvernement l’urgence de veiller à l’application effective et intégrale des dispositions du Code pastoral en vue d’asseoir une meilleure évolution du secteur de l’élevage dans l’écosystème du secteur primaire et dans la richesse nationale. Il a souligné l’impératif d’accentuer, sur le terrain, les dispositifs préventifs et coercitifs de lutte contre le vol de bétail. Il s’agit aussi et surtout d’assurer un meilleur aménagement des parcours de bétail, de développer la production industrielle d’aliments de bétail, les cultures fourragères et les parcs de vaccination des ruminants ainsi que l’édification des forages pastoraux afin de limiter les conflits récurrents avec les éleveurs notés dans plusieurs localités du pays et au niveau des zones transfrontalières.

Le Chef de l’Etat a souligné également, la nécessité d’intensifier les programmes d’amélioration des races bovines et de promotion à terme de l’autosuffisance du Sénégal en moutons, dans la perspective de la Tabaski, au regard des efforts significatifs déployés par l’Etat depuis l’année dernière. Il a, en outre, demandé au Gouvernement de renforcer le sous-secteur de l’aviculture par des dispositifs de financement adaptés aux entrepreneurs locaux. Le Gouvernement veillera à la modernisation des abattoirs et de leurs dispositifs d’exploitation, dans le cadre d’un programme spécial qui sera mis en œuvre à l’échelle nationale.

Pour clore ce chapitre, le Président de la République a invité le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage et le Secrétaire d’Etat chargé des coopératives et des organisations paysannes à prendre toutes les dispositions avec l’ensemble des éleveurs, acteurs et opérateurs de l’élevage et des productions animales, en vue du bon déroulement de la Journée nationale de l’Elevage qu’il présidera, le samedi 22 février 2024, à Kaolack.

Evoquant son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil de sa participation, à partir du jeudi 13 février 2025, au Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba. Dans sa communication, le Premier Ministre a informé le Conseil de l’impératif de la rationalisation des agences d’exécution. En effet, la philosophie ayant guidé leur mise en place à travers la loi d’orientation en date du 04 mai 2009, a été dévoyée au fil des ans pour aboutir à une pléthore d’agences.

Le Premier Ministre a informé qu’il a réactivé la Commission d’Evaluation des Agences d’Exécution (CEAE), dans le but de lui soumettre, dans les meilleurs délais, des propositions de rationalisation des agences d’exécution, conformément à l’engagement de réduction du train de vie de l’Etat. Le Premier Ministre a ensuite évoqué l’agenda des réunions et conseils interministériels, au nombre de douze (12) qu’il compte présider au cours du premier semestre 2025.

Les sujets évoqués porteront notamment sur Air Sénégal, AIBD, l’éducation nationale, le pèlerinage à La Mecque édition 2025, l’économie sociale et solidaire, l’agriculture, le tourisme, le logement social, les programmes civiques et citoyens, les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 ainsi que la lutte contre le trafic de bois et la déforestation. Cet agenda sera ajusté en fonctions des besoins d’organisation d’autres réunions.

Par ailleurs, le Premier Ministre a rappelé aux membres du Gouvernement l’importance à accorder à l’exécution satisfaisante du calendrier législatif qui sera marqué par une activité intense en 2025 dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda de transformation systémique Sénégal 2050. Il a exhorté les Ministres à veiller scrupuleusement sur la qualité des avant projets de textes préparés par leurs services juridiques et sur le strict respect du circuit de validation hiérarchique interne.

Enfin, le Premier Ministre a demandé aux Ministres en charge des Infrastructures portuaires, de l’Energie, de l’Intérieur et de l’Environnement de prendre toutes les dispositions utiles pour la finalisation diligente des travaux du Port minéralier et vraquier de Bargny.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
Le Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur le Projet Compact électricité du Sénégal avec le MCC suite à la décision prise par le Gouvernement américain le 03 février 2025 et sur l’Etat de la phase 1 du Programme d’urgence d’électrification rurale (PUELEC) ;
Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait le point sur l’impact de la nouvelle politique étrangère américaine sur l’économie sénégalaise et son financement ;  Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait la situation des prix du marché du riz, de l’huile et des denrées de première nécessité ;
Le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur le suivi des infrastructures de proximité prévues dans le cadre de l’organisation des JOJ Dakar 2026 ; Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a fait le point sur la campagne de commercialisation agricole 2025.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté :  Le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Bureau d’Intelligence et de Prospective économique (BIPE).
Le Ministre de la Formation Professionnelle,

Porte-Parole du Gouvernement

Amadou Moustapha Njekk SARRE

Affaire Lat Diop : L’ancien Directeur Général de la Lonase demande une liberté provisoire

L’ancien Directeur Général de la Loterie Nationale Sénégalaise (Lonase) et ex-ministre des Sports, Lat Diop, actuellement en détention provisoire, a officiellement introduit une demande de liberté provisoire auprès du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Inculpé pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds, il conteste fermement les accusations portées contre lui.

L’affaire remonte au 19 septembre 2024, lorsque Mouhamed Dieng, Directeur Général de la société Services Online International SA, exploitant de la marque 1XBET, a porté plainte contre Lat Diop. Il l’accuse d’avoir commis des malversations financières au sein de la Lonase, société nationale qu’il dirigeait entre 2020 et 2023.

Suite à cette plainte, le Procureur de la République financier a saisi la Division des Investigations Criminelles (DIC), qui a mené une enquête approfondie. À l’issue de cette enquête, Lat Diop a été déféré le 26 septembre 2024 devant le parquet financier, avant d’être placé sous mandat de dépôt le 28 septembre 2024.

Devant le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, Lat Diop a rejeté toutes les accusations portées contre lui. Selon les termes de son inculpation, il est soupçonné d’avoir :

• Détourné un montant de 8,2 milliards de F CFA entre 2020 et 2023, au préjudice de la Lonase.

• Blanchi des capitaux en dissimulant ou transférant des fonds d’origine illicite.

• Extorqué des fonds, en abusant de son autorité à la tête de la Lonase.

Ses avocats, Maîtres El Hadji Moustapha Diouf, Baboucar Cissé, Djiby Diallo, Abdou Dialy Kane, Cheikh Ahmadou Ndiaye, Mohamed Seydou Diagne, Papa Sène, Alioune Badara Fall et Souleymane Soumaré, ont déposé une demande de mise en liberté provisoire, arguant que leur client présente toutes les garanties de représentation et n’est pas en mesure d’entraver l’enquête.

La décision du Collège des juges d’instruction est désormais attendue. Toutefois, le Parquet financier pourrait s’opposer à cette demande, au motif que Lat Diop pourrait influencer des témoins ou compromettre les investigations en cours.

En attendant, cette affaire continue d’alimenter le débat public, d’autant plus qu’elle touche à une entreprise d’État et met en lumière la gestion des fonds publics au Sénégal.

Rapport de la Cour des Comptes : Anomalies et Discordances dans la Gestion de la Trésorerie et de l’Endettement du Sénégal (2019-2023)

La Cour des Comptes a rendu public son rapport définitif sur la situation des finances publiques du Sénégal pour la période 2019-2023. Ce document met en lumière plusieurs dysfonctionnements liés à la gestion de la trésorerie et de l’endettement, notamment des discordances dans les données financières et des irrégularités dans la gestion des emprunts.

Selon les données du gouvernement, le besoin de financement du Sénégal est passé de 1 227,68 milliards de F CFA en 2019 à 2 642,70 milliards de F CFA en 2023. Pour couvrir ce besoin, l’État a eu recours à des emprunts, ce qui a parfois entraîné un surfinancement, sauf en 2022. En 2023, ce surplus de financement s’élève à 604,12 milliards de F CFA.

Le rapport relève plusieurs dysfonctionnements dans la gestion des finances publiques, parmi lesquels :

• Discordances dans les données sur l’amortissement, l’encours de la dette publique et les disponibilités bancaires.

• Anomalies dans les surfinancements, avec des emprunts excédant les besoins réels.

• Manquements dans la gestion des dépôts à terme (DAT) et absence de transparence sur ces opérations.

• Impact négatif sur la trésorerie de l’État, avec des déficits budgétaires plus élevés que ceux affichés dans les documents officiels.

• Un reliquat de l’emprunt obligataire Sukuk SOGEPA de 2022 non versé au Trésor public.

• Une dette garantie non exhaustive, avec des engagements financiers non pris en compte dans les rapports officiels.

• Une dette bancaire importante contractée hors du circuit budgétaire, ce qui complique son suivi et sa gestion.

• Un encours de la dette supérieur aux montants déclarés dans les documents de reddition, suggérant des écarts dans la comptabilité publique.

Les ressources du Trésor public et l’endettement en forte augmentation

Les disponibilités du Trésor public sont passées de 122,2 milliards de F CFA en 2019 à 173,6 milliards de F CFA en 2023, avec un pic de 298,8 milliards de F CFA en 2021, principalement dû aux appuis reçus pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

La dette de l’État vis-à-vis du secteur bancaire a, quant à elle, connu une augmentation significative, passant de 781,30 milliards de F CFA en 2019 à 2 219,79 milliards de F CFA en 2023.

Les établissements de crédit installés au Sénégal estiment que la dette totale de l’État et de ses démembrements s’élève à 3 816,69 milliards de F CFA au 31 mars 2024, dont 3 091,40 milliards de F CFA sont dus par l’État central, soit 81 % de l’encours total.

Le rapport révèle que la majorité des crédits directs sont contractés par l’État central (2 044,0 milliards de F CFA, soit 74,52 %). De plus, 98,65 % des titres émis sont détenus par le Trésor public, représentant 1 047,65 milliards de F CFA.

Enfin, le document mentionne également des certificats nominatifs d’obligations émis au profit de quatre établissements bancaires, avec un encours total de 190,05 milliards de F CFA.

Rapport de la Cour des Comptes : Les dépenses publiques du Sénégal ont atteint 21 007,13 milliards de F CFA entre 2019 et 2023

La Cour des Comptes a publié son rapport définitif sur la situation des finances publiques du Sénégal pour la période de 2019 à 2023. Selon ce document, les dépenses effectives du gouvernement s’élèvent à 21 007,13 milliards de F CFA, enregistrant une progression moyenne de 9,3 % sur ces cinq années.

Le rapport précise que la masse salariale prise en compte concerne uniquement les charges de personnel de la fonction publique payées par la Direction de la Solde. Ne sont pas inclus les contractuels des secteurs de l’Éducation, de la Formation professionnelle, de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement, ainsi que certaines indemnités versées aux agents. Ces dernières sont comptabilisées dans les dépenses de matériels, de biens et services, ou encore dans les projets d’investissement de l’État.

D’après les chiffres du rapport, la masse salariale a augmenté de 74,97 %, passant de 744,96 milliards de F CFA en 2019 à 1 303,50 milliards de F CFA en 2023. Les transferts, quant à eux, ont représenté en moyenne 77 % des dépenses exécutées dans le cadre du système de support du budget programme (SYSBUDGEP).

Toutefois, le rapport souligne que les chiffres publiés ne prennent pas en compte les dépenses du premier trimestre de 2024. L’analyse des dépenses du budget général met en évidence une concordance entre les montants figurant dans le rapport sur la situation des finances publiques et ceux validés par les Lois de Réglementation/Projets de Lois de Réglementation (LR/PLR).

Sur l’ensemble de la période étudiée, un total de 8 429,83 milliards de F CFA a été transféré, réparti entre les transferts courants (4 897,05 milliards de F CFA) et les transferts en capital (3 532,78 milliards de F CFA). La Cour des Comptes relève également des transferts significatifs au profit des services non personnalisés de l’État (SNPE) ainsi que des dépenses financées par des ressources extérieures non retracées dans les LR/PLR.

Grève de 48 heures : le SAES exige l’application immédiate du protocole d’accord

Le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a annoncé une grève de 48 heures les jeudi 13 et vendredi 14 février 2025, en réaction à l’inaction du gouvernement face à leurs revendications.

Dans un communiqué publié après l’expiration de son préavis de grève du 13 janvier 2025, le SAES dénonce :

• Le non-paiement des pensions de retraite aux ayants droit des enseignants-chercheurs décédés depuis près de cinq ans, en violation du Code des pensions civiles et militaires.

• Le non-respect du protocole d’accord signé entre le SAES et le gouvernement le 6 janvier 2023.

• L’inaction du ministère de tutelle, malgré les efforts des enseignants-chercheurs pour maintenir un système d’enseignement supérieur fonctionnel.

Durant ces 48 heures de grève, le SAES appelle ses militants à :

• Suspendre toutes les activités pédagogiques, y compris les cours, soutenances et délibérations.

• Boycotter toute participation aux activités administratives et réunions.

• Arrêter les formations payantes.

Le syndicat tient l’État pour responsable des perturbations qui pourraient affecter les années académiques 2023-2024 et 2024-2025, en raison du non-respect des engagements pris.

Enfin, le SAES appelle à une mobilisation générale pour exiger l’application immédiate du protocole d’accord et la restauration des droits et de la dignité des familles des enseignants-chercheurs décédés.

Tensions à l’USSEIN : affrontements entre étudiants et forces de l’ordre

L’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN) a été le théâtre de nouveaux affrontements ce mercredi matin entre les étudiants et les forces de l’ordre.

Les étudiants, en colère, dénoncent les mauvaises conditions d’apprentissage et réclament des engagements concrets de la part des autorités académiques et gouvernementales. Selon plusieurs témoins, la tension est montée lorsque les manifestants ont tenté de bloquer l’entrée principale du campus, entraînant une intervention musclée des forces de sécurité.

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser la foule, provoquant un mouvement de panique parmi les étudiants. En réponse, certains manifestants ont riposté en érigeant des barricades et en lançant des projectiles.

Les étudiants de l’USSEIN dénoncent depuis plusieurs mois le manque d’infrastructures adéquates, des retards dans le paiement des bourses et des défaillances dans le système pédagogique. Malgré plusieurs appels au dialogue, ils estiment que les réponses des autorités restent insuffisantes.

Affaire Doro Gaye : Les avocats du colonel Cheikh Sarr saisissent la Chambre d’accusation

La bataille judiciaire se poursuit dans l’affaire opposant Zakiroulahi Sow à Doro Gaye et Cheikh Sarr. Après la requête en annulation de la révocation du contrôle judiciaire déposée par les avocats de Doro Gaye, c’est désormais au tour de la défense du colonel Cheikh Sarr de saisir la Chambre d’accusation.

Inculpé et placé sous mandat de dépôt mi-novembre, le colonel Cheikh Sarr, ancien patron de la Section de recherches (SR), entend contester la régularité de la procédure engagée contre lui. Selon Les Échos, ses avocats dénoncent des vices de forme commis par le juge d’instruction.

« Il y a des préalables que le magistrat instructeur aurait dû poser et qui n’ont pas été respectés », ont-ils fait valoir, affirmant ainsi que la procédure est entachée de nullité de forme.

Cette nouvelle action en justice constitue la deuxième requête déposée dans cette affaire. Avant les avocats du colonel Cheikh Sarr, ceux de Doro Gaye avaient déjà introduit un recours, contestant notamment la révocation du contrôle judiciaire de leur client.

« Le juge d’instruction a révoqué le contrôle judiciaire avant même que notre client ne quitte le pays, alors qu’aucune des conditions du contrôle judiciaire n’a été violée », avaient plaidé les avocats de Doro Gaye.

Kaolack – Éducation : L’UDEN dénonce le non-paiement des indemnités de surveillance du Bac 2024

Le Secrétaire Général départemental de l’Union Démocratique des Enseignants du Sénégal (UDEN), Abdoulaye Dia, a effectué ce mardi une tournée dans les établissements scolaires du département de Kaolack. À l’issue de cette visite, il a exprimé son indignation face au non-paiement des indemnités de surveillance du baccalauréat 2024, dénonçant une situation inacceptable et préjudiciable pour les enseignants concernés.

« Il est inacceptable que des surveillants, ayant assuré un rôle essentiel lors des examens, n’aient toujours pas été rémunérés pour leur travail. Cette situation porte un préjudice direct à des professionnels qui méritent d’être traités avec respect. Nous exigeons que ces indemnités soient versées dans les plus brefs délais et que des mesures soient prises pour éviter que de tels retards ne se reproduisent à l’avenir. Nous continuerons à porter ce combat au niveau national », a déclaré Abdoulaye Dia.

Le Secrétaire Général de l’UDEN a également dénoncé les retards récurrents des allocations familiales, un problème qui, selon lui, affecte directement la vie des allocataires.

« La situation des allocations familiales est tout aussi alarmante. Nous sommes particulièrement préoccupés par les retards récurrents de paiement de la part de la Caisse de Sécurité Sociale. Il est intolérable que ces allocations ne soient pas versées régulièrement et en temps voulu. L’UDEN demande une régularisation immédiate de cette situation et appelle à une réforme en profondeur », a-t-il ajouté.

Un autre point soulevé concerne les omissions dans le paiement des indemnités des enseignants de classes spéciales, qui prennent en charge deux classes, mais sont souvent oubliés lors des versements.

« Ces enseignants jouent un rôle crucial dans notre système éducatif, et pourtant, ils ne reçoivent pas leurs indemnités comme prévu. Il est impératif de rectifier cette injustice et de garantir que ces professionnels soient payés intégralement et dans les délais », a rappelé Abdoulaye Dia.

Face à ces multiples irrégularités, l’UDEN appelle le gouvernement et les administrations concernées à respecter leurs engagements envers les travailleurs de l’éducation.

« En tant que Secrétaire Général de l’UDEN, je me fais le porte-parole de toutes celles et ceux qui sont confrontés à ces injustices. Nous demandons que ces paiements soient régularisés sans délai et que des mécanismes soient mis en place pour éviter de nouvelles erreurs. Il est essentiel que le gouvernement assure une transparence totale et respecte strictement les délais de paiement. Nous continuerons à défendre fermement ces droits et à lutter pour un système éducatif plus juste », a-t-il conclu.

Vague de licenciements à l’AIBD : le syndicat des travailleurs des aéroports monte au créneau

Le Syndicat des travailleurs des aéroports du Sénégal (SPAS) a exprimé sa vive inquiétude face à la menace de licenciement de plusieurs employés de l’Aéroport International Blaise-Diagne (AIBD), une situation qu’il juge injustifiée et mal gérée. Selon le secrétaire général du SPAS, Djibril Sakho, les travailleurs ont appris par la presse que 500 postes pourraient être supprimés, une annonce qui a fait naître un sentiment d’indignation parmi les employés.

Le syndicat dénonce notamment le fait que l’AIBD souffre déjà d’un déficit de personnel dans plusieurs secteurs clés. Selon M. Sakho, il n’y a pas assez de travailleurs pour justifier des licenciements. Il explique qu’il existe de nombreux secteurs sous-dotés en personnel, citant des domaines essentiels comme l’électricité, la climatisation, la mécanique, les pompiers d’aérodrome et les agents de facturation. Le syndicat estime que cette situation ne justifie en aucun cas une vague de licenciements.

Au lieu de procéder à des suppressions de postes, le SPAS appelle à un plan de formation et à une réorganisation des ressources humaines au sein de l’AIBD. Le syndicat insiste sur le fait que de nombreux travailleurs possèdent des qualifications supérieures à celles requises pour les tâches qu’ils accomplissent actuellement. Par exemple, certains agents de sécurité détiennent des diplômes bien plus élevés que leurs fonctions actuelles. Le SPAS propose donc de réaffecter ces compétences en interne pour améliorer l’efficacité de l’Aéroport, plutôt que de les licencier.

La situation devient d’autant plus préoccupante dans un contexte où plusieurs secteurs au Sénégal, comme le port autonome, les mines et la santé, ont déjà été confrontés à des restrictions budgétaires et des réorganisations. Le SPAS craint que cette vague de licenciements ne crée un précédent dangereux et appelle à une gestion plus responsable des ressources humaines.

Face à la montée des tensions et de l’inquiétude parmi les travailleurs, le syndicat prévoit de porter cette question devant les plus hautes autorités du pays, notamment le Directeur général de l’AIBD, le Premier ministre et le Président de la République, afin de trouver une solution satisfaisante pour éviter une crise sociale dans le secteur. Le SPAS a réaffirmé son engagement à défendre les droits des travailleurs, et son objectif est d’obtenir une solution équitable qui préservera l’emploi et l’équilibre au sein de l’aéroport.

Maguette Sène critique le système bancaire sénégalais et prône les tontines comme alternative

L’Assemblée nationale a été le cadre d’un débat animé ce mardi 11 février, lors de l’examen du projet de loi sur la réglementation bancaire. Le député-maire de Malicounda, Maguette Sène, a vivement dénoncé la domination des banques étrangères dans le secteur financier sénégalais, plaidant pour une plus grande valorisation des systèmes d’épargne traditionnels comme les tontines ou « natt ».

Selon Maguette Sène, le secteur bancaire sénégalais est sous l’emprise des capitaux étrangers, un phénomène qui, selon lui, freine le développement économique du pays. Il a affirmé que ces institutions bancaires réalisent des profits considérables tout en imposant des conditions d’accès au crédit qui ne favorisent pas les Sénégalais les plus modestes. Il a souligné que cette situation constitue une forme d’étranglement économique pour les citoyens et les petites entreprises locales.

Le parlementaire a mis en avant les tontines, un système de financement informel principalement utilisé par les femmes, comme une alternative crédible au système bancaire traditionnel. Il a expliqué que ces structures permettent aux petits commerçants et aux entrepreneurs d’accéder à des fonds de manière plus souple et adaptée à leurs réalités économiques. Il a notamment illustré son propos avec l’exemple des vendeuses de poissons et de légumes, qui utilisent ces méthodes pour financer leurs activités sans les contraintes des banques classiques.

Maguette Sène a également rappelé que la Délégation générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) s’est inspirée de ces systèmes traditionnels pour faciliter l’accès au financement des entrepreneurs. Selon lui, les résultats obtenus par cette institution prouvent que ces modèles financiers locaux peuvent être un moteur de développement économique.

Thierno Alassane Sall fustige la politique budgétaire : « Nous sommes dans une hypertension budgétaire »

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange houleux ce matin lors de l’examen du projet de loi n°01/2025 sur la réglementation bancaire et du projet de loi n°02/2025 portant sur la microfinance. Le député Thierno Alassane Sall (TAS) a vivement critiqué les priorités budgétaires du gouvernement, s’adressant directement au ministre des Finances, Cheikh Diba. Il a dénoncé une situation économique préoccupante et un endettement excessif qui mettrait le pays en difficulté.

Dans son intervention, Thierno Alassane Sall a qualifié la situation financière du Sénégal d’« hypertension budgétaire ». Selon lui, le pays atteint un niveau record d’endettement, avec 3 885 milliards de francs CFA consacrés au service de la dette en 2025, un montant sans précédent dans l’histoire du Sénégal. Il estime que cet endettement met en péril la souveraineté économique du pays et limite considérablement les marges de manœuvre du gouvernement pour investir dans des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé et les infrastructures.

Le député a également critiqué le choix du gouvernement de mettre en avant la réglementation de la microfinance dans un contexte aussi alarmant. Il juge paradoxal de débattre de ce sujet alors que les finances publiques sont en crise. À ses yeux, la priorité devrait être la stabilisation économique et la réduction du déficit budgétaire plutôt que la promotion d’un système de microfinance qui ne pourra pas compenser les failles structurelles du secteur financier sénégalais.

En insistant sur la nécessité d’un contrôle strict des dépenses publiques, Thierno Alassane Sall a souligné que la mauvaise gestion financière et les gaspillages risquent d’aggraver encore davantage la situation budgétaire du pays. Il appelle à une réforme en profondeur des finances publiques afin d’éviter que le Sénégal ne tombe dans une spirale d’endettement incontrôlé.

Face à ces critiques, le ministre des Finances, Cheikh Diba, a défendu son action en affirmant que les finances publiques étaient sous contrôle et que des mesures étaient en place pour garantir la stabilité économique du pays. Il a toutefois reconnu la nécessité de poursuivre les réformes afin de limiter l’impact de la dette sur l’économie nationale.

Indice de Perception de la Corruption 2024 : le Sénégal progresse mais reste sous vigilance

Transparency International a publié son classement annuel de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC), et le Sénégal enregistre une légère amélioration. Avec une note de 45 sur 100, le pays gagne deux points par rapport à 2023, ce qui lui permet de se hisser à la 69e place mondiale. Un classement qu’il partage avec Sao Tomé-et-Principe, la Côte d’Ivoire et le Bénin, qui affichent le même score.

L’amélioration du score du Sénégal reflète les efforts déployés en matière de transparence et de lutte contre la corruption. Cependant, ce score reste en dessous de la moyenne mondiale, qui est de 43. Plus des deux tiers des 180 pays évalués obtiennent un score inférieur à 50, ce qui démontre que la corruption demeure un problème structurel à l’échelle mondiale.

Au Sénégal, cette légère progression pourrait s’expliquer par des initiatives renforcées en matière de bonne gouvernance, d’audits publics et de lutte contre les détournements de fonds. Toutefois, les attentes de la population restent élevées, notamment en ce qui concerne la reddition des comptes et l’indépendance des institutions de contrôle.

À l’échelle continentale, peu de pays africains dépassent la barre des 50 points. Le classement révèle que les États les mieux notés sont généralement ceux qui disposent de mécanismes solides de transparence et d’une justice indépendante.

En revanche, plusieurs pays africains restent parmi les plus mal classés, avec des institutions fragiles et un manque de volonté politique pour endiguer la corruption.

Si la progression du Sénégal dans cet indice est un signal positif, la lutte contre la corruption reste un défi majeur. La mise en place de réformes institutionnelles, le renforcement des organes de contrôle et une justice indépendante seront déterminants pour améliorer davantage la position du pays dans les prochaines années.

SAINT-LOUIS / TRAGÉDIE À L’UGB : Un étudiant retrouvé mort dans des circonstances troubles

La communauté universitaire de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis est sous le choc après la découverte, tard dans la soirée du lundi au mardi, du corps sans vie d’un étudiant dans sa chambre. Les circonstances de ce drame restent pour l’heure troubles, bien que certains évoquent la thèse du suicide.
Les autorités universitaires et les forces de l’ordre se sont immédiatement rendues sur les lieux afin de procéder aux premiers constats.
Une enquête a été ouverte pour déterminer avec précision les causes de ce drame.
Cet événement tragique a plongé l’ensemble de la communauté universitaire dans une profonde consternation. À travers les réseaux sociaux, les étudiants, ont exprimé leur tristesse et leur incompréhension face à cette situation, espérant que la lumière soit rapidement faite.

Le Dakarois

Affaire des 125 milliards : Tahirou Sarr convoqué à la DIC ce jeudi

L’homme d’affaires Seydou Sarr, plus connu sous le nom de Tahirou Sarr, est convoqué à la Division des Investigations Criminelles (DIC) ce jeudi 13 février 2025 pour une audition dans le cadre de l’enquête ouverte par le Parquet Judiciaire Financier.

Selon nos informations, Tahirou Sarr a reçu sa convocation dès vendredi dernier, ce qui laisse penser que l’instruction judiciaire progresse rapidement dans cette affaire impliquant des flux financiers suspects. L’enquête s’appuie sur un rapport explosif de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui fait état de mouvements financiers douteux d’un montant cumulé de plus de 125 milliards de francs CFA.
Le nom de Tahirou Sarr apparaît dans ce dossier sensible, aux côtés d’autres personnalités influentes, dont le député Farba Ngom, qui doit également comparaître ce jeudi devant le Collège des juges d’instruction du Parquet Financier. L’enquête vise à établir l’origine exacte de ces fonds et à déterminer si des faits de blanchiment d’argent, de corruption ou d’abus de biens sociaux peuvent être retenus contre les mis en cause.
Le rapport de la CENTIF met en lumière des opérations financières jugées anormales, avec des transferts de fonds ayant transité par plusieurs comptes bancaires au Sénégal et à l’étranger. Les enquêteurs cherchent notamment à savoir si ces fonds proviennent de marchés publics, de contrats frauduleux ou d’activités suspectes dans des secteurs stratégiques.
Cette convocation de Tahirou Sarr à la DIC s’inscrit donc dans un processus d’investigation visant à faire la lumière sur ces mouvements financiers et à identifier d’éventuelles responsabilités.
Les auditions prévues ce jeudi 13 février marqueront un tournant dans cette affaire, qui suscite un grand intérêt au sein de l’opinion publique. Alors que les partisans de Farba Ngom annoncent une mobilisation massive à Matam, il est à prévoir que l’audition de Tahirou Sarr à la DIC ne passera pas inaperçue.

Affaire Pape Sané : Le journaliste maintient ses propos et défend ses sources devant les enquêteurs

Convoqué ce lundi par la Division des Investigations Criminelles (DIC), puis conduit à la Brigade des Affaires Générales (BAG) du Palais de justice de Dakar, le journaliste-chroniqueur Pape Sané a été interrogé pendant plusieurs heures sur ses récentes déclarations lors d’une émission sur Walf TV. Il avait évoqué un scandale financier présumé impliquant plusieurs milliards de francs CFA et mettant en cause un homme d’affaires ainsi qu’un ministre de la République.

Accompagné de ses avocats, Me Moussa Sarr, Me Youssouf Camara, Me Cheikh Niass et Me Amadou Diallo, Pape Sané a assuré qu’il avait maintenu l’intégralité de ses propos devant les enquêteurs et qu’il avait apporté toutes les preuves pour étayer ses révélations.

Lors de son audition, le journaliste a été invité à détailler les faits qu’il a avancés lors de son intervention médiatique. Il a affirmé avoir fourni des éléments concrets et expliqué en profondeur l’affaire pour laquelle il a été convoqué.

« Nous avons donné notre version du dossier et présenté toutes les preuves en notre possession. L’audition a duré plusieurs heures et, à la fin, on nous a demandé d’attendre que la hiérarchie soit informée », a-t-il déclaré à la presse à sa sortie du Palais de justice de Dakar.

Les enquêteurs ont également demandé à Pape Sané de révéler l’origine des documents qu’il détient sur cette affaire. Toutefois, fidèle à l’éthique journalistique et à la protection des sources, il a refusé de divulguer ses informateurs.

À l’issue de l’interrogatoire, Pape Sané a assuré que les enquêteurs ne lui avaient rien reproché et qu’aucune charge n’a été retenue contre lui.

« Ils m’ont signifié que je pouvais retourner chez moi, mais que je reste à la disposition de la justice », a-t-il précisé.

Cette convocation intervient dans un climat de tension entre certains journalistes et les autorités, alors que plusieurs enquêtes sensibles sur des affaires politico-financières secouent l’actualité nationale.

L’audition de Pape Sané relance le débat sur la protection des journalistes et leur capacité à enquêter sur des sujets sensibles sans subir de pressions judiciaires. Son cas sera suivi de près par les organisations de défense des libertés de la presse, alors que le Sénégal a récemment fait face à plusieurs tensions entre médias et pouvoir.

Le FDR exige l’ouverture de concertations politiques sur le processus électoral

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) intensifie sa pression sur le gouvernement en réclamant l’ouverture immédiate de concertations politiques. Cette demande vise à évaluer les élections présidentielle et législatives récentes, ainsi qu’à procéder à une revue en profondeur du Code électoral.

Dans un communiqué publié ce lundi, le FDR insiste sur la nécessité d’un dialogue inclusif pour garantir un cadre électoral équitable et transparent. Il exige notamment une révision concertée de la législation sur les partis politiques, en veillant à ce que celle-ci respecte le pluralisme et les garanties offertes par la Constitution.

Le FDR estime que les récentes élections ont révélé des failles majeures dans le dispositif électoral sénégalais, et demande une refonte du Code électoral afin d’assurer plus de transparence et d’équité dans les scrutins à venir.

Pour Khalifa Sall, un des principaux leaders du mouvement, « il est impératif d’ouvrir des discussions sincères et constructives pour éviter que les mêmes erreurs ne se répètent lors des prochaines échéances électorales ».

Le FDR insiste aussi sur la nécessité de réexaminer les critères d’attribution des récépissés aux partis politiques, pointant du doigt une gestion arbitraire qui limiterait l’expression démocratique.

Lancé ce dimanche, le FDR regroupe plusieurs figures majeures de l’opposition, parmi lesquelles Khalifa Sall, Abdou Mbow (APR), Modou Diagne Fada, Oumar Sarr et Anta Babacar Ngom. Cette coalition ambitionne de devenir un contre-pouvoir structuré, capable d’influencer les grandes décisions politiques du pays.

Avec cet appel à des concertations politiques, le FDR veut forcer le gouvernement à s’engager dans un dialogue national. Reste à savoir si cette initiative sera suivie d’effets ou si le pouvoir en place maintiendra sa posture face aux revendications de l’opposition.

Affaire des titres fonciers 5058/NGA, 13833/NGA et 1838/NGA : Est-ce la fin de l’acharnement médiatico-judiciaire contre Tahirou Sarr ?

Monsieur Tahirou SARR n’est pas un acteur politique. Il n’est militant d’aucun parti. Il travaille dignement pour son pays. Le patron de Sofica est toujours disposé à accompagner les régimes en place comme toujours. Alors pourquoi, cherche-t-on à le sacrifier dans ces combats entre acteurs politiques ? Tahirou SARR est un patriote au service du Sénégal. Après le beau geste du premier Ministre Ousmane SONKO à l’égard du champion Babacar NGOM «Sedima », qu’il a reçu en audience, il devrait ouvrir ses portes à Tahirou SARR qui n’a qu’ une seule ambition : aider son pays. 

La Sureté Urbaine a mené une enquête le 22 Janvier 2025. Il s’agit de l’information ouverte dans le cadre d’une enquête relative à l’indemnisation d’expropriation pour cause d’utilité publique des titres fonciers 5058/NGA, 13833/NGA et 1838/NGA, au profit de la société SOFICO SA représentée par le sieur Seydou SARR dit Tahirou SARR. Les héritiers propriétaires desdits TF, estimant irrégulière et frauduleuse ladite procédure, avaient mandaté le sieur Matar DIENE à l’effet de déposer plainte contre la société susnommée. Les auditions des acteurs principaux ont totalement blanchi Tahirou SARR victime d’acharnement depuis plusieurs mois.

Dans la procédure d’enquête, la sureté urbaine a saisi la direction des domaines pour obtenir les procès-verbaux de réunion de conciliation de la commission régionale pour l’indemnisation au profit de la société « SOFICO SA » concernant les titres fonciers 5058/NGA, 13833/NGA et 1838/NGA. Les enquêteurs ont également entendu l’ancien Directeur des domaines Manmour Diallo, sans oublier les fonctionnaires et autres personnes ayant pris part à la réunion de conciliation. En plus, la sureté urbaine a saisi le centre des services fiscaux de Ngor Almadies pour vérifier si ce service a procédé à une indemnisation relativement aux titres fonciers 5058/NGA, 13833/NGA et 1838/NGA. Les enquêtes ont également cherché à obtenir l’acte d’acquiescement portant sur le titre foncier n 13833/NGA. Dans la même procédure, les limiers ont saisi le Payeur général du Trésor afin d’obtenir les copies des preuves de paiement au profit de la société « SOFICO SA » sur la base d’actes d’acquiescement dument signé par le bureau des domaines de Ngor Almadies à la date du 20 septembre 2017. Il faut reconnaitre que la Sureté urbaine a effectué un travail professionnel sans rien laisser au hasard.

Dans les investigations, le Payeur général du Trésor a apporté les éléments suffisants à propos des paiements reçus par Sofico appartenant à Tahirou SARR.  Il a précisé que l’acte d’acquiescement sollicité par les enquêteurs n’est pas un élément crédible pouvant aider dans la recherche de traçabilité de paiement. Aux enquêteurs, le Payeur a remis le relevé du compte N 368 3018 ouvert au nom du receveur des domaines qui permet de retracer les paiements effectués au profit de « SOFICO SA » du 01 Janvier 2017 au 29 Décembre 2017.

Pour l’année 2017, SOFICO SA a reçu des paiements d’un montant total de 6 milliards 554.125.000 FCFA. Ce montant est détaillé comme suit : d’abord, 2 milliards 815.225.000 FCFA au titre de l’indemnité due aux expropriés du TF 17.865/DP. Ensuite, Sofico a reçu 01 milliard 394.400.000 FCFA au titre de l’indemnité due aux expropriés du TF 5.5471GR, puis  744.500.000 FCFA au titre de l’indemnité due aux expropriés du TF EX 7.129/DG7 et enfin 1 milliard 600.000.000 FCFA au titre de l’indemnité due à Ndiaga NDOYE et consorts dans le cadre du programme de la réalisation des parcelles assainies sur le TF 1451/R par la SNHLM.  Dans le constat du relevé du compte, il apparait «qu’aucun paiement n’a été effectué au profit de la société SOFICO SA au titre de l’indemnisation due aux expropriés des titres fonciers, objet de l’enquête » soulignent les enquêteurs.

Il n’est inutile de rappeler que le sieur Matar DIENE, représentant les héritiers propriétaires des TF expropriés avait déposé une plainte contre Tahirou SARR. Ce dernier a été entendu par les enquêteurs. Face aux enquêteurs, Monsieur DIENE a déclaré que le receveur des domaines de Ngor Almadies lui avait souligné que les  03 TF en question étaient devenus la propriété de monsieur Tahirou SARR, directeur général de la SOFICO SA.

Dans un Etat de droit, nul ne peut remettre en cause cette procédure qui a abouti à la cession des TF à Tahirou SARR. Rappelons que le patron de Sofico avait signifié au receveur des Domaines de Ngor Almadies, par voie d’huissier, 02 procès-verbaux de conciliation homologués par le Président du Tribunal Régional Hors Classe de Dakar. Ces deux documents portent un accord signé entre Tahirou SARR et les héritiers propriétaires desdits titres fonciers.  Cet accord atteste que les héritiers ont cédé leurs créances sur l’Etat du Sénégal à Tahirou SARR. Cette cession lui a permis de se substituer aux héritiers pour percevoir, au nom de sa société SOFICO SA, les indemnités d’expropriation dues par l’Etat du Sénégal.

LA JUSTICE CONFORTE TAHIROU SARR

Par ailleurs, l’ensemble des pièces fournies (des procès-verbaux de conciliation) par Monsieur Diene contre Tahirou SARR devant les enquêteurs attestent que le juge a homologué les accords intervenus entre les héritiers propriétaires des TF concernés par la procédure d’expropriation, représentés par l’Etude Maitres SO et SO et la société SOFICO SA du sieur Seydou SARR, représentée par l’Etude de Maitre Papa Aly DIAGNE. Ces documents fournis par un supposé mandataire des familles sont venus conforter Tahirou SARR dans ses droits.

Les procès-verbaux de conciliation ont permis de comprendre que  le premier lot N O872 du 08 mai 2014 concerne les TF N o 5058/NGA et 13833/NGA, propriété des héritiers de feus Rokhaya THIAW, Ousmane SAMBA et Mboye GUEYE. En vérité, les familles n’ont rien perçu de l’Etat du Sénégal malgré leurs multiples démarches en ce sens. Elles ne voulaient plus continuer à attendre davantage. C’est ainsi que les héritiers ont cherché une solution pour être payés dans l’urgence. Voilà pourquoi, ils ont décidé de céder cette créance à la société SOFICO SA, pour un montant estimé à 257.460.000 FCFA.

Par ailleurs, les enquêteurs ont brillamment investigué sur le procès-verbal N 2218 du 18 décembre 2014 par lequel le juge El Hadji Boubou NDIAYE a homologué l’accord intervenu entre les héritiers des feus Birame NDOYE, Aby NDOYE Mamadou NDOYE, Thierno THIAW, Abdoulaye THIAW, Marième THIAW et Rokhaya THIAW représentés par monsieur Ousseynou TALL élisant domicile en l’Etude de Maitres SO et SO et la société SOFICO SA représentée par le sieur Seydou SARR élisant domicile en l’Etude de Maitre Papa Aly DIAGNE. Sur ce même dossier, l’accord officialise la cession, par héritiers à la société SOFICO SA, de la créance que leur doit l’Etat du Sénégal au titre de l’indemnisation pour l’expropriation pour cause d’utilité publique dont ils ont fait l’objet et portant sur le titre foncier N 1838/NGA (ex 6374/DG) d’une superficie de 32.870 m . La cession de cette créance est acceptée par les deux parties pour un montant de 328.000.000 FCFA.

Il a été rappelé que sur les deux procès-verbaux de conciliation,  les signatures du Président du tribunal et de son greffier  y sont bien visibles. On remarque également celles des deux parties. Les deux procès-verbaux ont été enregistrés  au niveau des services des impôts et domaines.

Il est important de souligner que les procès-verbaux et les mandats signés et versés dans le dossier, ont permis de conclure que la procédure de cession au bénéfice de la société SOFICO SA, ne souffre d’aucune irrégularité. Car les héritiers propriétaires des TF en question ont désigné l’avocat Me Abdourahmane SO dit Lenine pour négocier et céder la créance qu’ils avaient sur l’Etat du Sénégal. L’avocat muni d’un mandat spécial délivré par les héritiers, a négocié avec la société SOFICO SA du sieur Seydou SARR. C’est ainsi qu’un accord  a été trouvé pour la cession des créances des héritiers. Devant les enquêteurs, Monsieur Diene a soulevé des irrégularités visant Me SO, qui ne peuvent toutefois, pas être opposées au sieur Seydou SARR et  à sa société Sofica.

En outre, il faut dire que lors de l’enquête préliminaire, les héritiers Alioune Badara MBENGUE, Tamsir Mboye GUEYE et Mamadou NDOYE,  mandataires des autres héritiers, avaient reconnu sur procès-verbal avoir donné mandat à Maitre Abdourahmane SO avec la mission de  négocier et céder leur créance d’indemnisation dans le cadre de la procédure d’expropriation de leurs TF. Mais d’autres héritiers ont estimé que ce mandat remis à l’avocat était provisoire.

Par ailleurs, sur les faits, même si les mandats présentés par le mandataire étaient faux, cette faute ne sera  pas opposable à Tahirou SARR ni à sa société SOFICO SA.  En plus, le sieur n’a pas aucun moyen de vérifier l’authenticité d’un mandat falsifié. Il est important de souligner que dans ce dossier, Sofico n’a jamais agi en tant qu’intermédiaire.

Il faut retenir qu’à propos de ce TF N 1838/NGA, Matar DIENE a initié plusieurs procédures tant au civil qu’au pénal contre Tahirou SARR et sa société SOFICO. Le sieur DIENE a sollicité de la Justice, l’annulation du PV d’homologation. Ce dernier a été débouté à trois reprises par les jugements N°790 du 07 octobre 2019, N 741 du 03 novembre 2020 et N 1005 du 11 décembre 2019 rendus par le tribunal.

Concernant les deux TF N13.833/NGA et N 5058/NGA, Tahirou SARR a soutenu devant les enquêteurs qu’il n’y a pas de contentieux avec les héritiers propriétaires. Selon lui, les TF font l’objet d’une autre procédure de cession de créance homologuée par le président du TGI de Dakar suivant PV N 872 du 08 mai 2014. Par ailleurs, il a produit un exemple du protocole d’accord en date du 30.06.2022 intervenu entre la SOFICO et ces derniers qui ont reçu l’intégralité de la somme due. Tahirou SARR a par ailleurs produit l’ensemble des justificatifs des paiements qu’il a effectués à Alioune Badara MBENGUE mandataire des héritiers propriétaires.

Les auditions à la Sureté urbaine ont révélé que dans l’affaire dite des 94 milliards du TF N 1451/R, la Cour d’Appel de Dakar, dans son jugement N 211 du 21 juillet 2021, a donné raison à la SOFICO contre la DGID qui avait demandé la suppression des actes d’acquiescement au motif qu’il n’y avait pas de créance. Il a été souligné que la Cour d’Appel a reconnu l’effectivité de la créance. Par ailleurs, il a été rappelé que l’acte sous seing privé de cession de créance restait dans l’ordonnancement juridique même s’il n’était pas homologué par le tribunal.

Disons que selon les enquêteurs, concernant la société SOFICO et Seydou SARR, l’enquête n’a pu établir aucune charge pouvant justifier des poursuites à leur encontre. En effet, les éléments d’enquête analysés supra n’ont décelé aucune irrégularité qui leur serait imputable, de nature à entacher la procédure qui a abouti à la subrogation de ladite société dans les droits des héritiers propriétaires des TF en cause.

Rappelons que dans l’affaire dite des 94 milliards du TF N 1451/R, la Cour d’Appel de Dakar, dans son jugement N 211 du 21 juillet 2021, a donné raison à la SOFICO contre la DGID.   Et dans l’affaire des titres fonciers 5058/NGA, 13833/NGA et 1838/NGA, l’enquête à la Sureté urbaine n’a pu établir aucune charge pouvant justifier des poursuites contre Tahirou SARR.

A quand la fin de l’acharnement contre Tahirou SARR lynché dans les média au moment où d’autres pays africains honorent leurs champions ?

Grand Prix du Chef de l’État pour l’Enseignant : Bara Mbengue honoré

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi 6 février 2025, au Grand Théâtre Coumba Rose de Dakar, la cérémonie de remise du Grand Prix du Chef de l’État pour l’Enseignant. Pour cette troisième édition, c’est Bara Mbengue, professeur de lettres au CEM Louga Commune, qui a été désigné lauréat par un jury présidé par l’inspecteur à la retraite Iba Ndiathie.

Bara Mbengue, fort de 19 ans de carrière dans l’enseignement, a été distingué pour son dévouement et son impact significatif dans le domaine de l’éducation. En guise de récompense, il a reçu un chèque de 20 millions de FCFA, un trophée et a été élevé au grade de l’Ordre national du Lion. En outre, il représentera les enseignants sénégalais à travers l’Afrique durant une année.

Deux autres enseignants, Momath Kébé et Amadou Lamine Mané, ont également été honorés, respectivement pour la deuxième et la troisième place, recevant chacun un prix d’encouragement.

Lors de son discours, le lauréat a tenu à partager cette distinction avec l’ensemble de la communauté éducative. « Ce prix ne récompense pas seulement un individu, mais célèbre l’ensemble des enseignants qui, jour après jour, œuvrent avec dévouement pour l’éducation et l’avenir de notre nation », a-t-il souligné avec émotion.

Il a également profité de cette tribune pour attirer l’attention des autorités sur les conditions de travail souvent précaires de nombreux enseignants, notamment en milieu rural. « L’éducation est la clé de notre développement, et nous devons tous, collectivement, lui accorder la place qu’elle mérite », a-t-il plaidé.

Cette distinction, qui met en lumière l’importance du métier d’enseignant, illustre la volonté des autorités de valoriser ce pilier fondamental du développement national. Avec cette reconnaissance, Bara Mbengue devient un symbole de l’engagement et du sacrifice de milliers d’éducateurs à travers le pays.

Babacar Mbaye prend officiellement les rênes de la Direction générale des Douanes

La Direction générale des Douanes (DGD) du Sénégal a un nouveau patron. L’Inspecteur principal des Douanes de classe exceptionnelle, Babacar Mbaye, a officiellement pris fonction ce jeudi 6 février 2025. La cérémonie de passation de service avec son prédécesseur, Dr Mbaye Ndiaye, s’est déroulée dans le respect des traditions républicaines au siège de la DGD.

Babacar Mbaye est un haut cadre des Douanes sénégalaises qui connaît parfaitement les rouages de l’institution. Fort de plus de 22 ans de carrière, il a gravi tous les échelons depuis son entrée dans le Corps des Inspecteurs en 2002. Son parcours professionnel, marqué par une rigueur et une expertise reconnues, l’a conduit à occuper plusieurs postes stratégiques au sein de l’Administration douanière.

Avant sa nomination en tant que Directeur général le 15 janvier 2025, il dirigeait la Direction des Opérations douanières. Il a auparavant occupé des fonctions clés, notamment en tant que Chef de Subdivision et Chef de Bureau à Dakar-Port Sud, ainsi que Directeur régional des Douanes du Nord et de Dakar-Port. Ce dernier poste, particulièrement stratégique, lui a permis de superviser plus de 90 % des recettes douanières du pays.

Le nouveau Directeur général des Douanes est un officier décoré, distingué par l’Ordre national du Mérite, la Médaille d’Honneur des Douanes sénégalaises et la Médaille de l’Organisation mondiale des Douanes. Son expérience et sa maîtrise des services centraux et opérationnels font de lui un choix logique pour prendre la tête de l’institution douanière sénégalaise.

La cérémonie d’installation a vu la présence de plusieurs hauts responsables de l’Administration des Douanes, dont le Coordonnateur de la DGD, Malick Mbaye, ainsi que des représentants de l’Inspection générale des Finances.

Avec cette nomination, Babacar Mbaye hérite d’une mission clé : renforcer l’efficacité des services douaniers, optimiser les recettes de l’État et poursuivre la modernisation de l’Administration des Douanes sénégalaises.

Immunité parlementaire : Amadou Ba et Birima Mangara préservés

Le juge du 2e cabinet du tribunal de Dakar a rendu une décision ce jeudi rejetant la demande du procureur de la République visant à lever l’immunité parlementaire des députés Amadou Ba et Birima Mangara. Cette décision survient alors que l’ancien Premier ministre, Amadou Ba, est cité dans une affaire d’indemnisation relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique de certains titres fonciers au profit de la société Sofico.

Malgré les accusations, la protection juridictionnelle des députés, en vertu de leur immunité parlementaire, demeure donc en place. Ce rejet pourrait avoir des conséquences sur l’évolution de l’enquête et sur les démarches futures, mais il met également en lumière les tensions entre les exigences judiciaires et les privilèges accordés aux parlementaires.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 05 Février 2025 .

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 05 février 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a remercié les populations qui se sont mobilisées lors de la 9ème édition des Journées « Setal Sunu Réew ». Il a ensuite demandé au Gouvernement de procéder à une évaluation générale de la mise en œuvre du concept « Setal Sunu Réew » et de son appropriation durable par les populations. Il convient notamment d’intégrer davantage les cibles scolaires prioritaires, les élèves (des écoles et daara), mais également les conseils et associations de quartier soutenus par la mobilisation permanente des structures et services publics tels que la SONAGED et de toutes les bonnes volontés.
       
          Le Sénégal doit promouvoir une culture de propreté et de préservation du cadre de vie.  Dès lors, le Président de la République a demandé au Premier Ministre de lui proposer un nouveau format de la Journée nationale de mobilisation citoyenne qui sera lancé lors des festivités du 04 avril 2025, marquant le 65ème anniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Ce nouveau format d’engagement citoyen doit constituer un axe majeur du Programme national de Promotion de la Citoyenneté placé sous la coordination du Premier Ministre.
          
          Le Chef de l’Etat a abordé la problématique du rôle de l’enseignant et de l’école dans le renforcement de la citoyenneté et de la construction nationale.  La matérialisation de la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère repose sur un engagement patriotique exemplaire en particulier dans l’espace scolaire. Il a demandé au Ministre de l’Education nationale et au Ministre de la Formation professionnelle et technique de travailler avec tous les acteurs de la communauté éducative et le Ministère des Forces armées pour renforcer l’instruction civique dans les curricula et la vulgarisation des valeurs de discipline, de solidarité et d’excellence dans le système éducatif. Il a exhorté le Gouvernement à veiller au fonctionnement optimal des établissements scolaires et au renforcement permanent de l’encadrement des élèves et apprenants dans le contexte du développement du numérique et de l’Intelligence artificielle. 
 
            Le Président de la République a rendu un hommage particulier à toutes les générations d’enseignants qui ont œuvré sans relâche pour asseoir la formation de qualité des élèves et contribuer au rayonnement de notre système éducatif.  Il a magnifié le rôle primordial et la place fondamentale des enseignants dans la valorisation du capital humain national.  La Nation reconnaissante, va d’ailleurs organiser, le 06 février 2025, sous l’égide du Ministère de l’Education nationale, la cérémonie de remise du Grand Prix du Chef de l’Etat pour l’Enseignant que le Président de la République présidera. 
 
           Le Chef de l’Etat a saisi l’occasion de ce Conseil pour saluer le travail remarquable des hommes de Lettres ainsi que la vitalité de la production littéraire nationale dans tous les domaines. Ce qui constitue un patrimoine inestimable pour le Sénégal. En sa qualité de Premier protecteur des Arts et des Lettres du Sénégal, il a rappelé au Gouvernement l’impératif de promouvoir le livre et la lecture dans le système éducatif et dans l’enseignement supérieur. A cet effet, il a demandé au Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture et au Secrétaire d’Etat à la Culture, en relation avec les Ministres en charge de l’Education nationale, de la Formation professionnelle et technique, de l’Enseignement supérieur, des Collectivités territoriales, de la Communication et du Numérique, d’accentuer les efforts en matière de promotion du livre et de la lecture, notamment des publications nationales et africaines. Il a aussi indiqué l’urgence de restructurer et de renforcer le Fonds d’aide à l’édition et de développer une politique innovante de modernisation des bibliothèques et salles de lecture dans les établissements scolaires, universitaires et d’enseignement supérieur, à la lumière des opportunités et innovations du numérique favorisant l’essor du livre numérique. Il a, par ailleurs, invité le Ministre en charge de la Culture à mobiliser l’assistance et les partenariats nécessaires afin de mieux accompagner les associations d’écrivains. Ces organisations, d’utilité publique, doivent être davantage impliquées dans la mise en œuvre des politiques publiques notamment celles culturelles relevant de l’Agenda national de Transformation à l’horizon 2050. Il a demandé au Ministre et au Secrétaire d’Etat en charge de la Culture de préparer, avec l’ensemble des hommes de Lettres du Sénégal, l’organisation, en fin juin 2025, d’un Forum national sur le livre et la lecture avec la participation de toutes les parties prenantes.           L’ancrage de l’économie sociale et solidaire dans la vie nationale demeure un facteur de mobilisation des populations et un puissant catalyseur de succès dans la mise en œuvre des politiques publiques. C’est dire que la politique nationale en la matière doit favoriser la transformation des systèmes de production et de financement mais également l’intensification de la création d’activités génératrices de revenus et d’emplois durables et décents dans toutes les localités du pays. A cet effet, le Président de la République a invité le Premier Ministre à tenir, d’ici fin mars 2025, un Conseil interministériel sur l’économie sociale et solidaire afin de proposer une nouvelle feuille de route ambitieuse. Il a aussi indiqué au Ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire, la nécessité de poursuivre les actions visant l’accélération des procédures d’obtention des agréments. Les réformes pour le développement des coopératives agricoles et paysannes initiées par le Ministre de l’Agriculture et le Secrétaire d’Etat chargé des organisations paysannes doivent aussi être soutenues. 
          Enfin, le Chef de l’Etat a félicité le Premier Ministre, le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et l’ensemble du Gouvernement pour toutes les diligences accomplies ayant permis le lancement, le lundi 3 février 2025, à Fass Touré, dans le département de Kébémer, de la phase 2 de l’important projet d’approvisionnement en eau potable en milieu rural.
         Dans sa communication, le Premier Ministre a informé le Conseil de la finalisation d’une étape essentielle des travaux de mise en œuvre opérationnelle de l’Agenda Sénégal 2050, à savoir l’élaboration de la liste des projets, programmes et réformes de la période 2025-2029, soumise à la validation de Monsieur le Président de la République.
         Le travail de déclinaison stratégique a abouti à un portefeuille global de deux cents soixante-seize (276) projets et programmes, dont soixante (60) considérés comme prioritaires, ainsi qu’à une quarantaine de réformes structurelles à entreprendre. Il a relevé le défi majeur que constitue la mise en œuvre agile et structurée de cet agenda. 
         Dans ce sillage, le Premier Ministre a relevé l’articulation à assurer avec environ cinq cents (500) projets et programmes en cours. Ce nombre est ressorti des travaux qu’il avait demandé de mener avant toute dépense d’investissement sur le premier trimestre 2025. À l’analyse de ces projets par le Groupe de travail, il ressort des constats préoccupants relatifs à certains projets, notamment :
–         une durée de vie supérieure à cinq voire dix ans ;
–         de faibles taux de réalisation inférieurs à 20% malgré une longue durée d’implantation ;
–         l’inexistence de dépenses d’investissement au profit de charges de fonctionnement ;
–         le chevauchement d’objectifs sur plusieurs ministères ;
–         l’absence de reporting régulier à la tutelle technique pour des projets opérés par des entités du secteur parapublic.
         Le Premier Ministre a ainsi demandé au Groupe de travail de poursuivre ses analyses en proposant des mesures de rationalisation, notamment des fusions dans les projets et programmes du plan quinquennal 2025-2029 et des suppressions.
         Enfin, le Premier Ministre a invité le Ministre des Finances et du Budget à veiller au strict respect, par les liquidateurs du Haut Conseil des Collectivités territoriales (HCCT) et du Conseil économique, social et environnemental (CESE), du dispositif juridique régissant les modalités de liquidation de ces entités. Dans ce cadre, il a demandé au Ministre, en relation avec ses collègues chargés de la Fonction publique et du Travail et le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de lui soumettre, dans les meilleurs délais, les options ouvertes en concernant le traitement de la situation du personnel.
 
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
 
•       Le Ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a fait le bilan d’étape de la préparation du pèlerinage à la Mecque édition 2025 ;
 
•       Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a présenté la situation de la campagne de commercialisation de l’arachide 2024 et le processus de révision et d’actualisation de la Loi d’Orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP) ;
 
•       Le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement a fait une présentation des Programmes et projets prioritaires 2025-2029.

Casamance : plus de deux millions de mètres carrés déminés, mais des défis subsistent

La Casamance, longtemps marquée par un conflit de plus de 40 ans, poursuit son chemin vers la paix et la reconstruction. Entre 2008 et 2024, plus de 2,2 millions de mètres carrés ont été déminés, selon l’ambassadeur Papa Magueye Diop, directeur du Centre national d’action antimine au Sénégal (CNAMS). Cette avancée majeure a permis de sécuriser 54 localités dans 141 zones et de neutraliser 504 engins explosifs.

Ces données ont été révélées lors du comité régional de pilotage du plan spécial 2024-2025 pour le retour des populations déplacées, qui s’est tenu à Ziguinchor. L’objectif principal du plan est d’achever le déminage de 20 localités, dont 14 sont actuellement abandonnées. Pour les autorités, le déminage est un impératif pour permettre aux populations déplacées de retrouver leurs terres et de reconstruire leur vie.

Le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, a insisté sur l’importance d’accélérer le processus de déminage pour concrétiser le retour des populations déplacées. « Pour que le retour des déplacés puisse être effectif dans les terroirs, il faut impérativement accélérer le processus de déminage », a-t-il déclaré.

Face à cette urgence, l’État sénégalais a annoncé une allocation de 15 milliards de francs CFA pour intensifier le déminage en Casamance. Cette annonce a été bien accueillie par les autorités locales, mais certains élus estiment que ces fonds restent insuffisants au regard de l’ampleur du travail à accomplir.

Maurice Diédhiou, président du Conseil départemental d’Oussouye, a exprimé son inquiétude quant à l’absence d’opérations de déminage dans certaines zones. « Rien n’a été fait dans ma localité, notamment à Santhiaba Manjack, où plusieurs villages restent toujours abandonnés à cause des mines », a-t-il regretté. De son côté, le maire d’Oulampane, Sagar Coly, a exhorté les autorités à accélérer les opérations pour éviter que le retour des déplacés ne soit freiné.

Depuis le début du conflit en Casamance, les mines antipersonnel ont causé d’importants dégâts humains et matériels. Selon les chiffres officiels, 870 victimes de mines ont été recensées, dont 186 souffrent encore de séquelles physiques. Malgré les efforts de déminage entrepris, de nombreuses zones restent encore dangereuses, rendant difficile l’accès aux terres agricoles et aux habitations.

Cependant, une lueur d’espoir se dessine pour la région, qui connaît une accalmie notable depuis les opérations militaires menées par l’armée nationale il y a deux ans. Ces interventions ont permis de démanteler plusieurs bases rebelles et d’assurer un meilleur contrôle du territoire. Cette dynamique positive s’est accélérée en mai 2024, lorsque 250 combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) ont officiellement déposé les armes lors d’une cérémonie à Mongone, dans le département de Bignona.

L’ambition du gouvernement sénégalais est de faire du pays un territoire sans mines d’ici 2026. Un objectif ambitieux, mais qui reste conditionné à la mobilisation des ressources financières et à la coopération entre les différents acteurs impliqués.

La sécurisation des zones affectées est essentielle pour garantir une paix durable et permettre aux populations de retrouver une vie normale. Toutefois, les défis restent nombreux, notamment en ce qui concerne la cartographie précise des zones minées et la formation des démineurs.

Rencontre entre Ousmane Sonko et Babacar Ngom : Seydi Gassama réaffirme son soutien à Ndingler

La récente rencontre entre le Premier ministre Ousmane Sonko et l’homme d’affaires Babacar Ngom continue de susciter des réactions. Parmi les voix qui s’élèvent, celle de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, qui a tenu à réaffirmer son engagement en faveur des habitants de Ndingler.

Sur le réseau social X, l’activiste des droits de l’homme a réagi à la publication d’une photo où l’on aperçoit le chef du gouvernement aux côtés du fondateur du groupe Sedima. « Les soutiens de Babacar Ngom se réjouissent pour une photo avec Ousmane Sonko. Tant que Ndingler luttera, Amnesty International Sénégal restera à leurs côtés », a-t-il déclaré.

Seydi Gassama a également mis en garde contre toute solution qui ne tiendrait pas compte des revendications des populations locales. Il a averti que si un règlement du litige foncier était décidé sans l’adhésion des habitants de Ndingler, l’affaire pourrait être portée devant les juridictions régionales et internationales. « Toute solution qui ne tiendra pas compte de leurs revendications légitimes fera l’objet de recours devant les juridictions régionales et l’ONU », a-t-il insisté.

Le conflit entre Babacar Ngom et les populations de Ndingler remonte à 2021, lorsque l’homme d’affaires a été accusé d’avoir exproprié 75 hectares de terres situées entre les villages de Ndingler et Djilakh, dans le département de Mbour. Les habitants affirment que ces terres leur appartiennent et dénoncent une tentative de spoliation. De son côté, Babacar Ngom soutient qu’il détient légalement ces parcelles, après une attribution officielle par les autorités compétentes.

Ce litige a engendré de vives tensions entre les populations locales et les employés de la Sedima, chargés d’exploiter ces terres. Des affrontements avaient éclaté, entraînant plusieurs interventions des forces de l’ordre et des tentatives de médiation, notamment sous l’égide des autorités administratives et des organisations de la société civile.

La rencontre entre Ousmane Sonko et Babacar Ngom soulève des interrogations quant à l’orientation que pourrait prendre le dossier sous l’ère du nouveau gouvernement. Le Premier ministre, connu pour ses prises de position fermes sur les questions foncières et sa proximité avec les populations rurales, pourrait-il jouer un rôle de facilitateur dans ce dossier sensible ?

Si certains observateurs y voient une tentative de rapprochement en vue d’une résolution du conflit, d’autres craignent que cette rencontre soit interprétée comme un revirement de position du Premier ministre sur la question des terres rurales et de leur attribution.

Mauritanie : 9 migrants clandestins retrouvés morts au large de Nouadhibou

Neuf corps de migrants clandestins ont été repêchés au large de Nouadhibou, dans le nord de la Mauritanie, après le naufrage de leur embarcation. L’information a été rapportée par la presse mauritanienne et confirmée par les autorités locales ce mardi.

Selon la municipalité de Nouadhibou, les victimes sont originaires de pays africains, mais leurs nationalités exactes n’ont pas été précisées. Les services de la mairie ont pris en charge leur inhumation en présence de représentants des communautés sénégalaises et maliennes.

Ce drame survient alors que la Mauritanie enregistre une intensification des flux migratoires clandestins vers l’Europe. Nouadhibou, ville portuaire située à environ 470 km au nord de Nouakchott, est devenue un point de départ privilégié pour de nombreux migrants qui tentent de rallier les îles Canaries. Cette route, bien que périlleuse, attire un nombre croissant de candidats à l’exil, dont des Africains subsahariens, mais aussi des ressortissants afghans et pakistanais.

Ces derniers mois, plusieurs embarcations ont été interceptées dans les eaux mauritaniennes avec à leur bord des dizaines de migrants. Certains n’ont pas cette chance et finissent par perdre la vie en mer. Le drame de ce mardi rappelle la nécessité de renforcer les dispositifs de surveillance et de secours pour éviter d’autres tragédies similaires.

Face à cette situation, les organisations humanitaires appellent les autorités mauritaniennes et les pays de départ à renforcer les efforts pour lutter contre l’immigration clandestine et proposer des alternatives aux jeunes en quête d’un avenir meilleur en Europe.

Paiement des bourses : le MESRI fixe la date après la colère des étudiants

Face à la grogne des étudiants due au retard dans le paiement des allocations, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a réagi en annonçant la date de versement des bourses. Dans un communiqué transmis à la presse, le ministère informe que le paiement des allocations débutera ce jeudi 6 février 2025.

Selon le MESRI, les paiements se feront de manière progressive, notamment pour les étudiants retardataires, en raison des montants élevés à couvrir. Ces allocations concernent la période allant d’octobre 2023 à septembre 2024.

Ce matin, une vague de contestation a secoué l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où de nombreux étudiants ont exprimé leur exaspération face aux retards répétés des paiements. Des manifestations ont éclaté sur le campus, traduisant un ras-le-bol général quant à la gestion des bourses.

Avec cette annonce du ministère, les étudiants espèrent désormais voir la situation se décanter rapidement afin d’éviter de nouvelles perturbations dans les universités publiques du pays.

Ziguinchor : Les députés de la région à l’écoute des communautés concernant l’exploitation du zircon d’Abéné

L’exploitation du zircon d’Abéné, dans la région de Ziguinchor, est un sujet qui fait débat depuis plusieurs années. En 2004, l’État du Sénégal a accordé un permis de recherche à la société australo-chinoise Carnégi-Astron pour explorer les ressources minérales le long du littoral casamançais, de Niaffrang au Cap-Skirring, couvrant une superficie de 397 km² sur un tronçon de 75 km de la côte. Cette exploration a abouti à la découverte d’un gisement de zircon, un minerai dont l’exploitation a suscité des inquiétudes parmi la population locale, notamment en raison des possibles impacts environnementaux sur l’écosystème fragile de la région.

Malgré ces préoccupations, l’exploitation du zircon a démarré récemment, mais elle a également provoqué une division au sein des communautés locales. Certains habitants craignent que l’exploitation minière ne nuise à l’environnement, tandis que d’autres espèrent en tirer des bénéfices économiques. Dans ce contexte, une délégation de députés de la région, comprenant ceux de Ziguinchor et un représentant de Goudomp (région de Sédhiou), a entrepris une visite de terrain à Abéné, sur le site d’exploitation, pour évaluer la situation.

Le député Bacary Diedhiou a expliqué que la mission des parlementaires était de s’enquérir des conditions d’exploitation du zircon et de vérifier si les populations locales bénéficient réellement de ce projet. Selon lui, « nous avons la responsabilité en tant que députés, en particulier ceux originaires de la région, de nous assurer que les ressources naturelles de la zone profitent réellement aux communautés locales ».

Le député a précisé que la visite visait également à s’assurer que l’exploitation respectait les engagements pris par les autorités et l’entreprise en termes de transparence et de dialogue avec les populations. « Nous avons été informés qu’il y a eu des audiences publiques et des discussions avec les populations avant le démarrage de l’exploitation, et nous avons pu constater qu’elles étaient d’accord avec ce projet », a-t-il ajouté.

L’une des préoccupations majeures des députés est la gestion de l’environnement après l’exploitation minière. Bacary Diedhiou a insisté sur l’importance de garantir la réhabilitation des sols après l’extraction du zircon. « Nous avons demandé à l’entreprise de mettre en place des programmes pour restaurer la fertilité des sols après exploitation », a-t-il déclaré. Selon lui, l’entreprise doit utiliser des technologies appropriées et travailler avec des spécialistes pour éviter que les sols deviennent instables et puissent soutenir une agriculture durable après l’exploitation des minerais.

La réhabilitation des sols a été confirmée sur place, avec des efforts en cours pour garantir que l’exploitation ne laisse pas de terres infertiles. « Nous avons constaté que l’entreprise met en place des programmes de réhabilitation pour améliorer la qualité du sol après l’exploitation », a-t-il précisé.

Lors de leur visite, les députés ont également pris note des bénéfices apportés par l’exploitation du zircon à la communauté locale. Bacary Diedhiou a souligné plusieurs actions concrètes entreprises par l’entreprise pour améliorer les conditions de vie des populations. Avant même le début de l’exploitation, des infrastructures importantes ont été mises en place, notamment des pistes de production pour faciliter l’évacuation des produits agricoles qui pourrissaient faute d’infrastructures adéquates.

En matière de santé, l’entreprise a réhabilité des postes de santé et des cases de santé, et a fourni une ambulance médicalisée, ce qui facilite l’évacuation des malades vers les hôpitaux. Sur le plan énergétique, l’entreprise a installé 200 lampadaires dans la commune, et des travaux d’aménagement solaire ont été réalisés pour résoudre les problèmes d’approvisionnement en eau, avec un tarif abordable de 2000 FCFA par facture, accessible à toutes les bourses.

Les députés ont salué ces réalisations et ont encouragé l’entreprise à poursuivre ces efforts en faveur des populations locales. Toutefois, Bacary Diedhiou a insisté sur le fait que ces bénéfices doivent se traduire par des changements durables dans la vie des habitants. « Il est crucial que les populations sentent que leur quotidien s’est amélioré grâce à l’exploitation du zircon ici à Abéné », a-t-il déclaré.

Les députés ont également pris l’engagement de suivre de près l’évolution de l’exploitation minière et de continuer à plaider pour que les bénéfices de ce projet soient équitablement partagés entre l’entreprise et les communautés locales. Ils ont souligné que, bien que des progrès aient été réalisés, il reste essentiel de garantir que l’exploitation se fasse dans le respect de l’environnement et des besoins des populations.

La visite des députés à Abéné a permis de dresser un premier bilan de l’exploitation du zircon et de ses impacts sur les communautés locales. Bien que des efforts aient été faits pour répondre aux préoccupations environnementales et pour améliorer les infrastructures locales, les députés insistent sur la nécessité d’un suivi constant et de mesures continues pour garantir que les populations bénéficient réellement de ce projet. Les prochaines étapes devront se concentrer sur la réhabilitation complète des sols et sur la mise en place de programmes à long terme pour que les bénéfices de l’exploitation minière profitent durablement aux habitants de la région.

Crise au sein des Agropoles : Nomination controversée et blocage des salaires

Le Programme national de développement des agropoles traverse une période de turbulences suite à la récente nomination d’Aissatou Diallo à la tête de ce programme. En juillet dernier, le président Bassirou Diomaye Faye a pris la décision de nommer Aissatou Diallo à la place de Djiby Mbaye Lo, un choix qui semble aujourd’hui diviser et frustrer plusieurs acteurs du secteur.

Dans le passé, la nomination du coordinateur des Agropoles se faisait à travers un appel à candidatures, un processus transparent qui permettait à des candidats qualifiés de concourir pour le poste. Cependant, cette fois-ci, le gouvernement a opté pour une décision interne sans lancer de tel appel, ce qui a provoqué des remous parmi les partenaires techniques et financiers (PTF), qui ont exprimé leur désapprobation vis-à-vis de cette nomination. En conséquence, plusieurs activités du programme ont été suspendues, et la situation semble se détériorer chaque jour un peu plus.

Les travailleurs des Agropoles ne sont pas épargnés par cette crise. Selon plusieurs lanceurs d’alerte sur les réseaux sociaux, notamment Momar Assane, les employés du programme n’ont pas perçu leurs salaires depuis quatre mois. Cette situation alarmante met en lumière les tensions croissantes au sein du programme, exacerbées par la récente décision de nomination.

L’ancien coordinateur, Djiby Mbaye Lo, n’a pas tardé à réagir face à cette situation. Dans une déclaration poignante, il a révélé avoir adressé un recours au président de la République, en vain. « Je suis un citoyen sénégalais. Le premier recours, je l’ai porté auprès du président de la République, parce que je crois en la justice sociale dans un pays », a-t-il déclaré, insistant sur le respect des lois et des engagements pris, notamment le contrat qui le liait au programme jusqu’en 2028. « Est-ce qu’il a reçu toutes les informations ? C’est un autre débat », a-t-il ajouté, dénonçant l’absence de dialogue et de transparence dans la gestion du programme.

Les questions soulevées par cette situation sont nombreuses. D’une part, la légitimité de la décision présidentielle, qui a écarté le processus d’appel à candidatures, et d’autre part, la question de la gestion financière du programme, avec des salaires bloqués pour les travailleurs, qui témoignent d’une crise de gouvernance. Ces événements soulignent un malaise croissant au sein des agropoles, un programme pourtant essentiel pour le développement agricole du pays.

Il est désormais impératif de trouver une solution pour apaiser les tensions et redonner confiance aux travailleurs et aux partenaires. La situation actuelle est préoccupante et pourrait compromettre les objectifs ambitieux du Programme national de développement des agropoles. Dans ce contexte, le rôle du gouvernement et des acteurs institutionnels sera crucial pour restaurer la stabilité et la confiance au sein de ce programme vital pour l’économie sénégalaise.

[Entretien] Hamidou Anne : “Pourquoi je rejoins l’APR…”

L’intellectuel et écrivain, Hamidou Anne, rejoint l’Alliance Pour La République (APR). En exclusivité pour Seneweb, l’auteur de “Panser l’Afrique qui vient” explique les raisons de ce choix.

Hamidou Anne, après avoir annoncé l’arrêt de votre chronique Traverses qui paraissait dans Le Quotidien, vous avez décidé de vous lancer en politique et d’intégrer l’Alliance Pour la République (APR). Pourquoi ?

Pendant quatre années, j’ai écrit, chaque semaine, sur le “politique”, en maniant divers sujets de notre époque sans concession. J’ai toujours aimé la politique dans sa dimension accoucheuse d’idées et de théories tout en ayant une forme de méfiance pour les manœuvres d’appareils et les querelles de chapelles.

En quatre ans, j’ai vu le monde connaître des bouleversements sans précédent ; la pandémie de covid-19, la résurgence des putschs dans le Sahel, le retour de la guerre en Europe, l’attaque du 7 octobre et les massacres à Gaza, la réélection de Trump et l’amputation de la CEDEAO. J’ai vu à quel point sur un temps relativement court des chocs pouvaient surgir et reconfigurer le monde pour le pire. 

“Le Pastef est un parti d’émanation fascisante dont le projet est l’abaissement du Sénégal. Écrire ne suffit plus. Je m’engage parce que dans les grandes batailles à venir, je ne peux pas me dérober, je ne peux pas rester à l’écart ; je dois être au front, par les idées et sur le terrain.”

Au Sénégal, j’ai été choqué par les événements de mars 2021 qui, sur la base de l’irresponsabilité d’un homme, ont embrasé notre pays et causé la mort d’enfants. J’ai vu des universitaires multiplier les pétitions pour soutenir un homme malgré ses mensonges, ses appels à l’insurrection et ses outrances antirépublicaines et ne pas oser écrire la moindre ligne sur l’incendie de l’université, espace de fécondation de la pensée et accessoirement leur lieu de travail. J’ai été pris d’effroi en observant notre pays de l’intérieur, parcourant les médias et les rues le soir pour regarder l’ampleur de l’effondrement moral. J’ai écrit des livres, des centaines de textes, donné des conférences, avec toujours un seul moteur, qui est le souci de l’homme intégral.

 Je vois notre pays s’embourber dans une période de crise au sens gramscien, où tous les repères sont brouillés. Le Pastef est arrivé au pouvoir dans la foulée d’une insurrection qu’une élection est venue enrober de sa légalité mais le parti n’a rien perdu de son essence violente et autoritaire, de son ordre réactionnaire, misogyne et rétrograde. J’ai toujours eu une conscience politique, mais je n’ai jamais sauté le pas, car malgré les divergences que je pouvais avoir avec les régimes successifs, j’avais confiance en eux, parce qu’ils demeuraient, au-delà des différences, dans le cadre républicain. Or le Pastef est un parti d’émanation fascisante dont le projet est l’abaissement du Sénégal. Écrire ne suffit plus. Je m’engage parce que dans les grandes batailles à venir, je ne peux pas me dérober, je ne peux pas rester à l’écart ; je dois être au front, par les idées et sur le terrain.

Quel sera votre rôle dans le parti ?

Je tiens d’abord à préciser que le Président Macky Sall n’est pas venu vers moi, nos volontés se sont rencontrées. Dans la démarche visant à inscrire mon action au sein d’un collectif pour plus d’efficacité, il m’a ouvert un chemin vers nos convergences républicaines. J’adhère à l’APR pour y poursuivre mon engagement pour la république, car le rôle d’intellectuel vigie ne suffit plus face à la nature et à l’ampleur des fractures nationales et des dangers qui guettent notre commun vouloir de vie commune. J’ai décidé d’aller en politique avec une ambition et une volonté qui jamais ne se départissent de l’humilité de celui qui vient contribuer au débat public pour défendre des principes de démocratie, de justice, de liberté. Le degré le plus élevé dans un parti est celui de militant, qui sait s’oublier au nom du collectif, et pour quelque chose qui le dépasse et le surpasse. Je l’appelle la patrie républicaine. Je ne revendique rien d’autre que le droit de servir, dans une alliance entre la pensée et la pratique militante. Mon ambition est d’être en surplomb et au cœur de la mêlée.

“J’ai rencontré le Président Sall la première fois en 2010 ; nous nous sommes revus douze ans plus tard et avons eu une longue conversation empreinte de sincérité et de fraternité. J’affectionne l’homme et estime l’homme d’État, c’est donc avec fierté que je marche désormais à ses côtés au service de notre pays qu’il a servi et pour lequel il a encore tant à donner”

Vous revendiquez votre appartenance à la gauche. L’APR, qui n’a pas de boussole idéologique, est-elle le meilleur cadre pour mettre en pratique vos idées ? 

C’est une question à laquelle je m’attendais car elle est légitime. Je n’ai jamais fait mystère de mon appartenance à la gauche républicaine. L’adjectif républicain est ici très important, car sans la res publica, notre maison commune, il est impossible de penser et d’agir pour les nôtres, celles et ceux qui sont en droit d’attendre que la politique change leur vie. La gauche ne m’a pas choisi, j’ai fait le choix d’aller vers elle car elle est l’estuaire de toutes mes aspirations pour une société libre, juste et équitable. L’APR, comme le rappelle si souvent mon ami Seydou Gueye, qui vient lui-même de la social-démocratie, est un parti-creuset, une alliance avec des personnalités issues de tous les horizons du champ républicain pour, en 2008, faire face. Je côtoierai dans le parti des Sénégalais dont l’ambition est de préserver notre modèle républicain, démocratique, laïque et social. Sur un plan plus personnel, j’ai reçu de nombreux appels à rejoindre l’APR alors que le parti était au pouvoir, j’ai toujours refusé d’y donner suite car ma place était alors dans le champ des idées et non dans la confrontation politique partisane. 

Enfin, au moment où les gens pensent que tout doit s’étaler sur la place publique, je refuse de céder à la tentation de la mise en scène. La politique, c’est une profonde aspiration à la dignité de soi-même et des autres. J’ai rencontré le Président Sall la première fois en 2010 ; nous nous sommes revus douze ans plus tard et avons eu une longue conversation empreinte de sincérité et de fraternité. J’affectionne l’homme et estime l’homme d’État, c’est donc avec fierté que je marche désormais à ses côtés au service de notre pays qu’il a servi et pour lequel il a encore tant à donner. 

“L’APR,malgré les critiques que j’ai eu à formuler à son endroit, a été le vaisseau-amiral de la coalition ayant sorti notre pays du cercle des pays les moins avancés. Le parti n’a non plus jamais fait alliance avec le Pastef, et ceci est un critère fondamental”

Aurez-vous toute votre place au sein de cette formation ? 

Je n’attends pas à ce qu’on me fasse une place, je suis venu acheter une carte comme tout le monde, en militant simple, exigeant mais discipliné. C’est à moi de convaincre par ma hardiesse militante que le parti, ses militants et ses instances peuvent compter sur moi. Il y a des gens qui après avoir occupé de grandes responsabilités dans le parti et dans l’État, ont choisi le déshonneur de la transhumance ou le confort du silence, c’est leur choix. Je pense que l’APR, malgré les critiques que j’ai eu à formuler à son endroit, a été le vaisseau-amiral de la coalition ayant sorti notre pays du cercle des pays les moins avancés. Le parti n’a non plus jamais fait alliance avec le Pastef, et ceci est un critère fondamental, car pour moi un républicain qui s’allie à des fascistes se déshonore et souille le drapeau de la république. En politique, je continuerai naturellement à écrire, mais j’irai partout pour porter la parole d’une contre-insurrection républicaine et citoyenne, afin de faire du régime Pastef une parenthèse hideuse au Sénégal. Quand la confusion et le bruit règnent, les lignes se brouillent et la raison se terre un temps. Mais il y a toujours une fêlure dans l’édifice pour, à partir de fragments, mener une bataille culturelle dont l’issue est la restauration de la patrie républicaine et l’avènement du progrès économique et social. 

“L’accusation grotesque de maquillage des comptes publics  met en danger la souveraineté nationale et entame le crédit de notre administration saluée partout pour sa compétence et sa rigueur”

Après avoir perdu le pouvoir, le PS et le PDS ont eu du mal à revenir. L’APR également est mal partie, avec les défections de nombreux leaders. Par ailleurs l’image de l’APR est très écornée avec les scandales qui éclaboussent certains de ses membres et les accusations de maquillage des comptes.   La cause n’est-elle pas perdue d’avance ?

Après chaque alternance, certains font le choix de migrer vers des prairies plus fleuries. On ne peut pas empêcher un homme de faire le choix du déshonneur. Le temps fera son œuvre. Je rejoins l’APR avec un regard lucide et un devoir d’inventaire. Je ne saurais avoir la prétention d’assumer un bilan dont je ne suis pas comptable. Mais le parti n’a pas à raser les murs eu égard à son action transformatrice en termes d’économie, d’inclusion sociale et de positionnement du Sénégal sur la scène diplomatique internationale. Une cause n’est jamais perdue d’avance, car seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas.

Je m’arrête un instant sur cette accusation grotesque de maquillage des comptes publics, qui met en danger la souveraineté nationale et entame le crédit de notre administration saluée partout pour sa compétence et sa rigueur. De plus, les performances économiques et sociales du Sénégal sont régulièrement attestées par les institutions internationales. L’auteur de ces propos n’a ni amour-propre, ni amour de son pays. Car même des dirigeants de pays au bord de l’affaissement n’ont jamais posé un acte aussi grave et irresponsable. Mais que voulez-vous, le propre des ignorants c’est d’être audacieux. 

Vous l’avez évoqué tantôt, Macky Sall est le leader historique de ce parti.  IL en est encore le Président, mais est actuellement hors du Sénégal, et n’est pas revenu depuis la fin de son mandat. Est-il encore d’après vous l’homme providentiel pour votre parti ?

Macky Sall a sacrifié à une tradition républicaine sénégalaise, qui est celle de prendre du champ pour ne pas gêner son successeur. La république, au-delà des textes, ce sont des coutumes d’élégance qui doivent être préservées ; elles sont aussi à l’origine de l’exception sénégalaise. Il est le Président du parti et sa figure morale consensuelle. Il est un homme politique si par politique l’on entend un attachement viscéral à son pays et son continent. Nos discussions depuis qu’il a quitté le pouvoir se limitent essentiellement à des questions économiques et internationales, qui sont pour lui deux passions. 

“En moins d’un an, le bilan de PASTEF c’est une moins-value de 839 milliards sur les recettes et une hausse des dépenses de prestige. Pour des gens qui se disaient architectes de l’orthodoxie, en 10 mois, le déficit budgétaire a explosé, passant de 840,2 milliards de FCFA à 2 362,2 milliards de FCFA.”

Vous avez été très critique contre PASTEF du temps où ce parti était dans l’opposition et avez mené avec constance le combat contre leur idéologie. Comment jugez-vous leurs premiers mois au pouvoir ?

Le Pastef est fidèle à son ADN de parti fascisant, qui promeut la violence verbale et physique et refuse le débat démocratique. Les arrestations arbitraires, les menaces contre les médias, l’interdiction systématique des marches, les reniements à la parole et la culture de la vulgarité sont érigés en norme de gouvernance. Depuis le 2 avril, deux événements me semblent utiles à pointer pour montrer la nature du régime et sa dangerosité. Il y a d’abord, cette confusion des rôles au sommet de l’État, qui fait désormais que mêmes les enfants savent en dépit des textes où se situent le centre d’impulsion du pouvoir. Le refus de sacrifier à la DPG en violation de la Constitution, les attaques de responsables publics sur des décrets de nomination, les péripéties ayant conduit à la dissolution sont à mettre dans ce cadre. 

Au plan économique, le pays est dans un état de tension extrême lié à une confiance rompue avec les partenaires depuis l’annonce du maquillage supposé des comptes, un matraquage fiscal sans précédent, des atermoiements sur le franc CFA et une suspicion constante sur les entrepreneurs, notamment du BTP, freinant ainsi l’investissement privé. En moins d’un an, leur bilan c’est une moins-value de 839 milliards sur les recettes et une hausse des dépenses de prestige. Pour des gens qui se disaient architectes de l’orthodoxie, en 10 mois, le déficit budgétaire a explosé, passant de 840,2 milliards de FCFA à 2 362,2 milliards de FCFA. 

Enfin, vous savez combien la question internationale compte pour moi. Et même sur ce sujet où le Sénégal a toujours rayonné, les postures diplomatiques très douteuses et l’incompétence au plus haut niveau nous isolent. Le Sénégal s’efface progressivement sur la scène diplomatique africaine et internationale.

“Nous avons à bâtir une opposition solide, mais de mon point de vue celle-ci ne doit pas se structurer autour des vieilles logiques électoralistes. Nous le devons aux 46% de Sénégalais qui ont refusé de voter pour la majorité actuelle et aux abstentionnistes à aller chercher”

L’opposition a du mal à exister encore face à ce parti. Comment expliquez-vous cela et avez-vous des pistes pour inverser cette tendance ? 

Il est encore trop tôt pour bâtir une force de l’opposition puissante et capable de mobiliser les masses autour d’une alternative. Les appareils vaincus doivent se compter, laisser les transhumants partir et les pressés se lasser afin de se réorganiser. Le gouvernement n’a pas encore bouclé une année d’exercice même s’il se comporte déjà comme un régime usé et fatigué et incapable d’impulser de la nouveauté du fait de son incompétence technique et de son immaturité politique. Ils sont une bande de stagiaires sans maître de stage, donc n’apprendront rien et multiplieront les excès et bévues en les mâtinant des slogans vaseux comme « rupture » et « transformation systémique ». 

Nous avons à bâtir une opposition solide, mais de mon point de vue celle-ci ne doit pas se structurer autour des vieilles logiques électoralistes. Nous le devons aux 46% de Sénégalais qui ont refusé de voter pour la majorité actuelle et aux abstentionnistes à aller chercher. Il faut un socle minimum commun constitué d’abord d’une volonté de travailler ensemble pour, dans un premier temps, faire face à l’hydre populiste et annihiler ses visées autoritaires et ensuite proposer une alternative porteuse d’espérance pour les jeunes, les femmes et celles et ceux qui vivent dans la précarité et qui sont en droit d’attendre un quotidien digne. 

“Je ne suis pas venu en politique pour des portefeuilles ou pour une richesse matérielle. J’arrive à l’APR après que ce parti a perdu le pouvoir alors que j’ai eu douze ans pour y adhérer. Je suis venu en politique pour bâtir un horizon émancipateur avec des hommes et des femmes dotés du sens de l’intérêt général et soucieux de la place du Sénégal dans l’histoire.”

Pour finir, allez-vous briguer des mandats électifs durant les prochaines années ? 

Macky Sall m’a prodigué de nombreux conseils. J’ai particulièrement retenu celui-ci : quand on fait le choix de servir son pays, on ne le fait pas par intermittence. Tout, dans ma formation comme dans mon passé récent dans l’exercice de l’État, me rappelle ce que l’expression servir son pays signifie et quelle peut être sa sacralité. Je ne suis pas venu en politique pour des portefeuilles ou pour une richesse matérielle. J’arrive à l’APR après que ce parti a perdu le pouvoir alors que j’ai eu douze ans pour y adhérer. 

Je suis venu en politique pour bâtir un horizon émancipateur avec des hommes et des femmes dotés du sens de l’intérêt général et soucieux de la place du Sénégal dans l’histoire. Je ne serai pas un intermittent du spectacle de la politique, j’y suis pour de longues années ; et durant cette belle aventure qui commence, pour le Sénégal, j’irai partout où m’appellera le devoir. 

Entretien réalisé par Adama Ndiaye

Électrification rurale : L’ASER accélère ses efforts pour un accès généralisé à l’électricité

L’électrification rurale reste un défi majeur au Sénégal, avec seulement 7 273 localités électrifiées sur les 23 000 que compte le pays. Lors d’un séminaire de renforcement des capacités des députés membres de la commission de l’Énergie et des Ressources minérales, Jean-Michel Sène, directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), a dressé un état des lieux du secteur et présenté les actions en cours pour combler le retard d’électrification dans les zones rurales.

À ce jour, 65,67 % des zones rurales bénéficient d’une électrification avec un niveau d’accès estimé à 86 %. Malgré ces avancées, 8 457 localités restent privées d’électricité, et 5 663 autres sont en cours d’électrification.

Ce déséquilibre met en lumière l’urgence d’accélérer les projets pour assurer un accès équitable à l’énergie sur l’ensemble du territoire. Selon Jean-Michel Sène, des facteurs bloquants exogènes ralentissent certains projets, d’où la nécessité d’une collaboration étroite entre les différents acteurs impliqués dans le processus d’électrification.

Face aux défis financiers, l’ASER mise sur des partenariats stratégiques avec des institutions nationales comme le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS) et la Banque nationale de développement économique (BNDE) pour mobiliser des fonds et assurer une meilleure couverture énergétique.

Par ailleurs, Jean-Michel Sène a insisté sur la nécessité d’une industrialisation locale des équipements électriques. « Nous devons produire localement tout ce dont nous avons besoin pour l’électrification rurale, notamment les accessoires de ligne et les transformateurs », a-t-il souligné.

L’ASER collabore déjà avec le secteur privé pour encourager la fabrication nationale d’infrastructures essentielles, ce qui devrait permettre de réduire les coûts et d’améliorer la disponibilité des équipements.

L’accès à l’électricité en milieu rural ne se limite pas à un simple besoin domestique ; il représente un levier stratégique pour le développement économique et social. Il favorise l’essor des activités agricoles, artisanales et industrielles, tout en améliorant l’accès aux services de santé et d’éducation.

Cimenteries au Sénégal : une crise profonde secoue le secteur

Le secteur de la cimenterie au Sénégal est en proie à une crise sans précédent. Entre la chute de la production, la baisse des ventes locales et l’effondrement des exportations, les acteurs du sous-secteur s’inquiètent de l’avenir de cette industrie stratégique. Les derniers chiffres publiés pour novembre 2024 confirment une tendance alarmante qui pourrait impacter durablement l’économie nationale.

Les données récentes révèlent une contraction de 15,3 % de la production de ciment par rapport à novembre 2023. Ce recul s’explique par plusieurs facteurs, notamment la réduction de la demande liée à l’arrêt de nombreux chantiers publics et privés. Le ralentissement du secteur de la construction, moteur essentiel de la consommation de ciment, contribue largement à cette situation préoccupante.

En plus du recul de la production, les ventes locales affichent également une baisse de 8,3 %. Cette diminution traduit une consommation intérieure plus faible, impactée par la conjoncture économique difficile et la raréfaction des investissements dans les infrastructures.

L’impact est encore plus marqué sur le plan des exportations. Selon les statistiques, les livraisons de ciment vers les pays voisins, notamment le Mali, la Mauritanie et la Gambie, ont chuté de 35,3 %. Cet effondrement des exportations s’explique par plusieurs facteurs, notamment des difficultés logistiques et la concurrence accrue d’autres producteurs de la sous-région.

Malgré ce tableau sombre, une note positive a été enregistrée sur le plan mensuel. Entre octobre et novembre 2024, la production de ciment a progressé de 7,3 %, tandis que les ventes locales ont augmenté de 2,4 %. Ce sursaut, bien que modeste, pourrait indiquer un frémissement de la demande, mais il reste insuffisant pour compenser la tendance annuelle négative.

Les experts s’accordent à dire que l’année 2024 restera marquée par une contraction significative du secteur. Selon ConfidentielDakar, jamais une telle baisse de production n’avait été enregistrée depuis 2006, date du début du suivi de l’indice de production du ciment.

Cette situation alarmante pourrait compromettre plusieurs projets d’infrastructure et freiner la croissance du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Si aucune mesure corrective n’est prise, l’industrie cimentière sénégalaise risque de perdre en compétitivité face à ses concurrents régionaux.

Face à cette crise, plusieurs pistes sont envisagées pour redresser le secteur de la cimenterie au Sénégal :

  • Un soutien accru de l’État : Des mesures incitatives, telles que des facilités fiscales ou des aides aux cimentiers, pourraient être mises en place pour stimuler la production et la consommation.
  • La relance des grands projets d’infrastructure : Un redémarrage rapide des chantiers publics et privés permettrait d’absorber une partie de la production excédentaire et de relancer l’activité.
  • Le renforcement de la compétitivité à l’exportation : Une amélioration des chaînes logistiques et une diversification des marchés pourraient aider à pallier la baisse des exportations vers les partenaires traditionnels.

Alors que le Sénégal ambitionne de devenir un hub industriel en Afrique de l’Ouest, la crise du secteur cimentier constitue un défi majeur pour les autorités et les investisseurs. Une réponse rapide et efficace sera nécessaire pour inverser la tendance et assurer la pérennité de cette industrie stratégique.

Fadel Barro sur la migration circulaire : « Un aveu d’échec du système sénégalais »

Fadel Barro, leader du mouvement Jaamu Gox Yi et membre fondateur de Y’en A Marre, a exprimé de vives critiques sur la question de la migration circulaire lors de son intervention dimanche dans l’émission En Vérité sur RSI. L’activiste a pointé du doigt les failles structurelles du Sénégal qui poussent de nombreux jeunes à voir l’Europe comme une solution à leurs problèmes, soulignant que cette migration ne fait que masquer un échec plus profond du système politique et économique du pays.

« Les jeunes Sénégalais perçoivent l’Europe comme un Eldorado, parce que les politiques mises en place depuis l’indépendance n’ont jamais permis de leur offrir des perspectives viables ici », a déclaré Fadel Barro. Il estime que la migration circulaire, bien que salutaire pour ceux qui parviennent à éviter l’émigration clandestine, n’est pas une solution durable aux défis du Sénégal. Pour lui, cette situation est un véritable « aveu d’échec » du système en place, qu’il considère comme incapable de répondre aux aspirations de la jeunesse.

Malgré son constat amer, Fadel Barro a reconnu l’importance des initiatives visant à protéger les jeunes de l’émigration irrégulière. Cependant, il insiste sur le fait qu’il est crucial de s’attaquer aux causes profondes de cette fuite des cerveaux et de cette recherche de meilleures conditions de vie à l’étranger.

L’activiste a également critiqué le manque d’ouverture économique du Sénégal envers ses voisins comme le Mali ou la Guinée, soulignant que cette isolation régionale freine la croissance et l’intégration du pays dans un marché sous-régional plus dynamique. Il a ajouté que le pays, malgré ses ressources, reste sous-développé et incapable de transformer son destin sans un changement radical de vision et de leadership.

Pour Fadel Barro, il est urgent de repenser la manière dont les partis politiques fonctionnent au Sénégal et de rationaliser leur approche pour faire émerger des leaders sincères et engagés, capables de transformer le pays et d’offrir des perspectives réelles à sa jeunesse. Il a conclu en appelant à une prise de conscience collective pour un véritable changement, nécessaire à la construction d’un avenir plus prospère et autonome pour le Sénégal.

Départ des États de l’AES de la Cédéao : Les chauffeurs routiers entre soulagement et inquiétude

Le 29 janvier 2025, les États du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont officiellement quitté la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), créant une situation incertaine pour les chauffeurs routiers de la région. Bien que la Cédéao ait affirmé maintenir jusqu’à nouvel ordre un certain nombre d’avantages, notamment les droits de circulation, de résidence et d’établissement sans visa, cette situation soulève des inquiétudes parmi les conducteurs.

Pour Daouda Bamba, secrétaire général de l’Union des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest, la Mauritanie et le Maroc (Ucrao), cette décision de maintenir certains acquis a apporté un soulagement. L’organisation, qui représente plus de 80% des chauffeurs routiers de la région, a craint un retour des tracasseries douanières et des contrôles, notamment en raison des préparatifs des forces de sécurité avant l’expiration de la date butoir. « À une semaine de la date butoir, les forces de défense et de sécurité, la police, la gendarmerie, les eaux et forêts commençaient déjà à se préparer. On voyait que les interventions devenaient très, très récurrentes », explique-t-il.

Cependant, si les chauffeurs se réjouissent du maintien de la libre circulation, certains défis demeurent. Le plus préoccupant reste la suspension de la « carte brune », qui couvre l’assurance des conducteurs en cas d’accident dans un pays étranger. La « carte brune » permet de garantir que lorsqu’un camion malien, par exemple, cause un accident en Côte d’Ivoire, les sinistrés sont dédommagés. En l’absence de cette couverture d’assurance, les chauffeurs craignent des complications majeures en cas d’incident, ce qui pourrait engendrer des coûts supplémentaires et rendre certains trajets trop risqués.

Daouda Bamba insiste sur l’importance de maintenir ces systèmes d’assurance pour assurer une continuité des déplacements dans la région. Il appelle les autorités des États membres de la Cédéao à poursuivre le dialogue pour éviter de nouveaux obstacles et préserver les acquis, notamment en ce qui concerne la libre circulation des chauffeurs et le maintien de l’assurance. Le secteur du transport routier, essentiel à l’économie de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, reste donc dans l’attente de solutions viables pour naviguer dans ce contexte politique et économique mouvant.

Opération de sécurisation : 366 arrestations pour diverses infractions à l’échelle nationale

Dans la nuit du samedi au dimanche, la police sénégalaise a déployé une vaste opération de sécurisation à l’échelle nationale afin de garantir la tranquillité publique et d’intensifier la lutte contre la délinquance. Cette action, conduite dans plusieurs régions du pays, a abouti à l’arrestation de 366 individus, impliqués dans une large gamme d’infractions.

Les forces de l’ordre ont particulièrement ciblé les infractions liées à la drogue, qui demeurent une préoccupation majeure pour la sécurité publique. Parmi les 366 arrestations, neuf personnes ont été interpellées pour détention et usage de chanvre indien. Deux autres individus ont été arrêtés pour détention et trafic de kush, une drogue particulièrement prisée. Par ailleurs, trois individus ont été arrêtés pour l’usage collectif de kush, tandis que cinq autres ont été interpellés pour consommation collective de chanvre indien.

En plus des infractions liées aux drogues, des arrestations ont également eu lieu pour des comportements nuisibles à l’ordre public. Trois personnes ont été interpellées pour l’usage de produits cellulosiques, des substances dangereuses pouvant causer de graves dommages à la santé des consommateurs.

Des arrestations ont aussi concerné des faits plus graves, mettant en danger la vie d’autrui et la sécurité des citoyens. Un individu a été arrêté pour mise en danger de la vie d’autrui, un autre pour coups et blessures volontaires, et un autre pour tentative de meurtre. Ces arrestations illustrent la vigilance des forces de l’ordre face à la violence et à la menace qu’elle représente pour la communauté.

La police sénégalaise a intensifié son action contre la criminalité violente, en particulier la possession d’armes et les activités criminelles. Un individu a été interpellé pour détention d’arme blanche, un objet dont l’usage est strictement réglementé. De plus, trois personnes ont été arrêtées pour avoir exploité un établissement de prostitution, en violation des lois en vigueur.

Le proxénétisme, la conduite en état d’ébriété, ainsi que l’escroquerie et le recel ont également été des motifs d’arrestation. Ces infractions nuisent non seulement à la sécurité publique mais aussi à l’ordre social. Les forces de l’ordre ont agi avec fermeté pour lutter contre ces pratiques illégales.

Dans le cadre de l’opération, la police a également pris des mesures contre le racolage sur la voie publique, un phénomène souvent associé à la prostitution et aux comportements antisociaux. Quatre personnes ont été interpellées pour cette infraction.

Les vols ont également fait l’objet de nombreuses arrestations. Un individu a été arrêté pour tentative de vol, un autre pour vol avec effraction commis la nuit, et un dernier pour complicité de vol. En tout, 14 personnes ont été interpellées pour des faits de vol, une infraction en constante hausse dans de nombreuses régions. Ces arrestations viennent renforcer les efforts des autorités pour lutter contre la criminalité, notamment en matière de vol et de délinquance.

Cette opération de sécurisation menée par la police sénégalaise démontre l’engagement des autorités à lutter activement contre la criminalité sous toutes ses formes. Elle a permis de neutraliser plusieurs individus impliqués dans des actes répréhensibles, contribuant ainsi à renforcer la sécurité publique et à restaurer l’ordre. La collaboration entre les forces de l’ordre et la population reste essentielle pour garantir la tranquillité dans les rues et lutter contre la délinquance.

Bougane Guéye en Gambie : un investissement de 25 millions de dollars annoncé

L’homme d’affaires sénégalais Bougane Guéye a été reçu vendredi dernier par le président gambien Adama Barrow en marge du Forum économique organisé par le Fogeca. À l’issue de cette rencontre, le patron du groupe Boygues Corporation a annoncé un investissement de 25 millions de dollars en Gambie.

Basé à Abidjan depuis quatre ans, le groupe Boygues Corporation s’est imposé dans plusieurs secteurs stratégiques tels que les médias (Dmedia CI), l’ingénierie informatique (Tradex CI) et l’agro-industrie (Boss CI). Ces mêmes domaines seront au cœur des investissements en Gambie, où Bougane Guéye perçoit un fort potentiel économique.

« Nous avons eu des discussions fructueuses avec le président Adama Barrow. À l’issue de cette audience, j’ai pris la décision d’investir 25 millions de dollars en Gambie, un pays qui offre des opportunités intéressantes pour le développement de nos activités », a déclaré Bougane Guéye à la presse.

En s’implantant en Gambie, le groupe Boygues Corporation contribue à renforcer les liens économiques entre le Sénégal et son voisin. Cet investissement pourrait générer de nombreux emplois et stimuler la croissance de secteurs essentiels pour l’économie gambienne.

Incendie du marché au poisson de Kaolack : Serigne Mboup rassuré par les propositions des sinistrés

L’incendie qui s’est déclaré dans la nuit de samedi à dimanche au marché au poisson de Kaolack (marché Guédj) a causé d’importants dégâts matériels. Le sinistre a débuté au niveau du « Pack Bante », une zone située derrière le marché, face à la mer, avant de se propager rapidement. Les flammes, d’une rare violence, ont détruit des cantines de commerce, des restaurants Maïga, des ateliers de menuiserie, ainsi qu’un camion frigorifique contenant du foie importé. Même des bétails (bœufs et moutons) élevés sur place ont été emportés par le feu, qui a finalement été maîtrisé par les sapeurs-pompiers.

Dimanche, le maire de Kaolack, Serigne Mboup, s’est rendu sur les lieux du sinistre accompagné de son équipe municipale. Accueilli par l’adjoint au délégué du marché et les sinistrés, il a constaté l’ampleur des dégâts et échangé avec les commerçants sur les solutions à adopter.

À l’issue de cette visite, Serigne Mboup s’est dit rassuré par les propositions des sinistrés. Ces derniers souhaitent que le site soit assaini et organisé avant de reconstruire eux-mêmes leurs cantines. Dans ce cadre, le maire a évoqué la nécessité de faire appel à un géomètre et à un urbaniste pour établir un plan cadastral du marché, qui serait ensuite mis à la disposition des occupants. Il espère que les autorités étatiques accepteront cette approche.

Profitant de cette occasion, Serigne Mboup a interpellé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, sur la situation de sa commune. Selon lui, Kaolack ne se retrouve pas encore dans la politique générale du gouvernement. Il rappelle que les marchés sont des centres économiques majeurs qui génèrent d’importantes recettes pour l’État et les collectivités locales, et qu’ils doivent être accompagnés dans leur modernisation.

Interrogé sur l’incendie qui avait ravagé une autre partie du marché il y a moins de deux mois, le maire a rappelé que la mairie avait élaboré un projet de reconstruction estimé à 300 millions de francs CFA. La municipalité s’était engagée à financer la moitié de ce montant, mais attendait la validation du budget par le ministère du Commerce et le directeur du PROMOGED. Toutefois, lorsque l’équipe municipale a voulu clôturer le site en vue des travaux, les commerçants s’y sont opposés, ce qui a retardé la mise en œuvre du projet.

Serigne Mboup a tenu à préciser que la mairie n’a jamais détruit de marché à Kaolack. Il explique que les autorités locales ont simplement cherché à libérer une voie de contournement qui était occupée par des commerçants, en application d’une sommation du préfet.

L’adjoint au délégué du marché s’est réjoui de la visite du maire et a confirmé que les échanges avec les sinistrés ont été constructifs. Il estime que les solutions trouvées seront finalisées et communiquées au public dans la semaine à venir.

Cependant, il insiste sur l’urgence d’assainir et d’organiser le site avant toute reconstruction, afin que les commerçants puissent rapidement reprendre leurs activités. Il signale également que cette partie du marché est devenue une zone criminogène, fréquentée par des individus mal intentionnés.

Concernant l’origine du sinistre, l’adjoint au délégué évoque une possible négligence humaine. Il rappelle que le marché est un lieu où des activités à risque sont menées la nuit, comme la préparation du thé et la grillade de poisson, souvent à proximité de branchements électriques anarchiques.

Kédougou : un mort et un blessé grave dans un accident de circulation à Niémeniké

Un grave accident de la circulation s’est produit ce samedi à Niémeniké, un village de la commune de Tomboronkoto, dans la région de Kédougou. Un camion gros porteur roulant à vive allure a dérapé, causant la mort d’une personne et blessant grièvement une autre, selon une source sécuritaire.

L’accident s’est produit aux environs de 11 heures sur la Route Nationale 7 (RN7), un axe routier fréquenté par les camions transportant du matériel pour les activités minières de la région. D’après les témoins sur place, le véhicule, qui roulait à une vitesse excessive, a perdu le contrôle avant de terminer sa course hors de la chaussée.

L’une des victimes, dont l’identité n’a pas été révélée, a succombé sur place, tandis que le blessé a été transporté en urgence au poste de santé de Mako. Son état est jugé préoccupant, et une éventuelle évacuation vers un centre hospitalier mieux équipé pourrait être envisagée.

Les sapeurs-pompiers, rapidement dépêchés sur les lieux, ont acheminé le corps sans vie à la morgue de l’hôpital régional Amath Dansokho de Kédougou.

Ce énième accident a suscité la colère des habitants de Niémeniké et des localités environnantes. Dès l’annonce du drame, des manifestants ont exprimé leur exaspération face à l’insécurité routière qui règne sur cet axe stratégique.

Selon les riverains, la vitesse excessive des poids lourds, souvent en direction des sites miniers, représente un danger permanent. Plusieurs accidents ont déjà été signalés dans la zone, et les populations réclament des mesures immédiates pour limiter les risques : installation de ralentisseurs, renforcement des contrôles de vitesse et réglementation plus stricte du trafic des camions.

Suite à cet accident tragique, les forces de l’ordre ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame et établir d’éventuelles responsabilités. Les autorités locales, quant à elles, sont appelées à prendre des mesures concrètes pour améliorer la sécurité routière sur cet axe majeur du sud-est du Sénégal.

Espagne : le front de soutien à Farba Ngom s’agrandit

Après la France et les États-Unis, l’Espagne rejoint le mouvement de soutien en faveur du député-maire des Agnams, Farba Ngom. Des Sénégalais résidant dans ce pays dénoncent une « injustice flagrante » qu’ils perçoivent comme une tentative de réduire leur leader au silence.

Selon la porte-parole du mouvement en Espagne, le gouvernement actuel devrait se concentrer sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens au lieu de « s’acharner sur les dignitaires de l’ancien régime ». Elle accuse les autorités de vouloir instrumentaliser la justice contre ceux qui ont servi le pays sous l’ancienne administration.

Les soutiens de Farba Ngom réclament un traitement judiciaire équitable et estiment que la justice n’a pas encore apporté la preuve de la légitimité de la procédure engagée contre le chargé de mobilisation de l’APR. Ils exigent ainsi que la transparence et l’impartialité guident les décisions des autorités compétentes.

Pour rappel, Farba Ngom a perdu son immunité parlementaire après une demande formulée par le ministre de la Justice et transmise par la CENTIF, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires.

Rapatriement des migrants sénégalais bloqués au Niger et en Algérie : l’ONG ADHA appelle à une action urgente

L’ONG Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de 81 citoyens sénégalais expulsés d’Algérie et bloqués au Niger. Dans un communiqué transmis à la presse, l’organisation a dénoncé les conditions de vie extrêmement difficiles de ces migrants, retenus dans des camps de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) ou abandonnés dans des zones désertiques proches des frontières algériennes. Face à cette urgence humanitaire, ADHA exhorte les autorités sénégalaises à prendre des mesures immédiates pour leur rapatriement et leur réinsertion.

Au camp d’Assamaka, dans le nord-ouest du Niger, 33 Sénégalais vivent dans des conditions précaires depuis le 4 décembre 2024. Leur attente prolongée et l’absence de perspectives augmentent leur détresse. À Arlit, 14 autres compatriotes, dont une mère et ses deux enfants, souffrent d’un profond désarroi après avoir déjà passé plusieurs mois dans un autre camp. À 50 km de Niamey, 35 Sénégalais expulsés d’Algérie survivent tant bien que mal depuis près de six mois, sans aucune garantie quant à leur retour imminent. Bien que l’OIM ait programmé leur rapatriement pour le 4 février 2025, leur dignité a été mise à rude épreuve par ces longs mois d’attente.

L’ONG ADHA pointe du doigt l’inaction des autorités consulaires sénégalaises. Selon les témoignages des migrants, l’ambassade du Sénégal au Niger n’a apporté qu’un soutien minimal, contrairement aux représentations diplomatiques d’autres pays qui multiplient les visites et les actions en faveur de leurs ressortissants. Ce manque d’assistance aggrave encore la situation et alimente un sentiment d’abandon parmi les Sénégalais concernés.

Face à cette crise humanitaire, ADHA appelle le Président de la République et les autorités compétentes à agir rapidement en mettant en place plusieurs mesures essentielles. L’organisation insiste pour que la date du 4 février soit respectée pour le retour des 34 personnes déjà recensées et demande que les 47 autres migrants toujours bloqués soient également pris en charge dans les plus brefs délais. Elle réclame également une prise en charge médicale et psychologique adaptée aux traumatismes subis par ces migrants durant leur parcours migratoire.

L’ONG dénonce le plafonnement des aides financières destinées aux rapatriés, qui ne dépassent pas 1 000 euros via l’OIM et les BAOS. Elle demande une refonte du dispositif afin de garantir une véritable réintégration, évitant ainsi que ces migrants ne soient tentés de reprendre la route. ADHA invite aussi le gouvernement à envoyer des représentants en Algérie pour identifier et venir en aide aux Sénégalais toujours en détresse, notamment ceux dont les passeports ont expiré ou qui sont bloqués devant les camps de l’OIM.

Conflit en RDC : le président Diomaye Faye propose sa médiation

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, s’engage activement dans la recherche d’une solution au conflit qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un contexte de tensions accrues, marquées par l’avancée des rebelles du M23 soutenus par l’armée rwandaise aux abords de Goma, le chef de l’État sénégalais a pris l’initiative de contacter ses homologues congolais et rwandais pour favoriser un dialogue constructif.

Sur son compte X (anciennement Twitter), le président Diomaye Faye a révélé avoir eu des « entretiens téléphoniques fructueux » avec ses homologues Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda). Il a insisté sur l’importance d’explorer les pistes d’un dialogue franc pour parvenir à une paix durable dans la région.

Le président sénégalais a également souligné que « le Sénégal reste engagé en faveur de la stabilité et de la sécurité en Afrique et dans le monde ». Cette déclaration s’inscrit dans une tradition diplomatique où Dakar a souvent joué un rôle de médiateur sur le continent.

Le conflit à l’Est de la RDC est une crise majeure qui implique des acteurs locaux et internationaux. Depuis plusieurs années, la région du Kivu est le théâtre d’affrontements entre les forces congolaises et les rebelles du M23, accusés d’être soutenus par Kigali. Cette situation a conduit à une montée des tensions entre Kinshasa et Kigali, suscitant des inquiétudes sur un risque d’escalade régionale.

Face à cette crise, plusieurs tentatives de médiation ont déjà été entreprises, notamment par l’Union africaine et la Communauté d’Afrique de l’Est, mais sans parvenir à une désescalade durable.

L’initiative du président Diomaye Faye marque une volonté de Dakar de s’impliquer davantage dans les dossiers de paix et de sécurité sur le continent. Toutefois, la réussite de cette médiation dépendra de la volonté des parties en conflit à s’engager sincèrement dans un processus de dialogue.

Si le Sénégal n’a pas d’intérêts directs dans cette crise, son rôle neutre pourrait être un atout pour favoriser des discussions équilibrées. Reste à savoir si cette tentative de médiation pourra aboutir à des avancées concrètes dans la résolution de ce conflit complexe.

En affichant son engagement diplomatique, le président sénégalais inscrit son mandat dans une approche proactive de la politique africaine. Sa démarche pourrait également renforcer la position du Sénégal sur la scène internationale comme un acteur clé dans la gestion des crises africaines.

Lutte contre la torture : La Rapporteuse spéciale des Nations Unies va inspecter le Sénégal à partir du 3 février

Le Sénégal s’apprête à accueillir la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la torture, Dr. Alice Jill Edwards, qui effectuera une mission officielle du 3 au 14 février 2025. Cette visite s’inscrit dans le cadre de l’engagement continu du Sénégal pour combattre la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants. Dr. Edwards se concentrera particulièrement sur les secteurs de la justice, des prisons, de la police et de la santé, avec une attention particulière portée sur des problématiques spécifiques telles que les mutilations génitales féminines.

L’objectif principal de cette mission est de vérifier les efforts du Sénégal dans la lutte contre la torture et de procéder à une évaluation des mesures adoptées pour protéger les droits humains fondamentaux dans ces secteurs clés. Dr. Edwards interagira avec une large gamme d’acteurs, y compris des responsables gouvernementaux, des victimes de torture, des organisations de la société civile et des experts internationaux dans le domaine des droits de l’homme. Ces échanges viseront à recueillir des informations sur l’impact des lois et politiques en place et à identifier les lacunes éventuelles dans les pratiques et les mécanismes de protection.

Pendant son séjour, la Rapporteuse spéciale rencontrera des officiels gouvernementaux pour discuter des politiques publiques relatives aux droits des détenus et des efforts en matière de justice pénale. Dr. Edwards aura également des rencontres privées avec des victimes de torture, y compris des détenus ayant subi des mauvais traitements, ainsi que des groupes de défense des droits de l’homme pour recueillir des témoignages sur les conditions de détention et les abus.

Un élément central de la visite sera les visites de lieux de détention dans plusieurs régions du Sénégal, y compris les prisons et les centres de rééducation. Ces visites permettront à Dr. Edwards de constater directement les conditions de vie des détenus, d’évaluer la gestion des prisons et d’examiner les rapports sur les abus physiques, psychologiques ou médicaux infligés aux prisonniers. Les conditions de détention sont un enjeu crucial, car elles ont des répercussions directes sur le respect des droits humains dans le pays.

Un autre point majeur de la mission est la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF), qui demeure un problème de santé publique dans certaines régions du Sénégal. Dr. Edwards se penchera sur les mesures législatives et sociales mises en place pour combattre cette pratique, et examinera l’efficacité des programmes de sensibilisation et de prévention.

À la fin de sa mission, le 13 février 2025, Dr. Edwards tiendra une conférence de presse à Dakar pour partager ses premières conclusions avec le public et les médias. Elle présentera une analyse préliminaire des situations observées et des défis à relever dans la lutte contre la torture et les traitements cruels dans le pays. Ces informations seront également utiles pour renforcer la transparence et l’engagement du Sénégal vis-à-vis des normes internationales des droits de l’homme.

Dr. Edwards soumettra un rapport détaillé au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en mars 2026, dans lequel elle proposera des recommandations pratiques pour améliorer les politiques existantes et pour combler les lacunes observées. Ce rapport sera l’occasion de mettre en lumière les réussites du Sénégal en matière de respect des droits fondamentaux, tout en identifiant des actions supplémentaires pour garantir la protection des victimes de torture et de mauvais traitements.

La visite de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies constitue une étape importante dans l’engagement du Sénégal à renforcer ses efforts en matière de justice sociale et de protection des droits humains. En permettant cette mission, le pays montre sa volonté de répondre aux préoccupations internationales et de mettre en place des mécanismes de prévention et de répression plus efficaces face à la torture. C’est aussi un signal fort que le gouvernement envoie concernant sa politique de tolérance zéro vis-à-vis des abus dans les institutions publiques et privées.

Recrutement de 2000 enseignants : Plus de 147 000 candidats inscrits, Thiès en tête des inscriptions

Dans le cadre de l’initiative du ministère de l’Éducation nationale pour combler la pénurie d’enseignants pour l’année scolaire 2024-2025, le recrutement de 2000 enseignants a attiré un grand nombre de candidatures. La plateforme Mirador, dédiée aux inscriptions, a enregistré un total de 147 845 inscriptions à la date du 30 janvier 2025. Ce nombre reflète l’engouement suscité par cette campagne de recrutement qui se veut une réponse directe aux besoins accrus en personnel enseignant dans les écoles sénégalaises.

Parmi les 16 circonscriptions académiques du pays, c’est Thiès qui arrive en tête avec 21 096 inscriptions, suivi de Dakar avec 18 255 candidatures. Les régions de Pikine-Guédiawaye (14 449 inscriptions), Saint-Louis (13 515 inscriptions), ainsi que des zones comme Kaolack, Fatick, Diourbel, et Ziguinchor ont également enregistré des chiffres significatifs. Ces données montrent non seulement une forte participation, mais aussi l’ampleur du défi auquel le système éducatif sénégalais fait face en termes de disponibilité de personnel enseignant qualifié.

Le recrutement de ces 2000 enseignants s’inscrit dans une démarche stratégique pour combler les lacunes en personnel dans diverses disciplines et académies. Le ministère de l’Éducation nationale a souligné que la sélection des candidats sera faite en fonction des besoins exprimés par les inspections d’académie, en prenant en compte la situation spécifique de chaque région. Ce processus vise à renforcer les effectifs dans les classes, réduire la surcharge horaire des enseignants en place, et répondre rapidement aux carences de personnel dans certaines zones géographiques du pays.

Saïbou Badiane, le Directeur des Ressources Humaines du ministère, a expliqué dans une interview accordée au quotidien Le Soleil que l’objectif principal de ce recrutement est de garantir une qualité d’enseignement stable et d’assurer une répartition équitable des enseignants à travers le pays. Il a précisé que les candidats retenus seront choisis en priorité sur la base de leur expérience en classe ou de leur certification dans le domaine enseigné, afin de garantir une prise en charge immédiate des élèves.

Par ailleurs, les candidats retenus bénéficieront de formations continues, dont des formations à distance et des sessions de renforcement de capacités afin de les préparer aux défis pédagogiques actuels et d’assurer une meilleure adaptation aux exigences des programmes scolaires en constante évolution. Ces formations visent à offrir un soutien aux enseignants nouvellement recrutés, en particulier ceux n’ayant pas eu d’expérience préalable dans le système scolaire sénégalais.

Le recrutement de ces enseignants est une initiative particulièrement importante, car elle permettra de réduire les inégalités d’accès à une éducation de qualité, notamment dans les zones rurales et périphériques. Le gouvernement sénégalais, en lançant cette mesure, a également mis l’accent sur l’importance de préserver l’intégrité du système éducatif face aux défis multiples qu’il rencontre, notamment la surcharge des classes et le manque de personnel enseignant qualifié.

Soutien aux victimes des crises de 2021 à 2024 : Maïmouna Dièye détaille un plan d’accompagnement

Dans une volonté de réparation et de solidarité, le gouvernement sénégalais, à travers le ministère de la Famille et des Solidarités, a dévoilé une série de mesures en faveur des victimes des crises qui ont secoué le pays entre 2021 et 2024. Cette initiative vise à apporter une aide concrète aux personnes touchées, à restaurer leur dignité et à faciliter leur réintégration sociale.

Les familles ayant perdu un proche durant ces événements bénéficieront d’une aide financière directe de 10 millions de francs CFA par victime décédée. Cette somme vise à alléger leur fardeau économique et à leur permettre de faire face aux besoins essentiels après la perte d’un être cher.

Dans le même cadre, les enfants orphelins seront reconnus comme pupilles de la nation, leur garantissant un suivi éducatif, médical et social à long terme. Cette mesure a pour objectif de leur offrir des perspectives d’avenir malgré le drame vécu.

Les familles lourdement affectées recevront une bourse de sécurité familiale ainsi qu’un accès à la couverture sanitaire universelle pour leur permettre d’accéder aux soins de santé gratuitement. De plus, une carte d’égalité des chances leur sera attribuée, leur donnant droit à divers services sociaux et aides spécifiques en fonction de leur situation.

Le gouvernement a également pris en compte les personnes arrêtées ou emprisonnées à la suite de ces événements. Une prise en charge médicale complète sera mise en place pour ceux qui souffrent encore des séquelles de ces périodes d’incarcération.

Une allocation forfaitaire de 500 000 francs CFA sera attribuée aux victimes de tortures ou de détentions arbitraires, accompagnée d’un suivi médical en cas de besoin. Cette mesure vise à reconnaître les injustices subies et à apporter une réparation aux personnes concernées.

Selon les données recueillies par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), un total de 2 172 victimes a été recensé, incluant les ex-détenus et autres personnes affectées. Le bilan fait également état de 79 décès directement liés aux événements.

Les autorités ont précisé que cette base de données est régulièrement mise à jour afin d’intégrer toutes les victimes et de s’assurer que l’aide leur parvienne de manière efficace. Le Bureau d’Information du Gouvernement (BIG) reste mobilisé pour veiller à la transparence et à l’équité dans l’attribution de ces mesures.

En annonçant ce plan d’action, la ministre de la Famille et des Solidarités, Maïmouna Dièye, a insisté sur l’importance de la réparation des préjudices subis et sur la nécessité de garantir une prise en charge digne et humaine pour toutes les victimes.

« Ces mesures ne remplaceront jamais les vies perdues ni n’effaceront la douleur des familles, mais elles traduisent la volonté du gouvernement de ne pas abandonner ceux qui ont souffert. Il est de notre devoir de leur offrir un accompagnement concret et de bâtir une société plus juste et solidaire », a-t-elle déclaré lors de son allocution.

Tragédie en mer : 19 corps retrouvés dans une pirogue au large des Caraïbes

Une macabre découverte a été faite au large de Saint-Christophe-et-Niévès, dans les Caraïbes. Une pirogue dérivant en pleine mer a été interceptée par les autorités locales, avec à son bord 19 corps en état de décomposition avancée. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait de migrants, probablement originaires d’Afrique de l’Ouest, notamment du Mali.

L’embarcation a été repérée par les garde-côtes de Nieves avant d’être remorquée jusqu’à Saint-Christophe. À son arrivée, les autorités ont confirmé que tous les occupants étaient déjà décédés. Des documents retrouvés à bord laissent penser que plusieurs des victimes étaient maliennes.

Si les circonstances exactes de la tragédie restent à déterminer, les enquêteurs supposent que la pirogue aurait quitté les côtes africaines en direction des îles Canaries, en Espagne, mais aurait dérivé jusqu’aux Caraïbes après une panne ou une erreur de navigation.

Les premières informations faisaient état de 13 corps, mais le bilan a rapidement été revu à la hausse pour atteindre 19 victimes. À ce stade, les autorités n’ont pas encore confirmé si des enfants figuraient parmi les défunts.

Ce nouvel épisode tragique met en lumière les dangers auxquels sont confrontés les migrants dans leur quête d’une vie meilleure. Face aux routes migratoires de plus en plus surveillées et aux politiques de contrôle renforcées, de nombreuses personnes tentent des traversées périlleuses, souvent au péril de leur vie.

L’enquête se poursuit pour identifier formellement les victimes et retracer les événements qui ont conduit à ce drame en haute mer. En attendant, cette tragédie vient rappeler l’urgence de solutions durables face aux défis migratoires et humanitaires.

Abass Fall aux centrales syndicales : « Il nous faut instaurer la confiance et préserver la stabilité sociale »

Le ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, a rencontré ce jeudi les principaux leaders syndicaux du pays pour une discussion approfondie sur les enjeux du monde du travail. La rencontre a réuni plusieurs figures syndicales de premier plan, dont Mody Guiro de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS), Yvette Keïta de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes du Sénégal (UNSAS), Cheikh Diop de la CNTS-FC et Élimane Diouf de la Confédération des Syndicats Autonomes (CSA).

Lors de ces échanges, Abass Fall a réaffirmé son engagement à maintenir un dialogue social ouvert et inclusif avec les différentes centrales syndicales. Il a insisté sur la nécessité de consolider et d’approfondir la coopération entre les syndicats et les autorités publiques pour garantir un climat de travail serein.

« Nous devons œuvrer ensemble pour instaurer un climat de confiance et préserver la stabilité sociale. Le dialogue social est un levier essentiel pour garantir un environnement de travail équilibré et respectueux des droits des travailleurs. »

Cette posture vise à renforcer l’efficacité et l’efficience des relations professionnelles, en veillant à ce que les préoccupations des travailleurs soient prises en compte dans les décisions gouvernementales.

Le ministre du Travail a également insisté sur l’importance de garantir les droits des travailleurs et de poursuivre les efforts en faveur d’une amélioration continue des conditions de travail.

Le gouvernement souhaite ainsi :

  • Garantir le respect des acquis sociaux et éviter tout recul des droits obtenus par les travailleurs.
  • Mettre en place des réformes structurelles pour améliorer la protection sociale et les conditions de travail.
  • Encourager un climat de travail stable en minimisant les tensions entre les employeurs et les employés.

Abass Fall a assuré que l’État veillera à l’application stricte des lois du travail et à la mise en œuvre des engagements pris envers les travailleurs sénégalais.

L’une des grandes priorités du ministre reste le renforcement des relations avec les syndicats, afin d’anticiper les défis futurs et d’apporter des solutions aux problèmes du monde du travail. Il a plaidé pour un dialogue permanent, qui permettrait d’identifier rapidement les préoccupations des travailleurs et d’y répondre de manière proactive.

« La compréhension mutuelle est essentielle pour aboutir à des solutions équilibrées, dans le respect des principes de justice sociale et d’équité. »

Avec cette rencontre, le gouvernement sénégalais marque sa volonté d’apaiser le climat social et d’instaurer une concertation plus fluide entre les syndicats et les autorités. Cette dynamique sera décisive pour éviter d’éventuels conflits sociaux et pour garantir un développement économique et social harmonieux.

Ramadan 2025 : Début du Mois de Baraxlu ou Chabane Confirmé par la Conacoc

La Commission Nationale de Concertation sur le Croissant Lunaire (Conacoc) a officiellement annoncé, lors d’une réunion tenue le jeudi 30 janvier 2025 à Dakar, l’observation du croissant lunaire dans plusieurs localités sénégalaises. Cette rencontre s’est déroulée dans les locaux de la Radiodiffusion-Télévision Sénégalaise (RTS) en présence des membres de la commission.

Après avoir examiné les rapports des observateurs sur le terrain, il a été confirmé que le croissant lunaire a été visible dans divers foyers religieux, marquant ainsi le début du mois lunaire de Baraxlu ou Chabane. Ce mois précède directement le début du Ramadan, un moment crucial pour la communauté musulmane.

Ainsi, la Conacoc a déclaré que le vendredi 31 janvier 2025 serait le premier jour du mois de Baraxlu ou Chabane, marquant ainsi un mois avant le début du Ramadan. Cette annonce est un signal important pour les préparatifs spirituels et matériels des musulmans, qui attendent le début du mois sacré de jeûne.

Lutte contre la corruption dans l’administration du travail : l’OFNAC lance une cartographie des vulnérabilités

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), en partenariat avec le ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions ainsi que l’agence allemande de coopération internationale (GIZ), a organisé, ce jeudi, un atelier dédié à la cartographie des vulnérabilités à la corruption dans l’administration du travail. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Doleel Admin » visant à renforcer la transparence et l’intégrité dans ce secteur clé de l’économie sénégalaise.

Lors de cette rencontre, Serigne Bassirou Guèye, président de l’OFNAC, a dressé un état des lieux préoccupant de la corruption dans l’administration du travail. Selon lui, cette pratique nuit gravement à l’accès équitable aux opportunités d’emploi, affaiblit la confiance des citoyens envers les institutions et entrave le respect des droits des travailleurs.

« Les pratiques de favoritisme, le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics et les abus de pouvoir dans le traitement des litiges sociaux figurent parmi les principaux défis auxquels ce secteur est confronté », a-t-il déclaré.

Une étude menée par l’OFNAC en 2016 a révélé que 42 % des Sénégalais considèrent le secteur du travail comme l’un des plus exposés aux risques de corruption. De plus, 57 % des employés du secteur public et 69 % de ceux du secteur privé estiment que la corruption y est fréquente. Ces chiffres démontrent l’urgence de mettre en place des mécanismes efficaces pour lutter contre ce fléau.

La cartographie des vulnérabilités est une approche stratégique qui permet d’identifier les zones à risque et de proposer des solutions adaptées. « Cette initiative est un pas essentiel vers une gouvernance transparente et une administration plus équitable », a souligné Serigne Bassirou Guèye.

Le ministre du Travail, Abass Fall, a salué cette démarche proactive qui vise à anticiper plutôt qu’à réagir face aux pratiques frauduleuses. « Il est primordial d’identifier les failles du système pour mettre en place des mécanismes de prévention efficaces », a-t-il affirmé.

À l’issue de l’atelier, un comité d’experts sera mis en place afin d’analyser les résultats de cette cartographie et de formuler des recommandations concrètes. Parmi les mesures envisagées figurent la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation, le renforcement des contrôles internes et la sensibilisation des agents publics et des employeurs privés aux enjeux de la transparence.

Le ministre Abass Fall a rappelé que la lutte contre la corruption ne peut être efficace sans une mobilisation collective. « La transparence et l’intégrité doivent être au cœur des réformes du secteur du travail. Tous les acteurs, des travailleurs aux employeurs en passant par les syndicats et les autorités de régulation, doivent être impliqués », a-t-il insisté.

En intégrant des outils modernes de surveillance et en renforçant les mécanismes de contrôle, l’OFNAC et ses partenaires espèrent faire de cette initiative un modèle pouvant être étendu à d’autres secteurs sensibles de l’administration publique.

Cybersécurité : Mame Ndiaye Savon convoquée demain à 10h

Selon des informations obtenues par Ledakarois, Mame Ndiaye Savon, figure controversée du commerce de produits de dépigmentation et influenceuse très suivie sur les réseaux sociaux, a été convoquée par les enquêteurs spécialisés en cybersécurité. Elle devra se présenter demain, jeudi à 10 heures, devant les autorités compétentes.

Cette convocation intervient dans un climat marqué par la lutte contre les pratiques commerciales douteuses sur les réseaux sociaux, notamment après l’affaire Alima Sow, alias Alima Suppo. Cette dernière s’est retrouvée dans le viseur des autorités en raison de la vente de suppositoires destinés à l’embellissement des fesses, communément appelés « boulettes ».

Mame Ndiaye Savon, bien connue pour ses activités de vente de produits éclaircissants, fait depuis longtemps l’objet de critiques, notamment de la part des professionnels de la santé, qui dénoncent les risques liés à l’usage de ces substances. Plusieurs médecins et dermatologues ont alerté sur les dangers de ces pratiques, qui exposent les consommateurs à des problèmes de peau, des affections graves et parfois même des complications irréversibles.

Avec cette convocation, les autorités semblent vouloir intensifier leur contrôle sur les influenceurs et commerçants utilisant les réseaux sociaux pour promouvoir des produits potentiellement dangereux pour la santé. Cette action pourrait marquer un tournant dans la régulation du marché des cosmétiques non homologués au Sénégal.

Il reste à voir si cette convocation débouchera sur des poursuites judiciaires ou si Mame Ndiaye Savon sera simplement entendue dans le cadre d’une enquête préliminaire. Quoi qu’il en soit, cette affaire ne manquera pas de susciter des réactions, notamment au sein de sa large communauté de followers et de clientes.

Kaolack : Les étudiants de l’Ussein dénoncent les promesses non tenues du Mesri et durcissent le ton

Les étudiants de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (Ussein) de Kaolack ont exprimé, ce mercredi 28 janvier 2025, leur mécontentement face aux promesses non tenues des autorités, en particulier celles du Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Dr Abdourahmane Diouf. Lors d’une conférence de presse, ils ont dénoncé leurs conditions d’apprentissage qu’ils jugent inacceptables et ont interpellé directement le régime du Président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko.

Ces étudiants dénoncent le retard persistant des travaux de leur université, en construction depuis 2015. « Nous sommes en 2025 et aucun des travaux n’a été achevé, cette situation est inacceptable », a déclaré Mouhamadou Lamine Diagne, l’un des porte-paroles du mouvement étudiant. Selon lui, le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Dr Abdourahmane Diouf, avait promis en juin 2024 que les étudiants rejoindraient enfin leurs campus au plus tard en octobre de la même année, une promesse qui, jusqu’à présent, n’a pas été tenue.

La tension monte encore d’un cran avec l’annonce de l’inscription de la Promotion 7 à l’Ussein. Les étudiants, déjà confrontés à des conditions d’étude difficiles dans des locaux provisoires, refusent catégoriquement d’accueillir cette nouvelle vague d’inscrits dans un cadre qu’ils estiment déjà saturé. « Nous sommes déjà en surcharge et nous n’accepterons jamais au grand jamais la présence de cette promotion ici dans les locaux provisoires », a martelé Mouhamadou Lamine Diagne.

Le silence des autorités face à ces revendications alimente la frustration des étudiants, qui menacent de passer à l’action si leurs doléances ne sont pas prises en compte. Ousmane Niang, un autre leader du mouvement, a averti : « Nous faisons appel au Président Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko et au MESRI Dr Abdourahmane Diouf. Nous leur demandons de réagir le plus rapidement possible, sinon ils verront de quoi nous sommes capables. »

Cette contestation à Kaolack s’inscrit dans un mouvement plus large de protestation des étudiants de l’Ussein à travers le pays. La veille, le mardi 27 janvier, ceux du campus de Fatick ont bloqué la route nationale et brûlé des pneus pour exiger l’achèvement des travaux de leur campus. Plusieurs manifestants, dont le président de la commission sociale, ont été interpellés par la police avant d’être relâchés aux alentours de 17 heures.

Affaire Farba Ngom : ses partisans dénoncent un « acharnement injustifié » à travers une pétition

Les partisans de Farba Ngom, figure politique influente du Fouta, ont décidé de monter au créneau pour défendre leur leader. Face à ce qu’ils qualifient de « campagne de dénigrement systématique et d’accusations infondées », ils ont lancé une pétition qui a déjà récolté plus de 1 000 signatures.

Dans leur démarche, ces militants dénoncent un « acharnement médiatique et judiciaire » qu’ils attribuent à des motivations politiques et personnelles visant à entraver les engagements et les actions de Farba Ngom. Ils perçoivent cette situation comme une atteinte grave aux principes fondamentaux de justice et d’équité.

Les revendications des pétitionnaires

La pétition s’articule autour de quatre principales revendications :

1. La fin immédiate de l’acharnement contre Farba Ngom, qu’ils considèrent comme ciblé et injustifié.

2. Le respect de la présomption d’innocence, en exigeant que toute accusation soit traitée dans le respect des règles de droit, sans parti pris.

3. Une enquête impartiale et transparente, menée par les autorités compétentes pour faire toute la lumière sur les faits reprochés.

4. La garantie des droits fondamentaux de Farba Ngom, afin qu’il puisse exercer pleinement ses droits de citoyen, sans intimidation ni pression.

Les initiateurs de la pétition appellent à une mobilisation large, impliquant non seulement les autorités et les organisations de la société civile, mais également les leaders d’opinion et les citoyens engagés. Ils souhaitent que cette affaire soit traitée avec équité et transparence pour éviter toute dérive judiciaire ou médiatique.

Cette pétition intervient dans un climat de fortes tensions politiques, où les rivalités et les accusations entre acteurs politiques sont monnaie courante. Les partisans de Farba Ngom estiment que leur leader est victime d’une tentative de déstabilisation visant à ternir son image et à freiner ses ambitions politiques.

Pour eux, cette pétition n’est qu’une étape dans leur combat pour défendre leur leader face à ce qu’ils considèrent comme une injustice flagrante. Affaire à suivre.

https://www.change.org/p/p%C3%A9tition-contre-l-injustice-et-l-acharnement-sur-farba-ngom

Migration circulaire : L’ADHA lance un appel urgent sur les risques sociaux et économiques

Dans un communiqué adressé à Ledakarois.sn, l’organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) exprime sa profonde inquiétude face à l’afflux massif de jeunes Sénégalais se dirigeant vers les guichets des Bureaux d’Accueil et d’Orientation (BOAS) pour participer au programme de migration circulaire en Espagne. Bien que cette migration soit un droit légitime, l’ADHA souligne qu’elle révèle des problèmes structurels et systémiques graves liés aux droits économiques et sociaux des populations.

L’ADHA pointe des carences au niveau des politiques publiques, un désespoir socio-économique grandissant, ainsi qu’une fracture sociale de plus en plus marquée. Selon l’organisation, si la migration circulaire est encadrée et légale, elle demeure cependant une solution temporaire et partielle qui pourrait aggraver les inégalités, surtout en l’absence de mesures d’accompagnement appropriées et de perspectives de réinsertion productives pour les migrants de retour.

Adama Mbengue, président de l’ADHA, insiste sur les dangers d’une migration sans soutien. « Sans un accompagnement adéquat et sans garanties pour un retour productif, cette initiative risque de consolider les inégalités et de vider le pays de sa ressource humaine la plus dynamique », déclare-t-il. Il alerte également sur le risque d’un exode massif, ce qui pourrait fragiliser davantage l’économie locale et aggraver le déséquilibre entre les zones urbaines et rurales.

Dans ses recommandations, l’ADHA appelle à des réformes profondes visant à garantir un accès équitable aux droits économiques et sociaux pour tous. L’organisation plaide également pour la création d’opportunités locales durables et attractives, afin de décourager la migration forcée par le désespoir. Il est crucial, selon l’ADHA, de respecter les engagements internationaux et de mettre en place des politiques inclusives qui permettent à chaque citoyen de choisir librement son avenir sans avoir à fuir les conditions socio-économiques du pays.

Pour l’ADHA, la migration devrait être un choix éclairé, un moyen d’épanouissement et non une solution de fuite face à des conditions de vie insoutenables. L’organisation rappelle qu’il est impératif de donner aux jeunes la possibilité de prospérer dans leur pays d’origine en créant un environnement favorable à leur développement personnel et professionnel.

Migration circulaire en Espagne : Kolda en effervescence, les jeunes en quête de l’Eldorado européen

Ce lundi 27 janvier marque le début des dépôts pour le programme de migration circulaire entre le Sénégal et l’Espagne, et Kolda n’a pas échappé à l’effervescence. Depuis les premières heures de la matinée, des jeunes venus de la ville et des zones environnantes ont envahi le tribunal, le Bureau d’Accueil, d’Orientation et de Suivi (BAOS) de l’Agence Régionale de Développement (ARD), ainsi que les hôpitaux. Tous cherchent à réunir les documents nécessaires pour candidater à cette opportunité de travail saisonnier en Espagne.

L’accès au tribunal de Kolda était presque impossible ce matin. Des centaines de jeunes étaient amassés devant l’entrée, attendant avec impatience d’obtenir leur casier judiciaire, indispensable pour compléter leur dossier. « Je suis arrivé à 6 heures du matin, et je ne sais toujours pas si je serai servi avant la fermeture », confie Mamadou, un jeune diplômé en quête d’une meilleure vie.

Non loin de là, le BAOS a également été pris d’assaut. L’enceinte de l’ARD, qui abrite ce bureau, déborde de candidats venus déposer leurs dossiers ou se renseigner sur les exigences. Les agents sur place, débordés par l’afflux massif, peinent à gérer la situation.

Dans les hôpitaux, la situation est similaire. Les visites médicales et contre-visites obligatoires pour les candidats se multiplient, provoquant de longues files d’attente. Certains n’hésitent pas à parcourir plusieurs kilomètres depuis leur village pour s’assurer qu’ils remplissent toutes les conditions nécessaires.

Le programme de migration circulaire, annoncé par le gouvernement, offre aux jeunes âgés de 25 à 55 ans des contrats de travail saisonniers de trois mois en Espagne, notamment pour des emplois dans l’agriculture. Pour beaucoup, cette initiative est perçue comme une planche de salut face au chômage qui sévit dans la région.

Bocar, un jeune artisan de Dioulacolon, a quitté son atelier pour se rendre à Kolda. « J’ai appris la nouvelle la semaine dernière. Depuis, je prépare mes papiers. Je suis prêt à tout laisser derrière moi si cela me permet de soutenir ma famille », déclare-t-il avec détermination.

Cette situation n’est pas isolée. Le programme attire un large éventail de profils, allant des jeunes diplômés aux ouvriers qualifiés. Certains candidats ont même abandonné leurs activités professionnelles pour tenter leur chance, convaincus que cette opportunité pourrait changer leur destin.

L’engouement pour ce programme révèle une réalité préoccupante : le manque d’opportunités locales pousse les jeunes à envisager l’émigration comme unique solution. À Kolda, où les taux de chômage et de précarité restent élevés, l’annonce de ces contrats saisonniers a créé un véritable espoir.

Pourtant, cette ruée met également en lumière les défis auxquels les autorités doivent faire face. La pression exercée sur les infrastructures administratives, médicales et judiciaires reflète un système débordé, incapable de répondre efficacement à la demande.

La forte mobilisation des jeunes autour de ce programme interpelle sur la nécessité d’une politique d’emploi plus ambitieuse au Sénégal. La dépendance à des initiatives ponctuelles comme la migration circulaire ne peut être une solution durable à la précarité.

Alors que les dépôts de dossiers se poursuivent jusqu’au 29 janvier, les autorités doivent réfléchir à des solutions à long terme pour offrir aux jeunes des opportunités d’emploi locales. « Il est temps d’investir dans des projets structurants capables de retenir nos jeunes talents », souligne un observateur de la scène locale.

USSEIN : Les étudiants en grève de 48 heures pour dénoncer leurs conditions d’apprentissage

La Coordination des amicales de l’Université du Sine Saloum Elhadji Ibrahima Niass (CAE-USSEIN) a décrété une grève de deux jours, ce lundi 27 et mardi 28 janvier 2025, pour protester contre leurs conditions d’étude jugées inacceptables. Ce mouvement vise à interpeller les autorités sur les promesses non tenues concernant les infrastructures et à exiger des actions concrètes face à une situation qu’ils qualifient de critique.

Dans un communiqué publié ce matin, la CAE-USSEIN a exprimé son ras-le-bol face à une décennie de précarité. Les étudiants dénoncent l’absence de livraison des nouveaux locaux répartis entre Kaolack, Kaffrine et Fatick, alors qu’ils devaient être prêts depuis octobre 2024, selon les engagements du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). Une nouvelle échéance fixée à janvier 2025 n’a pas davantage été respectée, laissant les étudiants dans l’incertitude et la frustration.

Le chevauchement des années académiques constitue un autre point de tension majeur. Les retards accumulés perturbent l’organisation des études et compliquent l’attribution des bourses, plongeant de nombreux étudiants dans une précarité insupportable. Selon la CAE-USSEIN, ces retards traduisent un mépris inacceptable pour leur droit fondamental à une éducation de qualité.

Les étudiants réclament notamment l’annulation des inscriptions pédagogiques pour la Promotion 7, la finalisation et la livraison des chantiers des locaux de l’USSEIN, ainsi que la réhabilitation du campus de Fatick pour une reprise effective des cours dans des conditions dignes.

Face à ce silence des autorités, les étudiants rappellent au ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Abdourahamane Diouf, ses engagements et exigent des réponses concrètes et rapides. « Nous refusons d’être abandonnés », affirment-ils dans leur communiqué. « L’avenir des étudiants n’est pas négociable. »

Cette grève, qui intervient dans un contexte d’exaspération généralisée, traduit l’urgence d’agir pour répondre aux besoins des étudiants et garantir une reprise sereine des activités académiques. Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer la capacité des autorités à répondre aux attentes légitimes des étudiants de l’USSEIN.

La Jeunesse Sénégalaise : La Grande Trahison de Pastef.

Les images de milliers de jeunes Sénégalais devant la structure qui accueille le dépôt de leurs dossiers leur permettant d’aller travailler en Espagne, sont saisissantes de réalisme quant à leur déconvenue d’avoir du travail dans leur pays, comme il leur avait été promis par leur gourou Ousmane Sonko lors de ses saillies populistes, dénuées du principe de réalité. PROS, comme l’appelaient les jeunes du Sénégal, a promis à ces jeunes garçons et ces jeunes filles monts et merveilles, les assurant qu’ils allaient recevoir chacun 150.000 frs, pour arrêter l’émigration clandestine, dont il faisait alors du régime de Macky Sall le principal responsable de cet exode meurtrier. Aujourd’hui, force est de constater que les jeunes meurent encore plus dans les océans, dans l’indifférence du pouvoir qui ne peut offrir comme palliatif à leur désœuvrement, qu’une opération « setal sa gokh », mensuelle et fortement télévisée par la RTS.

Jeunesse impatiente et déterminée à se prendre en charge.

Ce que les responsables de Pastef aujourd’hui au pouvoir, semblent oublier, c’est qu’ils ont été élus par les jeunes, qui ne sont même plus en état de leur rappeler toutes leurs promesses, en première desquelles ils avaient vendu leur sacro-saint- ⁠souverainisme, leur jurant alors que leur salut demeurait au Sénégal. La fuite des jeunes vers l’Espagne ou vers les structures de « Green Cards » qui pullulent dans le pays, sonne comme un aveu d’échec et surtout d’impuissance.

Même si la course aux coupables de leur reddition des comptes, n’est que poudre de perlimpinpin, ayant pour objet de poser les bases d’un état de la terreur, qui vise à installer un Etat policier, ils savent que cette jeunesse est insensible à ces gesticulations, et attend de pied ferme la réalisation de leurs nombreuses promesses populistes. Emprisonner tous les dignitaires de l’APR ne donnera point satisfaction aux jeunes Sénégalais exaspérés. Ils sont donc déterminés pour exécuter leur forfaiture politicienne, de tout mettre en œuvre pour exiler les jeunes de ce pays qui depuis bientôt une année, sont plutôt témoins de pertes d’emplois plus que de création d’emplois, et demeurent abasourdis par les restrictions de travailler qui sont faites aux jeunes « jakartamen », qui menacent de mettre le feu comme ils leur ont appris lors de leurs conquêtes et exactions populistes d’avant Mars 2024. « Arroseur arrosé » comme dit l’adage.

Les jeunes Sénégalais sont certains d’une chose à présent, c’est de l’incapacité à prendre en charge leur désespoir, et leur envie de travailler à changer leurs destinées. Tout ce qui leur est proposé est l’exil, notamment vers des pays que leur lexique faussement souverainiste et « révolutionnaire, ne cesse pour autant d’insulter.

Quelle honte de voir ces milliers de candidats à l’exode, désemparés par l’absence de capacités à trouver des solutions à leurs inquiétudes !!! C’est parce qu’ils ont honte, que nos dirigeants ont décidé d’installer la terreur, si possible sans témoins. Alors il convient d’exiler cette jeunesse trompée et désespérée.

Du grand « naxébaye » !!!!

Député Abdou MBOW
Groupe Takku Wallu Sénégal

Magal de Kazu Rajab : Sens et portée de la commémoration

La communauté mouride du Sénégal a célèbré ce lundi 27 janvier le magal de Kazu Rajab commémorant la naissance du deuxième khalife de Serigne Touba, Serigne Fallou Mbacké. Communément appelé Magalou Serigne Fallou, le Kazu Rajab est un événement très connu, où se pressent des centaines de milliers de talibés fervents chaque année dans la ville sainte de Touba. Le saint homme, Mohamed Fadel Mbacké vit le jour le 27 du 7ème mois lunaire de Rajab, appelé « ndeyi koor » dans le calendrier wolof. On dit aussi dans la religion musulmane que cette date que correspond à l’anniversaire du voyage nocturne du Sceau des Prophètes Mouhamed (Psl), en compagnie de l’Ange Gabriel d’où il ramena le rituel des cinq prières, si fondamental en Islam.

Le khalifat de Serigne Fallou a traversé plusieurs générations à cause de son ouverture. Il était un homme monde, un homme ouvert au monde connu de partout et de tous. Nombreux de ses descendants portent des noms d’illustres érudits de l’Islam. La sainteté de El Hadj Fallou Mbacké était incontestable. Puis qu’il était aussi un homme d’une grande magnanimité envers tous les créatures de DIEU. C’est lui qui a parachevé la construction et l’extension de la grande mosquée de Touba et procédé à son inauguration le vendredi 07 juin 1963 en présence de son ami, le premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor qu’il a accompagné.
La tradition de la célébration du Kazu Rajab, remonte aux années 60, précisément à l’an 1963. Cette année-là, son anniversaire venu, Serigne Fallou a quitté Touba quelques temps avant le coucher du soleil pour se rendre à Darou Salam, son lieu de naissance en 1888, pour y passer la nuit en prières. Il en fut ainsi pendant des années avant qu’une réelle rupture dans le cérémonial de la célébration ne soit marquée.
A cette occasion, Serigne Fallou fut accompagné d’une délégation de dignitaires religieux entre autres, Serigne Modou Khary Niang, Serigne Modou Faty Khary et quelques membres de sa propre famille comme Serigne Modou Bousso Dieng et Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké.

Sens et portée

Un jour, s’adressant à Serigne Modou Mamoune Niang, Serigne Fallou aborda son sujet par ces termes : « Je sais que ce jour vous tient beaucoup à cœur. Je vais donc vous expliquer ce qu’est sa signification profonde et, par conséquent, les motivations qui m’ont conduit à le prendre en considération, afin que vous puissiez maîtriser les modalités de sa célébration. Dans sa grande miséricorde, DIEU m’a accordé une grâce infinie. Il a fait coïncider ma naissance avec la date d’anniversaire de ces événements miraculeux. Il a plu à notre Seigneur que je sois né un vendredi, 27ème jour du mois lunaire de Rajab, de l’an 1306 de l’Hégire (1886).
Ce jour est donc pour moi un prétexte de lui rendre grâce et d’exprimer ma reconnaissance à l’endroit de Cheikhoul Khadim. Depuis, j’ai pris l’habitude, à cette date, de me rendre à Darou Salam, où je suis né, afin de m’y consacrer, toute la nuit durant, à la lecture du Coran et des Panégyriques du Prophète (PSL), en guise de témoignage de grâces au Cheikh. Pourquoi dès ma sortie de ma retraite je viens ici, chez Serigne Affia ? C’est pour réaffirmer et raffermir les liens de fraternité qui me lient à cette maison où vécut ma mère Sokhna Awa Bousso ».

Après cette mise au point, Serigne Modou Mamoune Niang, au nom de toute la famille, prit l’engagement de perpétuer cette célébration, tant qu’il restera en vie. Serigne Fallou fut rappelé à DIEU cette même année. Mais pendant les deux années qui suivirent, fidèle à sa parole, Serigne Modou Mamoune Niang s’est employé à donner à la célébration du Kazu Rajab l’éclat qui lui convient. Serigne Fallou Mbacké a été rappelé à Dieu le 6 août 1968 à Touba à l’âge de 80 ans.

A. Saleh

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